Bonjour à tous, et merci de me lire.

Cela fait un moment que je n'ai pas posté de chapitre (un petit mois) mais je n'ai pas abandonné la série! J'ai du la mettre en pause pour des raisons de santé, mais me voila de retour (pour vous jouer un mauvais tour^^). Je vous remercie vraiment de votre patience, et j'espère que cette troisième partie vous plaira, bonne lecture :)

Séverus Rogue regardait à la fenêtre d'un air songeur. Habituellement il n'y avait pas de fenêtre dans son bureau, puisqu'aucun de ses murs de ne donnait sur la façade extérieur du château, cependant la pièce avait l'amabilité de s'accorder à son humeur contemplative et lui offrait la vue paisible du lac de Poudlard.

La semaine avait été longue et pleine de complications surtout depuis que lu fils de James s'était mis dans la tête de jouer les Gryffondor et de s'attirer tous les ennuis possible et imaginables.

Il soupira, des rides de lassitude se creusant sur son visage. En une semaine il avait trouvé le moyen d'atterrir deux fois à l'infirmerie, se faire agresser, et plus généralement devenir le centre d'intérêt principal du moulin à rumeur de Poudlard, où tous les élèves et même quelques professeurs parlaient de lui comme la réincarnation de Voldemort. Les préoccupations des idiots avaient toujours eu le don de l'agacer. Ne se souvenaient ils plus de l'horreur qu'avait déchaîné le maître ? La peur et la souffrance qu'il avait réussi à instaurer avait déjà disparue de leurs cœur ? Comment pouvaient ils croire ne serait-ce qu'un instant que ce jeune geignard pouvait abriter l'esprit de celui qui avait imposé sa domination sur tout un pays et dont le seul nom glaçait d'effroi ? L'alternative était encore pire, certains restaient persuadés que le jeune Potter était un genre de messie. Ils étaient moins nombreux mais c'était ceux qui avaient les arguments les plus rationnels. Si tant est qu'il puisse y avoir quoi que ce soit de rationnel dans l'idée que le nouveau jouet de Dumbledore fut une machine destructrice de mage noir.

Et maintenant le vieux sénile voulait faire de lui le gardien attitré du gamin, tout ça sous prétexte qu'un vieux bout de toile bon à jeter au feu l'avait envoyé dans sa maison. Nouveau soupirs.

En parlant du directeur, il était bientôt l'heure d'aller lui faire son rapport…


Quelques jours plus tôt, dans la même pièce, le maître de potion avait été celui à qui on livrait des comptes, un changement de rôle qui donnait au sorcier l'impression qu'il contrôlait encore quelque chose de sa vie, et qu'il n'était pas juste le garçon de course d'un vieillard facétieux.

"Mon chère Draco." La voix du directeur de Serpentard était traînante, comme à son habitude, ne laissant rien transparaître de ses émotions.

"Maître Severus." Répondit le jeune garçon sur le même ton. C'était un rituel entre eux ; Rogue appelait Draco Jeune maître Malfoy en présence de leurs amis communs et chère Draco en privé, et Draco lui appelait Séverus Rogue, maître en toutes circonstance, à part en contexte scolaire, et n'utilisait son prénom qu'en privé. Pour l'héritier de la noble maison Malfoy, les réunions tardives avec le vieil ami de la famille étaient la preuve qu'il faisait partie du monde des "grands", de ceux qui tiennent des conciliabules dans de riches salons privés et fomentent des plans secrets : des choses d'adultes. Et maintenant qu'il était assez grand pour en faire partie cela voulait dire que lui aussi était adulte.

"Je n'ai pu m'empêcher de remarquer votre intérêt pour le jeune Potter."

Ce n'était pas une question, nier n'aurait eu aucun intérêt, même si l'idée ne serait jamais venue à l'esprit de Draco de tromper Severus Rogue. Il se contenta donc de hocher la tête.

"La question qui me taraude est donc la suivante, qu'est-ce qui peut bien pousser le prochain héritier de la maison Malfoy à déclarer sa famille amie du dernier des Potter ?"

Draco s'était attendu à ce qu'on lui pose cette question, et il avait déjà réfléchi à ce qu'il devrait répondre.

"La réputation du survivant est un avantage considérable pour mon ascension au pouvoir, et en le poussant à attester devant témoins qu'il approuve une alliance avec moi permettra d'adoucir dans l'opinion du commun certains des aspects les plus… épineux de la réputation qui vient avec le nom des Malfoy."

Rogue ne dit rien, il se contenta regarder son élève avec la même expression neutre. Draco se retint d'avaler sa salive et poursuivit.

"Et quand le Maître reviendra dans sa gloire, comme il l'a promis, je lui livrerai son ennemi sur un plateau. Il me prendra à sa droite, et rendra à ma famille la place qui lui revient de droit et dont le survivant nous a privé."

Le professeur ne dit rien pendant quelques instants, puis sorti sa baguette et jeta plusieurs sorts de détection d'intrus, d'annulation de sorts d'invisibilité et de brouillage d'écoute à longue distance, avant de jeter une demi-douzaine de sorts anti-écoute. Il fit ensuite de la pièce un caisson insonorisé et inviolable de sorte que personne ne pouvait y entrer ou en sortir sans son consentement.

"Certains mots ne devraient jamais être prononcés à voix haute dans l'époque à laquelle nous vivons. Vous pouvez bien imaginer l'embarras dans lequel se retrouverait votre père si ce que vous venez d'affirmer devait sortir de ce bureau."

"Et vous sous estimez de beaucoup l'influence de mon père, qui, vous vous en doutez s'étant jusque dans les murs de cette école. Mais votre inquiétude est compréhensible, et même s'il pourrait faire taire n'importe quelle rumeur d'un claquement de doigt, il a surement mieux à faire, je vous le concède. Je tacherais de me montrer plus prudent à l'avenir."

Jamais, même devant un ami de la famille, même devant Rogue, jamais Draco ne devait se laisser rabaisser. Père avait été très clair là-dessus.

"Je reconnais dans votre discours l'influence de votre père." encore une fois, inutile de nier. "D'où la question qui s'impose ; croyez-vous vraiment dans le retour du Maître ?"

Le retour prochain du Maître était la raison pour laquelle les mangemorts étaient restés unis après tant d'années. C'était aussi l'argument principal qui permettait au père de Draco de garder le contrôle au sein de ce groupe de tueurs. Pour la plus part, ils n'y croyaient plus, même si personne ne le reconnaîtrait jamais devant les autres. Cependant ils savaient, tous, il savait en leur for intérieur que leur foi s'était éteinte, qu'ils avaient cessé d'attendre. Mais proclamer ne plus avoir foi dans le Maître, c'était trahir le Maître. Et il n'y avait pas de traîtres chez les partisans du seigneur des ténèbres, on était soit un mangemorts fidèles soit un mangemorts morts. C'est pourquoi Draco savait qu'il n'avait pas le droit à l'erreur, même devant Severus. Le professeur de potion avait ses yeux noirs plongés dans ceux gris de son élève. Le piège était évident, mais Draco avait appris à se défendre.

Il rendit son regard au professeur.

Il n'y avait aucun moyen d'empêcher un légiliment parfait de sonder votre esprit à part d'être un occlument parfait. Mais père avait appris à Draco qu'il y avait plusieurs façons de les piéger. Celle qu'il lui avait appris était censée marcher à tous les coups et lui permettre de se tirer de la plus part des situations.

Il imagina Severus Rogue la gorge tranchée.

"J'ai foi en notre Maître."

Il visualisait très clairement la chair déchiquetée et le sang rouge couler à flots de la plaie béante tout en récitant mentalement la liste des maléfices qu'il connaissait qui s'attaquaient à la chair et les visualisa ronger au ralenti le corps du sorcier. Il avait déjà assisté à des tortures opérées par les Carrow, et il avait gardé en mémoire les cris de la victime, et l'odeur du sang. Il puisa dans ses souvenirs pour donner plus de vie à l'image, et projeta sur le visage de sa victime imaginaire, l'expression de terreur absolue qu'il avait vu ce jour-là, l'expression de la crainte d'un mort qu'on sait certaine.

"Je sais qu'il reviendra."

D'après son père, personne ne peut rester insensible face à l'image de sa propre mort. Et puis que les légiliment sont obligés de traverser vos pensées actuelles avant de pouvoir atteindre des niveaux plus profonds de votre conscience, il fallait protéger ses pensées derrière cette image brutale, afin de détourner l'attention du légitiment, ne serai ce qu'une seconde, c'était suffisant. Et on guettait le moindre signe, la moindre hésitation dans l'attitude de son opposant. Et quand il la verrait, Draco devait s'offusquer et l'accuser d'avoir illégalement pénétré son esprit. Père lui avait expliqué qu'il n'avait même pas à se justifier de penser à commettre un meurtre, car il pouvait ensuite témoigner sous véritasérum avoir volontairement imaginé un faux meurtre afin de piéger son un assaillant, puis que c'était effectivement ce qu'il avait fait.

Mais Rogue ne cilla pas, il ne montra aucun signe, son visage restait un masque impassible. Il se contenta de hocher la tête.

"A son retour prochain." dit-il gravement.

"A son retour prochain." approuva Draco.


Le maître de potion soupira à nouveau et repensant à l'entrevue, ce soir-là il avait reçu confirmation de ce qu'il craignait. Lucius Malfoy avait déjà des pions placés à l'intérieur de l'école de Poudlard, qu'il pouvait les manipuler comme bon lui semblait. Il était temps d'en avertir Dumbledore, quant au reste, cela ne le concernait pas.


"J'ai bien peut que le petit Harry ait eu à subir le prix de sa gloire…"

"Que voulez-vous dire Albus ?"

"L'ivraie et le bon grain croissent ensemble, et il n'y a pas assez de lumière pour tout le monde. Les mauvaises herbes tentent donc d'étouffer la concurrence afin de se faire une place au soleil."

"Quelqu'un s'en est pris à Harry ? Albus, vous devez faire quelque chose !"

"Ma très chère Minerva c'est bien là mon intention, sois en certaine, seulement… soupir. J'ai des yeux dans tout Poudlard, et pourtant ils arrivent à échapper à ma vigilance. Je soupçonne des forces extérieur d'être à l'œuvre en ces murs."

"Attendez… Le professeur de défense ?"

"Minerva, tu ne vas pas me dire que tu prêtes foi à ces ridicules superstition ?"

"C'est ce que vous aviez dit aussi pour le dernier, et l'avant-dernier, et celui encore avant. Si vous ne comptez pas vous en charger, je dois m'assurer que Quirinus n'est ni visé ni impliqué."

"Ma chère, je porte le plus grand intérêt à la sécurité de tous ceux qui sont sous ma responsabilité, élèves et professeurs, cependant, je ne crois pas que notre chère professeur Quirrel ai quelque chose à voir avec cette affaire, je pensais à une autre force, bien plus redoutable qu'une prétendue malédiction. N'as-tu pas remarqué l'intérêt du jeune Malfoy pour le fils de Lili et James ?"

"Le jeune Draco ? Il est vrai que de sombres rumeurs courent déjà à son sujet, mais de là à agresser Harry… Je veux dire, il semblait vouloir le corrompre et pas s'en prendre à lui."

"Mais quel meilleur moyen aurait-il de se rapprocher de quelqu'un ?"

"Je ne vous suis plus… Il aurait provoqué l'attaque... afin de..."

"Afin de montrer patte blanche, et de gagner la confiance de sa proie."

"Vous pensez sérieusement qu'un garçon de onze ans pourrait faire une chose pareil, cela me parait un peu…"élaboré" comme plan."

"N'oublies pas que ce garçon de onze ans est sous l'influence de Lucius. Cela ne m'étonnerait pas qu'il suive à la lettre les indications de son père. A ton avis, quel enfant a envoyé et reçu le plus de lettre depuis son arrivé ici ?"

"Albus, vous n'auriez quand même pas_"

"Ne te méprends pas ma chère, je ne me permettrai pas de lire les lettre de nos élèves, mais un hibou qui fait autant de va et viens fini forcément par attirer l'attention."

La directrice de Gryffondor n'aimait pas les jeux de Serpentard auxquels se livrait son mentor et ami, pour la Gryffondor qu'elle était une bataille devait se livrer en face à face, pas assis derrière des bureaux et surtout pas avec des jeunes enfants comme intermédiaires, mais elle avait foi en Albus, et avait depuis longtemps appris à considérer ses méthodes comme un mal nécessaire. Pourtant… Non, elle lui confierait sa propre vie sans hésiter, elle pouvait lui faire confiance pour prendre soin de Harry. Cependant elle avait attendu trop longtemps, il était temps pour elle de faire honneur à la mémoire de ses vieux amis et qu'elle s'introduire auprès de leur fils comme elle aurait dû le faire il y a bien longtemps.


Alors qu'il marchait en direction du bureau du directeur, Severus continuait de méditer sur les événements des derniers jours. Il avait déjà accepté le fait de n'être qu'un pion dans une partie à grande échelle que se livraient Lucius et le vieux fou, mais il avait espère que l'école reste une zone neutre, son dernier bastion de paix où il pourrait se construire une illusion de tranquillité. Mais une nouvelle pièce était arrivée sur le plateau, une pièce qui portait des lunettes un éclair grave sur le front et qui attirait la convoitise des deux parties. Le jeu prenait une tournure chaotique et même s'il avait des oreilles dans les deux camps il y avait longtemps qu'il ne pouvait plus prévoir quel joueur prendrait l'avantage. Soupirant une fois de plus, mais résigné à son sort, il comprit que le seul choix qui restait entre ses mains était de décider, à la fin, à quel camp irait sa loyauté.