"Non, très chère camarade regardes mieux ! C'est juste une sale vipère qui as oublié ou était sa place !" répondit l'autre.
"Oh, mais tu as raison ! Dis-moi, n'est-ce pas notre devoir d'aînés de la lui rappeler ?" dit le premier en sortant sa baguette d'un mouvement délibérément lent.
"En effet, il serai dommage qu'il se fasse du mal en allant là où il ne devrai pas, ne crois-tu pas ?" répondit son camarade, s'armant sa propre baguette.
"Certainement ! C'est un sacré service que nous lui rendons là ! Hey, Potter, tu devrais être reconnaissant tu sais ? C'est pour ton propre bien après tout."
Harry senti ses entrailles se tordre. Toutes les alarmes s'allumèrent en même temps dans son cerveau. La surprise fut la seule chose qui l'empêcha de passer en mode panique total et de courir en rond en agitant les bras.
Commence à courir. Dit la voix qui apparemment s'exprimait pour toutes les autres.
Leurs baguettes sont déjà sorties, il est trop tard pour ça. Pas toutes visiblement, la partie rationnelle de son cerveau fonctionnait toujours.
Alors sors la tienne ! Tenta la première voix, qui commençait à présent à céder à la panique.
C'est trop tard pour ça aussi, si ils nous voient tenter quoi que ce soit ils vont faire feu, immédiatement. Notre meilleure option est encore d'occuper leur attention assez lentement pour sortir notre baguette. J'ai l'impression que les sorciers rangent toujours leur baguette dans leurs robes, donc ils ne s'attendent surement pas à ce que la nôtre soit dans notre manche. C'est le seul avantage qu'il nous reste.
"Alors Monsieur le survivant tu n'as rien à dire ? Tu veux peut être qu'on te supplie de nous accorder ton attention ?"
"Laisses tomber Archie, il ne va pas s'abaisser à parler à des gens comme nous, il vaut bien mieux que ça."
"Je t'avais dit de ne pas utiliser mon vrai nom !"
"A oui ! C'est vrai, désolé j'ai oublié."
"Parce que tu crois que ça va changer quelque chose maintenant ?"
C'est le moment où jamais !
"Maintenant qu'il sait qui je suis, il va aller se plaindre à Dumbledore et… Qu'est-ce que tu fais, toi !?"
Harry avait aussi lentement que possible glissé la main dans sa manche pour essayer d'attraper sa baguette, mais il avait tant bougé dans la journée qu'elle s'était enfoncé plus loin qu'il ne le pensait.
Et zut…
Tu n'as pas mieux ?
Serres les dents et protège tes organes vitaux.
Accio !
L'élastique cassa net, et la baguette de Harry fila si vite qu'il n'eut pas le temps de réagir. Elle quitta sa manche et en un éclair fut dans la main de son futur agresseur.
"Voyez-vous ça, mais c'est qu'il a plus d'un tour dans la manche le petit serpent!"
La panique commençait à gagner Harry. Il avala difficilement sa salive. Même s'il savait d'avance que ça n'allait pas marcher mais il devait au moins essayer.
"Ecoutez, je ne sais pas ce que j'ai fait pour…"
"Il ne sait pas ! C'est la meilleur celle-là, tu entends Archie ?"
"Mais fermes la toi !"
"Je l'ai déjà dit une fois, tu crois vraiment que ça va changer quelque chose maintenant ?"
Archie ne releva pas, il tourna plutôt son attention vers sa victime.
"Potter, tu as peut être cru que ta célébrité allait faire de toi un dieu ici, mais le Choixpeau a révélé ta vrai nature, inutile de faire semblant d'être ce que tu n'es pas, plus personne ne croit en toi ! Et pour te le rappeler, on va s'assurer que tu te souviennes de comment on traites les traîtres à Merlin dans ton genre !"
"Mais je n'ai jamais_"
Silencio !
Et la gorge de Harry ne produisit plus aucun son.
"J'aurai aimé t'entendre supplier, mais on ne peut pas risquer qu'on nous surprenne, même si je ne pense pas que quelqu'un te viennes en aide." dit Archie alors qu'un rictus carnassier s'étalait sur son visage.
Harry avait envie de fuir, mais cela voulait dire que les attaques viendraient de son dos et qu'il n'aurait plus aucun moyen de les éviter. La priorité était de récupérer sa baguette et ensuite… Il avisera à ce moment-là, mais ce serai surement quelque chose dans le champ lexicale de la fuite.
"Je n'aime pas son regard, il n'y a pas assez de peur à mon gout."
"Ne t'en fait pas, ça ne va pas tarder"
Les secondes s'étiraient, dans un instant, ou peut-être le suivant, les coups allaient pleuvoir, mais ce ne serait pas des coups de poings ou des coups de pieds -ceux-là Harry y était déjà habitué grâce à son oncle et son cousin- mais des sorts méticuleusement créés dans le but de faire souffrir, et ne pas savoir à quoi s'attendre rendait la dite attente encore pire. La main d'Archie bougeait presque au ralenti quand il prononça
Accio
Mais Harry s'y attendait. Il bondit sur le côté pour éviter le tir.
Locomotor Mortis
Le sortilège le cueillit au vol, le camarade d'Archie avait prononcé son incantation si vite qu'Harry n'était même pas sur de ce qui l'atteint. Ce n'est que lorsqu'il dut se réceptionner qu'il remarqua que ses deux jambes étaient collées l'une à l'autre. Il s'étala lourdement sur le sol, à moitié sonné. Il n'entendit pas le sort suivant, il senti juste ses vêtements le comprimer et le tirer vers le haut. Il fut mis sur pieds de force, puis s'éleva dans les airs, et fut tracté par une force invisible vers ses bourreaux.
"Tu veux déjà nous fausser compagnie ? On vient à peine de commencer pourtant !"
"Je mourrais d'envie d'essayer le sortilège de découpe sur une vrai cible, merci de te porter volontaire, Potter."
Son bras droit se tendit en angle droit et se verrouilla dans la position. Lentement, alors qu'Archie gardait sa baguette pointée sur lui pour maintenir la lévitation, son camarade commençait à tracer dans l'air le mouvement du sortilège et dit presque dans un murmure
Diffindo
La peau lutta, se tendit sous l'effet de la magie, puis lentement se déchira. Le flux énergie était doux, presque hésitant au début, puis il augmenta peu à peu en intensité à mesure qu'il dévorait la chair. Une lame de magie perforait le muscle et tranchait, un mouvement saccadé et régulier, la douleur se déversant par vague dans le corps du Serpentard impuissant. Harry aurai voulu hurler. L'air quittait ses poumons et faisait vibrer ses cordes vocales jusqu'à les déchirer mais pas un son n'en sorti. Et sans qu'il ne sache pourquoi, cela rendait la chose pire, insupportable. Il ne regardait pas le visage de ses tortionnaires, il était parcouru de spasmes et se débattait comme un possédé. Il aurait été prêt à tout pour que la souffrance s'arrête. Elle s'insinuait en lui comme une armée de vers, rongeant sa chair et se repaissant de ses entrailles, puis une fois en lui se déchaînait comme un ouragan, balayant toute forme de pensée cohérente, s'insinuant au plus profond de sa raison. Plus rien n'existait d'autre que son membre qu'on mutilait.
Puis tout cessa. Le calme fut si soudain que Harry ne le remarqua pas tout de suite. Son bras lançait toujours des vagues de souffrance, mais le supplice s'était arrêté. Dans son état, il ne put se retenir de ressentir autre chose que de la reconnaissance ; ses bourreaux avaient décidé de faire preuve de clémence, ils allaient l'épargner, il lui avait pardonné. Il aurait pu embrasser leur pieds tant il était heureux, il désirait plus que tout leur baiser les pieds, ils étaient si bon envers lui !
Mais l'œil du cyclone passa, et l'enfer repris. Et le sentiment de honte fut pire que la douleur, Harry ne parvint plus à respirer pour un moment, étouffé par ses propres cris silencieux. Il supplia, pria, marchanda, mais la plus part du temps ce qu'il laissait échapper n'était qu'un chaos incohérent que ses tourmenteurs n'entendaient de toute façon pas.
Il appela à l'aide. Il implora Tonks, Agrid, Hermione, Ron, ses parents, n'importe qui. Draco, Voldemort, la mort elle-même, n'importe qui mais plus ça.
Et ses prières furent exaucées.
Il ne vit pas clairement le visage de son sauveur, ses yeux brouillés par les larmes, mais il reconnut le nez aquilin, la longue robe noir, les cheveux encadrant, la mine sévère. Le professeur de potion passa à l'angle du couloir. Harry vit la surprise sur son visage, vite remplacée par une expression indescriptible. Il était sauvé. Il oublia même la douleur pour une seconde, rien au monde ne comptait plus que les yeux noirs qui le regardaient avec tant d'intensité.
Puis il cligna des yeux, et le couloir était vide.
Les épines qui le rongeaient de l'intérieur lui rappelèrent où devait se porter son attention, et le monde ne fut plus que ténèbres. Sa conscience vacillait. Il avait toujours espéré qu'un jour, les années de violences quasi quotidiennes allaient l'endurcir, ou au moins qu'il allait finir par s'habituer à la douleur. Mais ses espoirs avaient encore une fois été en vain. Il se demanda si c'était ce que ressentait les victimes de "Doloris" le sortilège interdit sensé causer des tourments tels qu'elle plongeait dans la folie. Quelle ironie, il avait survécu au sortilège de la mort, mais était si faible qu'un sortilège mineur était suffisant pour venir à bout de lui.
"Mais dis-moi ma chère Flora, ne serait-ce pas une brute sans cervelle qui se permet d'agresser un fier Serpentard ?" énonça une voix claire et calme, trop calme pour être réelle.
"Non, très chère Hestia regardes mieux ! C'est juste une larve qui essaies de se rendre plus important qu'elle ne l'est vraiment."
Harry comprenait à peine les sons qui parvenaient à ses oreilles. Comme une marionnette dont on tranche les fils, il se laissa choir sur le sol quand la force qui le maintenait dans les airs disparu. Des explosions retentirent autour de lui, mais à ce stade il s'en fichait. Il roula en boule et serra les dents, laissant ses larmes chaudes lui caresser les joues, et pria pour que, quelle qu'elle soit, la raison de sa délivrance fasse fuir la douleur à tout jamais.
"Sale garces ! Vermines impures ! Attendez que je raconte à tout le monde ce que vous avez osé faire !" Archie n'était pas content. Harry serra sa tête plus fort entre ses bras, espérant qu'il ne déchaîne pas sa furie sur lui.
"Oh, mais tu as raison Flora, on dirait même qu'il a hâte que toute l'école sache qu'il a été vaincu par deux petites filles de première année !" Harry ne comprenait pas pourquoi la voix se parlait à elle-même. Était-il finalement devenu fou ?
Il décida qu'il ne voulait plus entendre, qu'il ne voulait plus écouter. La réalité avait été trop cruelle avec lui, mais il ne faisait pas encore confiance à la folie. Il s'enfui dans le seul endroit où il se savait encore en sécurité et ferma la porte de son esprit derrière lui.
Le temps passa. Il ne sut pas combien.
"Tu crois qu'il est mort ?"
"Non. Regardes, il respire."
"Alors pourquoi ne réagit-il pas ?"
"Il n'est peut-être pas conscient ? Ou maudit ? Je n'en sait pas plus que toi !"
"Doucement Hestia. Excuses-moi. Je ne voulais pas te_"
"Ça va."
Encore la même voix. Une fille, qui se parlait à elle-même. Harry voulu qu'elle s'en aille, il ne voulait plus voir d'autres êtres humains, ils pouvaient tous mourir pour ce que ça changeait. Il se senti sombrer peu à peu dans les ténèbres. Son heure était-elle enfin arrivée ? Étrange, il aurait pensé éprouver plus de regrets, mais en ce moment il était simplement en paix, prêt à accueillir le repos éternel.
Quand il reprit conscience, il faisait nuit. Il le savait car la lumière des torches au travers de ses paupières closes était plus douce que celle du soleil.
La déception vint la première. Il était en vie. Il devrait encore souffrir.
Puis ce fut la honte. Il avait été faible. Il était faible. La magie n'avait rien changé, il restait faible.
Et enfin vint la douleur. Pas son bras, pas tout de suite, simplement la réalisation simple des deux premières émotions qui l'avait accueilli.
Des larmes percèrent la barrière de ses paupières, l'obligeant à laisser la réalité s'introduire dans son havre de paix.
"Harry ?"
Il n'était pas seul. Evidemment, pourquoi la réalité lui laisserait une seconde de répit ? N'avait-elle pas depuis longtemps été claire concernant ses intentions à son égard ?
"Il est réveillé ! Oh, Harry !"
Hermione se jeta littéralement sur lui, forçant pour l'entourer de ses bras.
"Harry, j'étais si inquiète !" ce fut le tour de Tonks de s'y mettre. "J'ai eu si peur ! Qu'est ce qui s'est passé ? Qui t'a fait ça ? Tu as encore mal ? Laisses le respirer Hermione : Oh, Harry…"
"Mais toi aussi tu le… Harry, ça va ? Tu es tout rouge !"
"Vous allez laisser ce pauvre garçon respirer ma parole ! J'ai été bien gentille de vous laisser rester à l'infirmerie, mais si vous importunez mes malades je vous met à la porte sur le champ."
Harry fut enfin libéré du poids qui lui écrasait la poitrine. Il ouvrit finalement les yeux, et pris une seconde pour observer les alentours. Il était bien à l'infirmerie, Hermione et Tonks encadraient son lit, chacune d'un côté, et au pied du lit :
"Neville ?" Harry fut surpris par le son de sa voix propre voix, elle croissait.
"Je… Si tu veux que je partes, je comprends…"
Harry ne dit rien, il ne faisait pas confiance à ses corder vocales, et de toute façon il ne savait pas ce qu'il devait dire.
"Je n'ai pas eu l'occasion de te remercier. Ou plutôt… En fait, non. J'aurais dû… Quand même…"
"Neville, c'est OK." c'était déjà mieux, mais pas encore tout à fait ça.
"Non ! Tu m'as sauvé la vie et moi je ne te dit même pas merci ! Je suis désolé Harry, le Choixpeau a eu raison de ne pas m'envoyer à Gryffondor ! Je mérite même pas Poufsouffle, j'ai laissé tomber mes amis, je mériterai d'aller à_"
"Serpentard ?" l'interrompit Harry, devinant la direction que prenaient ses pensées.
Neville pâlit en se rendant compte de ce qu'il sous entendais.
"Je… Je… Non ! Enfin, oui ! … Non, je…"
Harry ne put s'empêcher de rire, mais le regretta quand son hilarité fut interrompue par une quinte de toux qui semblait ne pas vouloir s'arrêter.
"Tu vas devoir ménager tes cordes vocales mon garçon." dit Madame Pomfresh depuis son bureau. "Et vous autre c'est mon dernier avertissement, mon patient a besoin de repos !"
Les jeunes sorciers se regardèrent en se retenant de rire. La situation était assez comique, ils étaient tous réunis pour la première fois depuis le Poudlard Express, parce que l'un d'entre eux avait été retrouvé inconscient dans les couloirs, et la seuls chose qui comptait pour l'infirmière était le silence de son lien de travail.
"Tout va bien Neville, je ne t'en veux pas.
"Je… Merci…"
"Qu'est-ce qu'il y à ?"
"Hein ?"
"Il y a une chose que tu ne dis pas, je me trompe ? Tu te retiens depuis tout à l'heure."
"Je… Est ce que tu veux toujours qu'on soit amis ?"
"Je viens de te le dire Neville, je_"
"Je ne parle pas de ça. Tu es un Serpentard, on va se moquer de toi si tu traînes avec un Poufsouffle. Je me suis dit que tu ne voudrait surement pas que tout le monde t'embête avec ça et je t'ai laissé tranquille, mais Hermione dit que je doit te demander avant de prendre ce genre de décision, alors…"
Harry n'en revenait pas, durant tout ce temps il avait mal jugé son ami. D'un seul coup, la réalité se dit qu'elle lui avait donné assez de coups de pied dans le visage et décidait de lui faire un câlin. La réalisation que tous les gens autour de lui s'inquiétaient vraiment pour lui, tenaient vraiment à lui, le frappa si fort qu'il crut que son cœur allait exploser.
Il avait une famille.
Peut-être pas par les liens du sang, mais des gens pour qui il comptait vraiment avaient tenus à être là pour lui quand il se réveillerait. Il ne chercha pas à cacher les larmes qui coulèrent sur ses joues. Contrairement à celles qu'il avait versées plus tôt, il était fier de celles-ci.
"Bien sûr que je veux de toi comme ami, Neville !"
Harry Potter était aimé. Pour la première fois de sa vie il n'avait pas l'ombre d'un doute à ce sujet.
Sur la table de chevet de Harry, sur un morceau de parchemin fin, une note dans une écriture calligraphiée à l'encre violette lisait
"Nous sommes quittes."
