Bonsoir !

Nous arrivons à une tournant de l'histoire, mais nous approchons aussi lentement mais sûrement de la fin de cette fanfiction (c'était court mais compliqué).

Enfin, de toute manière, une bonne lecture et un grand merci à mes bien-aimés revieweurs !


Chapitre 6 : La survie

- Combien de ces pains dégueulasses vas-tu devoir manger pour rassembler la bonne quantité de sucre ? s'enquit Moriarty à leur sixième jour de captivité.

Vu le délai d'emprisonnement, il ne pouvait qu'être heureux du fait qu'on ait finalement relevé leurs sièges du sol. Qu'est-ce qu'il s'était senti idiot dans cette position ! Et puis ça faisait mal aux bras et aux mains…

Edith leva les yeux au ciel.

- Franchement, tu crois que j'ai un test de glycémie dans le cerveau ou quoi ? Qu'est-ce que j'en sais !

- Ben tu vois, ça ne m'étonnerait même pas. En attendant, nos… hôtes sont vachement curieux, vu que tu ne demandes jamais pour aller au petit coin. Ils vont croire que tu te pisses dessus.

- Qu'ils pensent ce qu'ils veulent, grommela la jeune femme. J'ai de bonnes réserves, voilà tout. Bonne nuit.

- Hé, ne te rendors pas ! Bordel, Edith… Ha ben voilà, elle pionce. Encore.

Le Consultant soupira, blasé, puis regarda une énième fois autour de lui, considérant avec dégoût les petites flaques noires qui entouraient la chaise sur laquelle Edith était ligotée. A son second réveil, deux jours plus tôt, elle avait tant toussé et craché de son magma que leurs geôliers étaient venus voir si elle survivait. Jim avait bien tenté de leur dire qu'elle devait être conduite à l'hôpital en croisant les doigts pour qu'elle en profite pour vider un pack de canettes de Coca et revenir l'aider, mais on l'avait ignoré.

A la place, ils avaient juste filé un peu plus d'eau à la créature pour qu'elle puisse se nettoyer la gorge.

Depuis leur enlèvement en face du motel, Edith avait alterné deux jours de sommeil, une heure d'éveil avant de repartir sur deux jours de sommeil, etc. Si Moriarty avait eu de l'affection pour elle, il s'en serait sûrement inquiété.

A vrai dire, il se demandait juste si elle allait lui servir à quelque chose avant de clamser, parce que là, à part tousser, râler et dormir, elle ne faisait pas grand' chose !

Alors qu'il réfléchissait à un nouveau plan d'évasion (les autres ayant échoué à cause de la demoiselle assise à côté de lui), la porte de leur cellule s'ouvrit à la volée, livrant le passage à quatre hommes armés et visiblement énervés.

- Tes hommes nous ont retrouvés, cracha leur chef à Moriarty.

- Il leur en a fallu, du temps, se plaignit le criminel avec son habituel ton guindé.

- Ta gueule ! fit l'un des hommes en le giflant avec sa grosse paluche.

Jim crut que ses dents allaient se détacher, mais elles tinrent bon. Il esquissa un sourire tout en se promettant mentalement que ces types allaient connaître une mort lente et douloureuse.

- Et donc, quel est le programme, mes mignons ?

Le chef l'ignora et les pointa tous les deux du doigt avant de lâcher, presque à regret :

- Faites-les disparaître.

L'homme disparut dans le couloir et Jim, stressé, se mit à beugler :

- Edith, réveille-toi ! Réveille-toi bordel, on va mourir !

On les souleva tous les deux de leur chaise, toujours ligotés, pour les tirer hors de la pièce glauque où ils étaient enfermés depuis presque une semaine. Le type qui s'occupait d'Edith n'eut pas trop de mal, vu que cette débile était toujours inconsciente. Jim, quant à lui, se débattit comme un beau diable, mais ses agresseurs faisaient bien deux têtes de plus que lui et étaient de foutues montagnes de muscles !

Le Consultant aurait bien aimé pouvoir flanquer un coup de genou à la brune pour la réveiller, mais il y avait une armoire à glace chauve entre eux, et elle était trop loin.

On les traîna sur ce qui semblait des kilomètres jusqu'à atteindre l'extérieur. Ils se trouvaient près d'une usine désaffectée bordée de docks qui surplombaient le lac Erié, et deux parpaings enroulés dans des cordages indiquèrent à Jim de quelle façon ils allaient mourir.

Armoire à glace n°1 coucha Edith sur le sol pour lui lier les pieds à un des parpaings, puis les autres voulurent faire de même avec Jim, mais il mit un point d'honneur à se trémousser sur place pour éviter de coller ses jambes l'une contre l'autre. Finalement, Armoire à glace n°1 lui fila un coup de poing pour le calmer et Jim, sonné par la force du malfrat, n'eut d'autre choix que de se laisser faire.

- Edith, c'est le moment de revenir à toi ! s'exclama-t-il une dernière fois.

Bien entendu, la créature resta sourde à ses appels et demeura inconsciente, même quand on la balança dans l'eau gelée. Moriarty allait ouvrir la bouche pour tenter de sauver sa peau, mais une grande main le poussa par-dessus-bord et il eut tout juste le temps de prendre une inspiration avant de s'enfoncer dans le lac.

L'eau glaciale fut comme une gifle cinglante et le froid soudain et mordant lui donna l'impression de brûler. A vrai dire, il n'était pas sûr de mourir de noyade. Le pavé qu'on lui avait attaché aux chevilles atteignit le fond plein de saletés et il se tourna pour trouver Edith, qui émergeait avec peine.

Elle fronça les sourcils en constatant qu'on l'avait envoyée par le fond, ne se donnant même pas la peine de fermer la bouche pour ne pas boire la tasse, puis tressaillit quand le froid atteignit son cerveau. Elle avisa Jim, qui arrivait au bout de sa réserve d'air, puis fit un geste des épaules dans sa direction, comme si elle essayait de le rejoindre avant d'hésiter.

Attendez… cette garce avait un plan pour se sortir de là et ne comptait pas le sauver en même temps ?!

Les pensées meurtrières de Jim s'évanouirent en même temps que ses dernières réserves d'oxygène, et il ferma les yeux pour garder l'esprit clair malgré tout.

Il les rouvrit quand une nouvelle gifle s'abattit sur sa joue et tomba nez à nez avec Edith. Elle le fixait avec désapprobation et Moriarty lui rendit son regard noir tout en ouvrant la bouche par réflexe, n'aspirant que de l'eau qui l'étrangla.

C'est là qu'elle se pencha pour faire passer ses mains ligotées sous le parpaing, puis sous ses jambes pour les faire passer devant elle. Edith s'en servit pour plaquer la bouche de Jim contre son propre cou dénudé, puis se concentra intensément. D'abord dégoûté par ce contact, Jim tenta de la repousser, mais une grosse bulle d'oxygène pur gonflant dans sa bouche l'en empêcha.

Surpris, l'Irlandais ouvrit de grands yeux, mais Edith ne lui laissa pas le temps de réfléchir et lui fit signe de la fermer. Il s'exécuta, et elle replongea aussitôt pour aller cueillir une plante pâlichonne qui avait connu de meilleurs jours. Sous l'œil horrifié du britannique, la jeune femme engloutit l'algue et la mâcha consciencieusement avant d'avaler.

Elle revint à sa hauteur et lui plaqua son poignet contre la bouche pour lui fournir de l'air supplémentaire.

Une minute plus tard, Edith baissa les yeux et Jim, curieux, en fit de même.

C'est là qu'il vit avec stupeur la terre s'ouvrir sous les deux parpaings avant de se refermer en à peine une seconde, permettant à une petite armée de coquillages aux bords effilés comme des rasoirs de pousser le long des cordes pour les couper net.

Dès qu'ils se sentirent remonter, les deux petits bruns remuèrent des pieds aussi vite que possible pour enfin percer la surface du lac.

- Oh bordel, oh bordel, répétait Moriarty sans s'arrêter.

- Tais-toi un peu, grogna Edith en rongeant ses liens tant bien que mal.

Elle se hissa ensuite sur le rebord du dock et se débarrassa de la corde enroulée autour de ses pieds avant de soulever Jim hors de l'eau pour le laisser tomber comme une fiente sur le béton.

- Aïe. Je suis mort de froid, fit remarquer le Consultant en se tortillant pour se redresser et récupérer le peu d'amour-propre qui lui restait.

Edith eut la gentillesse de lui détacher les mains, considérant sans doute qu'il n'y arriverait pas seul avant de mourir d'hypothermie, et Jim se garda bien de la remercier. Il s'occupa lui-même de libérer ses chevilles et chercha des yeux une couverture dans laquelle s'enrouler pour oublier le froid.

- Tu as bouffé une algue, déclara-t-il en claquant un peu des dents.

- J'avais besoin de sucre. Tu as d'autres trucs évidents à dire, comme ça ?

- Tu… ta peau produit de l'oxygène ! Comment ça se fait ?

- Ben, je mange et je rejette de l'oxygène au lieu d'aller au petit coin, je ne vois pas en quoi c'est bizarre.

- C'est très bizarre ! T'es une plante en fait ?!

Edith soupira.

- Pfff, si tu veux.

- Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu n'es pas verte. Tu fais la photosynthèse, non ?

- Quoi, tu m'aimerais mieux en vert ? roucoula la jeune femme en essorant ses longs cheveux noirs.

Elle se courba soudain pour vomir sa substance noire et se mit à pleurer en sentant sa gorge la brûler. Puis elle inspira à fond, sécha ses larmes et se releva avec précautions alors que son corps était encore soulevé par des spasmes violents.

- Bon, allez, en route, il faut qu'on aille à Washington, exposa-t-elle calmement.

- Non.

Les yeux exorbités, elle se tourna vers lui si vite que ses cheveux lui envoyèrent des gouttes d'eau au visage. Jim les essuya avec une grimace, puis se redressa à son tour.

- J'ai dit non. Tout d'abord, on va trouver des vêtements secs à se mettre. Ensuite on va attendre mes hommes, et quand ils seront là, on ira expliquer notre façon de penser aux connards qui ont essayé de me noyer comme un vulgaire chaton. Ensuite, on continuera vers Cincinnati.

- Q-quoi ? Mais il ne nous reste même pas une semaine pour aller à Washington !

- Rien à foutre.

- Tu m'avais promis de me conduire au sommet et de me donner un pass pour y accéder !

- Et tu avais promis d'utiliser tes pouvoirs contre mes ennemis. Jusqu'à présent, tu n'as fait que dormir, te plaindre et te moquer de moi. Quand on a eu besoin de tes pouvoirs parce qu'on allait se faire tuer, tu n'as rien fait ! Alors dis-moi : qui n'a pas tenu parole ?

Edith s'étrangla tant elle était indignée.

- Que… attends, tu… elle est raide celle-là ! Je viens de te sauver la vie je te ferais remarquer ! J'aurais pu m'en sortir seule et te laisser là, mais je t'ai sauvé ! Je n'ai même pas eu droit à un merci ! Remarque, je n'ai pas reçu grand' chose de ta part, à part des insultes et du mépris ! Tu sais quoi, Jim ? Attends ici une minute, je dois pouvoir retrouver une corde et un pavé !

- Tu es pitoyable. Tu croyais vraiment que j'allais gentiment te conduire à ton putain de sommet alors que tu ne me sers strictement à rien ? Tu es beaucoup trop crédule, chérie.

Les yeux d'Edith s'arrondirent et ses poings se crispèrent de rage.

- Tu n'as jamais eu l'intention de m'aider, pas vrai ? reprit-elle à voix basse.

- Ding ding ding ! Bravo, tu as enfin compris ce qui se passe ! Ooooh, tu vas pleurer ? A moins que tu ne te mettes à pioncer agressivement ?

- Celui qui n'a rien compris, c'est toi ! Si tu savais qui je suis, tu ne te permettrais pas de me traiter comme une pauvre merde ! A moins que…

Edith le scruta, les yeux plissés de rage, mais aussi de réflexion.

- Mais oui, tu sais qui je suis, mais tu ne l'acceptes pas ! Qui est le plus bête des deux, on se le demande ! se moqua-t-elle.

- J'ai une théorie, c'est vrai, mais j'ai besoin de preuves pour pouvoir y croire, fit sèchement Moriarty.

- Des preuves ? Mais tu n'as vu que ça ! Que te faut-il de plus ?

- Je n'ai pas envie d'avoir raison, voilà tout, avoua sombrement l'homme.

- C'est une première ! Bon, je crois qu'on n'a plus rien à se dire. Bye, Jim.

Edith se dirigea d'un bon pas vers l'usine pour retourner en ville, mais Moriarty n'en avait pas encore fini avec elle.

- Tu vas y aller comme ça, toute seule ?

- C'est quoi la phrase, déjà ? Ah, ouais. Vaut mieux être seule que mal accompagnée, tocard ! claironna Edith sans se retourner.

- Et tu vas y aller comment, je te prie ? Tu vas marcher ? Faire du stop ?

- J'ai un moyen de transport plus rapide que vos avions, andouille.

- Même si c'était le cas, tu penses vraiment qu'ils vont te laisser entrer à leur sommet bien gentiment ? Tu ne te feras plus sortir, là, tu vas te faire canarder !

- He bien je ferai comme toi, j'utiliserai la force.

- Mais tu ne marches même pas droit ! Et tu vas t'endormir d'ici cinq minutes, je te connais depuis le temps !

Edith souffla un coup puis se retourna comme une furie.

- Ecoute, que tu refuses de m'y conduire, c'est toi que ça regarde, mais ne t'occupe pas de mes affaires ! hurla-t-elle, faisant s'envoler une mouette posée à trois mètres d'elle.

La jeune femme lui fit un doigt, puis s'en alla pour de bon, laissant Jim seul et trempé jusqu'aux os sur le quai.


Les hommes de Jim arrivèrent un peu plus tard, précédés par des bruits de fusillade alors qu'ils rencontraient les agresseurs de leur patron.

- J'espère pour vous que vous m'avez ramené mes affaires, menaça Jim en guise de salutation.

Heureusement pour lui, ses hommes étaient prévoyants et un de ses médecins vérifia même ses constantes avant de le laisser s'en aller, vêtu d'un costume neuf et sec et d'un manteau noir épais. Il prit même le temps de se recoiffer alors que les derniers hurlements de douleur s'élevaient dans le bâtiment. Puis il tendit la main vers le chef de sa garde rapprochée et la secoua impatiemment.

- Téléphone, ordonna-t-il.

On lui passa rapidement un smartphone sur lequel étaient enregistrés tous ses contacts et il en choisit un qu'il appela.

- Monsieur le président ! Ça fait un bail, je sais, mais j'ai quelques trucs à vous dire. Premièrement, il me faudrait une accréditation pour le sommet sur l'écologie qui a lieu à Washington dans quelques jours. Oui, je sais, c'est pas du tout mon rayon mais on s'en fiche, j'en ai besoin… Cool, merci. Ensuite, il risque d'y avoir une intrusion pendant ce sommet, je vous conseillerais donc d'augmenter la sécurité.

Il y eut une pause, puis :

- Mais non, bien sûr que je ne suis pas responsable de ça. Disons que je suis très bien informé. Très bien, je viendrai chez vous pour récupérer le pass, je pourrai rester pour le dîner ? Pour saluer votre femme, tout ça… Non ? Dommage, dommage. Allez à plus.

Moriarty raccrocha au nez de son interlocuteur et rangea son téléphone dans sa poche.

- Toi, fais venir un hélicoptère jusqu'ici. On va à Washington et je refuse de monter à bord d'une voiture tant que cette femme est en vie.


Meridian Hill Park, Washington DC, plus tard dans la soirée

Lauren promenait son chien avant d'aller se coucher quand un son bizarre lui parvint.

C'était comme si la terre se mettait à trembler et s'ouvrait en deux. Nerveuse, la jeune femme regarda tout autour d'elle, puis son attention fut attirée par un arbre, ou plus précisément, par son pied.

Elle se dirigea lentement vers le chêne en question, remarquant que son chien n'avait absolument pas l'air nerveux, puis remarqua que le sol était effectivement en train de s'ouvrir à cet endroit. Plissant les yeux pour apercevoir ce qui se trouvait en-dessous dans la pénombre, Lauren se pencha en avant et crut voir du rouge au milieu de toute cette terre.

Peu à peu, la terre se fendit sur environ un mètre quatre-vingt, puis les bords de la fosse s'écartèrent pour révéler une forme de femme endormie vêtue d'une chemise sale et d'un jean troué plein de taches noires. Paniquée, Lauren faillit se sauver à toutes jambes, mais sa curiosité fut la plus forte.

C'est qu'on ne voyait pas une femme pousser comme une fleur tous les jours ! En plus, la simple vue du visage de cette inconnue la remplissait d'une joie incompréhensible.

Lauren empêcha son chien d'aller baver sur la femme, puis elle s'accroupit pour tâter son pouls. Il était faible et erratique, et c'est là qu'elle réalisa à quel point la respiration de cette… créature était laborieuse.

Il ne fallut pas plus à l'Américaine pour sortir son téléphone et appeler les secours.


- Hrm, docteur Brown, une patiente vient d'arriver aux Urgences, elle est très mal en point. Détresse respiratoire et une possible hypothermie. On lui a donné de l'oxygène, sans résultat.

- Très bien, j'y vais, déclara le vieux médecin de l'hôpital adventiste de Washington. Mais pourquoi vous faites cette tête, Walker ?

- C'est-à-dire que… les ambulanciers l'ont ramassée dans un trou dans le sol. Et la personne qui nous a appelés a dit qu'elle était sous terre et que le sol s'est ouvert tout seul, comme ça, répondit l'infirmière.

Incrédule, le docteur secoua la tête et prit la route des Urgences sans imaginer une seule seconde ce qu'il allait y trouver…


À suivre…

Bientôt la fin ! \o/

Des reviews ? Siouplaît ?