(Trente-sixième nuit du FoF, troisième thème)
Cet OS est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Thé" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Je n'aime pas du tout cet OS, mais bon...
Il y a des jours comme ça...
Drago rentrait, éreinté de sa journée. Il avait passé le plus clair de son temps à essayer de convaincre une vieille bique qu'il n'était pas un cambrioleur et qu'il était envoyé pour recueillir son témoignage. Apparemment, cette follasse avait été attaquée par des hommes cagoulés, et on soupçonnait fortement que le gang des cafetiers avait encore frappé.
La visite qui aurait dû durer moins d'une demi-heure avait pris cinq heures et il était à présent très tard. Comble de la malchance, la dingue habitait un quartier moldu et le ministère lui avait explicitement spécifié de ne pas utiliser ses pouvoirs magiques et de se faire passer pour un moldu lui-même. Le transplanage était donc interdit. Et pour couronner le tout évidemment, puisqu'un malheur n'arrive jamais seul, à peine était-il sorti de la maison de la foldingue qu'une saucée magistrale lui était tombée dessus. En se maudissant et les maudissant également, il pataugeait donc dans les flaques d'eau, trempé des pieds à la tête. Quelle idée avait-il eu d'accepter de remplacer Weasley !
- Ronald est en congés, il a pris froid. Drago, vous pouvez le remplacer ?
- Bien sûr, de quoi s'agit-il ?
- Une affaire de cambriolage. Vous avez juste à recueillir le témoignage de la victime. Une formalité.
- Très bien…
Drago prit le dossier qui lui était tendu. Il le parcourut rapidement et fronça les sourcils.
- Vous pensez que c'est lié au gang des cafetiers ?
- On a de sérieux doutes. quoiqu'il en soit, vous avez juste à recueillir le témoignage. Je vous mets en garde : il s'agit d'une moldue. Faîtes attention à ne pas faire de faux pas.
Il s'était donc rendu dans ce quartier moldu. La porte s'était ouverte sur une femme d'un certain âge qui le toisa froidement dans l'entrebâillement. Il lui fallut plus de dix minutes pour la convaincre de le laisser rentrer, mais finalement, il y était arrivé.
C'était là que tout avait commencé.
- Qui vous envoie ? demanda la vieille femme d'un air suspicieux.
- Je vous l'ai déjà dit, Miss Peach, c'est le ministère… C'est la police.
A priori, ce mot inconnu ouvrait toutes les portes dans le monde moldu et Drago ne chercha pas plus à comprendre.
- Ah. Bon. Et pourquoi ? argua-t-elle d'un ton brut.
- On vous a volé. Je suis là pour recueillir votre témoignage, expliqua patiemment Drago.
- Oui, on m'a volé. On m'a volé ma collection de thés ! C'est scandaleux ! s'écria Miss Peach.
- Votre collection de thés ? s'étonna-t-il.
- Oui. Tous mes thés. De 1645 à 1986. Vous vous rendez compte ?
- Et euh… pourquoi à votre avis, vous aurait-on volé votre précieuse collection ?
A l'évidence, Drago ne comprenait pas qu'on puisse dérober une collection de thés, mais il se garda de faire une telle réflexion.
- Est-ce que je sais ? Ce que je peux vous dire, c'est que ça vaut une fortune !
- Ah bon… Mais qu'est-ce qu'elle a de particulier, cette collection ? s'étonna-t-il en cherchant en quoi une telle collection pourrait valoir quelque chose.
- Mais vous voulez quoi, vous ? Vous êtes qui ? reprit-elle, les sourcils froncés.
- Je suis là pour recueillir votre témoignage. C'est la… police qui m'envoie.
- Ah. Bon, dit-elle d'un ton brut.
- Et votre collection, elle a quelque chose de particulier pour qu'on veuille vous la voler ?
- Comment vous savez qu'on me l'a volée ?
- Vous venez de me le dire, répondit-il avec une patience qui commençait à se perdre.
- Oui, elle a été volée. Mais elle est précieuse ! Ce sont des thés rares ! Extrêmement rares. Ils ont des grandes vertus.
- Des vertus ? Vous auriez une idée de qui vous l'a dérobée ?
- Dérobé quoi ? répéta la vieille dame en haussant les sourcils.
- Votre collection.
- Ah. Non. Ils sont rentrés à quatre, ils m'ont assommée et puis ils sont partis.
- Ils vous ont assommée ? interrogea Drago avec intérêt.
Elle acquiesça et il nota rapidement les éléments.
- Vous êtes qui ? Votre stylo est étrange. Vous ne m'êtes pas familier. Et votre couleur de cheveux est bien trop pâle pour être honnête.
- Je suis envoyé par la police pour recueillir votre témoignage, Madame, répéta Drago qui commençait à s'énerver.
- Vous voulez un thé ?
- Je croyais qu'on avait volé votre collection, fit-il remarquer.
- Oui, mais je parle pas de ceux-là. Je parle d'un vrai thé.
- Un vrai thé ? répéta-t-il, incertain.
- Oui, un thé à boire.
Le jeune blond tomba des nues.
- Parce que les autres ne sont pas à boire ?
- Pensez-vous ! Ce sont des thés de collection, s'enorgueillit-elle.
- Ah.
Drago commençait à fatiguer. La vieille femme se leva de son fauteuil et alla faire chauffer de l'eau.
- Il faut m'expliquer, Miss Peach, supplia-t-il pendant que l'eau bouillait. Pourquoi vous volerait-on votre collection de thés ?
- Parce qu'ils sont magiques.
- Magiques ? dit-il sans comprendre.
- Oui, je m'en sers pour voir l'avenir.
Drago ouvrit de grands yeux : cette moldue savait pratiquer la divination ?
- Mais vous voyez quelque chose ?
- Evidemment, se vexa-t-elle.
Drago se garda de lui faire remarquer qu'elle n'avait pas vu que sa collection serait volée et préféra conserver le silence.
- Et vous voyez quoi ?
- Vous êtes qui ?
- Que voyez-vous ? répéta-t-il ignorant la question posée de multiples fois.
- Des tas de choses, répondit-elle en clignant des yeux. Souvent, c'est très bizarre et je ne comprends rien. Un chien noir, des gens bizarrement vêtus, des créatures sans visage… Oh, mais on me traite de folle dans le voisinage. Mais je ne le suis pas, vous savez. Un ou deux sucres ?
- Merci, aucun. Du lait, si vous avez, par contre…
Elle lui tendit une brique de lait qu'elle sortit du frigo. Voyant la lisière verte qui cerclait le goulot, il lui sourit et reposa la brique sur la table.
- Alors, vous n'avez aucune idée de qui pourrait vous en vouloir pour vous cambrioler ? demanda-t-il à nouveau.
- Parce que vous le savez, vous ? riposta-t-elle, méfiante.
- Non, absolument pas, se défendit-il.
- Je vois, vous êtes dans le coup ! Vous pensez que je suis folle ! s'exclama la vieille femme en se levant.
- Mais non, voyons…
Mais déjà elle avait empoigné une canne et lui tapait dessus de ses frêles bras.
- Mais enfin, Miss Peach, reprenez-vous ! s'indigna Drago en évitant comme il pouvait les coups de canne.
Mais déjà elle le mettait dehors et la porte se referma sur elle. Drago se contint comme il put : rien de ce qu'il avait recueilli ne lui servirait. Plus jamais : plus jamais il ne remplacerait Weasley. La pluie se mit à déverser des torrents sur sa personne et il déglutit en se protégeant comme il pouvait avec son manteau fin qui n'était pas imperméable – Merlin ce serait trop beau !
Rageant encore contre les éléments qui s'acharnaient, il arriva à la lisière du monde sorcier et transplana alors.
Heureusement, tout serait fini dans quelques instants. Cette journée ne serait qu'un mauvais moment passé de plus et il retrouverait avec délice le confort de leur cottage. Il embrasserait sa femme et son fils, et il pourrait enfin souffler.
- C'est moi, annonça-t-il d'une voix sombre en claquant la porte d'entrée.
- Tu rentres bien tard, rouspéta la jeune femme brune qui lui servait d'épouse, assise dans un fauteuil, La Gazette du Sorcier dans les mains.
Mais son regard se changea aussitôt, alors qu'elle l'observait de la tête aux pieds.
- Merlin mais tu es trempé !
- Merci, je n'avais pas remarqué, bougonna Drago.
- Je t'avais pourtant prévenu de prendre un parapluie…, soupira-t-elle.
- Hermione, je t'en prie, pas de leçon de morale, supplia-t-il alors qu'il utilisait sa baguette magique pour se sécher.
Elle eut une moue réprobatrice, mais se décida à être moins dure. Elle se leva du fauteuil et se dirigea vers la cuisine.
- Je vais te faire un truc chaud. Ça va te réchauffer.
- Merci, dit-il reconnaissant, alors qu'il tremblait encore.
Il s'assit sur le canapé en cuir et frotta fébrilement ses mains l'une contre l'autre en soufflant dessus. La voix d'Hermione lui parvint de la cuisine.
- Mh, voyons… Du thé, ça te va ?
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