Sonny ouvre les yeux. Devant lui, il voit une fenêtre. Un oiseau vert et jaune s'est posé et le regarde la tête penchée de côté. Comme Will quand il... Will ? La pensée de l'homme de sa vie le fait inconsciemment se contracter et il sent une tension désagréable du côté gauche. Il soulève sa main, qui lui paraît très lourde, sur un bandage épais. Il se demande dans quel hôpital il est, si Will est là, si l'infirmier n'a pas essayé de l'attaquer, lui, son témoin gênant. Il tape contre le mur jusqu'à ce qu'il sente un bouton et appuie quatre, cinq fois. Une infirmière ouvre la porte et se rapproche du lit. Sonny vérifie visuellement que c'est une femme, se détend et demande « Où on est ? » Sa voix lui paraît celle d'un étranger, cotonneuse et abîmée. L'infirmière lui sourit et dit « Bienvenu parmi les vivants monsieur Kiriakis. Vous nous avez fait de belles frayeurs... » Elle tend la main au-dessus de Sonny et appuie sur quelque chose. Un bruit s'arrête qu'il n'avait pas remarqué avant et il sent sa tête un peu plus reposée. « Le... Mon ami... dans l'ambulance ? » La femme lui tapote l'épaule puis se dirige vers la porte en disant « Je reviens. Un instant... » Il entend un bruit de voix indistinctes. Elle doit parler à un médecin. Avec un pincement de culpabilité de ne pas y avoir pensé avant, il se demande si ses parents ont été prévenus, s'ils sont en route. Il n'a pas eu sa réponse mais l'endroit ne ressemble pas au complexe hospitalier de Salem. Les draps sont de la mauvaise couleur. Avec lenteur, il roule de l'autre côté pour voir à quelle machine il est accroché. Il ne le saura pas parce que près de lui, avachi sur une chaise en métal, il y a Will qui dort.

Bizarrement, il se demande comment l'appeler. Il voudrait bien utiliser un mot doux comme « chéri » ou « mon ange » mais il n'a pas eu le temps d'en arriver là dans leur relation si nouvelle et si ancienne à la fois. Et 'Will', même si c'est le prénom le plus beau du monde, lui paraît un peu faible pour ce moment. Il choisit « Mon amour » parce que c'est vrai. Parce qu'il le ressent si fortement depuis si longtemps. L'effet est immédiat et Will ouvre les yeux et se jette au pied du lit. Ses yeux se plongent dans ceux de Sonny et, petit à petit, un sourire merveilleux et ensoleillé apparaît. Sonny s'y complaît puis se met à parler « Tu vas bien Will ? » Will a un petit rire « Je vais parfaitement bien, m'amour. Ce n'est pas moi qu'on a du ranimer. J'ai cru que je t'avais perdu trois fois. Ça fait encore mal alors que tu es là à me regarder. Comment tu te sens ? Tu as mal ? » Sonny doit y réfléchir. Ses sensations sont encore émoussées mais en tout cas, tout lui semble très supportable. Il résiste à l'idée de faire un peu de cinéma pour se faire cajoler. Il y a trop de force et de pureté dans le regard de Will. « Je vais bien et c'est grâce à toi. Merci. Et Cam m'a bien aidé aussi, tu sais où il est ? » Will jette un regard de côté « La police l'a emmené pour l'interroger. Je ne savais pas trop quoi leur dire. J'ai précisé qu'il t'avais soigné et qu'il s'était battu avec l'autre enragé. J'espère que ça aidera un peu. Ce qu'il y a, » ajoute-t-il avec une certaine dureté à laquelle Sonny ne s'attend pas, « c'est que je lui en veux quand même. Je revois l'accident d'Abby, des fois, en rêve ou même comme ça en marchant. C'est comme pour ton agression, en un peu moins fort. Je me rappelle comment elle a sauté en l'air et qu'elle est tombée toute molle. Et comme je t'attendais après et je me disais 'Quand Sonny sera là, tout s'arrangera.' Et c'est vrai en plus... Tu m'as manqué depuis hier, je crois que je suis devenu un peu dépendant de ta présence protectrice. » admet Will, l'air gêné. Si Sonny n'était pas déjà si épris, il tomberait amoureux de Will rien que pour ça. Pour ce mélange de bravoure et d'innocence, de dévotion et de fermeté qui rend Will si complet.

Sa mère le serre doucement dans ses bras. Ça fait du bien de la sentir là. Il a renvoyé Will au distributeur se prendre à manger. Il n'est pas sûr qu'il a avalé quoique ce soir depuis l'arrivée aux urgences. Adrienne ouvre son sac et en sort un paquet de ses biscuits préférés. Il l'embrasse sur la joue. La porte s'ouvre et Will revient dans la chambre. Adrienne se retourne, regarde Will, un sourire relevé puis s'approche de lui et le serre fort dans ses bras. Will se laisse faire en lançant un regard un peu interloqué. Sonny baigne dans son petit bonheur personnel et, une fois que son amoureux est relâché, tend la main. Il se demande comment il fera une fois sorti de l'hôpital pour tenir longtemps sans la sensation des doigts de Will, vu qu'ils se tiennent sans arrêt depuis hier soir. Quand il s'est réveillé ce matin, leurs mains étaient encore entrelacées. Il lance un regard complice à Will puis commence à répondre aux questions de sa mère. Il réussit à la convaincre de prendre une chambre d'hôtel avec son père et avant de partir, elle se tourne vers Will et demande « Tu veux qu'on t'en réserve une aussi ? » Will prend un air étonné. Adrienne reprend « Tu as dormi à l'hôpital jusqu'à maintenant ? » Will se mord la lèvre et hoche la tête. Sonny le regarde et comprend « Laisse tomber maman. Même moi, je ne le ferai pas changer d'avis. » Adrienne sourit et demande « Si je peux faire quelque chose d'autre ? » Sonny regarde Will de la tête aux pieds et dit « Peut-être lui acheter de quoi se changer ? »