(Trente-huitième nuit du FoF, deuxième thème)

Cet OS est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "insurrection" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Petits elfes et gros enjeu

- Non, mais on n'a plus le choix ! Il faut lui dire !

- Tu crois, Bugsy ?

- Oui ! C'est vital pour notre santé et pour la sienne !

- C'est décidé, alors ?

- Oui. Mais qui se dévoue pour lui expliquer notre cas ?

- Je ne sais pas, mais elle ne peut pas faire ça ! Elle ne peut pas laisser traîner des tonnes de vêtements comme ça… Et Monsieur Dumbledore ne fait rien !

- Mais on l'offenserait…

- C'est nous offenser que de continuer comme ça !

- En tout cas, moi, Florak, je ne retourne plus à la tour des Gryffondor nettoyer !

- Et tant qu'à faire, on lui dit qu'il ne faut plus qu'elle revienne ici ?

- Oui. En plus, elle nous perturbe plus qu'autre chose… Et ses idées…

- Oui, ses idées sont toutes effrayantes et honteuses ! Il nous faut agir !

- Mais non, la miss fait ça pour notre bien !

- Dobby, tu es anormal !

- De toute façon, Winky, toi, tu es avec nous ?

- Je – hips – ne sais pas. Oui, je pense. Winky est une vilaine elfe de maison… Pauvre famille de Winky…

- Il faut se souder les coudes, sinon on ne pourra jamais s'en débarrasser !

- Dobby, il faut que tu nous aides ! Fais donc un peu barrage ! C'est toi qui connais Harry Potter et ses amis !

- Bon, dit Dobby à contrecœur, je veux bien… Mais elle fait ça dans votre intérêt !

- Non, elle ne fait pas ça dans notre intérêt ! C'est parce que Dobby lui a mis dans la tête que les elfes étaient malheureux, mais pas du tout !

- Dobby n'a rien dit du tout de ça ! tempêta Dobby avec ferveur.

- Ah oui ? Qui lui a dit qu'il était désormais payé ? C'est une honte sur tous les elfes, Dobby !

- Regarde ce qu'elle a créé ! La Sale !

- S.A.L.E. ! Et je suis persuadé qu'un jour, cette association marchera ! Et vous serez contents qu'on défende enfin vos droits !

- Nos droits ? Notre droit et notre devoir, c'est de servir notre maître. C'est tout.

- Absolument, dit une voix extérieure au débat. Et j'avoue que j'ai un peu faim.

Les elfes qui s'étaient tous réunis tournèrent en même temps la tête vers l'inconnu qui venait d'entrer dans les cuisines de Poudlard. Il se tenait debout, les mains dans les poches, un rictus moqueur sur ses lèvres fines. Ses yeux gris et froids se posèrent sur Dobby qui pensa un dixième de seconde transplaner loin du fils de son ancien maître, mais il ne fit aucun commentaire.

- Monsieur ! Asseyez-vous ! Que désirez-vous manger ?

Aussitôt, les elfes s'activèrent. Les cuisines se trouvèrent en pleine effervescence, comme s'ils préparaient un repas pour quinze personnes. Drago Malefoy s'assit nonchalamment au bout de la table des Serpentard et aussitôt une dizaine de plats se posa devant lui. Il attrapa un cookie et le grignota en buvant un verre de jus de citrouille.

- Monsieur…, fit une voix timide.

Drago sortit de ses réflexions et son regard tomba sur un elfe qui se ratatina sur place. Il fronça les sourcils.

- Qu'y a-t-il ?

- Monsieur est issu d'une illustre famille de sorciers. Monsieur doit connaître les valeurs des elfes de maison. Bugsy se demandait si Monsieur accepterait de nous aider à faire comprendre ça à la miss qui nous offre des vêtements et qui veut nous enrôler dans une association diabolique.

Le jeune homme réprima un sourire moqueur en avalant un troisième chaudron au chocolat.

- Et qui est-ce donc, cette horrible fille qui vous fait un tel affront ?

- C'est une jeune Gryffondor. Son nom est Hermione Granger.

Le sourire narquois de Drago s'effaça. Il cligna des yeux, peu sûr d'avoir compris ce qu'il avait entendu. Granger s'intéressait au sort des elfes de maison ? Décidément, elle n'avait rien compris, celle-là. Il soupira.

- Et qu'est-ce que j'aurais en échange ?

Après tout, il n'allait pas se coltiner Granger sans une contrepartie. Il haussa un sourcil, mesquin. L'elfe se trouva muet. Il ouvrit grand la bouche, mais ne trouva aucune proposition suffisamment alléchante pour conclure avec le Serpentard.

- Laisse tomber, Bugsy, soupira-t-il. De toute façon, il se fait tard, je dois retourner à mon dortoir.

Il lui adressa un clin d'œil. Il fit pivoter le tableau qui masquait les cuisines et s'engouffra dans les couloirs déserts. En se faufilant dans ses draps, il repensa à la conversation des elfes de maison. Alors comme ça, Granger avait choisi une cause aussi désespérée que les elfes de maison ? Par Merlin, pourquoi parmi toutes les filles de Poudlard, fallait-il que ce soit cette fille dont il était tombé amoureux ? Et pourquoi, sur toutes les causes loufoques, fallait-il que ce soit une aussi extrême ? Il secoua la tête. Il avait toujours dit qu'elle était folle. A croire qu'il avait raison. Mais aussi, c'était peut-être pour ça qu'il en était tombé raide dingue. Et merde.


- Bordel, Granger ! Tu peux pas faire attention ?

- T'es sur mon passage, Malefoy ! Espèce… de crétin fini !

Ils venaient de se percuter et s'étaient tous les deux retrouvés assis par terre, leurs affaires éparpillées sur le sol. Drago ramassa en râlant son sac et les livres qu'il tenait à la main. Enfin, surtout le livre qu'il était en train de lire et qui avait attiré son attention, lui faisant perdre la notion du lieu qui l'entourait. Hermione s'activait à remettre des parchemins qui étaient tombés de sa sacoche en pestant à voix basse. Elle était pressée. C'était bien sa veine, aujourd'hui ! Le jeune garçon fronça les sourcils et prit un petit badge qui semblait être tombé également du sac d'Hermione.

- C'est à toi, ça ? demanda-t-il en lui montrant l'insigne en lettres vertes.

Hermione pâlit, puis rougit. Elle se rua sur Drago pour essayer de le lui arracher des mains. En vain.

- Rends-moi ça ! s'insurgea-t-elle.

- La Sale ?

- S.A.L.E. ! Société d'Aide à la Libération des Elfes de maison ! Mais évidemment, pour quelqu'un comme toi, ça n'a aucun sens ! Qu'on esclavage des faibles sans aucun scrupule, ça te plait, même, non ?

Drago perdit son sourire. Il arrêta de la repousser et lui rendit son badge.

- Tu te trompes, Granger. Mais sache que tu ne t'y prends pas de la meilleure façon. Quand tu arrêteras de t'entêter, poursuivit-il d'une voix ferme alors qu'Hermione s'apprêtait à rétorquer, tu viendras me voir. On en rediscutera. La diplomatie n'a jamais été ton fort, je pourrais t'aider… peut-être.

Et sous le regard ébahi de la brunette, il s'en alla en sifflotant. De dos, elle ne vit pas le sourire très content de lui qu'il arborait, rayonnant.


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