Hello, cher fanfictioneur!
Voici le troisième chapitre de Moonrise. Merci d'être arrivés jusque là ^^
N'hésitez pas à laisser un petit quelque chose (genre, je ne sais pas, une review?) histoire de savoir si ça vous plait, ce que vous aimez moins et tout et tout :)
Voilà, sur ce, bonne lecture!
L'abri en question était une sorte de grotte aménagée dans un tas de pierre, dont l'entrée donnait directement sur une rivière qui serpentait entre les arbres. On y accédait en sautant d'un rocher à l'autre en se mouillant les pieds, mais l'intérieur était bien sec, et frais malgré la chaleur extérieur. C'est à cet endroit que Jack passa les deux jours suivant, avec Bunny (il avait insisté pour que Jack arrête de l'appeler Aster Bunnymund), Mérida et Punzie, à rire, à parler et à boire. Une réserve de bouteilles était planquée sous un énorme caillou, facile d'accès. De la bière, surtout, et une seule bouteille de vodka, en cas d'extrême urgence.
Punzie venait de Floride. Sa mère gérait un hôtel, son père était mort d'une overdose cinq mois avant sa naissance. Mérida était originaire de l'Etat de Washington. Parents mariés, trois petits frères, elle ne rentrait pas pour les vacances, sauf Thanksgiving et Noël. Bunny n'avait pas de famille à proprement parler. Ses parents voyageaient tout le temps, il passait donc ses vacances seul dans son appart à Chicago. Mais ce que Jack appris assez vite, c'est qu'il n'y avait pas de "populaire" à Moonrise. Juste les gens assez forts pour se faire respecter, ceux assez intelligent pour ne pas se laisser écraser, et les autres, sans que ces catégories ne se répartissent en groupes distincts. Et Hiccup qui revenait dans la conversation de façon récurrente. Son père, ses dessins, ses muscles ("A tomber par terre, on dirait un mannequin" dixit la rouquine), son ex, son chat... Jack les écoutait parler de ce garçon extraordinaire sans pour autant mettre un visage sur ce nom, car en deux jour, le Hiccup n'était pas sorti de sa chambre.
Le soir du deuxième jour, au réfectoire, alors que Mérida et Punzie se demandaient si Hiccup avait mangé depuis qu'il était arrivé et suggéraient de lui apporter une assiette de pâtes, les conversations se muèrent en murmure. Jack releva la tête. Un garçons aux cheveux châtain venait d'entrer, les yeux baissés, les mains enfoncées dans les poches de son jean. Il ne prêta pas attention aux regards que les élèves lui lançaient. Mérida se mit debout sur une table et hurla.
-Hic! Viens là!
Hiccup (car c'était lui qui venait d'entrer) se dirigea vers leur table et s'assit entre les deux filles. Jack ne put s'empêcher de le détailler. Des yeux verts cernés, des cheveux en bataille, une barbe de trois jours recouvrant ses joues pâles, des épaules musclée marquées par un débardeur vert... Jack était un peu déçu. Il s'était imaginé un grand gaillard baraqué, souriant, débordant de gaité. Mais Hiccup était plus mince qu'athlétique, et plus las que joyeux.
-Salut les filles, comment ça va?
Sa voix un peu rauque tentait de paraître un minimum enjouée, mais elle ne dupait personne. Les filles et Bunny lui répondirent sans lui retourner la question. Ils n'en avaient pas besoin. Ils savaient parfaitement comment il allait. La conversation reprit son cours sans que Jack n'intervienne. Jusqu'à ce qu'Hiccup se décide à lui parler...
-Pourquoi tes cheveux sont comme ça?
...de ses cheveux. Quelle originalité!
-Ils ont toujours été comme ça.
-Ca te dérange si je te dessine?
Question inhabituelle...Les trois autres regardèrent Jack avec surprise. Ce dernier acquiesça. A la fin du repas, Hiccup se leva et partit sans un mot. Des qu'il fut sorti, Mérida se pencha vers Jack.
-Hiccup n'a pas sorti ses crayons depuis au moins deux mois, depuis que MacIntosh l'a plaqué.
-Et?
Les trois autres le regardèrent bizarrement, les sourcils froncés, et reprirent une conversation tout à fait hors sujet: les fringues. Bunny laissa les filles discuter de leur garde robe et je tourna vers Jack.
-T'as plutôt intérêt à te démarquer par rapport à ton style vestimentaire ici, sinon tu vas faire tache. Et les taches se font souvent lyncher la première semaine, voire après si ça s'arrange pas.
-Et là, ça va comment je suis habillé?
Il portait un jean et un débardeur ample qui laissait voir ses côtes. Bunny réfléchis un instant.
-Ca devrait aller. Et puis avec tes cheveux, tu risques pas grand chose.
Ils finirent leur repas en parlant chiffons, piercings et tatouages.
Le soir, Mérida et Bunny proposèrent de passer par la chambre d'Hiccup, "comme au bon vieux temps", mais Punzie s'éclipsa pour appeler sa mère. Elle avait beau la critiquer, elle avait du mal à ne pas l'appeler tous les soirs. Jack suivit donc les deux autres vers la chambre 7. Ils frappèrent et attendirent. Pas de réponse. Bunny martela la porte jusqu'à ce qu'un Hiccup en jogging-sweat vienne ouvrir. Il leva les yeux en les laissant entrer. Jack ne put s'empêcher de lâcher une exclamation en entrant. Les murs étaient recouverts de croquis et de dessins en tous genres. Des portraits, des créatures imaginaires, l'Abris...Une étagère vacillait sous le poids des carnets et autres livres de technique diverses. Une odeur d'épices flottait dans l'air. Mérida s'était laissée tomber dans une pile de cousins tandis que Bunny s'était assis en tailleur à côté. Hiccup restait debout, à côté de son lit, les mains dans les poches. La rousse lui demanda ce qu'il faisait.
-Je teste l'aquarelle aux épices. J'ai piqué du paprika, de la cannelle et du safran, ce sont des couleurs très marqués.
Tandis qu'ils s'appliquait à décrire la façon dont les pigments imprégnaient le papier, ou autre chose dont Jack ne comprenait pas un traitre mot de toute façon, l'ado aux cheveux blanc s'attardait sur quelques portraits. Presque tous représentaient le même jeune homme aux cheveux mi-longs, sombre et au regard clair. Il n'était pas vraiment beau, avec son nez démesuré, mais ses yeux semblait briller de malice, quelque soit la méthode utilisée. Le plus beau de ces portraits était accroché au dessus de la commode. Chaque détail y était sublimé, la peau semblait lisse. On aurait dit qu'il allait sortir de son support.
-Ca te dérangerait de t'éloigner de mes dessins, s'il te plait?
Jack sursauta. Hiccup le regardait, l'air un peu agacé.
-Ils sont magnifiques.
-Tu peux t'éloigner quand même?
-Je vais pas les bouffer, tes dessins.
-Même, éloigne toi.
Sa façon d'insister irrita Jack. Ce mec était surprotecteur envers des morceaux de papier, il fallait arrêter cinq minutes!
-C'est bon, je m'éloigne.
Il sortit de la chambre et se dirigea vers la 48.
