Le vendredi soir, Sonny reste tard au boulot. Comme Will est occupé, au moins il n'a pas le temps de regretter son absence. Il est quand même content d'entendre qu'il a un message. Mais ce n'est pas de lui, c'est Brian. 'eh, mec, tu as 2 min. je peux passer ?' Sonny se rappelle sa propre attitude un peu cavalière le soir du concert et décide de lui réserver un peu de temps. Apparemment, Brian n'était pas loin et il arrive presque tout de suite. Il doit venir d'une soirée ou s'y rendre vu comme il a soigné sa tenue. Sonny se sent négligé et quelconque en faut dire qu'il s'est un peu empâté avec son inactivité forcée. Mais il sait la tête que ferait Will s'il ne suivait pas les ordres du médecin qui a dit : pas de sport avant au moins deux mois. Il sert son café à Brian et lui offre un muffin. Brian lui sourit et prend un air contrit « Je voulais m'excuser pour ne pas avoir pris de tes nouvelles après ce qui t'es arrivé. Tu vas mieux, on dirait ? » Sonny acquiesce « T'inquiètes, Brian, moi aussi j'étais pas mal pris. Tu sais que je suis avec Will, maintenant ? » « Oui, le mot est passé au Spot… Il faut dire que Will était très convoité. Tu le prendras pas mal, j'espère, mais il est craquant. » Sonny revoit le visage de Will lui disant au-revoir en fin d'après-midi. Il dit d'un air rêveur « Oui, j'ai de la chance. » Brian fait la grimace « Plus que de la chance, tu as un charme fou, je dirais. J'y suis sensible aussi » ajoute-t-il avec un clin d'œil « Alors, je comprends. Will est difficile, j'ai tenté mon coup à l'époque mais ça ne lui a rien dit… » Sa voix baisse et il semble perdu dans ses pensées. Puis il se secoue et tapote la main de Sonny « En tout cas, je suis content de te voir si heureux, Sonny. » Le ton y est presque mais pas tout à fait. Sonny, qui sent bien que Brian est toujours intéressé pour sortir avec lui, décide de laisser passer. Il comprend mieux le timbre désagréable de la voix de Brian quand il s'adressait à Will. Il y a de l'ego blessé là-dedans. « Alors, ton internat, ça se passe comment ? » demande-t-il, désireux de faire dévier la conversation. « Oh, c'est intéressant. Mais on me demande beaucoup… »
Une heure plus tard, Brian prend congé en disant « Fais-toi moins rare. Je suis content qu'on se soit revu. J'ai cru l'autre fois que tu ne voulais plus me parler quand tu m'as croisé sans rien dire. »Sonny s'insurge « Pas du tout, je t'ai dit que je t'appellerai. Mais Will avait prévu ce concert et… » « Non, pas au concert. » répond Brian « Oh, c'est pas grave, laisse tomber… » Il sort en laissant derrière lui un Sonny perplexe.
Sonny peut enfin fermer Common Ground et rentre chez lui épuisé. Will ne devrait pas lui manquer aussi vite. Il a l'impression que sa poitrine se referme quand il ne l'a pas vu depuis plus de deux-trois heures. Avant d'arriver à sa porte, il lui envoie un texto pour lui proposer de se voir le lendemain. Au moment de glisser la clé dans la serrure, il reçoit la réponse et s'interrompt aussitôt 'C pas sur. Je te dis ca un peu plus tard.' Déçu, Sonny tourne la poignée.
Sonny regarde devant lui sans y croire. Will se tient devant lui, impossiblement beau, en caleçon et torse nu (Et, remarque Sonny à qui ça fait encore un peu plus d'effet, il s'agit d'un de ses caleçons.), nonchalamment appuyé contre le bar de la cuisine tandis qu'une odeur d'encens (Il le reconnaît, celui-là, Will a du bien chercher, ça s'appelle Aphrodesia et il se rappelle même avoir rougi en entendant la description du vendeur sur les effets supposés. Lui, il trouvait que ça sentait bon.) embaume la pièce ou du moins ce qu'il peut en voir dans la semi-pénombre. Vu comme Will n'a pas eu l'air d'avoir de scrupules à se farfouiller dans l'appartement, Sonny s'attend à reconnaître ses bougies mais ce sont des nouvelles et elles sont posées stratégiquement dans le studio. La plus grande est posée à côté d'une bouteille de vin et un unique verre, le tout sur le bar. Will attend quelques instants puis attrape le verre déjà plein et le lui tend. Lui-même a un verre empli d'une boisson foncée, peut-être du cola. Ils trinquent, mais avant de boire, Sonny ne peut s'empêcher de demander d'une voix tremblante d'émotion « Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter tout ça ? » Will relève un sourcil de façon comique et secoue la tête « Sonny,… » Puis il cède et répond « Tu es merveilleux, tu as pris soin de moi hier avec tous tes mots et tu m'as montré par toutes tes paroles et tes actions à quel point je comptais pour toi. J'ai à peine l'impression de te rendre la pareille, ce soir, mais je vais essayer. » Sonny déglutit puis boit une gorgée. L'alcool duveteux lui caresse la gorge, c'est du très bon vin. De sa main libre, il pose un doigt sur la lèvre inférieure de Will et appuie très légèrement. Il se sent durci, des pieds à la tête, prêt à l'action et en même temps fragile, dévasté d'amour. Will le prend dans ses bras, lui retire le verre qu'il pose près de lui et l'embrasse tout doucement. Ils tourbillonnent, enlacés puis Sonny sent Will lui faire comme un croche-pied et tombe à la renverse sur le lit. Avoir Will si sûr de lui, le séduisant avec intention et délicatesse, cela le consume de désir et il se retient de crier « Vas-y, prends moi maintenant ! ». Après tout, Will a l'air décidé à prendre son temps et a peut-être d'autres surprises.
Le point de vue de Will
Bon, pour le moment, j'assure. Sonny a l'air subjugué. Mais il est encore trop habillé. Il porte encore son tablier du café, comme ça lui arrive des fois et bizarrement, de le voir avec, ça m'excite encore plus. Surtout, je crois, parce que c'est facile à enlever. Je prends une petite respiration pour me calmer. Pas question de me comporter en ado débordant d'hormones ce soir. Je veux me montrer aussi romantique, avec toutes ces préparations, que Sonny peut l'être sous l'inspiration du moment. Je fais glisser les bretelles de derrière son dos. Il ne l'enfile jamais complètement mais le porte plutôt comme un pagne. Dessous, il a un pantalon léger et je peux voir que oui, j'arrive bien à mes fins. Je relève les yeux et croise son regard. Il me brûle. Je m'agenouille au-dessus et commence à déboutonner sa chemise par le bas et j'embrasse tous ses centimètres de peau du ventre et de la poitrine au fur et à mesure qu'ils deviennent disponibles. Quand j'arrive à la hauteur de ses tétons, je dévie un moment pour m'en occuper. Les sons qu'il fait devraient me rendre à moitié sourd mais je me régale à les entendre. Je m'applique à être le plus doux possible à mesure que je le fais s'asseoir sur le matelas pour faire glisser sa chemise et dans la foulée son pantalon. Je m'arrête étonné en reconnaissant le caleçon que j'avais laissé il y a quelques jours dans son panier de linge. Il a baissé les yeux lui aussi puis me lance un regard complice. Je ne peux pas m'empêcher de sourire, aussi largement que possible. Sa peau brille à la lumière des bougies, juste un peu plus foncée que la mienne, envoûtante et je commence à lui lécher l'épaule puis le cou. Il penche la tête en arrière, se laissant faire. Il n'a pas essayé de bouger depuis tout à l'heure et j'aime qu'il suive mes envies sans que j'ai besoin de lui dire. Ce soir, j'ai envie de lui autour de moi, de le sentir s'abandonner au plaisir que je lui donne et de lui montrer que je peux être le petit ami parfait. Je pousse lentement en lui, le caressant et lui soufflant que je l'aime et il n'arrive plus à me répondre. Juste avant de jouir, il arrive à haleter « Will, je t'aime, reste avec moi, toujours. » On lâche en même temps et une fois que je suis un peu calmé, je lui susurre « Toujours, tant que tu me voudras, je serai là. »
