(Trente-neuvième nuit du FoF, premier thème)
Cet OS est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Chemin" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Ah, pas de bal !
- On ne va pas y aller par quatre chemins, Drago ! Tu l'abordes, tu l'emballes et c'est fini !
- Certainement pas ! Plutôt mourir que de parler à cette pimbêche d'Astoria !
- Mais c'est pour le bal. T'as pas le choix ! Allez !
Drago grommela quelques bribes de phrases incompréhensibles. Pansy et Théodore étaient à côté de lui et voulaient à tout prix l'inciter à inviter sa promise au bal des Trois-Sorciers lors de leur quatrième année. Même s'il était supposé épouser Astoria, le jeune blond éprouvait beaucoup de mal à ne pas montrer trop explicitement l'aversion qu'il avait envers cette alliance qui n'était que pure hypocrisie. Et il était d'autant plus rebuté par la chose qu'il savait Astoria le détester profondément également (une vieille querelle de gamins, elle avait la rancune tenace, la gredine !).
- Je vais prendre l'air, dit soudainement le Serpentard.
Il jeta un regard noir à ses deux amis qui leur intima le silence et il passa le mur en pierres de la salle commune de leur maison.
Il erra quelques minutes dans les couloirs, puis décida brusquement d'aller faire un tour dans le parc. Il fit quelques pas et constata machinalement que les arbres commençaient à perdre les feuilles empourprées qu'ils avaient fièrement arborées durant la parade automnale. Il soupira bruyamment, les mains dans les poches, le regard en l'air. Quelques oiseaux, migrateurs retardataires, volaient paisiblement dans le ciel. Une violente envie de liberté le prit au corps et il se mit à les jalouser férocement.
- Bandes de volatiles stupides ! s'exclama-t-il. C'est ça, fuyez ! Bandes de lâches ! Fuyez le froid, les soucis, les problèmes !
- Silence, Malefoy, tu gênes.
La voix était si froide qu'il en frémit de la tête aux pieds. Se retournant vivement, Drago se trouva face à face avec une jeune fille brune, assise dans l'herbe, un livre ouvert sur les genoux. Il leva les yeux au ciel en ouvrant la bouche. Hermione Granger. Pourquoi dans les pires situations, fallait-il qu'il tombe sur elle ? Il la toisa avec mépris.
- Le parc est à Poudlard, Granger. Si ça te dérange, tu n'as qu'à aller à la bibliothèque, à laquelle tu appartiens, cracha-t-il d'une voix traînante.
Hermione leva ses yeux sombres sur lui, un mélange d'exaspération et de dégoût dans le regard.
- C'est pas le moment, répliqua-t-elle. Ou alors tu préfères un sort malencontreux ?
Elle sortit sa baguette magique d'un air menaçant. L'épisode de la fouine était toujours présent dans son esprit et Drago ne releva pas.
- T'es de mauvaise humeur, Granger ? C'est parce que personne ne t'a encore invitée au bal ou c'est juste ton mauvais caractère naturel ?
Hermione ne répondit pas, mais ses lèvres tremblèrent et elle se les mordit violemment, retournant se terrer derrière son manuel volumineux. Drago jubila : il avait enfin trouvé un sujet de distraction et comptait bien ne pas le laisser filer si facilement.
- Ah, Weasley et Potter ne t'ont pas encore proposé de les accompagner au bal ? Il faut dire que c'est vrai, qui voudrait y aller avec toi… Tu n'as même pas l'apparence d'une vraie fille…, s'esclaffa-t-il bruyamment.
La jeune brune ferma brusquement le gros livre qu'elle avait dans les mains et planta ses yeux marron dans les pupilles cendrés du blondinet.
- T'as fini ? Va distiller ton fiel venimeux ailleurs.
Et elle commença à se relever pour s'en aller. Mais Drago Malefoy venait enfin de trouver une raison de s'amuser, il n'allait pas lâcher sa victime de si tôt.
- Non pas encore, reprit-il, en la suivant de près (mais pas trop quand même).
Ils marchèrent donc l'un derrière l'autre, pendant cinq bonnes minutes, au cours desquelles Drago se gaussait de gêner cette Miss-Je-sais-Tout exaspérante au possible.
- J'ai raison. Regarde donc tes cheveux ! De la vraie paille ! Et tes vêtements ! Sans compter tes dents ! Ah non, elles sont mieux, remarque… D'ailleurs, tu peux me dire merci, sans moi, tu aurais encore ces affreuses dents de castor…
- C'est bon ?
Hermione s'était si vite arrêtée et retournée pour lui faire face qu'il faillit la heurter de plein fouet. Elle lui lançait un regard glacial, les yeux débordants de larmes qui refusaient couler.
Drago voulut renchérir, mais il se sentit soudain mal à l'aise de se jouer ainsi de cette fille qui jouait les fortes. Il enfonça les mains dans ses poches de robe de sorcier et haussa les épaules.
- Ouais, c'est bon.
Elle tourna les talons et reprit un pas de marche rapide. Machinalement, Drago lui emboîta le pas.
- Tu comptes me suivre longtemps comme ça ? râla Hermione d'un ton irrité.
- Euh… oui, fit Drago distraitement.
Le regard d'Hermione le dissuada de faire de l'ironie et il détourna les yeux. C'était la première fois qu'il évitait le regard d'Hermione Granger. Elle dut sentir son trouble, mais était trop énervée pour l'aider à quoi que ce soit.
- Tu sais… Quand je disais que tu n'étais pas une fille… Je voulais dire que tu ne prenais pas soin de toi…
Pour la première fois de sa vie, Drago Malefoy bégayait et essayait de se rattraper. Il essayait d'arranger son manque de tact. Envers une Sang-de-Bourbe. Où allait le monde ?! Hermione écarquilla les yeux et s'arrêta net.
- Ce que je veux dire, c'est que… si tu coiffais tes cheveux, et si tu t'habillais comme une vraie fille… Tu serais… Tu pourrais plaire.
Drago Malefoy déglutit difficilement. Voilà qu'il avait de plus en plus de mal à aligner ses phrases. Il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine et se maudit intérieurement de réagir de la sorte.
La jeune fille fronça les sourcils, dévisageant le visage angélique du Serpentard, mais ne répondit rien. Elle reprit sa marche, un peu plus lentement, Drago sur ses talons.
- Tu as quelqu'un, toi, pour le bal ? fit soudain Hermione.
- Euh… non. Pas encore.
L'image d'Astoria Greengrass passa devant ses yeux, mais il la chassa très vite. Plutôt y aller avec un ours qu'avec elle. L'image d'Hermione lui apparut dans les yeux et il resta un moment sans voix. Non, ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas y aller avec elle ?!
A priori, la jeune Gryffondor devait avoir le même cheminement de pensée, puisqu'elle secoua énergiquement la tête en silence, comme pour dissiper des idées trop saugrenues.
- Tu sais, tu devrais faire quelque chose, avec tes cheveux. Si tu veux, je connais deux ou trois sorts qui pourraient t'aider. Et puis, pour les robes… Tu n'es pas trop mal…
Il se rattrapa de justesse, avant de finir sa phrase : « tu n'es pas trop mal pour une Sang-de-Bourbe ». Elle dut s'en rendre compte, puisqu'un léger sourire transparut sur ses lèvres. Drago détourna le regard, gêné de tant d'indécence. Il ne savait absolument pas pourquoi, mais il avait une envie folle de lui demander d'être sa cavalière au bal de Noël. Il n'avait qu'une seule peur : qu'elle refuse.
- Oui, c'est vrai… Je le ferai, merci.
Ils venaient d'arriver devant l'entrée de Poudlard. Drago devait rejoindre les cachots, et Hermione le septième étage. Ils échangèrent un regard gêné.
- Dis…, commença Drago, la gorge sèche. Si tu… Si tu n'as pas de partenaire pour le bal… et si je n'ai pas trouvé de personne non plus… disons… la veille… Alors on… on pourra y aller ensemble, si… Si tu veux… enfin… comme ça, quoi…
La jeune fille agrandit ses yeux sombres et les plongea dans ceux gris et teintés d'anxiété du Serpentard. Etait-ce une invitation ? Etait-ce réellement une invitation ? Alors que même Ron ou Harry n'avaient pas eu l'idée de l'inviter ?
- Mais… On se déteste, Malefoy, rétorqua Hermione, trop abasourdie pour oser dire autre chose.
Ce sale Serpentard, qui les fustigeait à longueur de journée, voilà qu'il venait de l'inviter au bal. Et elle sentit son cœur s'emballer. C'était la première fois qu'on lui disait qu'elle pouvait être jolie, mise en valeur. C'était la première fois qu'on lui disait qu'elle pourrait ressembler à une fille normale et qu'elle en avait les moyens. C'était la première fois que quelqu'un l'invitait à un bal. Son premier bal. Et même si c'était son pire ennemi, c'était quand même une invitation. Elle n'osait y croire : la faisait-il marcher ?
- Tu dois penser que je me moque, mais je suis sérieux… Si tu n'as personne… je veux bien être ton cavalier.
Drago insistait. Intérieurement, son corps entier lui criait qu'il était complètement tombé sur la tête, mais bizarrement, il se sentait en accord avec ce que laissait échapper ses lèvres. Et il se surprit à se sentir plus à l'aise.
- Bien sûr, si tu préfères y aller avec quelqu'un d'autre, je ne t'en tiendrai pas rigueur. On peut juste dire que c'est… comme une solution de secours. D'accord ?
Et sans ajouter un mot, Drago descendit les escaliers qui menaient aux cachots, presque en volant, son cœur et son esprit étant tellement légers.
Hermione resta figée quelques instants, bien après qu'il ait disparu de sa vision. Elle remonta lentement les escaliers jusqu'au septième étage. Mine de rien, ils venaient de faire un grand pas sur le chemin de la réconciliation.
Merci de votre lecture! N'hésitez pas à commenter, je considère tous les avis comme bienvenus! Et désolée si je ne réponds pas assez vite, j'essaie de faire de mon mieux! ^^
