J'aime ce chapitre, et vous devinerez pourquoi. Merci pour votre soutien, Glasgow, Earane Surion et Amelia, mon bonheur est complet. Bonne lecture !
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« Non ! Ce n'est pas juste ! lança la voix aigüe du gamin. Je veux vous aider !
-Je regrette, Charly, c'est trop dangereux, répliqua Watson, qui tentait de tempérer l'enfant.
-De toute manière, vous avez besoin du collier et il est à moi ! »
Holmes referma les yeux qu'il avait ouvert quelques secondes, r éveillé par les cris du gosse. Voilà pourquoi il détestait les enfants. Ils voulaient faire les mêmes choses que les adultes mais sans les arguments qui vont avec pour convaincre ces derniers de les accompagner. Il en résultait leur voix stridente vide de sens.
Il quitta silencieusement du lit, passa près des affaires du médecin puis se plaça derrière l'enfant.
« Cette femme n'avait qu'à faire attention, répliqua l'enfant à la réponse du médecin, et en plus je suis sûr qu'elle en a plein d'aut- AïE ! Qu'est ce que vous… S'écria Charly en se tenant la nuque, vous…
Watson le rattrapa alors qu'il perdait connaissance.
-Holmes ! réprimanda le docteur. Que lui avez-vous fait ?!
-Il est très utile, votre anesthésiant immédiat, Watson… fit le logicien en contemplant la seringue qu'il avait planté dans le cou du garçon. Comment pouvez-vous rester un aussi médiocre médecin avec des outils aussi performants ?
-Là n'est pas la façon de faire avec un enfant, le réprimanda son ami en portant l'enfant sur le lit.
-Je vous ai épargné deux heures de discussion inutiles et surtout désagréables pour les oreilles, répliqua-t-il en se massant les tempes. Nous allons le confier à Grace et boucler notre enquête.
-Cet anesthésiant ne fonctionnera que cinq heures, peut-être sept, sur un enfant. S'il se réveille et que le collier a disparu, il va paniquer.
-Laissez-lui un mot.
-Je suis presque certain qu'il ne sait ni lire ni écrire, répliqua Watson.
-Je n'aurais pas dû vous prendre intelligent, soupira le détective. Si vous le souhaitez, nous bouclerons cette enquête en sept heures.
-En sommes-nous capable ou lancez-vous ça en l'air ?
-Vu l'intelligence de notre coupable, fit Holmes ave dépit, je le pense. Mais sans l'aide de la police et avec des intérêts peu communs, nous devons jouer finement.
-Des intérêts peu communs ?
-Notre amnistie, Watson. Si cette affaire est ce que j'en pense, elle devrait nous être accordée.
-Réellement ? s'enquit le médecin, n'osant trop y croire.
-Bien sûr, souffla le logicien en se rapprochant de lui. Après tout… il se trouvait à un mètre du docteur. Je suis le grand Sherlock Holmes, vous êtes l'éminent docteur John Watson, et nous formons le plus beau cou- équipe de… Tous les temps.
Les trois derniers furent presque déposés sur les lèvres du médecin. C'était une invitation, mais Holmes sembla la regretter à l'instant même où elle était formulée, car il se recula doucement. Ils se regardèrent un long moment, le médecin haletant légèrement et paraissant réfléchir à toute allure. Il finit par se pencher, mais le logicien l'arrêta de la main.
-Ce n'est pas une bonne idée. Navré pour ce moment de faiblesse, fit-il sans pour autant s'éloigner.
-C'est la deuxième fois dans la même journée que vous vous excusez, murmura le docteur en inclinant légèrement la tête. Veillez à ce que ça ne devienne pas une habitude, car je commence à apprécier ce luxe.
-Apprécier le luxe ou la luxure, Watson ? chuchota le logicien en jouant le même jeu.
Ils avaient les yeux mi-clos et les souffles mélangés. Ils savourèrent un instant cette proximité, sans pour autant rapprocher leurs visages davantage. Electrifié, le médecin tremblait légèrement, hésitant encore à céder à ses pulsions. Sherlock leva doucement la main et la posa avec précautions sur le torse du médecin. Son cœur battait précipitamment, à lui aussi. Et il savait ce que ça signifiait. Avec lenteur, il se rapprocha encore, et recula de plusieurs pas quand le médecin tenta d'unir leurs lèvres.
-Nous avons un tueur à attraper… Watson.
Le médecin n'était plus qu'une immense boule de frustration. Son prénom, il aurait fallu qu'il prononce simplement son prénom pour qu'ils soient enfin… Pour qu'il… Qu'avait-il failli faire ? Embrasser Sherlock Holmes. Non, pas bonne idée. Qu'est ce qu'il avait retenu ? Bien sûr que c'était une bonne idée d'embrasser Sherlock Holmes ! Oui ? Non. Si ! Non, bien sûr que non !
-Watson… Je suis vraiment désolé, mais nous devons y aller.
Il était habillé et portait l'enfant dans ses bras. Le médecin hocha péniblement la tête et rassembla ses affaires tout en lançant :
-Nous réglerons cette affaire plus tard… Holmes. »
Le détective eut une légère grimace de souffrance au ton froid du médecin et afficha un sourire triste d'excuse avant de sortir de la chambre.
Haletant encore, le médecin posa sa main sur sa poitrine, là où le logicien avait posé la sienne. Voulait-il vérifier son rythme cardiaque, pouvoir le repousser s'il se jetait sur lui ou simplement le toucher ?
Soupirant, Watson se dit que sa vie était bien plus ennuyeuse mais simple quand il ne connaissait pas Sherlock Holmes. Il sortit à son tour de la chambre, refermant doucement la porte derrière lui.
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« Le collier vient de la bijouterie Dellmore, dans Nothing Hill, fit le logicien en marchant rapidement.
-Sans fiacre, nous en avons pour une heure de marche, soupira Watson.
-Ce n'est pas un problème, il me reste de quoi faire un bon déguisement. Hep, petit ! Héla le détective.
Un jeune vendeur de journaux se tourna vers eux et donna le Times en échange d'une pièce.
Le détective parcourut le journal sans s'arrêter de marcher et donna le feuillet au médecin, ouvert à la page qui les concernait.
-Le dessin nous illustrant est magnifique, sans doute l'œuvre d'un fan, lança Holmes tandis que Watson s'étranglait en observant la gravure qui les représentait enlacés et surpris par une femme. Venez dans cette ruelle avant que nous nous fassions arrêter par cette patrouille en face.
Le médecin leva le nez du journal, aperçut les uniformes et emboîta le pas à son ami.
-Ils n'ont pas arrêté le prétendu Jack, lança le docteur. Ils parlent des fouilles dans les maisons de plaisir mais de rien d'autre.
-Il a dû effectivement pouvoir s'échapper, mais il est sans doute le suspect numéro un de la police. Watson, je vous propose d'enfiler notre déguisement dès maintenant.
-En quoi nous déguisons-nous ?
-En agent de la circulation ! Fit-il en déboulant de l'impasse.
-Holmes, non ! s'écria le médecin.
Trop tard. Il était devant la patrouille et faisait une petite courbette, s'excusant par avance de ce qui allait se passer. Il y eut un temps d'arrêt chez les agents, qui se déployèrent soudain pour attraper le criminel. Ce fut alors l'hécatombe. Sherlock Holmes se déplaça comme un félin, un chasseur armé de ses seuls doigts, et fit tomber en hurlant la dizaine d'agents bien entrainés. Il dut s'y reprendre à deux fois chez deux d'entre eux, sa technique étant récemment acquise. Si bien qu'un policier eut le temps de sortir son arme et de mettre en joug le logicien. Le médecin se précipita mais le détective surgit devant lui et fit s'écrouler l'agent dans un cri de souffrance. Il se retourna ensuite vers lui, et Watson fut foudroyé par son regard. Un regard bestial, brillant de malice et de plaisir. Ces yeux le paralysaient, l'enflammaient de l'intérieur. C'était ce regard qu'il avait à la fin des combats, et il y assistait plus pour contempler ces yeux une fraction de seconde plus que pour les paris. Il se vit un instant voir ses yeux en d'autres circonstances, le logicien le regardant ainsi avec une expression de jouissance, les lèvres entrouvertes, quémandant un baiser après qu'ils aient… Qu'ils aient…
-Cela en valait la peine, John… Non ? lança Sherlock, haletant légèrement, la peau de son front luisant sous le soleil.
-Peut-être. Quand je l'aurais appris à mon tour, oui, souffla-t-il, parce qu'il ne pouvait rien faire à cet instant qu'approuver son ami, complètement ravagé par l'envie de l'embrasser.
Le logicien lui sourit, et ce sourire lui arracha un frisson de plaisir. Le détective se détourna de lui, et le médecin pria pour qu'il n'ait rien remarqué de sa pulsion de désir, sans trop y croire.
-Cet uniforme devrait être à votre taille, fit-il en désignant un agent à terre. Dépêchons-nous, d'autres ne vont pas tarder.
Ils déshabillèrent deux policiers sous les yeux ébahis des passants et s'enfuirent par une rue étroite, où ils revêtirent leurs déguisements. Ils sortirent de la rue, et se retrouvèrent dans une avenue fréquentée, où ils purent héler un fiacre.
Il s'assirent l'un en face de l'autre dans la voiture, sachant pertinemment qu'ils devaient se résister. Cependant, ils se regardèrent avec intensité, se jaugeant des yeux. Le sourire du logicien s'agrandissait de minute en minute, défiant le médecin de rompre le contact visuel dès que le désir serait insupportable. Watson tenait, souriant lui aussi, penchant légèrement la tête pour attirer les yeux du détective vers la peau de son cou. Cent fois il le vit se lever pour l'embrasser enfin, cent fois il n'y eut qu'un frisson des muscles qui se détendirent aussitôt. Ils ne bougèrent pas.
Ils descendirent près de leur destination, et le logicien paya la course. Ils marchèrent quelques instants, puis pénétrèrent dans la bijouterie.
La sonnette tinta et le vendeur émergea de derrière un rideau.
« Bonjour, messieurs les policiers, que puis-je pour vous ?
-Bonjour, mon brave, lança Holmes avec une voix plus grave qui allait avec sa moustache noire. Vous seriez bien aimable de nous donner le nom du propriétaire de ce collier, qui a été trouvé dans la rue pendant une patrouille.
- Oh, je m'en souviens très bien, fit le commerçant en prenant le bijou dans ses mains, l'une de mes plus belles pièces. Un vieil homme qui voulait l'offrir à sa femme, soit disant. Cependant, le nom de la lady était différent de celui de l'acheteur, donc c'était plutôt son amante. L'acheteur s'appelait…
-Nous voulons seulement le nom et l'adresse de la propriétaire, le coupa Holmes, très convaincant en vieux policier bourru.
-Bien sûr, bien sûr, fit le bijoutier bavard en sortant son registre. Alors… Ce collier appartient à Madame Chastity Pellington, mariée à Edmond Pellington, résidant au 57 boulevard Henri Chatterville, près de la City, répondit-il.
-Merci bien, très cher, fit-il en reprenant le collier. Nous allons pouvoir restituer ce collier.
-Ce fut un plaisir monsieur l'agent. Passez une bonne journée !
-Vous aussi, mon brave. »
Ils sortirent de la boutique tandis que Holmes affichait un sourire satisfait.
« Pellington ? s'étonna Watson. L'un des banquiers les plus riches de Londres est cocu ?
-Sa femme l'est également, ne vous inquiétez donc pas, ricana le détective. Mais nous nous occuperons d'eux plus tard. Cette visite fait effet de confirmation. Je suis désormais certain de l'identité de l'assassin.
-Et quelle est-elle ? s'enquit Watson, légèrement amusé que le schéma se répète malgré les circonstances différentes. Le détective avait toujours deux ou six longueurs d'avance sur lui.
-Watson, cette femme aime ses bijoux, surtout celui-ci. Il est nettoyé à une fréquence très rapprochée, et porté lors d'une soirée récente, car il y avait du gin sur une perle, probablement qu'après une fête elle est rentrée un peu trop éméchée et qu'un domestique, qui attendait cette occasion depuis longtemps, lui a discrètement retiré le collier. Il est possible qu'il se soit fait engager expressément pour cette raison. Ce n'est également pas par hasard que notre Jack a été choisi. Savez-vous que celui que nous avons pris pour un admirateur de Jack l'Eventreur n'est autre que Edmond Pellington ?
-Je vous demande pardon ? s'étrangla-t-il.
-Et oui, le domestique et le maître avaient la même maîtresse favorite. Amusant, non ? En fait, le maître ne devait être qu'une diversion qui permettrait au meurtrier de s'enfuir, après avoir éliminé la prostituée.
-Quoi ? réalisa Watson. Mais nous devons aller sauver Kitty !
-Elle est sauve tant que monsieur Pellington est en liberté. Mais ce soir il sera trop tard.
-Qu'attendons-nous pour retourner au Desire ? L'assassin doit y être !
-Non, là il est à la recherche du collier Dieu sait où dans Londres pendant que Kitty fait son témoignage à la police, précipitant sa propre mort.
-Etes-vous certain que Charly est à l'abri ? s'inquiéta le médecin.
-Oui, je vous le promets. Grace est faite du même bois que madame Hudson.
-Mais alors, où m'emmenez-vous ?
-Vous montrer que le monde est petit, Watson, » fit-il avec un sourire en faisant signe à un fiacre.
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Son ami sonna à la porte d'entrée tandis que l'incrédulité du docteur grandissait. Que voulait-il lui montrer ? Pellington… Pellington… Il avait vu ce nom récemment. Mais où ?
Un jeune domestique ouvrit et intimidé par l'uniforme, les laissa entrer.
« Bonjour, mon brave, lança Holmes avec sa voix rauque, nous souhaitons voir Madame.
-Elle est dans sa chambre, je vais vous la chercher. Je vous en prie, vous pouvez l'attendre dans le salon sur votre gauche.
Ils inclinèrent la tête en signe de compréhension et allèrent s'asseoir dans la pièce qu'on leur avait indiquée.
« Holmes, chuchota Watson, allez-vous enfin me dire ce que tout cela signifie ? Vous n'allez tout de même pas rendre le collier à cette femme ?
-Bien sûr que non, Watson, ce serait contre mon intérêt, s'offusqua le logicien. Je veux simplement avoir des renseignements complémentaires sur le domestique, même si je pense connaître son identité.
-Ne vous faites pas prier, Holmes, soupira le médecin.
-Même pas juste un peu ? s'enquit le détective. Un baiser contre un nom, ce serait plutôt un échange avantageux, non ?
-Holmes, soupira Watson en se concentrant sur la tapisserie, ce n'est ni l'endroit ni le moment.
-Vous détournez les yeux, cher ami, seriez-vous gêné ? s'amusa-t-il.
-Je jouerai volontiers ce genre de jeu avec vous, mais plus tard, Holmes, le réprimanda le médecin en se forçant à le regarder.
-Vraiment ? fit-il avec un sourire charmeur. Dans ce cas… Il s'agit de John Clay.
-Celui que vous vouliez attraper depuis longtemps ?
-En effet. En réalité, si je n'avais pas réellement cherché le cadavre et s'il ne s'était pas allié à plus bête que lui, il m'aurait peut-être encore filé entre les doigts. Et puis, j'ai eu de la chance, également.
-Navrée de vous avoir fait attendre, messieurs, fit Chastity Pellington en entrant dans le salon. Que puis-je pour…
Sherlock Holmes avait retiré sa moustache et son couvre-chef. Elle allait crier, mais il était déjà derrière elle.
-Je ne vais rien vous faire, lança doucement le logicien, mais il ne faut pas que vous criiez. Entendu ?
Elle hocha la tête rapidement, et il la relâcha prudemment.
-Docteur Watson, vous avez sans doute lu son nom dans le journal ce matin. Voici lady Pellington, dame trop curieuse, cougar, infidèle, manipulatrice, stupide et irritante, asséna-t-il sans pitié. Lady Pellington, je vous présente le brillant docteur John Watson, victime de mes expériences, beau, intelligent, célibataire, incertain quand à son orientation sexuelle, mon meilleur ami, assistant, et bientôt…
-Je ne dirais pas que je suis enchanté, Madame, de vous connaître, mais au moins nous nous verrons avant le tribunal, fit Watson, maintenant remis de sa surprise et regrettant de ne pas avoir pu faire taire son ami plus tôt. Nous ne sommes pas ici pour notre différent, mais pour quelque chose d'autre. Avez-vous eu un nouveau domestique ces temps-ci ?
Elle mit quelques instants pour répondre, honteuse et inquiète, suivant des yeux le détective qui inspectait chaque objet de la pièce d'assez près.
-Ma foi, oui. Un jeune, motivé, charmant. Il n'avait pas beaucoup d'expérience ailleurs, mais il a fait ses preuves.
-L'avez-vous vu ces derniers jours ?
-Non, j'allais en informer la police. Il a déserté son poste depuis deux jours, répondit-elle en tremblant légèrement, ses nerfs encore à vif.
-La police est venue à vous au lieu de l'inverse, madame. Quel est son nom ?
-Il se fait appeler Vincent Spaulding.
-Merci bien. Holmes, aviez-vous autre chose à dire à notre amie ? s'enquit Watson, savourant brièvement sa vengeance personnelle.
-Ma foi, pas grand-chose. Ah ! s'écria-t-il. Si, en fait.
La femme se retourna avec crainte vers le détective qui arborait un sourire dément.
-Madame, lorsque vous nous avez fait grâce de votre visite… Impromptue, de l'autre jour, vous veniez pour la disparition de votre collier.
-Comment le savez-vous ? s'étonna-t-elle. Je n'en ai rien dit à la police.
-C'est mon métier de tout savoir, Madame, répondit-il comme un réflexe. J'ai pris la liberté de prendre l'affaire, et le voici.
Chastity Pellington porta ses mains à sa bouche quand elle vit son collier, miraculeusement dans les mains du détective, vingt quatre heures après.
-Navré, mais je ne peux pas vous le rendre tout de suite, s'excusa-t-il en le rangeant sous son uniforme. Il est une pièce à conviction dans une affaire de meurtre, mais je vous le rendrais bientôt.
-Un meurtre ? murmura-t-elle, la gorge sèche.
-Oh, un petit meurtre, relativisa-t-il. Une petite fille, murmura-t-il, de dix ans, torturée puis abandonnée parmi les ordures, qui laisse derrière elle son petit frère. Mais l'enfant ne restera pas longtemps seul, il va rejoindre sa sœur de la main de votre domestique, votre… Comment se fait-il appeler ? Ah, « Vincent Spaulding ». Je le cherche depuis des années, c'est un dangereux criminel. Mais je dois vous remercier, j'ai fait la connexion plus vite grâce à votre visite. Alors, madame…
Il fit une rapide courbette en se dirigeant vers la sortie.
-Vous avez la reconnaissance de Sherlock Holmes. »
En soupirant, Watson se dit que son ami avait tout de même du panache. Il avait failli mourir à cause de cette femme indiscrète, mais arrivait à lui dire merci.
Madame Pellington, soulagée de les voir partir, ne les retint pas. Ils descendirent tranquillement les marches de la grande maison, se mettant en route pour Scotland Yard.
« Je vous croyais plus rancunier que ça, fit le médecin.
-Non, Watson, il faut savoir pardonner. Et puis, notre statut de criminel ne nous a pas apporté que des choses négatives.
-A quoi pensez-vous, par exemple ? s'enquit-il tout en se doutant de la réponse.
-Vous le savez déjà, sourit-il, mais vous m'en voulez encore pour ces conséquences. Peut-être qu'après votre vengeance, cela ira mieux…
-Je ne vous pensais pas pour la vengeance, songea Watson. Juste pour la justice.
-Les vengeances sont acceptables tant qu'elles n'ont pas de conséquences. Cependant, la peine de mort, par exemple, est une hérésie.
-Vous êtes bien progressiste, s'étonna le médecin.
-C'est normal, Watson, si nous avions vécu quelques années plus tôt, nous même serions déjà pendus haut et court pour dépravation. Et puis, la peine de mort est une vengeance irréparable, donc je la réfute. Ce n'est pas la justice qu'assassiner à son tour. Ce serait comme punir un cannibale en le dévorant.
Le médecin sourit à la comparaison.
-Il est vrai que ce ne serait pas très logique.
-Vous voyez, soupira le logicien. Surtout que la pendaison est une expérience très douloureuse.
-Ne me dites pas que- s'étrangla-t-il.
-Oh, avec des sécurités, mais c'était tellement atroce que je me suis dépendu après une dizaine de secondes. Remarquez, je ne vois pas beaucoup de différences entre la peine de mort et la prison, mais…
-N'en rajoutez pas, Holmes, il me semble avoir assez constaté cet état de fait, soupira Watson, exaspéré. Pour revenir au présent, que faisons-nous ? Nous allons nous expliquer devant Lestrade et récupérer Charly, Kitty ainsi que notre criminel ?
-Nous devrions croiser cette dernière au commissariat, si mon calcul est bon. Et effectivement, nous allons avoir besoin d'une petite patrouille pour attraper enfin l'insaisissable John Clay, fit-il avec exaltation. »
Le médecin ne put retenir un sourire devant la mine réjouie du logicien. Il n'était pas peu soulagé que cette affaire sordide, qui les avait impliqués personnellement (Kitty était sans doute au commissariat en train de les accuser injustement, et il espérait que Holmes serait suffisamment convaincant pour démentir sa version) se termine. De plus, il avait peur pour Charly, seul quelque part, recherché par un tueur. Pourvu que ce John Clay ne le trouve pas.
Pourvu qu'ils n'arrivent pas trop tard...
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C'est ce qu'il va se passer, mais vous vous en doutez toutes, non ? *pas taper*
Notre enquête touche à sa fin. Plus que deux chapitres, donc un non écrit. J'espère de tout cœur ne pas être en retard, mais malheureusement ce n'est pas impossible. Mes excuses par avance, mes remerciements sincères pour les reviews, et en espérant que ça vous a plus : je vous souhaite une bonne semaine !
