Encore deux perspectives ici. J'espère que vous adhérez toujours! Merci encore pour les commentaires!
« Sonny ? » « Oui, chaton ? » « T'as pas froid ? » Sonny sourit contre le cou de Will. Ça doit faire une heure qu'ils sont assis sur le gravier devant chez lui et il ne sent plus ses fesses. « Tu veux rentrer ? » Will se lève lentement, lui aussi semble ankylosé. Il tend la main à Sonny qui en profite pour vérifier ses yeux. Ses paupières sont un peu bouffies mais le fond de l'œil n'est plus zébré de rouge. Il faut dire que Will a pleuré tout le temps où il racontait sa nouvel an. En un sens c'était pire et moins grave qu'il ne l'imaginait. Pire parce qu'il voit bien que tout ça a blessé l'estime de soi de Will et qu'il voit qu'elle n'est toujours pas entièrement recollée. Et puis parce que ça le met en position de faiblesse vis-à-vis de son père. Mais au moins le gars n'est pas arrivé à ses fins et Will en a été quitte pour de la peur. Il n'ose pas penser à ce que Will serait devenu s'il avait été forcé. Il garde la main de Will et ils passent la porte de chez lui. La table est vide, la vaisselle est faite et il y a un petit mot sur la table. Sonny lit 'Je calmerai Lucas et ce sera mon tour de t'inviter. Désolée pour la scène de tout à l'heure. Bienvenue dans notre famille de fous. Sami' Sonny rit et passe la note à Will puis va sortir le gâteau au chocolat intact prévu pour le dessert. Il le pose devant Will avec deux cuillères et un regard de défi.
Sonny regarde son réveil afficher trois heures du matin. Il regrette profondément de s'être gavé l'estomac de chocolat vu comme ça l'empêche de s'endormir. Il regarde Will qui lui n'a pas ce genre de problème et s'est étalé dans le lit, poussant Sonny à se contenter du bord du matelas. Mais il n'en a rien à faire. Il se délecte de voir Will enfin détendu et imagine comme il doit être épuisé après toutes ces émotions. Il se dit qu'il pourrait en profiter pour réviser ses cours. Ou se lire un bouquin. Mais l'idée de bouger de sa position actuelle n'est pas motivante et de toute façon, il a du mal à ne pas revenir à toute cette soirée. Il vient d'avoir un petit aperçu de Sami en colère et il est bien content que ce ne soit pas envers lui. Et Will s'est ouvert à lui et a évoqué quelque chose de très privé et de douloureux et Sonny ressent cela comme une grande avancée dans leur relation. Une heure plus tard, il annule la sonnerie et va prendre une douche. Il attrape un carnet et se met à écrire.
Le point de vue de Will
Il manque quelque chose dans le lit. Il n'est pas droit. Je tape l'air avec ma main pour me remettre d'aplomb et j'entends un froissement. Est-ce que Sonny est fait en papier maintenant ? En tout cas il ne prend plus de place. Je roule sur le côté et réussis à ouvrir un œil. Mes paupières sont encombrées et ma bouche est pâteuse. Les nombres sur le réveil ne sont pas justes. Sinon, il serait cinquante-deux heures soixante et je serai en retard. Pour où ? Est-ce que j'ai vexé le réveil en le faisant tomber sur le dos à l'instant ? Il se venge. Même les réveils ont leur ego et m'en veulent de ne pas être attentifs à ceux qu'ils veulent de moi.
Deux bips aigus me réveillent en sursaut. Cette fois-ci j'arrive à me remettre les idées un peu plus en place et je me rappelle du bruit de feuille sur l'oreiller. Il y a une note coincée dans la taie. Je m'adosse au mur pour la lire 'Ça y est, t'es enfin debout ? Pendant que tu pionces, il y en a qui bossent ! Tu es prié de venir faire du soutien moral pour les pauvres baristas surchargés et éventuellement obtenir une tasse de café en échange. » Je souris et m'étire. Je me sens léger ce matin, comme délivré d'un poids. C'est en ouvrant la porte du frigo que je me rappelle des délires de mon père hier soir. Je pose mon front contre le bord froid de la porte et je prends une profonde respiration en décidant de ne pas le laisser gâcher ma journée. J'attrape la bouteille de lait et en refermant, je repère un nouveau mot qui s'était retourné contre le haut du réfrigérateur. Je l'apporte à la table avec mon bol 'Si tu arrives encore à manger le reste de gâteau, je deviendrais profondément jaloux de tes capacités stomacales, mon amour. Sinon, je t'ai préparé des pancakes aux myrtilles, elles sont sous le torchon sur le bar.' Je me tourne et reconnais la fleur exotique que j'ai apporté, posée en évidence sur... une autre feuille de carnet le tout sur le torchon cachant mon petit déjeuner. Quand est-ce qu'il a fait ça ? Il part bosser à cinq heures et demie. Je les passe au micro-onde pendant que je lis 'Je n'arrivais pas à dormir. La prochaine fois, empêche-moi de manger autant. Je n'ai rien pu avaler ce matin mais au moins je te nourris. Je t'aime.' Je pose la note avec les autres et je mange les pancakes à la farine de seigle. C'est tellement délicieux que je laisse échapper un gémissement de plaisir. Mon petit ami est fabuleux.
C'est dans la salle d'eau, sur le miroir que je trouve la prochaine. J'avais beau m'y attendre, c'est trop bien ! Par contre je n'avais pas prévu le papier roulé dans le verre à dent. Il y a passé tout son carnet ? Les deux notes se suivent. Ça fait 'Il m'a semblé hier soir que tu ne te sentais pas vraiment à la hauteur au niveau de ton physique. Permets-moi de réfuter cette idée fermement et définitivement. Même si je dois y passer tout mon temps. Tu es …' et puis ' … tellement beau que je ne peux plus respirer quand tu me regardes. Tu dégages une lumière d'une grande pureté et tu as toujours l'air parfait même en train de dormir comme maintenant. Alors pomponne-toi si tu veux, mais sache que rien n'est nécessaire. Tu es toujours le plus beau.' Pour le coup, c'est moi qui ne respire plus. Sonny, mon ange, merci de m'aimer autant. Et de me le montrer. J'arrive même à croire ce qu'il écrit, c'est dire. Ce qui me fait mettre le paquet, encore un peu plus que d'habitude.
J'ouvre mon portefeuille pour y glisser les billets doux et le garde ouvert pour y ajouter celui sur la porte d'entrée 'Je voudrais te toucher et t'embrasser mais tu as besoin de sommeil mon amour. Alors je vais t'écrire deux trois choses en attendant. D'abord, je t'aime. Ensuite, j'ai besoin de toi. Toujours. Trois, tu me rends plus heureux que je l'ai jamais été. Aussi, tu as une capacité d'amour et d'écoute et de tendresse qui paraît sans fin. Et enfin et surtout, quand je te fais l'amour, je me sens invulnérable et très, très viril. Merci d'avoir accepté d'être avec moi.'
Sonny
Sonny donne son café au dernier client de la queue et se permet de s'asseoir un moment. Il se demande si Will est déjà levé et ce qu'il a pensé de ses petits mots. Au milieu de la nuit, ça paraissait une super idée très romantique mais après coup, il se demande s'il n'a pas fait dans le gentiment ridicule. Il s'attend un peu à voir Will arriver avec un sourire moqueur lui taper sur l'épaule et lui dire qu'il est bien mignon, mais c'était pas trop la peine d'en faire autant. Il soupire et commence à faire les comptes en ayant une pensée pour Chad. Au moins se dit-il tristement, il échappe aux calculs fastidieux et à la paperasse. Il s'en veut aussitôt et se replonge dans les totaux mais n'arrive pas à tomber juste et sent la frustration monter. Il se lève pour aller chercher une facture qui manque et voit Will entrer et se jeter sur lui. A moitié étouffé, il l'entend répéter « Merci, merci. Je t'aime tellement. » d'une voix coupée de sanglots. Il se sent un peu coupable de refaire pleurer Will mais la sensation s'efface quand son chéri l'embrasse avec toute la passion qu'il peut mettre tout en restant correct en public. Le cœur de Sonny s'envole.
