"Bonjour, monsieur Potter."

Harry se figea. Il n'avait parcouru que quelque mètre avant que la voix caverneuse du professeur de défense ne résonne derrière lui.

Mais comment fait-il pour apparaître de nulle part comme ça ?

Peut être qu'il a sa propre cape ?

Harry baissa les yeux vers ses mains. Il était toujours invisible. Alors comment le professeur savait-il qu'il y avait quelqu'un présent dans et couloir, et surtout comment diable avait-il deviné que c'était Harry ?

"Voulez-vous bien apparaître ? Je souhaiterais m'entretenir avec vous."

Inutile de prétendre ne pas être là, Harry sentait que cela ne servirait à rien contre quelqu'un comme le professeur Quirrell. Cependant…

"Vous-voulez bien vous retourner ?"

L'homme haussa un sourcil interrogateur, mais s'exécuta sans protester. Harry devait se dépêcher d'enlever la cape. Il tenait à garder son existence secrète, même pour les professeurs, mais réalisa vite qu'il y avait une faille dans son plan.

Si j'apparais avec une boule de tissus sous le bras, surtout après lui avoir demandé de se retourner, il va tout de suite comprendre…

Pendant un instant il envisagea de la dissimuler dans un coin, mais se ravisa vite ; cela voulait dire revenir la chercher plus tard, et prendre le risque que quelqu'un d'autre la trouve entre temps. Il n'avait pas non plus de sac ou la ranger.

On aurait dû y penser

Si seulement la cape pouvait se rendre elle-m_

Il n'avait même pas fini ce formuler sa pensée que la magie de la cape répondit à son appel, et elle disparus de ses épaules. Il pouvait toujours sentir le tissu frotter contre ses vêtements en bougeant, mais elle était complètement transparente. Un soupire de soulagement lui échappa.

"C'est bon."

"Ai-je tort de supposer que vous n'utilisez pas une méthode conventionnelle pour vous désillusionner ?"

Harry avala sa salive de travers. Évidemment. Il allait devoir apprendre à réfléchir plus vite face à des gens vraiment intelligent.

"Je n'ai rien à ajouter sur le sujet. J'aurais tout aussi bien avoir voulu vous cacher ma position jusqu'au dernier moment."

"Et c'est aussi pour cette raison que vous avez pris la peine de camoufler le bruit de vos pas ?"

J'ai fait quoi ?

Sûrement la cape.

"Pourquoi poser la question si la réponse est évidente ?"

"Parce qu'il est assez rare, même à Poudlard, que les portes s'ouvrent d'elles même, et quand elles le font, elles ne prennent pas la peine de se refermer toutes seules."

Il avait commis une erreur de débutant. À quoi bon être invisible s'il indiquait lui-même sa présence.

"Bref, passons. Je pense que ce que j'ai à dire devrai se révéler d'un certain intérêt pour vous."

Harry ne répondit rien. Il avait l'impression qu'il n'allait pas aimer ce qui allait suivre.

"J'ai cru comprendre que vous avez récemment été confronté à un adversaire que vous n'aviez pas pu battre avec vos méthodes habituelle ?"

L'homme soupira longuement.

"Du temps de ma scolarité, j'ai moi aussi été confronté à ce genre d'individus. Les générations se succèdent dans ces murs, mais les idiots restent une constante… En tant que professeur, je suis peiné de constater que certains puissent se livrer à des pratiques aussi basses, et je me sent d'autant plus atteint dans mon orgueil, que ces individus osent s'en prennent à un de mes élèves. Je sens qu'il est de mon devoir de m'assurer que vous soyez en mesure de vous protéger contre les forces du mal lorsque celles-ci vous font face, et ce sous quelque forme que ce soit. Alors si Poudlard ne peut pas vous protéger, permettez-moi de vous offrir ma protection."

Attends, quoi ?

"Sachez cependant qu'accepter mon aide n'est pas un aveu de défaite ou une preuve de faiblesse, je vous offre simplement un moyen temporaire, en attendant que vous appreniez à vous protéger par vos propres moyens."

Attends, QUOI ?!

"Puisqu'il établi que faire de vous un combattant aguerris est mon rôle, il est tout naturel que je prenne la responsabilité de votre ignorance actuelle, et que je m'assure que vous n'ayez pas à en payer le prix tant que je n'ai pas eu le temps d'accomplir la tâche qui m'a été désignée. Une fois que vous aurez reçu mon instruction, ce qu'il adviendra ensuite ne dépendra que de vous, de votre capacité à appliquer mes enseignements et de votre talent. Mais avant que ce jour n'arrive, pourquoi ne pas acceptez la main que je vous tend ? Vous n'aurez plus à vous cacher de la vue de tous, vous pourrez vous déplacer à votre guise, sans avoir besoin de vous en remettre au pouvoir d'un autre."

Trop. Trop vite.

"Que se passera t'il si la personne qui vous a ensorcelé est éloignée de vous pour une trop longue période ?"

Harry ouvrir la bouche, mais la referma aussi tôt. Le professeur pensait avoir percé le secret de son invisibilité, il n'y avait aucune raison de le laisser savoir qu'il se trompait.

"Réfléchissez-y jeune Serpentard."

L'offre était tentante. Mais pour une raison qui lui échappait Harry sentait, au plus profond de lui qu'il ne devait pas accepter. Une impression sinistre se reprendrait en lui à cette seule pensée. Devenait-il paranoïaque ? Depuis qu'il avait été la cible des tentatives de manipulation de Draco et de Frank, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander si chaque personne qui lui parlait n'était pas entrain de jouer un rôle. Il y avait beaucoup de gens qui voulaient s'attirer les faveurs du survivant, mais… Le professeur Quirell ? Si quelqu'un méritait qu'on lui fasse confiance c'état bien lui, non ? Quelle raison y aurait il de mettre sa parole en doute ?

"Les jumelles."

"Je vous demande pardon ?"

"À combien d'élèves avez vous fait cette proposition ?"

"Je ne vous suis pas."

"Je ne suis pas le seul élève à être victime des brutes cette année. Avez vous aussi proposé votre aide aux autres ?"

"Je pense que vous n'avez pas bien compris monsieur Potter, je vous fait cette grâce simplement parce que _"

"Parce que votre orgueil de professeur a été atteint, oui, mais je sais qu'il y a d'autres élèves de première année qui pourraient tout aussi bien avoir besoin de votre aide. Pourtant, la leur avez-vous proposée ?"

"Dois-je prendre votre réponse pour un non ?"

"Je vous remercie quand même de votre intérêt."

"À votre convenance… Je vous laisserai cependant du temps pour considérer la question. Mais ne traînez pas trop."

Sur ces mots l'homme se retourna et s'en alla.

"Vous m'avez dit comment vous aviez su que quelqu'un était présent malgré mon invisibilité, mais pas comment vous avez si que c'était moi !"

L'homme ne dit rien pendant un moment.

"Marchez avec moi Potter."

Et il parti en direction des escaliers.

Est-ce que c'est une bonne idée de le suivre ?

Est-ce qu'on a vraiment le choix ?

Le jeune sorcier s'élança à la suite de son aîné.


"Votre sens de la loyauté est louable, mais aurai-je tord de soupçonner qu'il y ait une autre raison à votre refus ?"

"Heu… oui ? Mais… je croyais qu'on marchait pour que vous m'expliquiez comment vous avez su que j'étais présent ?"

"Vous aurez vos réponses en temps voulu, n'en doutez pas, et je dirais même que vous n'avez pas besoin de moi pour les obtenir."

"Humm… c'est évident à ce point-là ?"

"Tout dépend de ce que vous définissez comme ce point-là, mais je suis sure qu'avec un peu de réflexion et peut être en vous orientant légèrement vous n'aurez aucun mal à trouver la réponse par vous même."

"Donc, la raison de votre refus ? Obtenir d'un sorcier plus puissant que vous qu'il vous prenne sous son aile est une chose rare, et je ne peux pas voir ce qui pourrait vous pousser à refuser les avantages que vous pourriez en tirer."

"En réalité vous n'êtes pas le premier à tenter de nouer une alliance avec moi, ou en tout cas d'autres l'on prétendu dans le but d'obtenir quelque chose de moi."

"Et vous pensez que c'est ce que je fais."

"Je ne sais pas si c'est ce que vous faite, mais je remarque une opposition entre vos but annoncés et vos actions, ce qui me pousse à m'interroger sur vos réelles motivations."

"Mais si j'avais proposé à vos amis mon aide, vous auriez accepté ma proposition…"

"Je lui aurai accordé plus de crédit."

"Je vois."

"Bien sûr, maintenant que vous êtes au courant, même si vous décidiez soudainement de prendre soin de tous vos élèves, cela n'ôtera pas complètement les doutes que j'ai à votre encontre."

"…"

"Donc, puis-je supposer que cous ne me direz pas quelles étaient vos vraies raisons ?"

"Pourquoi poser la question quand la réponse est évidente."

"Humm… évidente pour vous où pour moi ?"

Soupir. "Potter, y a t'il quoi que ce soit que je pourrais vous dire qui vous ferait soudainement abandonner tous vos doutes envers ma personne ?"

"Oh… Evidemment…"

"…"

"…"

"…"

"Et donc, comment avez-vous su que c'était moi ?"

Le professeur laissa échapper un petit éclat rire ressemblait à une petite toux légère.

"Ha, ha, je crois que n'importe qui aurai pu le deviner."

"Heu… Alors là je ne vous pas comment."

"Seul un élève de première année venant du monde moldu aurait fait l'erreur de refermer la porte derrière lui."

"Donc je serai le seul étudiant de première année ayant une raison d'espionner l'entrainement des Gryffondor ?"

"Le seul ayant une raison de le faire ? Non. Le seul qui essayerai de le faire ? Peut-être pas. Mais compte tenu de la réputation de votre père, et de celle que vous vous êtes-vous même forgé en une semaine, je me suis dit qu'il y avait une forte probabilité."

"Donc, vous n'étiez pas sûr que c'était moi ?"

"Sûr ? Non. Plutôt… Comment l'expliquer… Un secret est une arme à double tranchant… Dans une situation comme la votre, protéger les siens tout en cherchant à percer ceux des autres est exactement ce que je ferai. "

"Oh !"

"En effet."

Ils ne dirent rien pendant un moment, arpentant en silence les longs couloirs de Poudlard. Au bout d'un moment Harry demanda.

"Est ce que les sorciers croient au destin ?"

Sans paraître surpris, le professeur répondit sur le ton de la conversation.

"Les sorciers sont capable d'obtenir par l'intermédiaire de voyant des prophéties venues du futur. Peut on vraimetn parler de croyance quand on est mis face à une destinée avéré ?"

"Hum… Sans vouloir vous contredire, quel est le niveau de précision de ces prophéties ? Les moldus ont des tas de charlatans qui prétendent avoir des pouvoirs, ils donnent des prévisions volontairement vagues, avec très peu de détail et après coup, inventent une interprétation de leur propre prophétie pour donner l'illusion qu'elle correspondait parfaitement aux fais. Personne n'a jamais pensé à remettre en question les prophéties ?"

L'homme Jeta un regard dédaigneux sur son élève.

"Vous comparez une confirmation magique à un vulgaire numéro de diseuse de bonne aventure ?"

"Dois-je comprendre que vous n'avez jamais remis en question *un schéma préétabli auquel vous avez été exposé trop longtemps* ?"

"Dois-je vous rappeler qui est le professeur et qui est l'élève ?" Le ton du professeur n'était pas vraiment agressif, mais la menace sous-jacente suffit à hérisser les fils de la nuque de Harry. "Tous les sorciers croient dans les prophéties, bien qu'il soit rare de trouver un vrai voyant, de plus ceux ci ne choisissent pas quand leur vient une prophétie, ils sont plus des medium que le destin utilise à sa guise. Mais je n'ai jamais entendu parler d'une prophétie énoncée par un véritable devin tout qui ne soit pas avéré."

"Peut être que c'est précisément parce que les personnes impliquées croient dur comme fer dans la véracité de la prophétie qu'ils provoquent son accomplissement ; sans qu'ils ne s'en rendre compte leur croyance influence leur comportement dans un sens qui aboutit à l'accomplissement de la prophétie ?"

"D'autre avant vous ont remis en cause leur prophétie, surtout quand le présage ne leur convenait pas, et pourtant leur manque de foi n'a jamais empêché une vrai prophétie de se réaliser. J'ai déjà vu des gens tout faire pour provoquer l'accomplissement d'une prophétie, d'autres tout faire pour l'empêcher. Mais à chaque fois le résultat a été le même. J'ai même vu deux personnes, l'une faisant tout pour provoquer l'accomplissent d'une prophétie, et l'autre faisant tout pour l'empêcher. Au final tout c'est passé comme l'avait déclaré le voyant, mais la prophétie n'aurait jamais pu s'accomplir sans l'interaction de leur deux tentatives. Dans un sens vous avez raison, connaître son futur altère inévitablement le cours du temps ; celui qui entend une prophétie devient, qu'il le veuille ou non, un jouet du destin, prisonnier de sa fatalité. Mais s'il suffisait de croire suffisamment fort en quelque chose pour en faire une réalité le monde dans lequel nous vison serait bien différent. Puis-je m'enquérir de la raison de votre intérêt soudain pour le sujet ?"

"Il y a un moment que ça me tracasse ; est-ce qu'on est destiné à une maison au moment de sa naissance, ou est-ce que ce sont les circonstances dans les quelles on a grandi ou les choix qu'on a fait qui définisse le type de sorcier qu'on est ?"

"Hum… Question intéressante. Mais j'en ai une autre pour vous : à quoi cela vous avance t'il de le savoir ?"

Harry pouvait sentir le regard inquisiteur de l'homme sur lui. Il préféra continuer de marcher en silence en regardant devant lui.

"Vous baisseriez grandement dans mon estime si vous deviez me dire que vous regrettez d'avoir été reparti à Serpentard."

Harry avala difficilement sa salive. Il sentait que quelle que soit sa réponse, elle devait être la bonne.

"Je ne comprends toujours pas ce que cela signifie que d'être Serpentard. Je n'ai pas de grande ambition, et je n'ai pas envie de diriger. De plus, je ne vois pas ce qui me rapproche de mes camarades de maison ; quand j'entends ce qui se dit dans les autre maisons sur la mienne, quand je constate la façon dont se comportent les autres Serpentards… Je n'ai rien en commun avec eux, et je n'ai clairement aucune envie de leur ressembler."

Le professeur médita sur ces mots en silence.

"Pourquoi ce serait vous qui ne seriez pas à votre place et pas eux ?"

"Heu… Comment je ferai pour être le seul vrai Serpentard ? Et si j'en crois ce que j'entends cela fait plusieurs générations que les Serpentards sont les moutons noirs du monde de la magie… Tous les mages noirs ne venaient pas de cette maison ?"

Le professeur soupira longuement. Un soupire de fatigue et d'exasperation, mais Harry sentait qu'il n'en était pas la cible, ou en tout ça pas directement.

"Merlin aussi venais de cette maison."

"Merlin ? Genre, le Merlin ? Celui des légendes Arthuriennes ?"

"Lui même. Mais il ressemblait plus à un mage guerrier qu'au gentil sorcier loufoque de Walt Disney."

"Je… Wow. Si je m'attendais à ça…"

"Et où pensiez-vous qu'un grand sorcier tel que lui aurait été mieux à sa place ?"

"Ce ne sont pas les Gryffondor qui sont supposés être des héros ?"

Encore ce petit rire. Ou une quinte de toux, Harry ne pouvait pas être sûr.

"Qu'est ce qu'un héros pour vous ?"

"Hum… Quelqu'un qui… Combat les forces du mal ?"

Nouveau silence. Celui-ci plus long que tous les autres, au point d'en devenir gênant. Harry se demandait s'il devait ajouter quelque chose. Avait il déçu le professeur par sa réponse ? C'est vrai qu'il ne s'était jamais vraiment posé la question, la réponse lui avait toujours semblé évidente. Était-ce encore un schéma préconçue qu'il devait remettre en question ?

"Vous placez la barre beaucoup trop bas." Le professeur, soupira profondément. "Ne laisser pas les limites mises en place par d'autres définir votre avenir à votre place. Vous auriez beaucoup à apprendre sous mon enseignement… Mais vous avez apparemment choisi de faire autrement."

L'homme s'arrêta en face d'une gargouille en plein milieu d'un mur de pierre.

"C'est ici que nos chemins se séparent d'autres affaires m'appellent. Permettez moi toutefois de vous offrir le peu de sagesse que j'ai pu acquérir au fil des années, et même si vous décidez de ne pas me faire confiance, reconnaissez au moins un conseil utile : l'attrait pour la grandeur n'est pas la seule déterminante pour être un Serpentard, il ne tient qu'à vous de faire meilleur usage de qualité que Salazar à vu en vous que vos camarades. Trouvez votre propre voie."

L'homme se retourna ensuite de façon théâtrale, et s'adressant à la gargouille, prononça une suite de mots dans une langue que Harry ne connaît pas. La figure de Pierre hocha la tête, et en réponse à l'ordre s'écarta en faisant la révérence, révélant un passage menant à un grand escalier dans lequel l'homme engouffra.

"Dans quelle maison avez-vous été reparti ?" demanda Harry tant que l'homme était encore à portée de voix.

Celui-ci s'arrêta. Après un court silence il lança par-dessus son épaule.

"Pourquoi poser la question quand la réponse est évidente ?"

Et la gargouille repris sa place.