Will regarde Sonny avec un éclair anxieux dans le regard « Rien de bien méchant, tu penses bien ! Une fois, j'ai emmené un de ses potes à Chicago pour aller chercher un truc à la gare. Et puis il m'a demandé de lui apporter un dossier à son bureau qu'il avait oublié chez lui. » Sonny se relâche. Rien de trop grave en effet. Rien de financier. Will continue « L'autre fois, il m'a expliqué qu'il aidait un client du cabinet qui avait des gros problèmes et il pensait pouvoir l'aider et pour ça il m'a demandé si je pouvais obtenir les clés de tante Jen, celles de l'aile administrative. Il disait que ce qu'il voulait faire était techniquement illégal mais que c'était vraiment pour une bonne cause et... » « Tu lui as quoi ? » Sonny ne peut pas s'empêcher de crier. Will fait un pas en arrière, le corps tendu, les mains en avant « Je n'ai rien fait du tout. Je lui ai expliqué que je ne me sentais pas de faire ça et il a très bien compris. C'est un type bien, tu vois ! »

Le pire c'est que Sonny comprend un peu Will. Le charme d'Adam est indéniable. Il est d'une beauté saisissante et il sait écouter et parler avec gentillesse. Il a tout pour inspirer confiance et faire disparaître les questions un peu gênantes d'un simple regard. Mais pas au point pour Sonny de faire n'importe quoi, même avant l'avertissement paternel. Avertissement qu'il aurait du passer depuis un moment. Sonny se sent coupable et frustré. Il n'arrive pas à mesurer son ton pour dire « Mon père bosse un dossier sur Adam. Visiblement, c'est un escroc ! Je ne sais pas plus mais il m'a dit de me méfier de lui. » Will a un hoquet « Quand ça ? Hier ? » Sonny secoue la tête « Non, il y a quelques semaines... » Will est furieux « Ton père te prévient et tu me dis rien ? Comment je peux deviner ? Toi aussi tu l'aimais bien avant ! » « Pas au point de considérer de faire quelque chose d'illégal. Après ce que tu m'as raconté tu devrais avoir appris à te méfier, non ? » Will le regarde comme jamais il ne l'a fait. Ses yeux sont deux blocs de glace, son visage a l'air d'être en cire. « C'est vrai, tu ne t'es jamais trompé sur le compte de quelqu'un, toi. Tu as tout de suite senti que Brian n'était pas net ! » Sonny se défend « Si Brian avait essayé de m'embarquer dans ses délires, je me serais posé des questions. Je suis capable d'objectivité. » « Et pas moi, peut-être ? » Sonny ne peut empêcher les mots de couler « Tu es plutôt quelqu'un qui a de la compassion, de la gentillesse. Tu vois le bien en chacun et c'est une de tes qualités les plus belles mais c'est dangereux... » Will fronce les sourcils « Tu penses que c'est pour ça que je me trompe sur Adam ? » « Oui, parce que sinon, l'autre solution, c'est que tu le trouves... à ton goût... La beauté physique a tendance à changer la perception qu'on peut... » Will se met à crier lui aussi « Espèce d'hypocrite ! Tu as passé ton temps à faire des remarques sur ses beaux yeux. Tu crois que ça ne me faisait pas mal à l'époque. J'ai du mal avec mon apparence et entre Brian et lui, je te voyais saliver... » Sonny en ouvre de grands yeux « Tu es le plus bel homme que je connaisse, encore une fois objectivement. Brian ne t'arrive pas à la cheville. Et je t'aime toi, pas un de ces deux nuls ! » Will ne se calme pas et détourne le regard. Sonny s'entend dire « J'en viens à croire que tu as des sentiments pour lui, à la façon dont tu le défends. » « Des... Bien sûr, à côté de Mel, je suis sûr que je suis une menace. Il est hétéro, dois-je te le rappeler ? » « Oh moi, je le sais ! Toi par contre, je n'en suis pas sûr... »

Will est dehors bien avant que Sonny ait retrouvé ses esprits et qu'il réalise ce qu'il vient de se passer. Il est tremblant de rage, surtout envers lui-même et il se met à arpenter son studio, poings serrés, le cœur serré et douloureux. Il devrait appeler Will pour s'excuser mais il ne se sent pas prêt. Il a besoin de parler à quelqu'un mais à part Will, qu'y a-t-il ? Ses parents, peut-être...

Sonny attrape une veste et ouvre la porte. Devant Will qui se tient devant lui, raide, le regard dur. « Oh, non, tu ne vas pas partir maintenant ! On a encore des choses à se dire ! »