En effet, Aster Bunnymund avait repeint la porte. Il avait sorti ses bombes de peinture et dessiné une fresque colorée qui s'étalait jusqu'à la fenêtre. Mérida le regardait finir son œuvre, un petit sourire au coin des lèvres, pendant que Jack entassait des affaires dans sa commode. Tout ça dans un silence confortable. Le grand brun se redressa, les sourcils froncés.
-Et Hic?
-Ca fait une semaine qu'il est là, on est arrivés en même temps. Son père lui a pété un câble quand il a su, t'imagine même pas! "C'est pas comme ça que je t'ai élevé mon fils! Qu'est ce que j'ai fait au bon dieu?", enfin bref t'imagine la scène. Hé, Jack, ça te dérange si je...
Elle indiqua une cigarette, l'air désolée. L'adolescent aux cheveux blancs secoua la tête.
-Non non, vas-y!
Mais ce n'était pas l'avis d'Aster.
-Tu te fous de ma gueule, Mérida? Tu ne fumeras pas dans ma chambre, de un, parce que ça pue, et de deux parce que tu te bousilles la santé.
-Je n'ai pas besoin que tu me fasses un discours sur la clope, Bunnymund!
-Tu demandes, je réponds. Tu ne fumeras pas ici.
Fumasse, elle rangea son paquet, mais garda sa cigarette entre les doigts, sans l'allumer.
-Bref, passons. Donc Hiccup est là, mais il veux être seul. En plus, ce salopard de MacIntosh l'a plaqué, il est inconsolable. Quand je pense qu'il a failli se faire baffer par son père pour un mec qui l'a laissé tomber deux jour après, juste "parce qu'à la fac, ce sera pas pareil"... Je lui en foutrais... T'en pense quoi, toi?
Aster se contenta de hausser les épaules. et se remit à peindre. Mérida ne dit plus rien. Elle gardait les sourcils froncés, les yeux rivés sur ses genoux et jouant avec sa cigarette. Après quelque minutes, pendant lesquelles elle avait apparemment retourné la question dans tout les sens, elle déclara:
-Je ne comprends pas comment des parents peuvent réagir comme ça. Leur enfant leur dit juste qu'il aime quelqu'un. Certes, ce n'est pas "la norme", mais il n'y a pas de norme en amour, si?
-Tu recommences à faire la Cendrillon. Dans dix secondes tu vas nous parler d'âmes sœurs, de prince charmant et j'en passe.
-Ta gueule, Bunny.
Elle se leva d'un bond.
-Je vais voir si Punzie est là. Jack, tu viens.
Sans lui demander son avis, elle tira Jack par le bras, hors de la chambre. Une fois dehors, elle alluma sa cigarette.
-Pourquoi tu m'as demandé de venir?, demanda Jack.
Elle ne répondit pas, se contentant s'inspirer et de souffler un petit nuage de fumée, les yeux fermés. Puis elle les ouvrit et avança, lentement pour bien savourer cette fumée qui lui entrait dans les poumons.
-Je t'en propose pas. Bunny veut que j'arrête, alors encourager les autres, je crois pas qu'il approuverait.
-Je ne fume plus de toute façon.
-T'as bien de la chance. Bref, je t'ai demandé de venir, parce que je me suis rendue compte que j'ai parlé un peu vite tout à l'heure. Personne ne sait pour Hiccup. Il n'y a que Bunny, Punzie et moi. Avec son ex et les potes de son ex, mais ils sont plus là. Alors, s'il te plait, n'en parle à personne.
-T'inquiète.
Ils ne parlèrent pas sur le reste du chemin. Quand ils arrivèrent à la chambre 92, Mérida s'assit sous la fenêtre. Jack s'installa à côté d'elle.
-Hiccup est quelqu'un d'exceptionnel. Je l'admire énormément. Il arrive à être souriant, fort, alors qu'en réalité, il est au plus bas. Il ne veut pas être un poids, alors il n'implique pas les autres. J'aimerais être capable de faire ce qu'il fait.
Jack ne répondit pas. Qu'aurait-il pu dire? Il ne connaissait ce Hiccup ni d'Eve, ni d'Adam. Même s'il en savait désormais pas mal sur lui, alors qu'il ne l'avait jamais croisé. Le silence qui s'était de nouveau installé fut perturbé par l'arrivée d'une frêle jeune fille aux longs cheveux dorés, chargée de trois énormes sacs de voyage. Mérida se releva pour l'aider à s'installer. Jack resta appuyé contre le chambranle de la porte à les regarder se chamailler sur qui occuperait le plus de place dans la grande armoire qui occupait la moitié d'un mur. Leur chambre était déjà meublée et décorée. Un épais tapis rouge cerise recouvrait une bonne partie du sol, et de nombreux posters masquaient les murs en béton. La blonde finit par s'assoir sur l'élégante méridienne qui était disposés sous la fenêtre. Elle leva ses yeux verts vers Jack qu'elle sembla remarquer pour la première fois.
-Oh! Salut, moi c'est Rapunzel. Toi, tu es...
-Jack.
-Ravie de te rencontrer.
-C'est le nouveau coloc' de Bunny. Conon, hein?
La Rapunzel en question ne répondit pas, se contentant de sourire. Elle brancha son iPod sur une enceinte, et mit le volume à fond. Mérida s'installa à califourchon sur le rebord de la fenêtre et alluma une seconde cigarette. Jack la rejoignit, sans rentrer dans la chambre.
-On a le droit de fumer sur le campus?
-Non, mais tant que l'année scolaire n'est pas officiellement commencée, le règlement ne s'applique pas. Donc profite de ces trois derniers jours de liberté avant la prison!
La musique s'arrêta d'un coup.
-Oui, Maman?...Oui, je suis bien installée...Ne t'inquiète pas...Non, je n'approcherais pas les garçons...Ni l'alcool, ni les drogues, promis...Maman, j'ai plus quatre ans, je suis capable de prendre mes responsabilités!...Ne parle pas de Papa, il n'a rien à voir avec ça...Oui, pardon...Oui...Oui, à bientôt.
La blonde se leva en soupirant.
-Ma mère, qui pique encore une crise parce que "le monde est si cruel, ma pauvre petite fille!". Enfin bref, si on allait à l'abri? Jack, tu nous accompagne?
Vu l'enthousiasme de Mérida, et le regard pétillant de Rapunzel, Jack pouvait difficilement refuser. Les filles l'envoyèrent chercher Bunny qui lui indiquerait le chemin et se dirigèrent vers le sentier qui divisait les chambres en deux bâtiments. Jack bifurqua avant pour rejoindre la 48. Aster avait continué sa fresque qui s'étendait à présent sur la moitié des murs. Il était allongé sur le sofa en buvant un coca. Quand Jack lui parla de l'abri, il se leva d'un bond et sortit tout sourire sans l'attendre. Il dut presque courir pour le rattraper. Ils passèrent sur le côté du bâtiment, suivant le même chemin que les filles quelques minutes plus tôt, s'enfonçant dans le bois qui s'étendait au delà des chambres.
Bonjour bonjour!
La fin de la fiction se précise petit à petit dans ma tête! Donc la suite ne devrait pas tarder à être couchée sur papier.
Par contre, dès demain, je serais sans internet du lundi au vendredi (sauf si je croise un Mcdo), du coup je ne publierais, ne répondrais aux éventuelles reviews ou autre, que le week-end.
Merci d'avoir lu ce deuxième chapitre, et à très vite!
