"Veuillez ouvrir votre manuel à la première page et lire à voix haute… Mademoiselle Bulstrode"

Harry n'avait pas eu l'occasion de revoir le professeur Quirrell depuis la cérémonie d'entrée, et il devait admettre que l'homme au le visage pale, et à l'air gravement malade assis sur sa chaise dégageait beaucoup moins de prestance que celui qui l'avait sauvé à la gare. Ses cernes étaient si noires qu'elles auraient pu avoir été dessinées à l'encre et avait-il toujours eu les joues aussi creuses, et les yeux si enfoncés dans leurs orbites ?

Millicent Bulstrode, une Serpentard discrète qui ne parlait à personne se leva et commença à lire.

Harry avait déjà fini la moitié de son manuel de défense contre les forces du mal. Il avait été —avec celui de sortilèges— le tout premier qu'il avait ouvert, et jusqu'à présent c'était le cours qu'il attendait avec le plus d'impatience.

L'introduction que lisait Millicent était un aperçu général de ce que les sorciers considéraient comme "les forces du mal". La dénomination était assez floue aux yeux de Harry. Il avait d'ailleurs feuilleté plusieurs manuels des années précédentes, et apparemment chaque année, pour une raison inconnue le programme changeait. Mais dans l'ensemble, le livre était surtout une encyclopédie de monstres dangereux et leurs faiblesses les plus courantes.

"Merci mademoiselle, maintenant" dit le professeur après que Millicent eu fini sa lecture. Il sorti son propre exemplaire du manuel et leva le livre en haut de sa tête.

"Je veux être certain que le message soit clair pour chacun d'entre vous."

Il se mit debout et commença marcher, s'arrêtant au niveau de la première rangée de pupitres. Le livre dans ses mains prit soudainement feu. Une langue de flamme d'un jaune éclatant le dévora, et il explosa en en nuage de cendres.

"Maintenant que j'ai toute votre attention, soyons clair, vous êtes ici afin d'apprendre à vous défendre contre les forces du mal ! La plus part des créatures magiques que vous rencontrerez ne vous laisseront pas le temps de les approcher, à plus forte raison si vous empestez l'ail, ou si vous essayez de l'attirer à la lumière du jour ! Et, au cas où l'idée vous aurait effleuré, une liste de connaissances encyclopédique ne vous sera pas d'une grande utilité dans la prochaine guerre des sorciers ! Quand le mal frappe, on ne se défend pas ! On frappe encore plus fort afin de faire un exemple ! Si possible on frappe le premier et face à un mal trop puissant pour vous la seule solution est la fuite ! Jouer les héros ne vous apportera jamais rien, votre vie est la seule chose qui compte. Alors la prochaine fois que les forces du mal viendront pour dominer votre pays, vous ne vous cacherez pas, vous ne jouerez pas les héros, vous combattrez pour gagner ou vous fuirez, mais seulement pour contre-attaquer, mieux préparés !"

Toute la salle était sous le choc. Devant leurs yeux se trouvait le professeur Quirrell que Harry connaissait, un sorcier qui dégage la puissance par tous les pores de sa peau. Harry se demandait s'il était Gryffondor.

"Puis que le manuel ne nous sera pas d'une grande utilité, nous allons voir quelles options s'offrent à vous en tant s'élève de première année. Mr Potter, j'ai ouïs dire que vous étiez le genre à vous opposer à des brutes vous dominant en nombre, et sans même prendre la peine de sortir votre baguette ? Alors je vous remercie de me donner l'occasion d'instruire toute la classe !"

Sa cicatrice le chatouillait, ce qui n'augurait rien de bon.

"Il est vrai que déstabiliser son adversaire peut, dans certaines circonstances, se révéler la clé d'une victoire facile, et paraître plus fort qu'on ne l'est réellement est un moyen pratique pour y arriver, un moyen que même le plus stupide des animaux est capable de comprendre. Si on devait lui donner un numéro, ce serait la règle numéro Zéro d'un duel magique, un duel commence bien avant que le premier sort soit lancé."

Plusieurs regards convergèrent vers Harry. Il fit de son mieux pour les ignorer.

"Mais s'attaquer à des ennemis plus nombreux que vous sans sortir votre baguette reviens à vous jeter nu au milieu d'une meute de loup en hivers, en ayant au préalable pris soin de vous enduire de sauce barbecue. N'importe quel adversaire sérieux aurait compris sans efforts que si vous n'avez pas sorti votre baguette le jour de votre arrivée à Poudlard, c'est parce que vous ne connaissiez aucun sort, n'hésitez pas à me corriger si je me trompe."

Silence dramatique.

"Ce fut-là votre première erreur. À présent, ce qui fait la différence entre un combattant vivant et un idiot mort, c'est la capacité à apprendre de ses erreurs. Dites-moi donc, Mr Potter, maintenant que vous connaissez quelques sortilège, quelles options auriez-vous eu contre un adversaire, en n'utilisant que des sorts trouvés dans vos manuels de première année."

Utiliser le sort de laçage de lacets pour nouer ses deux chaussures ensemble

Utiliser Wingardium Leviosa sur ses vêtements pour l'aveugler.

Lancer un Accio sur le tapis sur lequel ils se tiennent. Si il n'y a pas de tapis, viser ses chaussures pour le faire tomber ou sur ses vêtements pour le distraire ; personne ne peut rester stoïque après que tous ses vêtements lui aient été arrachés.

Métamorphoser l'oxygène de l'air en monoxyde de carbone.

Les idées ne manquaient pas, mais les Mot étaient bloqués dans sa gorge.

Dis quelque chose, n'importe quoi !

Pas avec autant de monde qui me regarde !

C'est justement la raison principale pour laquelle il faut que tu parles; ils attendent que tu prennes la parole.

Et si j'ai tords ? Je n'y connais rien à la magie et si mes idées sont peut-être stupides ou irréalisables !

Au pire qu'est-ce qu'on risque ?

Ils vont se moquer de moi le professeur, va enlever des points à Serpentard et tout le monde va m'en vouloir.

L'inconvénient avec les souvenirs auxquels on ne veut pas repenser c'est que la quantité d'énergie utilisée pour les oublier ne sert qu'à le renforcer, et qu'il finit toujours par revenir et souvent aux pires moments.

"Je vous écoute Mr Potter."

Ne pleures pas idiot !

Facile à dire !

"Auriez-vous besoin d'un peu de motivation ? Il me semble que vous n'avez pas hésité autant pour voler au secours de vos camarades en détresse. Soit, j'enlève un point à Serpentard pour chaque seconde qui passe où vous ne parlez pas."

Harry failli d'étranger avec sa propre salive

"1."

Son sang ne fit qu'un tour.

"2."

La panique et les larmes devenaient impossibles à contenir.

"3."

Sa cicatrice le lançait, comme si elle essayait de sortir de son front.

"4."

Que quelqu'un me vienne en aide !

"5."

Et au milieu du maelström, du tumulte d'émotions contradictoires, l'œil du cyclone. La paix. La panique s'en fut aussi brutalement qu'elle était arrivée et Harry put, pendant cette seconde, penser de façon rationnelle.

"6."

Il y avait un moyen de s'en sortir. Un moyen un peu risqué, mais au point où il en était.

"Si_" commença Harry, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge.

"Mais encore ?"

"…"

"Mr Potter, si ce mot était censé contenir une vérité secrète connu de vous seul, je vous conseille de _"

"Je perdrais l'avantage."

"Comment arrivez-vous, avec plus de mots à avoir encore moins de sens ? Cherchez-vous a… Oui Mr Malfoy? Sachez cependant que votre interruption faut d'ores et déjà perdre 5 points à votre maison et qu'elle en prendra cinq autres si je ne la juge pas utile. Je vous écoute"

Draco se leva et dit d'une voix calme :

"Je pense que ce qu'il veut dire c'est que s'il livre tous ses secrets ici, il perdra l'effet de surprise, et donc l'avantage sur son adversaire lors de son prochain combat contre des brutes."

"Est vraiment ce que vous vouliez dire Mr Potter?

Harry hocha la tête.

"Je vois. Mr Malfoy fait gagner 10 points à Serpentard pour la justesse de son raisonnement, anticiper ce que pense la personne en face de vous, amie ou ennemi, est essentiel dans un affrontement. Et me Potter, pour votre sens tactique vous lui fait gagner dix autres points. Je comptais en mettre plus mais votre faible capacité à réagir en temps de crise vous aurai fait tuer vous et tous les gens autour de vous vingt fois sur un vrai champ de bataille. Oui Mlle Abbot ?"

"Si ça c'est la règle zéro, C'est quoi la règle numéro un ?"

"N'est-ce pas évident ? Règle numéro un face à un ennemi plus fort que vous, transplanez !"

La dénommée Abbot rougit.

"Je me doute bien que vous ne savez pas encore transplaner, mais toute personne ayant la capacité d'apprendre à le faire et qui refuse est un imbécile. D'autres questions ? Bien, ceci étant réglé, vous allez tout me faire comme devoir un exposé d'une page sur les différentes façons dont vous pouvez vous défendre en utilisant des sorts de votre manuel de première année. Mais avant que je vous enlève à tous 30 points je vous dirai ceci : vous ne devez en aucun cas utiliser la métamorphose en combat avant votre troisième année ! Qui peut m'expliquer pourquoi ?"

Draco leva lentement la main.

"Je vous écoute."

"Un sortilège qui oblige à rester immobile pendant plus d'une demi seconde est un sortilège de suicide."

"Exactement monsieur Malfoy, 10 points pour Serpentard ! "

Durant le reste du cours, le professeur narra différentes grandes batailles de l'histoire de la magie et détailla les différentes stratégies utilisées. A en croire son point de vue il n'y avait pas eu de grand stratège sorcier depuis Merlin.


Harry ressorti du cours un peu nauséeux. Il n'aimait pas être le centre de l'attention, dans ce genre de situations il avait toujours l'impression qu'une catastrophe imminente allait arriver.

Mais puis que toute l'Angleterre magique connaissait son nom, il fallait qu'il se prépare à attirer souvent les regards. Cette réalisation lui donnait le vertige. Ils s'attendaient tous à ce qu'il soit exceptionnel, mais il n'était que… Lui ! Juste un garçon comme les autres à qui il était arrivé un accident quand il était petit. S'il était tombé dans un chaudron de potion magique à la rigueur, mais là…

Quelqu'un comme Hermione méritait plus d'attention que lui. On pouvait facilement la sous-estimer ; elle n'avait rien pour la distinguer des autres, elle était jolie mais il y en avait beaucoup qui l'était plus qu'elle rien que parmi les premières années, ne faisant pas partie du monde magique à la naissance on s'attendrait même moins d'elle que des autres, et pourtant en une semaine de cours elle était déjà bien au-dessus du niveau de n'importe qui.

Et pourtant c'était vers Harry Potter que les regards convergeaient dès qu'il franchissait le seuil d'une pièce.

Nous plaindre ne sert à rien, autant préparer une stratégie.

C'était vrai. Il prit une profonde inspiration pour s'éclaircir les idées.

Il n'était pas mauvais en magie. Juste dans la partie inférieure de la moyenne, et encore, avec l'aide d'Hermione et des manuels de Serdaigle il parvenait toujours à rattraper son retard. Il avait juste l'impression de devoir faire plus d'efforts que les autres pour arriver au même résultat. Mais si tout le monde s'attendait à ce qu'il réussisse, juste dans la moyenne ne suffirai pas, il devait faire mieux que tout le monde. Hermione Granger comprise.

Et pour ça il allait avoir besoin d'aide.


"Entrez !"

Harry ouvrit la porte et pénétra dans le bureau mal éclairé.

"Bonsoir, professeur."

L'homme ne répondit rien, il se contenta de regarder le nouvel arrivant d'un regard vide sans l'inviter à s'asseoir.

Peut-être que je le dérange ? Autant aller droit au but.

"Euh… Voilà. J'ai un peu de mal à suivre en cours, il y a pas mal de termes que je ne comprends pas et… J'ai l'impression que je passe à côté de quelques chose…"

"Et qu'attendez-vous de moi ? N'est-ce pas votre rôle d'étudiant : étudier? La voix roque du professeur de potion grinçait comme des ongles frottés sur un tableau noir. Vous pensez peut être que la connaissance viendra à vous sans efforts de votre part ?"

Ce n'était pas le genre d'accueil auquel Harry s'attendait.

"Non ! Non… Bien sûr, non, mais voyez-vous, j'ai été élevé par des modus et donc…" il détestait avoir à se justifier, il avait toujours l'impression d'être un petit garçon surpris en train de faire une bêtise "Il y a des choses évidentes pour un sorcier que… Enfin, si vous pouviez m'indiquer où chercher pour_ "

"Parce que vous pensez vraiment qu'il y aurait un raccourci ? Une voix facile ? Un manuel qui vous ferai devenir un grand sorcier rien qu'en le feuilletant ?"

"Non… Mais… Ce monde n'est pas le mien, je viens de l'Angleterre normal… Je veux dire module et…"

Ne pleures pas, ne pleures pas !

"Et vous n'êtes pas le seul dans ce cas. Pour tout vous dire, vous n'êtes même pas le seul dans cette pièce. Croyez-vous que qui que ce soit d'autre soit pourtant venu demander un traitement de faveur ?"

Harry écarquilla les yeux. Il venait peut être d'insulter son directeur de maison, la personne dont dépendait son avenir pour les six prochaines années.

"Je ne voulais pas… Je vais… Non… Je…"

"La seule chose que vous pouvez faire pour rattraper votre retard c'est d'étudier plus !" L'ordre sonnait comme un coup de fouet.

"Oui, vous avez raison, je suis désolé, je vais étudier, je suis_" balbutia Harry tandis qu'il battait en retraite vers la sortie.

"Vous ai-je autorisé à vous en aller ?"

Son sang se glaça dans ses veines.

"Asseyez-vous."

Les trois pas qu'il eut à faire pour atteindre le tabouret en face du bureau lui en parurent cinquante. Le siège en question aurait pu être en granit qu'il n'aurait pas été moins inconfortable.

"Je croyais avoir été clair sur le fait que mes Serpentards devaient travailler plus dur que les autres ? Peut-être cette partie de mon discours vous a échappé ? A moins que vous pensiez que votre célébrité suffirait pour vous ouvrir toutes les portes ?"

Le jeune Serpentard ouvrit la bouche mais son aîné ne lui laissa pas l'occasion de placer un mot.

"Vous êtes la pire insulte qui ai jamais été faite au nom de Salazar Serpentard, je ne sais pas ce que le Choixpeau a pu voir en vous pour penser ne serait-ce qu'une seconde que vous aviez votre place chez nous." un coup de poing dans le visage aurait fait moins mal "Quoi qu'en dise Dumbledore, c'est au moins la preuve que l'époque de ces traditions est révolue. Un seul échec et c'est tout Poudlard qui s'effondrera. Est-ce donc là vôtre but ? Provoquer la ruine de Poudlard ?"

Harry fit non de la tête. Les larmes qu'il retenait coulèrent sur ses joues et tombèrent sur le sol de pierre.

"Alors disparaissez et tachez de vous humilier sans impliquer l'illustre nom de ma maison !"

Il courut jusqu'à la porte comme s'il avait le diable aux trousses.


En temps normal Harry se serait caché dans son placard pour pleurer, mais son placard était à Privet Drive, chez les Dursley, et il préférait retourner voir Rogue plutôt que remettre les pieds chez les Dursley.

Pourquoi à chaque fois qu'on essaye de demander de l'aide on finit comme ça ?

Harry ne répondit pas, dans son esprit il n'y avait qu'un sentiment de honte et de colère. S'il ne pouvait compter sur personne, il se débrouillerait tout seul.

"Je ne sais pas ce que le Choixpeau a pu voir en vous pour penser ne serait-ce qu'une seconde que vous aviez votre place chez nous."

Les mots continuaient d'hanter son esprit. C'était vrai. Il ne nourrissait aucune grande ambition. S'il avait atteint la grandeur en détruisant le plus grand des mages noirs étant bébé, quel sommets était-il sensé viser pour à l' avenir ? Que pouvait il faire de plus impressionnant que ça ? Avait-il ne serai-ce que la capacité de reproduire un exploit de ce niveau ? Serpentard était pour "ceux qui se destinent à la grandeur" après tout. N'était-il pas censé s'atteler à un but de ce genre ? Mais avec ses résultats le seul avenir qu'il se voyait était celui de magicien de seconde zone. Peut-être qu'Hermione aurait besoin d'un assistant quand elle deviendrait un grand mage ?

Peut-être que Rogue te fera renvoyer de Serpentard s'il trouve que tu fais trop honte à sa maison.

Harry s'arrêta de marcher.

Rogue avait-il ce pouvoir ? C'était probable.

Il te renverra sans hésiter chez les Dursley.

La tête lui tournait.

Tout mais pas ça !

Il l'entendait déjà. Le rire des Dursley quand ils apprendraient la nouvelle. Il imaginait les rictus d'hilarité qui déchireraient leur visage. Ils étaient là, il les voyait, les doigts tendus vers lui, riant à gorge déployée. Ils tendaient vers lui des mains crochues, prêtes à le saisir, leurs bouches ouvertes, leurs lèvres retroussées dévoilant des dents pointus derrière des sourires carnassiers, prêts à le dévorer.

Harry failli crier devant l'hallucination.

Il chassa le cauchemar de son esprit et recommença à marcher.

Ça n'allait pas se terminer comme ça. Ça ne pouvait pas se terminer comme ça !

Il ferait tout ce qui sera en son pouvoir, mais il ne remettrait jamais les pieds là-bas ! Peu importe à quel point il lui faudrait étudier, peu importe à quel point ce sera difficile, peu importe la quantité d'efforts qu'il faudrait.

Il ne savait pas pourquoi le Choixpeau l'avait envoyé de Serpentard, mais désormais il avait un but pour lequel il était prêt à tout.

Il marchait d'un pas déterminé, prêt à commencer son ascension vers le pouvoir. Et ses pas le menèrent vers la tour de Serdaigle.


Chaque maison avait un portrait qui gardait l'entrée de sa salle commune. Il s'agissait d'une figure illustre qui dans le passé avait été élève à Poudlard et avait fait l'honneur de sa Maison. Si les élèves devaient entrer il devait donner un mot de passe qui changeait toutes les semaines. Mais pas pour Serdaigle.

"J'arrive toujours mais je ne suis jamais là, peu importe l'heure, j'aurai toujours au moins une seconde d'avance sur toi." demanda le portrait.

"Demain." répondit Harry sans hésiter.

Le portrait lui souris et la figure peinte se retourna pour ouvrir l'image de la porte qui figurait sur le tableau. L'immense toile tourna sur elle-même, révélant l'entrée de la maison du savoir. Harry ne savait pas qui était l'idiot qui avait décidé qu'il fallait "résoudre une énigme" pour entrer à Serdaigle, mais il était la preuve que l'intelligence n'était pas répartie équitablement à Poudlard et certainement pas chez les bleus.

La salle était déserte, à cette heure-ci tout le monde était en cours.

"Potter !" ou pas. Harry n'était visiblement pas le seul à sécher le cours d'histoire de la magie.

Une jeune fille aux longs cheveux noirs et aux traits vaguement étrangers avait sursauté à son apparition. Elle bondi de son fauteuil et tenta de cacher le livre qu'elle lisait derrière son dos.

"Granger est… Euh… Je_" Elle se tût brusquement en voyant le regard de Harry.

La détermination qu'il affichait lui donnait un air sévère, presque méchant. Avec les rumeurs qui courraient sur la nature maléfique du survivant, elle se demanda s'il n'était pas venu pour s'en prendre à elle.

Harry ne bougea pas tout de suite. Il la regarda fixement, la détaillant de la tête aux pieds avant de se diriger sans un mot vers le couloir sans fin.

J'aurai juré qu'elle était à gryffondor celle-là.


Les mains pleines de nouveaux livres, Harry descendait les escaliers en direction des dortoirs de Serpentard. Il avait pris un exemplaire de chaque année du manuel de Potion. Certains étaient vraiment usés, surtout celui de sixième année —Harry ne comprenait pas comment on pouvait traiter un livre de cette façon— mais le plus important était qu'au prochain cours, il serait prêt, et il montrerait à Rogue ce que c'est que * travailler plus dur que les autres*.

"Mais dis-moi chère ami, ne serait-ce pas Goldric Gryffondor en personne qui nous fait l'honneur de sa présence parmi nous simples mortels ?" sonna une voix mielleuse et dégoulinante de sarcasme derrière lui. Harry se retourna et vit deux élèves beaucoup plus âgés que lui qui marchaient dans sa direction.

Sa cicatrice se mit à le chatouiller.