Chanson du chapitre: I see fire - Ed sheeran
Chapitre 18: FLASHBACK
J'ai 16 ans, et je me rendais à mon premier job. J'avais hâte. J'adorais danser et attirer l'attention et c'était le meilleur travail pour ça. J'entrais dans le club par la porte de derrière où James m'avait dit d'entrer. Je passais la tête à travers le rideau pour voir ce qui se passait dans la salle et un large sourire fendit mon visage. Plusieurs filles avaient commencées à danser pour faire le numéro d'introduction. L'ambiance y était déjà. Plusieurs futurs clients étaient déjà assis, attendant patiemment que les filles commencent à se déshabiller.
-Enfin, Bella! On t'attendait.
Je me retournais avec un large sourire en voyant James s'avancer vers moi. Il me retourna une fois de plus vers la scène et se colla à mon dos, les mains sur mes hanches.
-Tu seras bientôt là, Isabella.
-Isabella? Demandais-je surprise.
Il m'avait toujours appelé Bella, puisqu'il savait que c'est ce que je préférais alors pourquoi changeait-il tout d'un coup?
-C'est ton nom de scène. Comme c'est un nom que tu utilises rarement, je me suis dit qu'il serait parfait pour ton nom de scène, t'en penses quoi?
-C'est parfait, souriais-je.
Je tournais la tête une autre fois vers la scène, cette fois, c'était Dominika sur scène. Dominika était rapidement devenue ma meilleure amie, son surnom sur scène était Nika, mais elle commençait à nous demander de l'appeler Nika même hors scène. Elle me protégeait souvent contre Victoria, qui elle, me détestait. Nika dansait comme une déesse. Tous les mecs l'adoraient, c'est elle qui m'a donné assez de courage et de confiance pour monter sur scène. Toutefois, comme tout le monde, je la regardais danser et je commençais à perdre confiance. Je me retournais vers James et le surpris entrain de regarder mes fesses. Je souris intérieurement au fait que ce soit mes fesses qu'il reluquait parmi toutes les paires de fesses à moitié nues autour de lui.
-James est-ce que tu crois que j'ai ce qu'il faut? Demandais-je d'une petite voix.
Il me sourit, ses cheveux blonds retombant devant ses yeux. Il s'approcha de moi et me prit par la taille.
-Isabella t'es tu regardé dans le miroir récemment? Tu as absolument tout ce qu'il faut.
Il se pencha et m'embrassa longuement sur les lèvres, sans approfondir le baiser. Comme à chaque fois, mon cœur rata un mouvement. Je savais que c'était ce qu'il faisait à toutes les autres filles. Pour lui, un baiser sur les lèvres ne voulait rien dire. Ce n'était qu'une façon de nous rassurer. Quand il s'éloigna, je lui souris, plus confiante.
-De plus, Victoria sera sur scène avec toi si tu as besoin d'aide.
Je grimaçais, pas convaincue. Mais je devais avoir confiance. Cela faisait plusieurs semaines que je m'entrainais avec Nika. Elle m'avait appris tout ce que j'avais besoin de savoir. Elle m'avait annoncé qu'elle allait bientôt quitter la profession. Elle ne m'avait pas vraiment dit pourquoi, et elle évitait toujours le sujet quand je lui demandais. Je pensais que c'était pour prendre soin de sa fille de trois ans, alors je chérissais nos moments passés ensemble.
-Tout va bien, ici? Demanda-t-elle, justement.
Elle avait fini son numéro et sortait de scène. Elle jeta un regard prudent à James et il lui fit un sourire avant de partir vers son bureau. Je me tournais vers Nika et lui souris.
-Tu étais magnifique! M'exclamais-je. Comme d'habitude!
Elle me sourit, mais son sourire n'atteignit pas ses yeux.
-Tu devrais aller te préparer pour ta première entrée en scène, me conseilla-t-elle en me prenant par le bras et me guidant vers les coulisses avec les costumes.
x-x-x
-Tu fais quoi? S'exclama Emmett calmement, croyant qu'il avait mal compris.
-Je danse au club de James, répétais-je, légèrement plus confiante.
Voilà, je venais de lui avouer. Ça faisait plusieurs jours que je revenais tard et il n'avait pas arrêté de me poser des questions. J'avais finalement décidé d'y mettre un terme.
-Bella, tu es folle, tu n'as même pas 18 ans! Continua-t-il.
-Mais Emmett, l'ambiance est trop géniale! J'adore danser! Et j'ai beaucoup de potentiel! Tu devrais venir voir comment c'est!
-Tu peux être certaine que je vais y aller! Tu crois que je vais te laisser travailler là-bas sans rien dire!
-Emmett, je t'en pris, ne fais rien! Je veux garder ce travail! Emmett! M'écriais-je quand je le vis se diriger vers la porte.
x-x-x
-Emmett, voici Nika, elle m'a beaucoup aidé! Nika, je te présente mon frère, Emmett!
-Ton frère! S'exclama-t-elle, surprise. Et tu l'as amené ici?
-Il est un peu protecteur, l'informais-je.
-Et il est aussi juste devant toi et il peut très bien t'entendre, commenta Emmett.
Je me tournais vers lui et mordis ma lèvre inférieure avant de les laisser ensemble et de monter en scène puisque c'était mon tour. Je jetais un dernier coup d'œil dans leur direction et vis que Nika semblait l'avoir calmé.
Étant gênée de faire mon entrée en scène avec Emmett qui me regardait, je commençais par faire de simples mouvements de jambe, puis, voyant les clients s'impatienter, je pris une grande respiration et balançais ma jambe une dernière fois avant de partir sur mon rythme habituel. La salle explosa. Je me déhanchais comme jamais auparavant, interagissant avec le public avec mon corps. Quand je terminais mon numéro, James m'arrêta dans les coulisses avant que je ne puisse chercher Emmett et Nika du regard.
-Bella, c'était une idée de génie! Je dois avouer que tu m'as fait peur au début, mais cette fin, waouh! C'était ta meilleure performance à vie, regardes tout l'argent que tu as amassé!
Suite à cette danse, je décidais de reprendre le même rythme pour la plupart de mes danses et de refaire celle-ci au moins une fois par semaine. Emmett vint me voir de temps en temps, mais il ne réagit plus autant qu'avant. Il voyait que j'aimais ce que je faisais et que je voulais continuer comme ça. Puis, quand il fut finalement satisfait, il arrêta de venir puisqu'il n'en pouvait plus de voir sa petite sœur se faire agripper par des hommes parfois deux ou même trois fois plus vieux qu'elle.
Deux semaines plus tard, j'arrivais dans les coulisses, pensant y trouver Nika, mais elle n'y était pas. J'aperçus Laurent, le partenaire en affaires de James et l'interpelais.
-Laurent! Tu n'aurais pas vu Nika? Lui demandais-je.
-Oh, oui, une seconde, marmonna-t-il.
Il fouilla dans une de ses poches de veston et me tendit une lettre.
-Dominika l'a laissé pour toi,
Je fronçais les sourcils et la pris en main. Pourquoi Nika avait-elle besoin de m'écrire une lettre. Je l'ouvris et en lus le contenu.
Ma chère Bella,
Comme tu peux voir, je ne suis pas au club aujourd'hui, et je n'y retournerais plus. Katherine a trois ans maintenant et elle commence à comprendre que je ne suis pas souvent à la maison. Ma fille va avoir de plus en plus besoin de sa mère. J'ai amassé assez d'argent pour quitter cette profession. Tu sais que je ne l'ai jamais autant apprécié que toi.
Tu dois te poser un millier de questions. Ne le fait pas. Ne repense pas à moi, je suis bien où je suis, Katherine n'apprendra jamais que sa mère faisait des stripteases et je ne le regrette pas. La seule chose que je regrette, c'est qu'elle ne te connaîtra jamais. Tu as tellement à donner, Bella. J'ai confiance que tu iras loin dans la vie. Ne me cherche pas. Continue ta vie, elle sera merveilleuse, j'en suis sûre.
Montre à tous ce que tu sais faire, c'est toi la meilleure, maintenant.
Je t'aime comme une sœur, Bella et je ferais n'importe quoi pour toi.
Nika.
Je déposais la lettre sur ma table, sous le choc. Elle ne pouvait pas être partie. C'est impossible. Je repris la lettre et sortis rapidement du club, n'entendant pas les plaintes des autres filles qui me rappelait puisque je devais entrer en scène dans quelques instants. Je courus jusqu'à la rue où Nika habitait et fonçais vers l'adresse qu'elle m'avait donné. J'ouvris la porte d'entrée et montais les escaliers quatre à quatre avant d'arriver à son appartement. Je cognais. Rien. Je cognais une seconde fois, puis, décidais de tourner la poignée. Celle-ci s'ouvrit sans résistance. J'ouvris la porte et me retrouvais devant un appartement vide...
x-x-x
Je gardais religieusement cette lettre avec moi partout où j'allais et la sortais quand je me sentais déprimé. Elle me donnait le courage que j'avais besoin.
-Bella, m'appela James, me faisant sursauter. Oh, pardon, je ne voulais pas te déranger, s'excusa-t-il ensuite.
Je déposais soigneusement la lettre que j'étais encore entrain de lire sur mon bureau et me tournais vers James.
-Aucun problème, qu'est-ce qu'il y a? Ce n'est pas à mon tour déjà? Paniquais-je légèrement, croyant que je n'avais pas vu passer l'heure.
-Non, non, ne t'inquiète pas, je voulais juste te demander de rester un peu plus tard après la fermeture, si ça ne te dérange pas, ajouta-t-il.
-Non, bien sûr que non, c'est toi le patron!
Alors, quand le club ferma, j'attendais que James m'appelle. Pendant ce temps, je dansais sur scène, pratiquant des nouveaux mouvements que je voulais tenter et peut-être incorporer dans un nouveau numéro. Les employés restants se tournaient souvent pour me regarder danser et je finis par faire monter l'un d'eux sur scène avec moi.
Je dansais autour de lui, balançant mes hanches contre les siennes, l'utilisant pratiquement comme poteau de danse, me frottant contre lui, jaugeant sa réaction, examinant toutes les positions qui semblaient l'attirer plus. J'étais tellement concentrée sur mon travail que je n'avais pas remarqué que James s'était approché de la scène, les bras croisés.
-Isabella, je suis prêt à te voir dans mon bureau, maintenant, dit-il d'une voix neutre.
Je descendis de scène, pantelante et criais un remerciement un mec qui m'avait aidé pendant que je suivais James dans son bureau. Il m'y fit entrer en premier et referma la porte derrière lui.
-Tu voulais me voir? Demandais-je.
-Oui, Isabella.
Je fronçais les sourcils à son ton de voix, ne le reconnaissant pas. Quand il se tourna finalement vers moi, je ne reconnu pas ses yeux non plus. Ils étaient noirs. De désir.
-James? Demandais-je, innocemment.
-Ma foi, Bella, je dois avouer, j'ai adoré ta performance de ce soir! Continua-t-il d'un ton plus jovial.
-Ah oui? Souriais-je, fière.
-Très certainement. Je crois que tu es même meilleure que Dominika!
-Avec tout le respect, James, je n'en suis pas si sûre. Elle est très douée.
-Ne doute pas de toi-même, Bella. Je suis tellement content de ta performance des derniers jours que j'ai décidé de te récompenser, sourit-il d'un sourire en coin.
Surprise, je lui souris, attendant ma récompense. Il s'approcha de moi et m'empoigna par les hanches, comme il avait l'habitude de le faire avec les autres filles et colla ses lèvres sur les miennes. Je lui rendis son baiser puisque c'était ce qu'il fallait faire et je voulais lui faire plaisir, mais ses mains descendirent sur mes fesses. Pendant qu'il continuait de m'embrasser, je tentais de l'arrêter.
-James, arrête, s'il-te-plait.
-Tu ne veux pas ta récompense?
Et il continua de m'embrasser, un de ses mains voyagea de mes fesses, passa sur ma hanche, le long de mon ventre pour aller empoigner fermement mes cheveux qu'il tira fortement vers l'arrière. Mes yeux s'embuèrent sous la douleur.
-James! Arrête!
Il cala sa tête dans mon cou et passa sa langue sur la longueur de celui-ci. Je tentais de le repousser, mais je n'étais pas assez forte. Mon souffle se fit de plus en plus rapide à cause de l'effort que ca me prenait pour le repousser et la panique qui commençait à s'emparer de moi. Sa main dans mes cheveux redescendit dans le bas de mon dos et il me rapprocha de lui pour me faire sentir son érection. Je fermais les yeux de dégout.
-Je t'en supplie, James, arrête! Je suis vierge!
-Hummm, je sais, si serrée, murmura-t-il dans mon cou en empoignant mon sein.
Il retira mon soutien-gorge et ma culotte. Étant les seuls vêtements que je portais, je me retrouvais nue devant mon agresseur.
-Tu m'appartiens, maintenant, Bella, dit-il pendant qu'il me pénétra pour la première fois. Plus personne ne voudra de toi. Tu es sale, maintenant.
Je n'avais plus la force de me débattre. J'avais mal partout. Je n'arrivais pas à bouger. Alors je le laissais faire, des larmes silencieuses coulant le long de mes joues.
x-x-x
J'avais mal partout. James m'avait finalement laissé partir. Du moins, pour ce soir. Il n'en avait pas fini avec moi. Il n'en aurait jamais fini avec moi. Je m'effondrais par terre. Je ne pleurais pas. Je ne pleurais plus. Un coup de tonnerre retentit et je me tournais sur le dos, couchée, ressentant les premières gouttes de pluie m'atteindre. L'eau froide glaçait ma peau, la rendant insensible à la douleur. Je m'assis dans l'herbe qui se transformait lentement en boue et observais mon bras, étonnée de ne plus rien ressentir. Je levais la tête vers le ciel, fermant les yeux et écartais les bras pour que la pluie fasse son travail réparateur sur mon corps.
Quand je retournais finalement à la maison, le soleil était sur le point de se lever et avec lui, Emmett et ma mère. Je me réfugiais dans la salle de bain quand j'entendis un bruit. Un coup fut porté à la porte quelques minutes plus tard, me faisant sursauter. Je me raclais la gorge.
-Occupé! Annonçais-je de la voix la plus normale que je pouvais.
-Je le sais bien, ça, Bell's, grogna Emmett. Est-ce que tu sors bientôt, j'ai besoin de la salle de bain.
-Va prendre l'autre. Je crois que j'ai attrapé quelque chose. Je suis malade, mentis-je.
-Tu es sûre?
-Oui, merci!
-Bien.
J'entendis ses pas s'éloignés et relâchais un souffle que je ne pensais pas retenir. Une trentaine de minutes plus tard, j'entendis ses pas une seconde fois.
-Tu as encore le temps de changer d'idée avant l'école, Bella, m'informa-t-il à travers la porte.
-Non, Emmett. Je suis vraiment malade.
-D'accord, alors. Tu as besoin de quelque chose?
-Non! Va-t-en.
Je grimaçais quand je me rendis compte de mes paroles et m'excusais.
-Pardon, Emmett, c'est juste que... je ne crois même pas avoir la force de bouger...
-Je comprends. Je t'aime, Bell's.
Je retins mes larmes pour maitriser les trémolos dans ma voix.
-Je t'aime aussi, répondis-je.
Ses pas s'éloignèrent et je l'entendis parler à Renée avant qu'ils ne partent tous les deux. Je les regardais s'éloigner par la fenêtre et soupirais de soulagement. Emmett était très observateur, il allait le voir tout de suite si quelque chose n'allait pas. J'avais réussi à éviter un drame. Maintenant, il me fallait un plan pour ce soir.
x-x-x
«Salut!
Je vais me rendre au travail plus tôt ce soir puisqu'ils ont besoin de quelqu'un pour replacer la vaisselle avant le quart du soir.
Je vous aime,
Bella. »
Serait-ce suffisant? Renée ne savait pas ce que je faisais comme travail, elle pense que je travaille de nuit dans un casse-croûte ouvert 24h. Par chance, elle n'est jamais passée pour me voir. Je devais retourner au club. James m'avait menacé de s'en prendre à ma famille.
À 18h, je quittais la maison avant le retour d'un des deux. Je n'avais jamais marché aussi lentement. Techniquement, le club n'avait pas besoin de moi avant 21h alors je m'arrêtais dans un casse-croûte pour commander quelque chose à manger et boire, puis, repris mon chemin vers le club. J'arrivais à 20h. Je poussais la porte arrière et allais déposer mon sac dans les coulisses. Victoria était déjà là et se préparait à entrer en scène.
-Salut Vicky, dis-je.
-Bella, répondit-elle innocemment. Dure nuit?
Je me figeais sur place, des frissons d'horreur parcoururent ma peau. Était-elle au courant? Je jouais donc l'innocente et mis en pratique ce que m'avait appris Nika.
-Moins que la tienne. Ça ne peut qu'être une dure nuit quand le seul salaire que tu peux te faire, c'est quand tu serres des verres, répliquais-je.
Les performances de Victoria sur scènes avait été désastreuses ces derniers temps, comparées à avant quand elles étaient juste mauvaises. Alors James l'avait mit comme barmaid. Je ne savais pas pourquoi James voulait tant la garder, elle n'apportait que des problèmes. Suite à ma réplique, elle se leva et s'approcha rapidement de moi, la main dans les airs, prête à me frapper quand James l'arrêta.
-Victoria! Son corps, c'est de l'argent. Ne le massacre pas.
Elle arrêta son mouvement et descendit lentement son bras, pendant que j'étais tendue comme un arc. Elle me lança un sourire félin et pencha sa tête sur le côté en passant le dos de ses doigts contre ma joue.
-Tu as raison, James. Beaucoup d'argent, chantonna-t-elle avant de partir pour nous laisser, James et moi, seuls.
Je n'arrivais même pas à bouger un muscle pour m'enfuir tellement j'étais clouée sur place. James s'approcha de moi et passa sa main dans mes cheveux. Je tentais de l'éviter, mais mon corps ne répondait pas.
-Je ne pensais pas te revoir si tôt. Tu avais donc si hâte de me revoir? Murmura-t-il en empoignant mes cheveux et tirant vers l'arrière.
Ils étaient encore endoloris d'hier alors j'échappais un cri de douleur.
-Lâche-moi, grognais-je entre mes dents.
-Je pense que tu ne m'as pas très bien compris hier, ma belle Isabella.
Me tenant toujours par les cheveux, il m'amena encore une fois dans son bureau et ferma la porte derrière lui. Il me poussa sur le sol, relâchant finalement sa prise autour de mes cheveux et se dirigea vers son ordi portable. Me traînant dans le coin le plus reculé de lui que possible, je fronçais les sourcils.
-Peut-être que ceci va te faire comprendre. Je te présente Gwen. Gwen à travaillé ici pendant 2 ans.
Il chercha un dossier qu'il finit par ouvrir. Des cris et des gémissements retentirent dans la pièce. Il tourna son ordi vers moi et j'y vis une fille de mon âge, attachée contre un mur par les bras et les jambes. La caméra s'avança et recula vers le visage de la fille et toutes les parties de son corps meurtries. Son ventre semblait avoir été charcuté par plusieurs coups de couteaux, je m'empêchais de regarder ses seins puisque tout ce que j'apercevais, c'était du sang. Son visage avait peut-être été beau avant, mais maintenant, il était lacéré de plusieurs coups de couteaux et contusions. James entra dans le cadre et s'approcha de la prénommée Gwen.
-Alors, Gwen, on a été une mauvaise fille à ce que j'ai entendu. On a tenté de me dénoncer? Ne le sais tu donc pas? J'ai des amis partout, disait James dans la vidéo.
-Non. Je n'ai rien dit, plaidait Gwen, secouant la tête de droite à gauche.
Je remarquais alors le couteau effilé que James faisait courir sur le ventre de Gwen.
-Menteuse en plus. Tu sais où elles vont les menteuses qui désobéissent?
Elle pleurait et secouait la tête en même temps, incapable de parler.
-Là où elles méritent d'être. Sous terre, répondit sèchement James en enfonçant le couteau dans la gorge de Gwen.
J'étouffais un cri d'horreur et détournais les yeux de la vidéo. Les larmes me montèrent aux yeux et j'avais de la difficulté à respirer.
-Tu vois, Bella. Tu dois m'appartenir. Tu n'as pas le choix. Si tu me tournes le dos, tu meurs. J'ai de très grands projets pour toi.
x-x-x
James m'avait amené dans un endroit éloigné. La cabine, qu'il l'appelait. Je ne comprenais pas ce que c'était mais j'avais appris à ne pas le questionner. Ça faisait une semaine seulement depuis l'incident. Une semaine que je me cachais d'Emmett, que j'évitais sa chaleur et son réconfort pour le protéger. La voiture s'arrêta et je regardais autour de moi. Une maison se trouvait au beau milieu de nulle part, entourée d'arbres. Un frisson d'horreur parcouru ma peau quand je me rendis compte que je ne pourrais pas m'enfuir d'ici. James coupa le moteur et je sursautais.
-Awnn, il n'y a aucune raison pour toi d'être nerveuse, ma Bella. Je vais prendre grand soin de toi, tu verras.
Il sortit de la voiture et vint ouvrir la porte de mon côté. Il prit son couteau et détacha mes mains pour que je puisse sortir de la voiture. Je massais mes poignets pour faire circuler le sang et regardais à nouveau autour de moi, cherchant une sortie, quoique ce soit qui m'indiquerait où je me trouve. Rien. Sauf des arbres.
-Viens avec moi, Isabella, m'ordonna James en me tirant par le bras.
Je le suivis docilement, gardant la tête basse. Nous croisâmes plusieurs personnes en chemin, mais je n'osais pas lever les yeux pour voir si je reconnaitrais quelqu'un. Je ne comprenais pas où j'étais. De temps à autre, j'entendais des cris et des gémissements venant des portes fermées qu'on passait dans le couloir. J'avais peur. J'étais terrorisée. James me guida jusqu'à une chambre vide et me fis asseoir sur le lit.
-Couches-toi, Isabella.
Tendue, j'obéis. Il souleva mes poignets par-dessus ma tête et pris une corde.
-James. Je t'en supplie, ne m'attache pas. Je n'essaierais pas de m'enfuir, j'ai aucune idée où nous sommes, s'il-te-plait, ne m'attache pas ici.
Il fit la sourde oreille et attacha mes mains au dessus de ma tête. Des larmes coulèrent sur mes joues et il les essuya avec ses pouces quand il prit mon visage dans ses mains. Il m'embrassa sur les lèvres en essuyant la dernière larme de ma joue.
-J'ai quelque chose à t'annoncer, Bella. Tu as été promu! Je vais t'entraîner le plaisir sexuel et tu pourras ensuite l'utiliser comme bon te semble.
Je tirais sur mes liens, prise d'horreur, ne comprenant pas tout à fait ce qu'il voulait dire.
-J'ai décidé de te vendre, Bella. Enfin, pas vraiment, plus comme te louer. À qui te voudra. Tu comprends ce que je veux dire, Isabella?
-Prostitution, crachais-je. Pourquoi?
-Très perspicace, Bella. Tu comprends vite, j'espère que ton entraînement ne sera pas aussi rapide, j'ai bien l'impression que je vais m'amuser avec toi et j'aimerais que ça dure le plus longtemps possible.
Je serrais la mâchoire, retenant toute ma haine, toute ma peur, toute mon impuissance.
x-x-x
Trois jours. Durant trois jours non-stop, il m'a «entraîné». Il était satisfait. J'étais prête.
-Il ne manque qu'un seul détail, maintenant. Viens avec moi, ordonna James.
Docilement, je le suivis, ne pouvant faire rien d'autre. Nous passâmes devant quelques pièces, la plupart des portes étaient fermées, mais on entendait clairement tous les cris à travers les portes. James s'arrêta devant l'une d'elle. Il l'ouvra et elle débouchait sur un magnifique salon, des divans, coussins et un lit s'y trouvait. Un feu brûlait dans le foyer.
-Viens t'asseoir, Isabella.
Je lui obéis et alla m'installer sur le divan, à côté de lui. Il se pencha vers moi et souleva mes cheveux pour embrasser ma nuque.
-Tu es à moi, murmura-t-il.
Il m'empoigna soudainement par les poignets et me traîna rapidement à l'autre bout de la pièce, où le foyer se trouvait. Je remarquais pour la première fois des menottes par terre. Il me poussa contre le sol, sur le ventre et attacha mes poignets au dessus de ma tête. Il fit également passer une courroie sur le bas de mon dos qu'il serra le plus possible, m'empêchant de bouger. La tête face contre le sol, j'entendis un cliquetis métallique et il souleva mes cheveux, découvrant le dos de mon cou.
-Ne bouge pas, Isabella. Sinon je vais tout manquer, dit-il sans que je ne comprenne quoique ce soit.
Douleur. La plus grande douleur que j'avais eu à endurer jusqu'à maintenant. À la base de mon cou, sous mes cheveux, il avait collé quelque chose de brûlant contre ma peau. Je criais, incapable de supporter la douleur que je ressentais où l'odeur de ma chair qu'il était entrain de brûler. Puis, je m'évanouie.
Ses initiales. Il avait marqué ses initiales au fer rouge sur mon cou. Je lui appartiendrais pour toujours.
x-x-x
James me faisait assez confiance pour me promener, maintenant. Il savait qu'il y avait toujours quelqu'un pour me surveiller et que je n'avais nulle part où aller. Je ne savais pas quand mon premier client allait arriver. Je ne savais même pas si c'est lui qui viendrait à moi ou moi qui devais aller à lui. J'étais entrain de prendre l'air, presque incapable de marcher par moi-même, mais il pleuvait dehors. Je devais aller sous la pluie. Je devais redevenir propre.
Je mentais à Emmett. Étonnamment, c'est la chose dont j'avais le plus honte. C'est la chose que je devais absolument nettoyer de ma conscience. Il croit que je suis au camping avec des amis. Je craignais sa réaction s'il apprenait ce que je faisais en ce moment. Je ne veux pas qu'il le découvre. La pluie s'estompa petit à petit et je baissais la tête, déçue. J'essuyais l'eau de mon visage et retournais à l'intérieur. James m'attendait dans ma nouvelle chambre.
-Ça me fend le cœur de te voir comme ça, ma Bella, railla-t-il.
Je serrais la mâchoire, ravalant mes paroles, je gardais la tête baissée.
-J'ai un marché à te proposer. Si tu te prostitue pour mes clients, et que tu y mets du cœur! Je vais te laisser libre au bout d'un an.
Je relevais la tête, outrée et confuse. Un an? Comment est-ce que j'allais pouvoir subir cette torture pendant un an? Comment allais-je pouvoir mentir à tout le monde pendant un an?
-Alors? Poussa James.
Mais avais-je vraiment le choix?
-Bien.
x-x-x
Trois mois. Je gardais le secret pendant plus de trois mois. Trois mois que James et plusieurs autres m'avaient attaché, pénétré, torturé, épuisé, pour me rendre à cet endroit. Je cognais à la porte d'un des clients réguliers de James. Quand la porte s'ouvrit sur un homme dans la quarantaine, je pris un air confiant et lui souris, comme James m'a fait répéter si souvent.
-Tu m'as demandé?
Il sourit diaboliquement et me prit par le bras et me jeta sur le lit. Il sortit de l'argent qu'il laissa tomber par terre et alla chercher quelque chose dans un coffre sur une commode. Je relevais un peu la tête pour voir qu'est-ce que c'était, mais son dos me cachait. Il était trop bâtit. Quand enfin il se retourna, je vis ce qu'il cherchait: une corde. Je levais un sourcil.
-C'est pour quoi?
-T'attacher, bien sûr, je te veux à ma merci, autant de fois que je le voudrais.
Je frissonnais d'horreur à ses mots, mais le cachais bien. Je le devais. Montrer ma faiblesse voulait dire ma mort. Je souris malicieusement au client.
-On a un mauvais garçon ici. Oh, et un autre qui veut venir jouer! M'exclamais-je en voyant la bosse dans son pantalon.
Il sourit et s'approcha de moi. Il prit un de mes poignets et l'amena jusqu'à la tête de lit, où il l'attacha. Il répéta la même action avec le second. Il déchira mes vêtements de ses mains et je commençais à soupirer difficilement. Il me regarda d'un œil appréciateur et je fermais les yeux. Je n'arrivais pas à contrôler mes émotions quand un homme me pénétrait. C'était ma faiblesse. Ma peine remontait à la surface et ma vulnérabilité était mise à nue quand mes yeux étaient ouverts. Alors je les fermais. Toujours.
-Ouvre les yeux. Je veux te voir quand tu jouiras pour moi.
J'avalais difficilement ma salive et pris une grande respiration avant d'ouvrir les yeux, tentant de lui montrer du désir. Je n'avais aucun moyen de savoir si je faisais du bon travail alors je décidais de lui parler pour le distraire de regarder profondément dans mes yeux.
-Tu as envie de moi? Montre-le moi, mon beau. J'ai envie d'avoir une grosse queue comme la tienne en moi.
Il s'était complètement déshabillé et il était déjà tout dur. J'avais vu plus gros, mais lui dire aurait signé mon arrêt de mort. Je réprimais une grimace de dégoût. Il se coucha sur moi, tout son poids sur le mien, qui était beaucoup moins lourd. Il se plaça à mon entré et me pénétra durement. Je n'étais pas assez humide, alors, cela fit extrêmement mal, mais je ravalais mes sanglots, les dents serrées.
-Oh! Oui! Mentis-je. Ça fait tellement du bien, donnes-moi en plus. Viens sur moi!
Je ravalais mes propres mots quand ma gorge se contracta sous le dégoût que je ressentais. Il continuait de pousser en moi, sans s'occuper de moi, il ne voulait que prendre son propre plaisir. La plupart le faisaient aussi, mais au moins, ils utilisaient un lubrifiant quelconque.
Sans que je ne sache comment, la porte de l'hôtel alla s'écraser par terre et le gars sur moi se retrouva de l'autre côté de la chambre en moins de deux. Emmett tenait mon client contre le mur et s'apprêtait à le tuer, mais à la dernière seconde, sous mes cris de supplications, il le relâcha et le cogna pour être sûr qu'il ne serait pas une menace quand il s'occuperait de moi. Je ne voulais pas qu'il soit au courant. Je ne voulais pas qu'il me voie dans cette position. J'étais humiliée et Emmett était en colère. Après moi? Sans aucun doute. Il me détacha et me donna son chandail, puisque mes vêtements étaient éparpillés et déchirés partout.
-Emmett, je t'en pris, le suppliais-je. Parles-moi. Emmett, dis quelque chose.
Mais il ne dit pas un mot de tout le trajet. Il serrait le volant de toutes ses forces, au point d'avoir les jointures blanches et roulait beaucoup plus vite que la limite autorisée. Quand nous arrivâmes à la maison, je fondis en excuses et lui avouait toute la vérité. Je savais qu'il était en colère, mais je n'étais pas sûre de savoir contre qui.
-Ne m'en veux pas, Emmett... J'ai besoin de toi.
Je restais la tête baissée pendant qu'il se calmait. J'avais tellement peur de le perdre. Qui voudrait d'une fille aussi misérable que moi, maintenant? Même mon frère ne voudrait plus de moi. Plusieurs larmes s'échappèrent de mes paupières, mais au bout d'un moment, ses bras se refermèrent sur moi et il me serra fort, nous restâmes dans cette position quelques secondes, quelques minutes, quelques heures peut-être, le temps n'avait plus d'importance, j'étais dans ses bras, et pour la première fois depuis trois mois, je me sentais vraiment en sécurité.
Les jours suivants, je restais toujours avec Emmett, je ne le quittais jamais, sauf quand il avait un match de football. Quand cela arrivait, je m'arrangeais toujours pour m'éloigner des gars et je restais dans mon coin, à l'attendre, dans les gradins.
-Bella, murmura quelqu'un derrière moi tandis que je regardais Emmett pendant sa pratique de football avec les autres.
Je fronçais les sourcils et me retournais pour voir nul autre que Laurent. Mes yeux s'écarquillèrent d'horreur et je me relevais pour m'enfuir, mais trébuchais sur une des marches et tombais durement sur le banc en avant de moi, heureusement, il n'y avait personne autour pour avoir vu ma réaction.
-Bella, n'aies pas peur, poussa Laurent.
-N'aies pas peur? Répliquais-je, apeurée. Vous m'avez capturés toi et James. Vous m'avez utilisé.
-Bella, s'il-te-plait, écoutes-moi.
-Non! Criais-je, hystérique en me reculant. Ne t'approche pas de moi!
-Bella! Cria Emmett en arrivant derrière moi en courant.
Je me réfugiais dans ses bras, observant attentivement Laurent du regard. Emmett remarqua l'homme à quelques pas de moi et se tendit.
-Qui êtes-vous? Vous n'êtes certainement pas un étudiant ici, clama-t-il.
-Je suis Laurent.
Emmett me repoussa durement, mais prudemment sur le banc et s'approcha de Laurent dangereusement.
-Je sais qui vous êtes, dit Emmett, reconnaissant le nom puisque je lui avais dit.
Laurent tenta de s'expliquer, mais Emmett le frappa au visage. Laurent tomba contre le banc, mais Emmett ne s'arrêta pas là. Il continua de frapper et je n'arrivais pas à rien dire. Emmett était rendus au dessus de Laurent, le dominant et continuait de le frapper même si Laurent ne bougeait plus. Des membres de l'équipe d'Emmett finirent par se rendre compte de la scène qui se déroulait dans les estrades et ils vinrent arrêter Emmett.
-Swan! Qu'est-ce que tu fais? Tu vas le tuer! S'exclama un des joueurs!
Voyant qu'il n'arrêtait pas, des joueurs l'empoignèrent par les épaules et le tira plus loin. Je jetais un dernier coup d'œil à Laurent qui ne bougeait plus au sol pendant que d'autres membres de l'équipe venaient pour s'assurer qu'il était toujours vivant, puis repartis à la suite d'Emmett.
x-x-x
Emmett s'était fait expulsé pour une semaine. Renée voyait bien qu'il se passait quelque chose, mais elle ne comprenait pas. De plus, elle avait quelqu'un dans sa vie, maintenant alors elle ne s'occupait pas vraiment de nous.
-Je suis sûre que vous allez l'adorer, radotait-elle. Son nom est Phil, c'est un joueur de baseball, il est très gentil et en plus, il a un fils de votre âge alors il sait s'y prendre avec les ados.
Je me figeais et Emmett, qui le sentit, me serra immédiatement la main. Renée ne s'en était pas rendue compte et continuait son monologue.
-Il est très charmant. Son nom est Jasper.
-U-Un garçon? Finis-je par demander, nerveuse.
-Oui, Bella. Un fils, c'est bien ce que j'ai dit. Tu vas l'adorer, se répéta-t-elle en se penchant pour m'embrasser sur la joue. Bon! Je dois y aller, Phil m'attend pour notre rendez-vous. À plus tard!
-À plus tard, murmurais-je, perdue dans mes pensées.
Emmett se leva de sa chaise et vint s'accroupir devant ma chaise.
-Bella. Ça va bien aller. Renée l'a dit, il est charmant. Je crois qu'il comprendra.
-Il n'aura rien à comprendre, puisqu'il n'est pas question que tu lui en parles! M'exclamais-je.
-Bella, tu ne veux pas aller à la police, tu ne veux pas le dire à maman, dis-moi ce que je dois faire! Me supplia-t-il, serrant mes cuisses dans ses mains.
Je lui fis un bien pâle sourire et le pris dans mes bras.
-Je peux dormir avec toi ce soir?
-Bien sûr, répondit-il en m'enlaçant à son tour, impuissant.
x-x-x
Un mois plus tard, Renée nous présentait Phil. Emmett le surveillait comme un aigle. Examinant tous les mouvements qu'il avait à mon égard et, malgré son sourire chaleureux et sa gentillesse, je n'arrivais pas à rester seule avec lui dans la même pièce pour plus de dix secondes. Ce n'était pas de sa faute et je me sentais extrêmement coupable de ne pas pouvoir dire pourquoi je me sens si mal à ses côtés.
Encore un mois plus tard, Emmett et moi rencontrâmes Jasper. Ses cheveux blonds me rappelèrent immédiatement James et j'étais allée me réfugié dans la chambre d'Emmett, attendant qu'il revienne à défaut de faire une crise de panique. Toutefois, Emmett s'entendait à merveille avec Jasper. Je devais avouer qu'il était mignon, avec ses cheveux blonds et ses yeux bleus, et il avait l'air gentil. Mais James aussi avait les cheveux blonds, les yeux bleus et l'air gentil. Jasper prit très vite sa place dans la famille. Emmett vint souvent me vanter ses qualités. Et un jour, il n'en pus plus.
-Ça suffit, Bella! Ça fait des mois, déjà! Je veux que ma sœur revienne. Jasper est extrêmement patient avec toi, il ne te parle même pas et il respecte que tu ne veux pas lui parler, c'est quoi le problème?
-Que va-t-il arriver quand tu ne seras pas là? Et s'il essayait quelque chose quand tu t'y en attendras le moins? J'ai peur, Emmett, je ne sais pas comment me défendre, moi!
x-x-x
Emmett m'amena à des cours d'auto-défense. Emmett avait bien fait attention de me prendre une professeure pour que ce soit plus facile, mais il allait y avoir des mecs aussi dans la classe et ça, il n'y avait rien qu'Emmett pouvait faire.
-Isabella, c'est ça? Me demanda un jeune homme pas tellement plus vieux que moi à l'accueil habillé avec un chandail noir serré et des shorts lousses de la même couleur.
Je levais les yeux sur son visage. Des yeux bleus tellement brillants et des cheveux bruns foncés pas coiffés. Il avait un sourire en coin qui montrait ses dents d'un blanc parfait. Pour la première fois de toute ma vie, j'étais excitée sexuellement, et plus important, de mon propre gré, par un mec. Je ne réagis même pas quand il m'appela par mon nom au complet, ce qui, habituellement, me rendait folle puisque James m'appelait Isabella.
-Bella, le corrigea Emmett, voyant que j'étais muette.
-Bien, sourit-il. Bella. Je vais assister la professeure pour montrer les positions. Tu m'accompagnes, je vais te montrer où sont les vestiaires pour que tu puisses te changer.
Sous son regard charmeur, la chaleur me monta aux joues et je ne fis qu'hocher la tête, hypnotisée.
-Peut-être que je devrais rester pour cette fois, conseilla Emmett.
-Non, merci, Emmett, ça va aller, lui souriais-je.
Je ne jetais pas un autre coup d'œil dans sa direction, et suivis l'assistant de la professeure. Il se tourna pour s'assurer que je le suivais bien et sourit quand il me vit. Il s'arrêta devant une porte.
-Voilà, c'est le vestiaire des filles où tu devras te changer avant les cours. Je vais t'attendre ici pour ne pas que tu te perdes en cherchant le local où on s'entraîne, me sourit-il, accueillant.
Je rougis encore une fois sous son sourire, mais il devait y être habitué puisqu'il ne fit aucun commentaire, mais son sourire s'agrandit. Pour ne pas être plus embarrassée, je poussais la porte des vestiaires et y entrais. Je déglutis quand je vis qu'il n'y avait aucun rideau pour se cacher et que nous devrions tous se changer devant les autres. Je me mordis la lèvre, nerveuse et décidais d'aller à la recherche d'une place éloignée.
Je me changeais rapidement, étant certaine que mes joggings cachaient toutes les blessures sur mes jambes qui ne guériraient jamais ainsi qu'un chandail assez large pour cacher le reste. Je gardais mes cheveux libres pour ne pas qu'on voit la cicatrice avec les initiales de James. Quand je sortis, l'assistant m'attendait toujours.
-Hum, quel est votre nom? Demandais-je, gênée.
-Damon, m'informa-t-il. Habituellement, je me présente toujours à l'accueil, peut-être que c'est ta beauté qui me l'a fait oublié pour quelques secondes.
Il me fit un clin d'œil accompagné d'un sourire et me guida jusqu'à la salle d'auto-défense.
Damon, pensais-je en me mordant la lèvre inférieure.
x-x-x
Aujourd'hui, j'allais passer du temps avec Jasper.
Je le devais, pour Emmett. Pour Renée. Pour Jasper qui était certain qu'il faisait quelque chose de mal. Emmett m'avait dit qu'il était parti faire des courses et donc, j'étais seule à la maison avec Jasper. Il était entrain d'écouter la télévision et j'allais m'asseoir avec lui, le plus loin possible du divan sans avoir l'air dégoûté par lui. Il bougea imperceptiblement pour s'éloigner un peu également et je ne pus m'empêcher de me demander si c'était parce qu'il était dégoûté de moi. Je me raclais la gorge.
-Q-Qu'est-ce que tu écoutes? Demandais-je prudemment.
Il parut surpris et prit un moment avant de répondre.
-Un documentaire.
-De quoi il parle? Poussais-je.
-Des créatures marines.
J'hochais inconsciemment la tête, cherchant un autre sujet de discussion sans en trouver un. Alors des images emplirent ma tête. James me pénétrant. James m'évaluant pour voir si un client m'aimerait. James me marquant de ses initiales. James. James. James.
Mon souffle se fit plus en plus rapide et je n'arrivais pas à le contrôler. Jasper tourna la tête vers moi et vit que je n'allais pas bien, mais au lieu de s'approcher pour voir si j'allais bien, il se recula encore plus dans la pièce.
-Emmett, cria-t-il en restant à une certaine distance de moi.
Il apparut de derrière un mur et je le regardais, le suppliant du regard de m'aider. Je n'arrivais plus à respirer et il se plaça devant moi, prenant mon visage entre ses mains.
-Bella, regardes-moi. Regardes-moi! Poussa-t-il, voyant que je paniquais. Ça va aller. Tout va bien. Regardes-moi. Respire. Comme moi.
Il prit une grande inspiration et je fis mon possible pour l'imiter. Lentement, je repris contenance et jetais un coup d'œil où Jasper était quelques instants plus tôt, mais l'endroit était vide. Je me tournais vers Emmett.
-Je croyais que tu étais parti faire des courses? Demandais-je.
-Tu crois vraiment que je t'aurais laissé seule avec Jasper? Répliqua-t-il, incrédule.
Je ne répondis pas. Ma réponse était sans importance puisqu'il n'en existait qu'une. Non.
x-x-x
Je m'observais dans le miroir. Observant mon visage. Observant mes yeux. Ils étaient tristes, et ils seraient toujours tristes pour moi. Mais ils n'avaient pas à être tristes pour les autres.
Emmett déprimait. Il était impuissant. Il ne savait plus quoi faire. Il avait tout essayé.
Renée était en colère après moi. Elle ne comprenait pas pourquoi je ne voulais pas faire d'efforts pour mieux connaître ma famille à venir. Elle ne voulait pas comprendre.
Jasper restait éloigné. Probablement de dégoût. J'étais sale, après tout. Peu importe le nombre de douche que je prendrais, je serais toujours sale.
Je ne voulais plus leur faire de mal. Je ne voulais plus qu'ils souffrent à cause de moi.
Alors je jouais un personnage.
x-x-x
Je jetais un coup d'œil à Jasper qui travaillait sur un devoir dans sa chambre, à sa table de travail. Je me regardais une dernière fois dans le miroir et sous mes yeux, je fis disparaître mon regard triste. Le maquillage que j'avais appliqué avait fait disparaître les cernes sous mes yeux. Je pris une grande respiration et entrais dans sa chambre. Je me couchais sur le ventre sur son lit, mon visage aux pieds de celui-ci et observais Jasper.
-Qu'est-ce que tu fais? Demandais-je d'une voix confiante.
Il se tourna légèrement vers moi, mais retourna à son travail.
-Travail d'histoire, répondit-il, posé. Où est Emmett?
-Je n'en sais rien. Probablement entrain de draguer une fille, répliquais-je, faussant un rire amusé.
Jasper se retourna complètement vers moi et m'observant posément. Je penchais la tête de côté, levant un sourcil, attendant son verdict.
-Tu sembles bien, commenta-t-il.
-Je suis magnifique, m'exclamais-je en me retournant sur le dos, écartant les bras en l'air.
Il y eu un long silence durant lequel Jasper retourna sa chaise pour résumer son travail.
-C'est Emmett qui va être content, murmura-t-il.
Je restais dans son lit jusqu'à ce qu'il ait fini son travail et quand il m'apprit qu'il avait fini, je lui proposais une sortie au cinéma.
-Juste tous les deux? Demanda-t-il, surpris.
-Bien sûr, pourquoi pas? Tu seras bientôt mon frère de toute façon!
-D'accord, bien sûr!
Je lui souris, contente qu'il n'avait pas vu à travers ma façade.
x-x-x
-Je te le dis, Emmett, tout d'un coup, elle m'a demandé de l'accompagné au cinéma! Chuchota Jasper.
Je les avais surpris entrain de parler de moi et j'avais décidé de resté caché derrière le mur du couloir pour ne pas qu'ils sachent que j'écoutais.
-Jasper, tu ne comprends pas, c'est impossible! Je ne peux pas te dire pourquoi, mais Bella ne pourrait jamais faire ça si rapidement! S'exclamait Emmett à son tour le moins fort possible.
-Je ne fais que te dire ce qui s'est passé, répliqua Jasper.
-Je dois tirer ça au clair, grogna Emmett avant de se diriger vers l'endroit où je me trouvais.
Je me mis à courir à travers la maison pour me rendre à ma chambre et sauta sur mon lit. J'ouvris un livre pour faire comme si j'étais entrain de lire depuis le début. Emmett arriva sur le pas de ma porte quelques secondes plus tard.
-Oh! Salut Emmett, dis-je, joyeusement.
-Bella, dit-il simplement. Jasper m'a dit que vous êtes allés voir un film?
-Oh oui! Tu sais, c'était ce film fantastique avec cette histoire de hobbit, je crois.
Il leva un sourcil et m'observa quelques instants avant de venir s'asseoir devant moi. Voilà mon test ultime. Si j'arrivais à amadouer Emmett, j'arriverais à amadouer tout le monde. Si non, Emmett ne me ferait plus jamais confiance.
-Bella-
-Non, le coupais-je. S'il-te-plait, Emmett, ne m'en parle pas. Je ne veux plus en parler, j'en ai assez d'être misérable. Je ne peux pas avoir peur toute ma vie. Je ne peux pas être triste toute ma vie! Il a déjà pris bien assez, il ne prendra plus rien d'autre.
Oh, comment je souhaitais que ces mots soient vrais! Emmett m'observa longuement et je lui montrais un regard confiant, quoique triste. Il dût être satisfait puisqu'il lâcha un souffle qu'il retenait et me serra dans ses bras.
-Je suis si content, Bella. Je ne savais plus quoi faire, murmura-t-il à mon oreille.
Je le serrais dans mes bras, me promettant qu'il ne verrait plus jamais le désespoir dans mon regard...
