Bonsoir !

Voilà un chapitre un peu plus animé (ce n'est pas encore du niveau "film d'action", mais bon, ce n'est pas l'objectif de la fanfic) !

Merci à Angelyoru et à Destrange pour leur reviews et bonne lecture !


Chapitre 4 : La route

- T'as pas envie de te laver les cheveux ? grimaça Moriarty en constatant l'état de la chevelure d'Edith, un soir à l'hôtel.

- Pas moyen que je mette ces saletés de produits chimiques sur mon crâne, rétorqua la jeune femme en pointant les bouteilles de shampoing du doigt.

- Celui-là est bio, ça ne te suffit pas ? fit Jim en empoignant un des flacons.

Edith l'empoigna, l'ouvrit et renifla le goulot. Elle parut satisfaite et poussa Jim hors de la salle de bain avant d'en claquer la porte. Le bruit de la douche se fit bientôt entendre.

Le Consultant lança un regard noir à la porte, comme si cette dernière l'avait horriblement insulté, puis soupira. Cette fille qui se prétendait psychopathe en puissance se conduisait comme une diva ! Il fallait qu'il lui rappelle que le modèle de psychopathe excentrique était déjà pris (par lui). Le criminel se vautra sur son lit et alluma la TV pour regarder les infos. Beurk, l'accent américain était vraiment nul !

On frappa à la porte de la chambre (sa chambre en fait, Edith ne faisait que squatter la douche parce que le débit était plus important chez lui) et Jim soupira avant de se lever pour ouvrir. Bien mal lui en prit, car des inconnus armés se trouvaient derrière. Ils poussèrent le Consultant dans la chambre et le menacèrent de leurs armes à feu pendant que l'un d'entre eux le ligotait.

Un des bandits traînait le garde du corps assommé et Jim secoua la tête, dégoûté. Ce crétin s'était fait suivre !

Un de ses assaillants entra sans frapper dans la salle de bain et en ressortit rapidement alors qu'un déluge de bouteilles de shampoing lui pleuvait dessus. Deux hommes entrèrent à leur tour en esquivant les bouteilles et en sortirent avec une Edith furibarde et à peine vêtue d'une serviette heureusement assez longue.

- Lâchez-moi bande de gros cons ! hurlait-elle à pleins poumons, essayant sans doute d'alerter tout le personnel de l'hôtel avec ses hurlements.

- Vous avez réussi à entrer dans l'hôtel en vous faisant passer pour un boys band gay ? susurra Moriarty, confortablement assis sur son matelas.

Un des types le menaça de la crosse de son arme et Jim rentra la tête dans les épaules pour éviter les coups. Aussitôt, le canon d'un revolver revint se poser contre sa tempe.

- Qu'est-ce que t'as fait de notre chef, crevard ? aboya le possesseur de l'arme.

- Qui donc ?

- Notre chef ! Águila !

- Désolé, je ne vois pas.

Un des hommes lança une remarque en espagnol et Edith lui retourna un regard aussi noir que du charbon avant de lui répondre dans la même langue avec un ton qui ne laissait aucune place au doute. Jim leva les sourcils et souffla exagérément fort.

- Tu as raison, il y a bien une raison pour que cette femme se trouve dans la douche du grand Moriarty, fit le chef en menaçant Edith de son flingue.

- Il a insisté sur le "grand" parce qu'il te trouve petit, se moqua Edith sans prêter attention à sa mort imminente.

- Tssss. Vous pouvez la tuer, je n'ai plus besoin d'elle, merci, fit calmement l'Irlandais.

- Enfoiré, soupira la brune en arrangeant sa serviette.

- Opportuniste, chérie.

Les malfrats les regardaient tour à tour comme s'ils étaient face à un match de tennis. Finalement, leur chef en eut marre et secoua le revolver qui tenait Edith en joue.

- Parle ou on la bute !

- Puisque je vous dis que j'ai oublié. Demandez-lui, à elle, elle sait tout.

Aussitôt, un second flingue se colla à la tête de Moriarty, qui leva les yeux au ciel.

- Ok, parle ma jolie, ou ton mec meurt.

- Alors, d'une, ce n'est pas mon mec, plutôt mourir. Ensuite, je n'en ai rien à faire, tuez-le donc.

Les intrus s'entre-regardèrent, interdits. Aucun de leurs otages n'avait l'air de s'inquiéter pour l'autre, et la fille avait même commencé à se peigner avec ses doigts devant le miroir mural !

- Oh et puis merde, j'en ai marre, lâcha le chef. Il leva son revolver vers Edith et appuya sur la détente.

Il y eut une détonation, puis la jeune femme tomba sur le sol, inerte, une flaque noire s'étendant sous sa tête. Moriarty la considéra d'un air ennuyé.

- Et voilà, vous venez de niquer la moquette.

- Espèce de malade ! souffla le chef, soufflé par le manque d'intérêt de Jim.

- Hé ! Je n'ai jamais prétendu que je l'appréciais ! C'est toi, mon chou, qui a cru que c'était du bluff ! Maintenant il te reste moins de cinq minutes avant l'arrivée des flics, vu que tu as prévenu tout le quartier avec tout ton boucan.

C'est alors que des branches acérées jaillirent en trouant la moquette, révélant le parquet désormais vivant qui se trouvait dessous. Les vrilles s'enroulèrent autour des chevilles des intrus, les précipitant dans la fosse béante qui venait de s'ouvrir au milieu de la chambre. Jim, prudent, releva les jambes et les posa sur le lit.

Edith, qui venait de se relever l'air de rien, fit se refermer le plancher autour de la taille des assassins éberlués, les coinçant comme dans des sables mouvants.

- Je sais, ça surprend toujours au début, fit Jim d'un ton badin, tout de même un peu secoué par la scène qui se déroulait sous ses yeux. Edith, tu as un truc sur le front.

- Oups, grimaça la jeune femme en cachant le trou noir qui béait en haut de son visage. Ça se voit fort ?

- Ça va, on dirait que tu t'entraînes pour Halloween. Tu sais, je savais que tu étais bizarre, mais je ne pensais quand même pas que tu allais ressusciter.

- On ne ressuscite pas quand on n'est pas mort, sourit la petite femme en s'appuyant sur le crâne rasé d'un des hommes. Qu'est-ce qu'on va faire d'eux ?

- Je propose qu'on aille rendre les clés des chambres et qu'on se barre vite fait. La police embarquera ces débiles quand ils auront trouvé une tronçonneuse assez grande.

- Motion acceptée !

- Au fait, votre Águila, là, je l'ai fait tuer il y a quelques mois, lança Moriarty au boys band coincé dans le parquet.

Ils poussèrent leur garde du corps dans le couloir et Jim se dépêcha d'entasser toutes ses affaires dans son sac de voyage. Edith, qui voyageait léger, vint empaqueter celles du garde. Finalement, ils réveillèrent ce dernier avec la douche et ils filèrent tous les trois vers la réception.

- Mais… vous avez payé pour deux semaines, balbutia la standardiste.

- Pas grave, gardez la monnaie, fit précipitamment Moriarty.

Ils passèrent la porte tambour en même temps que la police, et ils crurent entendre "Personne ne sort !" dans le hall de l'hôtel. Même Edith fut sur le point de ricaner. Comme Jim n'avait pas la patience d'attendre un taxi, son garde du corps leur dégota une voiture assez classe qu'il crocheta après l'accord de son patron. C'est sous le rire un poil hystérique de Jim qu'ils repartirent sur les routes américaines.


L'impact de balle dans le crâne d'Edith finit par se résorber sous l'œil mi-fasciné, mi-horrifié de Jim.

- Donc… psychopathe, douée de pouvoirs et immortelle, résuma-t-il. Tu ne voudrais pas bosser pour moi de façon définitive ?

- Sans façon, merci.

- Pourquoi ?

Edith lui jeta un regard désabusé et ne répondit pas.

- Au fait, tu en es où pour ce sommet ? On n'a plus que deux grosses semaines avant d'y aller, je te rappelle !

- J'y travaille, fit évasivement Moriarty. Au fait, tu n'as jamais dit pourquoi tu voulais tous nous zigouiller. Le monde n'est pas uniquement divisé entre bonnes et très mauvaises personnes, tu sais ?

- Bien sûr que je le sais, mais il n'empêche que vous êtes tous dingues et/ou complètement cons.

- … Je ne peux pas te contredire là.

- En plus j'ai dû prendre le bus pour me rendre sur ce fichu bateau.

- Je comprends, c'est une raison suffisante pour vouloir anéantir l'humanité. Je n'ai plus pris le bus depuis au moins trente ans…

- He bien voilà, tu comprends ma douleur !

- C'est pas pour autant que je suis d'accord de mourir pour ton confort personnel, remarque.

A ce point de la conversation, la voiture se mit à crachoter et le garde du corps eut tout juste le temps de se mettre sur le côté avant l'arrêt complet du véhicule.

- Tu ne vas pas me faire le coup de la panne quand même ?! s'insurgea Jim. On n'est même pas encore à Cleveland !

Ils sortirent tous les trois de la voiture et les deux hommes inspectèrent le moteur. Edith, quant à elle, fronçait les sourcils, comme d'habitude.

- Dis, pourquoi on va à Cleveland, déjà ? On doit aller à Washington D.C. pour le sommet !

- Ecoute chérie, on a encore deux semaines pour y aller, et je dois régler des trucs à Cleveland et ailleurs avant d'aller à Washington. Un peu de patience, on y arrivera à temps ! Tu n'as jamais voulu visiter Cincinnati ?

- Non !

Moriarty haussa les épaules et soupira en direction du moteur.

- De toute façon, à chaque fois que je te pose des questions sur mes concurrents, tu trouves toujours une pirouette, alors pourquoi je devrais tenir parole ?

- Avec tous les homonymes qui existent, je ne peux pas déterminer de qui tu parles, il me faut des photos ! Je te l'ai dit en plus !

- Dis-moi, tes plantes magiques ne pourraient pas réparer notre voiture ?

- Pourquoi feraient-elles ça ? Je ne suis pas Dieu, ou quel que soit son nom ! Appelle une dépanneuse, ça ira plus vite ! En plus tu l'as volée, cette caisse…

Moriarty finit par l'écouter et le mécanicien (qui passa son temps à loucher sur la créature) les déposa en ville avant de partir avec la voiture, qui avait un problème trop complexe pour être réparé sur place, d'après ce qu'Edith avait compris. Elle n'y connaissait rien en mécanique, de toute manière.

- Bon, il n'y a pas un seul hôtel convenable, dans ce bouge, grommela Moriarty en levant le nez de son smartphone.

- Bah, si, t'en as un sous le nez, le contredit Edith en montrant l'écran.

- Mais c'est tout petit !

- C'est familial, nuance ! Et la dame qui le tient est très bien.

- Parce que tu sais tout des gens dont tu vois la maison maintenant ?

La jeune femme l'ignora et prit la route de l'hôtel comme si elle était déjà venue dans les parages. Elle avait juste l'air d'oublier qu'elle était à peine vêtue d'une serviette depuis leur incident du matin.

Edith sembla éprouver un immense plaisir à appuyer sur la sonnette de l'espèce de Bed and Breakfast qu'elle leur avait dégoté. Ils entendirent des pas précipités dans le hall, et une jeune femme blonde et agréable à regarder finit par ouvrir la porte.

- Bonjour ?

- Bonjour, fit élégamment Edith. Nous cherchons des chambres juste pour cette nuit, si c'est possible.

- Il me reste deux chambres libres, je peux vous les préparer.

- Super, ronchonna Jim.

- Mais dites-moi, qu'est-il arrivé à vos vêtements ? s'inquiéta la propriétaire en voyant la tenue d'Edith.

- He bien, nous avons dû quitter l'hôtel avec précipitation, commença la jeune femme.

- Un problème de réservation sur Internet, continua Moriarty pour que leur hôte n'appelle pas la police. On s'est retrouvés dans un coupe-gorge et on a failli se faire tuer par les autres résidents. Du coup ils ont piqué la valise d'Edith, mais on a réussi à s'enfuir. Ouf, ajouta-t-il avec un petit rire aigu.

- Oh ma pauvre ! Ne vous en faites pas, on va vous trouver de quoi vous habiller !

La femme les invita à entrer et Edith chuchota à l'intention des deux autres :

- Y a un problème avec mes vêtements ?

Les deux hommes secouèrent la tête.


- Tadaaa ! s'exclama Edith en tourbillonnant devant la chambre de Jim.

Ce dernier leva la tête sans grande conviction et s'aperçut qu'elle portait une chemise rouge et blanche, un jean et de nouvelles baskets.

- J'ai été faire du shopping avec Mary, notre logeuse ! Elle est trop gentille !

- Ah, ouais, super, maugréa Moriarty.

- Pourquoi tu boudes encore ? soupira la créature.

- Parce que dans une maison aussi petite, je ne vais pas pouvoir dormir dans la même chambre que mon garde du corps sans attirer l'attention et il a insisté pour que je dorme avec toi parce que, je cite : "elle au moins pourra vous protéger efficacement" !

- Tu sais, on vit au XXIe siècle, les gays, c'est courant, même aux USA…

- Là n'est pas le problème. Si la bande d'Águila nous a retrouvés aussi facilement, c'est parce qu'on a attiré leur attention et parce que tu es bizarre. Dans une petite ville comme celle-ci, les rumeurs vont très vite, vois-tu ?

- Donc tu crains que tes ennemis nous retrouvent et nous attaquent.

- Voilà.

- He bien tant pis, on n'a qu'à partager la chambre, de toute façon je ne dors pas.

- Justement, c'est suffisamment flippant de dormir à côté de toi sans en plus t'imaginer en train de m'examiner dans mon sommeil ! Je ne vais pas fermer l'œil…

- Comme ça on sera deux, et j'ai d'autres choses plus intéressantes à regarder, sourit Edith avant d'aller aider Mary à préparer le repas du soir.


Jim retrouva les deux femmes en train de jouer avec un golden retriever qui devait appartenir à "Mary" et leva les yeux au ciel devant ce spectacle affligeant.

- Ah, vous voilà ! Le repas est prêt, lui apprit Mary avec un sourire chaleureux qui lui donna envie de vomir.

La blonde servit un mélange de riz et de légumes frais à Edith, puis des grillades à Jim et à son garde du corps. C'était tout bonnement délicieux, dut-il reconnaître à son grand dam.

- C'est excellent Mary, merci beaucoup ! s'exclama Edith avec un beau sourire.

Leur logeuse s'assura qu'ils avaient tout ce qui leur fallait, puis fila s'occuper de ses autres clients.

Le soir venu, Edith et Jim se retrouvèrent contre leur gré dans la même chambre dans le noir le plus complet. Comme le Consultant ne cessait de se retourner, il finit par laisser échapper la bravade qu'il brûlait de dire depuis le début de soirée :

- Et elle aussi, tu vas la tuer ?

Il y eut un silence, puis :

- La ferme et dors, Jimmy.


À suivre…

C'est dur de meubler quand on n'a pas détaillé son scénario x)

Des reviews siouplaît ?