Ce soir-là, Sonny emmène Will dans son studio et se jette sur lui dès la porte fermée. Il a eu envie de lui toute la soirée et de le voir insouciant et plein d'énergie, de danser dans ses bras, de regarder son profil au retour dans la voiture que Will a insisté pour conduire, tout a contribué a le rendre fou de désir et il tire sur les habits en travers de son chemin sans trop faire attention. Will se laisse faire avec une confiance qui est si absolue, que Sonny s'immobilise et plonge son regard dans le sien pour dire « Chaton, tu sais que tu rends ma vie dix fois plus ensoleillée ? » Will fait un sourire à faire fondre un glaçon et répond « Je sais. Parce que pour moi, c'est pareil. J'ai rêvé de toi si longtemps… » Sonny sent sa poitrine se gonfler et plonge la langue dans la bouche de Will voulant tout prendre et tout lui donner. Ils s'unissent dans un long baiser et commencent à glisser l'un contre l'autre en harmonie. Sonny sent son corps trembler et ne tente pas de se contrôler. Lui aussi sait que Will accepte tout de lui et il se laisse se désagréger et perdre son unité pour en trouver une nouvelle qui les contient tous les deux et en laquelle ils vont à la rencontre l'un de l'autre, anticipant les besoins et désir de leur partenaire. Il explore Will et le fait crier de bonheur, proférant des « Je t'aime » et des « Encore, plus fort... ». Il sent une sauvagerie le mener jusqu'au bout de ses capacités physiques et en même temps une grande tendresse, une envie de protéger Will et de le faire se sentir bien dans ses bras. Il lui semble qu'il n'arrivera jamais à lui faire comprendre exactement à quel point il l'aime et il utilise tout ce qu'il est pour faire passer le message, la proclamation 'Will est à moi et tout est pour le mieux tant qu'il sera là.' A la fin de leur étreinte, Will a des larmes plein les yeux et Sonny les embrasse au fur et à mesure qu'elles coulent sur ses joues.

Allongés dans le noir, les mains serrées l'une dans l'autre, leurs doigts se caressant les paumes paresseusement, Sonny déclare « Je vais rester ici maintenant. Je vais mieux et je commence à me heurter avec mes parents. Ma mère est quelqu'un de très bien mais elle commence à m'étouffer. » Will soupire discrètement et Sonny sursaute et demande « Qu'est-ce qu'il y a ? » « Rien. » La voix de Will est très légèrement tendue et Sonny ne veut pas laisser passer ça. « Will, dis-moi. J'ai besoin que tu me dises ce qu'il y a dans ta tête. Sinon, je ne peux plus respirer. » Will serre doucement les doigts dans ceux de Sonny. « Non, c'est vraiment rien. C'est juste quand tu parles de tes parents. J'aimerai avoir les mêmes problèmes que toi. J'aime les miens mais c'est à un autre niveau. » Sonny se rappelle des déprimes profondes de Will dues à Sami et Lucas et se dit que, oui, ses parents sont géniaux et il se promet de leur offrir quelque chose pour les remercier d'avoir pris soin de lui. « Et si j'invitais tes parents à dîner, ici ? » Dans l'obscurité, Sonny perçoit un mouvement dans l'ombre de Will. Il entend le sourire dans sa voix « Tu es assuré contre les incendies ? Et les tremblements de terre ? Et les coulées de lave ? » « N'exagère pas, non plus. Ta mère est adorable avec moi. » « Oui, parce que tu m'a sauvé la vie. Et parce qu'elle m'a dit qu'elle a remarqué que j'étais heureux avec toi. Mais papa n'est pas d'accord et s'ils s'affrontent là-dessus, les retombées peuvent être vraiment dures à supporter. Je tiens trop à toi pour te faire subir ça maintenant. » Sonny porte la main de Will à ses lèvres et appuie dessus avec le plus de délicatesse possible. Il sent Will vibrer. « Mon amour, pour toi, je peux supporter. Je revois encore en rêve cette nuit-là quand tu montais sur la falaise, que je me sentais si impuissant et si désespéré. Tant que je peux agir et tenir et te soutenir, je le ferai. Après tout, je suis le petit-neveu de Victor Kiriakis. Les affrontements, je connais. Et ton père a beau être dur, je sens qu'il t'aime et qu'il cherche à te protéger, même si c'est maladroit. » Il y a un grand silence, comme une pierre qui tombe au fond d'un puits mousseux. Puis les bras de Will l'encercle et il entend un souffle dans son oreille « Merci d'être toi. Merci de m'aimer. Tu es le plus beau cadeau que la vie ait pu me faire. » Sonny se met à pleurer.

Après une grasse matinée délicieuse, Sonny ouvre un œil prudent vers son réveil. Il n'est pas loin de onze heures. Il doit faire son service au café en fin d'après-midi et d'ici-là il doit réviser un peu. Il s'arrache à la chaleur envoûtante du corps de Will et profite de son sommeil lourd pour ouvrir son laptop et revoir ses notes d'économie. Vers midi, il réfléchit à un brunch à partager avec Will. Il veut faire de ce week-end une parenthèse magique dans leur vie et hésite entre un pique-nique dans le parc ou une virée Chez Rouge pour commander des plats de chef. Après tout, c'est Will qui a eu les billets pour le concert, c'est à lui de se bouger. Il en est là de ses pensées quand Will est réveillé avec violence par la sonnerie du téléphone. Il se jette dessus et reconnaît la voix saccadée de sa cousine « Sonny, Chad a disparu. Depuis, hier soir. Je n'arrive pas à le joindre et tout à l'heure il a appelé mais il a été coupé. Il paraissait paniqué. Je ne sais pas où il est. J'ai besoin d'aide, Sonny, s'il te plaît. » Sonny attrape son jean et son manteau et répond, le téléphone coincé sous le menton « On arrive, Abby. Dis-moi où te rejoindre ? »