Sonny est content de revoir ses amis mais commence à sentir le besoin de Will (ce n'est même plus du désir à ce stade) de plus en plus fort, aussi, il lui glisse à l'oreille « Chaton, ça te dirait de passer chez moi ? » Will le regarde tendrement et répond doucement « Chez tes parents tu veux dire ? » « Non » répond Sonny en plantant les yeux dans les siens « Dans mon studio. Tu pourras me raccompagner chez eux après mais j'aimerais vraiment être seul avec toi. » Will ne dit rien puis tire Sonny par la main et s'approche de Payne « Merci pour cette soirée, c'était sympa. La prochaine fois, on fera ça chez nous ! » Et avant que Payne ait fini de lever les sourcils et pu poser une question, ils sont déjà dehors, Will descendant les marches trois à trois et tirant un Sonny qui s'essouffle mais n'ose pas se plaindre de peur d'inquiéter Will et de le faire freiner ses envies. Il profite du trajet en voiture pour reprendre discrètement son souffle puis tourne la tête vers Will qui sourit d'un air rêveur, les yeux sur la route. Son air juvénile, l'énergie inaltérée qui se dégage de lui sont comme une rivière claire où se rafraîchir et se ressourcer. Sonny a peur de le blesser, un jour, de toucher à cette vitalité, de l'abîmer. Il repense à leur projet de vivre ensemble. C'est en effet sûrement trop tôt. Il n'y avait même pas réfléchi et maintenant s'il revient dessus, il a peur que Will se sente rejeté. Vu comme il en a parlé à Payne, avec cette candeur désarmante. Will tourne la tête pour garer la voiture et ses yeux rencontrent ceux de Sonny et il cesse de s'inquiéter. Il cesse de se poser la moindre question à part « Où est ma clé ? » « Où est la serrure ? » « Comment atteindre l'interrupteur quand on a les deux mains occupées ? » « Est-ce que j'ai une boîte d'avance ici et où, bon dieu ? », les réponses tenant en : dans sa poche, sous la poignée, d'un coup de coude et, ouf, oui, au fond d'un tiroir de la salle de bain, un échantillon gratuit distribué lors d'une soirée en boîte entre potes. De très bonne qualité, il ne se déchire même pas quand Will ouvre l'enveloppe avec les dents et se dépêche de l'enfiler sur Sonny qui gémit à ce contact et réalise tout à coup ce que Will attend. Il se fige, incapable de parler ou de continuer. Will fait glisser sa main le long du bras de Sonny, de son coude à son épaule et s'agrippe à sa nuque en lui disant dans un feulement « Sonny, mon amour, ce soir, c'est toi qui vient en moi. J'ai pensé à ce moment toute la journée, je suis plus que prêt, crois-moi. Ne me fais pas attendre plus, je t'en supplie, mon amour. Fais moi du bien. » Et Sonny lui fait du bien. Lentement, avec tout l'amour qu'il peut y mettre. Avec toute la passion qu'il a accumulée et qui lui tient lieu de forme physique. Il se perd en Will comme dans un océan chaud et ondoyant, et se libère de sa lourdeur, de ses tristesses, de ses manques. Le voir la tête penchée en arrière, le souffle rauque et sensuel, abandonné et confiant, le fait s'envoler et ne plus toucher terre. Tapi dans son lit, tenant un Will frémissant et satisfait, il se met à rêver à eux.
Le lendemain, sa mère le trouve assis au bureau paternel, en train de passer en revue les derniers contrats de fournisseurs que Chad lui a faxé. Adrienne le regarde avec un mélange de fierté et de crainte qui font réagir Sonny et il s'interrompt pour remarquer « Ça va, maman, ce n'est pas fatiguant et ça me permet de moins me faire du mouron. J'ai besoin de reprendre les choses en main mais à la maison. » Adrienne sourit et dit dans un souffle « Je sais mon chéri et crois-moi je sais que tu fais attention. Je voulais juste te proposer de t'aérer. Ton père a besoin d'un dossier qu'il a oublié sur la table de nuit. Ça te gênerait de lui apporter ? »
Alors que Sonny traverse le cabinet d'avocat vers le bureau de son père, il se sent pris du sentiment d'avoir croisé un tête connue. Il se retourne et cherche autour de lui. Il y a les collègues de son père et les secrétaires, bien sûr. Peut-être était-ce l'un d'entre eux ? Il secoue la tête et frappe à la porte calfeutrée. « Entrez » dit Justin d'une voix neutre. Quand il lève les yeux vers son fils, ses traits s'altèrent et Sonny retrouve la douceur et la compassion de son papa. Ils se serrent dans les bras puis Sonny lui tend le dossier brun que Justin accepte avec un grand sourire. « Merci, Sonny. Je vais pouvoir me mettre au travail. » « Parce que tu te tournais les pouces en attendant, papa ? Ça m'étonne de toi ! » « Autant que toi, apparemment, d'après ta mère. Je ne serais pas surpris de te revoir très vite derrière ton comptoir. » Sonny hausse les épaules « Je vais déjà reprendre la fac, demain. Après, je sentirai. » Son père commence à ouvrir le carton quand Sonny se souvient « Au fait, tu voulais me parler d'un truc l'autre jour. A propos de l'ami de Mel ? » Son père soupire « Ah oui, c'est vrai... » Il a pris son air d'avocat que Sonny connaît bien « Dis-moi ce que tu peux papa. Je t'écoute. » « Eh bien, disons que si je le connaissais personnellement, j'éviterai toute relation... financière avec lui. Mais je ne l'ai jamais rencontré, bien sûr. C'est juste comme ça en passant. » Sonny hoche la tête. Il sait que Justin ne lui dit pas ça 'en passant' et il apprécie la mise en garde. Il se demande comment faire passer le message à Mel sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Entre elle et Chad, le revoilà à s'occuper de tout le monde et c'est épuisant comme pensée. S'il n'y avait pas Will dans sa vie maintenant, il se demande s'il tiendrait. En sortant de l'immeuble, il lui texte 'Merci d'exister. Je t'm.' Quelques secondes plus tard il reçoit 'Si j'existe C uniquement pour toi. Ton chaton.'
