Sonny ne veut pas ouvrir tout de suite les yeux le dimanche matin. Parce qu'il arrive encore à revoir et ressentir (un peu) tous les moments avec Will de la veille. Quand Will lui a noué le drap autour du cou pour en faire une cape de super-héros et qu'il a ensuite passé cinq minutes à lui caresser les muscles du bras et de la poitrine. Leurs nez se frottant juste avant les baisers mouillés et affamés. La pulsation dans le bas-ventre de Will contre ses doigts quand il le déshabillait. Le plaisir qui le prend toujours par surprise quand il touche le creux de ses bras et que la peau est plus douce qu'il ne s'en souvenait. La vague de bien-être lui faisant arquer le dos au moment où Will le pénètre. Le désir si intense qu'il utilise tout son propre corps, mains, pieds, pour le pousser en lui. Will se lâchant pour la première fois et se permettant d'être agressif au lieu de tendre ou incertain. Leurs mains serrées les unes dans les autres, si fort que les ongles s'enfoncent dans la chair. Le visage plissé et ravagé de Will quand il atteint l'orgasme et que tout son corps est secoué de spasmes. La dernière image est si puissante qu'il ouvre les yeux sans le vouloir. Pour trouver un lit vide.
Il pousse un petit soupir déçu et cherche des yeux dans l'appartement. Il voit la porte de la salle d'eau s'ouvrir et Will en ressort, portant le bas de jogging qu'il a enfilé pour dormir. Leurs yeux se rencontrent et se connectent. Sonny tend la main, paume ouverte en invitation, mais Will lui fait un sourire éclair et part vers le coin cuisine. Il revient avec un plateau où sont posés des bols de céréales, un bol de fruits et deux cafés. Sonny a tellement l'habitude de l'odeur qu'il ne l'avait pas remarquée. Il est si touché par le geste qu'il se réfugie dans l'humour « Eh, où sont les bonbons ? » Will le regarde bouche bée et finit par articuler « Quels bonbons ? » « La dernière fois qu'on m'a servi un petit déjeuner sur un plateau, il était couvert de bonbons. » Will répond, le ton circonspect « Ton ex ? » Sonny se mord la lèvre pour ne pas sourire « Non, ta petite sœur. Le matin après l'accident d'Abigail. C'est la seule fois où une fille a fait ça pour moi, d'ailleurs. » Will rit puis pose le doigt sur la couette d'un air absent. Sonny s'arrête de manger pour demander « A quoi, tu penses, mon amour ? » Will répond « Je me rappelle de cette fois-là. Tu es parti comme un voleur. Je venais de me disputer avec ma mère parce que je ne l'avais pas appelée du tout après l'accident. Je t'ai vu passer la porte. Johnny et Sydney n'ont fait que parler de toi toute la journée après ça. » Sonny lui prend le menton et l'embrasse doucement sur les lèvres. « C'était dur pour moi. De penser à toi, de te voir. Et puis j'avais l'impression d'empiéter sur un moment privé. » Il passe une des tasses de café à Will et boit une gorgée de la sienne. « Mmm, super bon ! Je devrais t'embaucher ! » Will attrape un quartier d'orange et le porte à la bouche de Sonny qui mord dedans, les yeux fixés sur Will. Il se laisse nourrir, gobant les morceaux avec avidité et sensualité et la main de Will devient de moins en moins sûre, si bien que le dernier morceau retombe sur le plateau. Will attrape une serviette et s'essuie les doigts puis tapote le menton de Sonny pour enlever le jus qui a coulé. Il enlève le plateau et le pose sur le sol puis fait un sourire malicieux « Je n'ai pas de douceurs sucrées à te proposer, du moins pas qui se consomme. Mais j'en ai une autre sorte en réserve si ça t'intéresse. » Sonny a du mal à déglutir et se contente d'un hochement de tête enthousiaste. Will passe la main sous le maillot de corps noir de son homme et va pincer un de ses tétons tandis que l'autre main plonge dans son bas de pyjama et s'enroule autour de Sonny. Celui-ci gémit et demande « Tu as quelque chose de bon en tête ? » Will feule « Oui, toi. » et en un geste précis, il écarte les vêtements sur son chemin et enveloppe le sommet du sexe de Sonny de ses lèvres. Depuis son premier essai, il s'améliore de minutes en minutes, et Sonny n'a plus besoin de le guider. Juste de crier.
Le repas familial du dimanche a lieu chez leur tante Jennifer, ce qui leur permet d'être aux petits soins pour leur cousine. Abby a repris du poil de la bête mais elle a le regard inquiet et des cernes accentuées. Justin qui vient de sortir sur le balcon lui demande des nouvelles de son travail pendant qu'Adrienne discute à voix basse avec Jen sur le canapé du salon. Sonny, venu chercher les lunettes de soleil de Will dans son sac à l'entrée s'arrête en les entendant « Toujours pas de nouvelles ? » demande sa mère « Comment tient-elle le coup ? » « Mal » répond Jen « Et je ne sais pas si je veux qu'il revienne à vrai dire. S'il est capable d'une telle violence, ce n'est pas le petit ami que je veux pour ma fille. » Adrienne soupire « Je te comprends. Je n'aime pas non plus que Sonny soit mêlé à tout ça. Chad est un DeMira après tout. Quand je pense qu'il est allé à l'hôpital un jour où Cam était de garde pour s'attaquer à lui ! » Jen lève la voix étonnée « Oh non ! » Puis elle dit songeuse « Non, Cam ne travaillait pas ce jour-là. Je me demande ce qu'ils faisaient là tous les deux ? »
Le point de vue de Will
Qu'est-ce qu'ils faisaient à l'hôpital en effet ? Je n'arrête pas de me poser la question. Même après que Sonny m'ait déposé chez mes parents. Ma petite sœur a essayé de l'empêcher de partir en s'accrochant à sa jambe et en pleurnichant et j'avoue que j'aurai presque fait pareil mais il doit tenir le café et je dois surveiller toute la bande de loustics. C'est un week-end où maman à la garde des deux petits et bien sûr elle doit absolument... « Tu comprends Will, je dois vraiment y aller. C'est pour mon travail et puis depuis le temps qu'Allie voulait passer du temps avec son grand frère. Tu sais bien qu'elle est encore trop jeune pour les surveiller. » Maman est très forte pour vous faire sentir coupable. Elle accumule les approches jusqu'à ce qu'on cède. Du coup, je propose à tout le monde de faire de la peinture et je me retrouve à jouer au modèle assis devant trois visages concentrés avec les langues qui sortent, c'est trop mignon. J'entends une clé dans la serrure et c'est papa qui revient de son voyage d'affaire. Je ne lui ai pas reparlé depuis le débâcle de l'autre jour et je ne me sens pas de me disputer avec lui à nouveau. Il se promène au milieu des boîtes de pinceaux et de peintures et s'extasie devant leurs productions « Allie, c'est très ressemblant. Bravo ! » « Johnny, la voiture derrière, c'est la même que la mienne, non ? Tu as l'œil ! » Il s'arrête devant le dessin de Syd et demande « C'est qui la personne à côté de Will ma puce ? C'est moi ? » Sydney secoue la tête avec son manque de tact habituel (eh oui, elle n'a que trois ans) « Mais non, Lucas, c'est Sonny, voyons ! » Papa sourit et lui embrasse les cheveux. Il me lance un regard embarrassé et dit « Ils ont l'air très heureux comme ça. Tu as raison, Sonny doit beaucoup aimer Will parce que malgré tout ce qu'il se passe en ce moment, je vois qu'il arrive encore à sourire et à être un bon grand frère. » J'ai du mal à croire ce que j'entends. Est-ce qu'il essaye de s'excuser ? Ou de me dire qu'il accepte Sonny ? Je ne sais pas, mais je prends. « Merci papa. Tu penseras à lui dire un de ces quatre ? » Il va poser ses clefs en marmonnant « Tu peux peut-être lui faire passer le message. Je suis occupé en ce moment. » C'est bon, papa, sauve ton honneur, surtout. Pas question de t'humilier devant Sonny… J'ai hâte de le revoir pour lui dire ça. J'ai hâte de le revoir tout court !
