Chapitre 22 - Qui a peur du grand méchant mage noir ?

Harry se réveilla avant d'ouvrir les yeux. Il était assis dans un fauteuil très confortable. Le rembourrage épousait parfaitement son dos, comme si le dossier voulait lui faire un câlin, et les accoudoirs faisaient des massages à ses bras. Il était sur de s'être endormi dans son lit, mais pourtant l'incongruité de la situation ne le dérangeais pas. Au fond de lui, il savait qu'il était juste en train de rêver, et il n'avait aucune envie de se réveiller pour l'instant, alors autant profiter d'un bon fauteuil tant qu'il le pouvait.

"Bonsoir, Harry."

Harry n'avait toujours pas ouvert les yeux, il n'en avait vraiment pas envie, mais il réalisait qu'il aurait été impoli de ne pas répondre. Et il devait admettre que le ton familier de la voix du directeur avait quelque chose d'apaisant.

"Bonjour, monsieur Dumbledore"

"Je suis désolé de te convoquer à une heure aussi tardive, mais j'ai eu vent de l'incident de cet après-midi et je tenais à m'entretenir avec toi. Je suis sincèrement navré que tu aies eu à subir ce genre de mauvais traitement. Quand j'ai pris la tête de cet établissement, j'ai espéré qu'il puisse être un lieu où mes élèves soient en sécurité. Mais peu importe les efforts que je fais, je ne parviens pas à protéger tout le monde. Je te demande pardon pour mon incompétence."

Le ton du vieil homme était sincère, mais ses mots parvenaient à Harry de loin, comme s'il lui parlait depuis une autre pièce. Il avait tant sommeil.

"Je ne vous tiens pas pour responsable, vous n'avez pas à vous excuser."

"Et pourtant je le dois, en tant que directeur, tout ce qui se passe dans mon école est ma responsabilité, la tâche qui m'a été confié est de prendre soin de chacun d'entre vous et pourtant_"

Les remords du vieux sorcier le fatiguaient. Il voulait se rendormir.

"Vous devriez apprendre à ne pas vous reprocher de ne pas être Dieu, personne n'attend de vous que vous soyez parfait."

"Héhéhé, on dirait bien que tu m'a rapidement cerné." le rire de l'homme sonnait comme une tasse de chocolat fondu. "Mais soit, si tu m'accordes ton pardon, il serait mal poli de refuser. Je te remercie humblement Harry Potter."

"De rien. Bonne nuit." et il s'abandonna à l'étreinte si douce du fauteuil et du sommeil.

"Pas si vite jeune homme, il y a encore un autre sujet dont je voulais te parler."

Reporter son attention sur le vieux sorcier donna à Harry l'impression de s'extirper d'une mare de mélasse.

"Je pourrai retourner me coucher après ?" demanda t'il d'un ton suppliant.

"Promis."

Harry hocha lourdement la tête et attendit la suite, les yeux toujours fermés.

"Tu as reçu beaucoup de lettre depuis ton arrivé."

Harry fut pris de la panique d'un enfant qui sait qu'il a fait une bêtise. Il n'en avait répondu à aucune allait on le gronder ?

"Mais je les ai intercepté avant qu'elles ne te parviennent."

Ouf, ce n'était pas de sa faute.

"Cependant il s'agit de ta correspondance et je me doit de t'en parler."

"Brûlez tout." problème réglé, il pouvait dormir à présent.

"J'ai bien peur que le sujet ne soit trop délicat pour que la question puisse être esquivé si facilement."

"Pourquoi ?" demanda Harry au bord des larmes, pourquoi ne le laissait on pas dormir ?

"Comme tu le sais, ton statut fait de toi la cible de nombreuses convoitises, et nombreux sont ceux qui voudrait pouvoir utiliser ton influence à leur propre fins, c'est pourquoi j'ai jugé bon de t'épargner pour un temps leurs manigancer en te tenant éloigné de leur griffes."

"Merci." La gratitude était sincère. Même avec moins d'une moitié de cerveau éveillé il était capable de réaliser que le vieux monsieur lui avait épargné beaucoup de contrariétés. Il décida qu'il aimait bien Dumbledore. Il lui offrirait des chocolats à noël.

"Cependant, tôt ou tard, il sera temps pour toi de faire ton entré dans le monde, et quand tu seras prêt, tu pourras venir me trouver, et je te remettrai ce qui te reviens de droit. Tout ce que tu auras à faire, c'est te présenté à l'entrée de mon bureau, et dire à la gargouille ami du Phœnix."

"Ami du Phœnix…" sa conscience était une bulle de savon glissant sur les bords de la réalité.

"En parlant de ce qui te revient…" Harry n'écoutait plus. Il Dormait déjà.


A son réveil, dans son lit cette fois-ci, Harry était persuadé d'avoir oublié quelque chose, mais ne parvenait pas à se rappeler quoi.

"Hey, Potter ! C'est ta maman qui t'envoie des cadeau ?"

Harry sorti la tête de ses draps regarda autour de lui. Son lit était beaucoup moins confortable que le nuage sur lequel il rêvait qu'il était allongé.

"Excuses le Harry, c'est un imbécile."

"Imbécile toi même !"

Harry ne les écoutait pas, sur sa table de chevet était déposé un paquet enveloppé dans du papier rouge. Il l'ouvrit et découvrit qu'il y avait une carte avec :

Ton père m'a laissé ceci avant de mourir, elle n'a eu de cesse de réclamer ta présence depuis quelque jours, et je crois que tu pourrais en avoir besoin. Fais en bon usage.

"Mon père m'a légué une couverture ?"