Bunny n'était en effet pas revenu, ni le vendredi, ni le samedi. Quand le dimanche, ils ouvrit la porte de la chambre d'Hiccup, il fut surpris de le trouver seul avec Jack qui l'accueilli avec un soupire de soulagement.
-T'es enfin là, on commençait à flipper!
-Les filles ne sont pas avec vous?
-Content de voir que tu vas bien, mon lapin.
Hiccup se leva pour l'accueillir. Aster balança son sac dans un coin.
-Je pensais qu'elles seraient là.
-T'as vu l'heure? Elles doivent être super occupées à comparer leurs vernis à ongle, ou lister les moyens de te faire payer ton absence prolongée. Tu devrais te préparer à la pire soirée de ta vie si tu veux mon avis!
-Mérida ne porte pas de vernis. Et qu'elles essaient un peu pour voir. Ceinture noire de taï-chi, maitre dans l'art de la capoeira et du lancer de boomerang australien.
Il fit craquer sa nuque avant de s'installer à côté d'Hiccup. Il le regarda, puis Jack, et après un moment d'hésitation, il demanda:
-Et vous faisiez quoi?
-On parlait de nos parents, de la peine de mort, du menu de la cantine, pas des trucs super gais.
-Oh, bah si c'est pour entendre ça, je me casse. Bonne nuit les mecs!
Sur ce, il claqua la porte. A peine dix secondes plus tard, la voix de Mérida se fit entendre. Elle venait de retrouver son cher Bunnymund et lui réservait apparemment un de ces accueil dont elle avait le secret: violent. " Aster Bunnymund, j'espère que tu as une bonne raison de nous avoir planté sans même un mot d'explication! Je te donne cinq secondes pour me fournir une justification acceptable". Un bruit sourd fit comprendre que la justification ne devait pas être celle attendue. Hiccup ricana.
-Ah, ces deux là... On dirait que les boomerangs australiens ne sont pas super efficaces contre les écossaises en furie! Donc, nous disions...
-Que nos vies de familles craignent! Tu veux commencer?
Le brun se leva.
-Bonjour, je m'appelle Hiccup...
-Bonjour Hiccup!
-Ta gueule, Jack!, dit-il en riant(Jack sourit en l'entendant prononcer son nom, aussi stupide que lui parut sa réaction). Je vis seul avec mon père, et son meilleur pote qui passe ses journée et ses nuits dans le garage. Ma mère est morte, tuée par un chien quand j'avais un an, je ne m'en rappelle pas. Le pote de mon père, Gobber, m'a dit qu'il lui avait à moitié bouffé le visage.
-C'est horrible.
-Tu peux même dire dégueulasse. Mais j'étais très jeune, je n'ai aucun souvenir. Et mon cher Papa ne sait pas s'y prendre avec les gens, encore moins avec les gosses. Dès que possible, il essaie de me confiner dans ma chambre pour pas qu'il m'arrive quoi que ce soit, et dès que je sors, j'ai le droit à un message toutes les dix minutes...sauf depuis cet été où il a plus où moins péter un câble, dans le genre "où est-ce que j'ai bien pu merder? Je t'ai pas élevé comme ça, fils!" ou bien "C'est pas ce que j'avais demandé, je voulais un vrai mec et on m'a refourguer une pédale!"
Hiccup prenait une voix grave et bourru, et gonflait les pectoraux dans une caricature de son père qui fit exploser de rire le garçon aux cheveux blancs.
- Il a commencé à élaborer une théorie comme quoi la mort de ma mère m'avait tellement traumatisé que j'en avait été déréglé, détraqué. Bref, à l'entendre, je suis barge. Tu comprends, aimer les mecs, c'est un énorme problème. C'est une maladie, il faudrait me faire exorciser! Enfin bref, je suis mieux ici! Et toi?
Le rire stoppa instantanément. Jack ne s'était jamais livré à personne, personne ne lui avait rien demandé. Il ne savait pas vraiment quoi dire. Placé depuis sa plus tendre enfance, souvent "rendu" à cause de son comportement et de son insolence...
-Je...j'ai pas vraiment de famille, en fait. Enfin, pas de famille fixe.
Les yeux verts du brun s'agrandirent de surprise.
-Attend, t'es sérieux?
-J'ai demandé au centre de placement de m'inscrire en pension pour ma dernière année. Après, j'irai à la fac, j'aurais mon appart'...j'aurais plus besoin d'être en famille d'accueil. J'ai l'impression que je suis le seul pour qui ça se passé mal! Tous les autres, au centre, ils n'ont aucun problème. Ils ont...je sais pas...une fête pour leur anniversaire, des cadeaux pour Noël, des histoires avant d'aller se coucher... Jamais j'ai eu une famille comme ça. Pourquoi ça m'est jamais arrivé? Pourquoi ça tombait toujours sur moi? C'est quoi mon problème, hein? Qu'est ce qui allait pas chez moi? Qu'est-ce qui ne va pas chez moi?
Ça sortait tout seul. Toute l'amertume emmagasinée ces dernières années se déversait sans filtre. Les Miles qui l'avaient fait dormir dans le cabanon au fond du jardin parce qu'il avait renversé son verre de lait sur la moquette, le père Smith qui l'avait giflé si fort qu'une de ses dents était partie, simplement parce qu'il lui avait fait remarquer qu'il avait mal boutonner sa chemise, la vieille O'Briain et son chien enragé qui avait laissé la marque de ses dents sur l'épaule de l'adolescent...Des alcooliques, des violents, des indifférents, des nymphomanes...Jack avait vu de tout, jamais longtemps mais toujours assez pour que ça suffise une bonne fois pour toute. Hiccup l'écoutait, assis en tailleur sur son lit, en silence. Jack racontait, plus pour lui même que pour l'autre. La colère montait. Une colère qu'il avait toujours tue. Personne ne s'en souciait, il était invisible, juste un dossier parmi tant d'autre. Quand la secrétaire du centre le voyait arriver, elle soupirait, l'air de dire, "Oh non, il va encore falloir placer Jack Frost!". Au lycée, il compensait. Il n'en avait jamais changé et était devenu le mec le plus populaire. Plus encore que le quater back de l'équipe, ou de la rock star, ou du rebelle qui fumait ses joins en parlant d'auteurs dont personne n'entend parler pour montrer qu'il est cultivé. Il faisait mieux qu'eux tous réunis. Il faisait rire. Tout ce qui ne plaisait pas à ses familles d'accueil plaisait aux élèves, les blagues, l'insolence, les sourires malicieux (combien de filles avaient succombé au charme de Jack Frost!) mais c'était une bande d'hypocrite. Ils le voulaient, sans le connaitre. Simplement parce qu'il était Jack Frost. Le beau, l'hilarant, le sublime Jack Frost! Et personne n'en avait rien à foutre qu'il aille bien ou mal, on ne se posait pas la question! Frost allait toujours bien, Frost était toujours drôle, Frost n'avait aucun problème! Jack s'arrêta. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait fini par crier. Il inspira profondément, expira. Inspira. Expira. Sentit deux bras autour de ses épaules. Il se crispa. Hiccup s'était levé et le serrait dans ses bras. Les mains hésitantes de Jack vinrent se placer dans la dos du brun. Ça lui faisait du bien. Il le serra à son tour. Il était bien. Vidé de sa colère.
-Tu nous as nous maintenant. Ça te va?
-Ouais...ouais, ça me va carrément.
Ils restèrent comme ça un moment. Jack n'osait, ni ne voulait vraiment, se détacher. La présence d'Hiccup l'apaisait. C'est ce dernier qui rompit le silence.
-T'as vraiment jamais eu de cadeau pour Noël?
Et voilà, on en apprend un peu plus sur Jack ^^ Il y a peut-être quelques incohérences avec les chapitres précédents, mais j'espère que c'est pas trop énorme... Bref, j'ai pas trop avancé cette semaine (pas du tout en fait...honte à moi) mais j'essaierais de me rattraper, promis ^^
A très vite!
