(Quarante-septième nuit du FoF, premier thème)

Cet OS est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Dommage" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.

C'est très court... Oui, désolée, je me rattraperai la prochaine fois! ^^"


Une femme de son rang

Astoria refit son chignon et se mira dans la glace. La robe noire et cintrée à la taille qu'elle portait ce jour-là lui donnait un air de gouvernante anglaise stricte et fière. Elle fixa ses yeux bleu clair sans l'ombre d'un sourire. Un soupir s'échappa de ses lèvres et gonfla son cœur à son insu. Non, il ne fallait pas. C'était ainsi, c'est tout. Drago était passé, tout à l'heure. Ils avaient enfin parlé de ce sujet tabou. Leur mariage. Tout était prêt. Il n'y avait plus qu'à dire « oui ». Et voilà qu'il était entré, l'air sûr de lui et conquérant. « J'ai à te parler ». Elle s'était assise, bien droite dans son fauteuil. « Je ne peux pas me marier avec toi. » Elle avait encaissé le coup. Elle n'avait rien dit. Elle soutenait son regard. « Je ne veux plus de ce mariage arrangé. J'aime une autre fille, c'est avec elle que je vais vivre. » Elle avait hoché de la tête, imperceptiblement. Les préparatifs venaient juste d'être finis. « Je suis juste venu te prévenir, pour ne pas t'infliger une honte trop formelle devant tout le monde, quand on sera à l'autel ». Alors, c'était sérieux. Il ne viendrait pas. Il ne lui dirait pas « oui ». Il enverrait tout le monde aux diables ? « Ma famille est au courant. Ma mère a piqué une crise, et mon père ne veut plus jamais me revoir, mais je m'en moque bien. » Elle avait cligné des yeux, incertaine. Qui était cette fille pour qui il était prêt à tout laisser ? Qui était cette merveilleuse créature capable de faire tourner la tête à Drago Malefoy ?

Astoria eut un frisson qu'elle réprima bien vite. Devant sa glace, elle se dévisageait avec insistance. En quoi cette fille était-elle meilleure qu'elle ? Son reflet lui donnait l'image d'une jeune fille de bonne famille, avec des principes, des valeurs… de la richesse. Beaucoup de richesses. Et du prestige. Alors quoi ? Quel parti était-il meilleur qu'elle ? Même sa sœur, Daphné, était moins jolie. Elle eut un rictus. Il lui avait fait un discours dityrambique sur la parole donnée et les promesses à ne pas tenir, sans qu'elle n'ait rien demandé. Elle avait été digne jusqu'au bout. Il s'apprêtait à sortir, jusqu'à ce qu'elle demande. « Mais enfin, qui est-ce ? » Ce qu'il avait répondu alors la figea sur place. Une violente nausée la prit à la gorge et elle se retint jusqu'à ce qu'il sorte de la pièce. Elle se tordit de douleur et courut aux toilettes déverser son malaise. Comment pouvait-il mieux l'outrager ?

Astoria caressa d'un doigt tremblant son reflet dans la glace. Hermione Granger… Cette fameuse Hermione Granger. Cette fille si ordinaire et si misérable qu'ils se moquaient d'elle entre eux, à Poudlard. Comment cette fille avait-elle pu faire tourner la tête d'un homme comme Drago Malefoy ? Les mystères de l'amour resteront impénétrables. Prise d'un accès de violence, la jeune fille jeta à terre le miroir et se mit à le marteler comme s'il s'agissait de Drago.

Elle se calma au bout de quelques minutes, les mains en sang, la robe souillée. Astoria sentit un pieux glacé pénétrer son cœur. Cette sensation… Drago avait méprisé son honneur, sa fierté de femme et de future épouse… Mais surtout… ne venait-il pas aussi de piétiner son cœur ? Du moins, c'est ce qu'elle analysa, quand elle contempla les dégâts de ses actes. C'était un constat froid, glacé dans ses yeux clairs. Pourtant, son cœur saignait ouvertement. Elle se releva dignement, attrapa sa baguette qui reposait sur une table et répara le miroir. Elle épousseta sa robe et enleva rapidement le sang sur ses mains. Un sourire amer passa sur son visage.

- Ne te mets pas martel en tête, Astoria, se dit-elle à voix haute. Ce n'est pas grave si ton fiancé vient de te jeter. Ce n'est rien qu'il se ridiculise et t'humilie en public deux jours avant votre mariage. Ce n'est absoluement rien si tu l'aimes ou si tu as cru l'aimer. Ton cœur s'apaisera avec le temps.

Elle jeta un regard à son reflet. La triste fille qui venait de pleurer son chagrin d'amour était déjà morte dans ses yeux. Seule restait la stature fière d'une femme de son rang. Bafouée, certes, mais digne. Elle se dirigea vers la porte, s'arrêta quelques instants, pour lâcher :

- C'est juste… un peu dommage.


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Au plaisir!