Hello, voilà le chapitre 3. Cette fois-ci, on revient dans le présent et on y reste : les retours passé/présent, j'arrête ! (J'avoue que ça peut-être un peu perturbant pour vous...)

Disclamer: Bah ! Ah non, je croyais pouvoir obtenir quelque chose mais non. Toujours rien :(


Chapitre 3: Conseil

Drago Malefoy n'avait pas réussi à dormir correctement le jour où il avait aperçu Hermione Granger dans son moment d'égarement. Il ne cessait de repenser à cet instant qui lui avait paru si réaliste et s'en voulait pour cela. Il n'avait jamais eu de problème à oublier les passages de pure imagination dont il était victime mais celui-là ne voulait pas quitter son esprit. N'existerait-il pas une touche supprimer dans nos têtes pour effacer quelques minutes de notre mémoire ?

Le garçon s'était décidé à parler de ce moment à Blaise ce qui lui permettrait peut-être d'en faciliter l'oubli. C'est donc tout naturellement le lendemain que le garçon aux cheveux blonds s'en alla chercher son ami qu'il trouva dans la Grande Salle, attablé devant le petit-déjeuner. Il était tôt et la plupart des élèves n'étaient pas encore arrivés dans la salle ce qui permit à Drago d'exposer son problème sans faire attention aux oreilles indiscrètes les entourant.

« Tu veux un conseil ? demanda Blaise en portant le jus de citrouille qu'il avait en main à ses lèvres.

-J'en aurai bien besoin, acquiesça-t-il.

-Même si ça ne me plaît pas, je pense que tu devrais aller parler à cette Gryffondor. Si tu l'as vu dans ton moment d'absence, que ça t'a paru réel et qu'ensuite tu as su qu'elle avait peur de l'orage –qui soi-dit en passant est une peur ridicule- je dirai que le problème : c'est elle. Et la meilleure chose à faire –c'est bien connu- est de régler un problème à sa source.

-Mouais, t'as peut-être raison, mais je doute que ça ne marche. Cette fille a littéralement peur de moi, je lui ai fait la misère pendant plusieurs années -je crois- et, d'après ce que tu m'as dit, ça fait deux ans que je ne lui ai pas ré adressé la parole. Dès que j'ouvrirais la bouche, elle risque de s'enfuir en courant.

-Qui ne tente rien n'a rien, dit-il en riant à la dernière remarque de son ami. »

Drago avait décidé de suivre le conseil de Blaise. À chaque début d'heure de cours qu'il avait eu dans la journée, il guettait la présence de la Gryffondor. Il se rappelait avoir quelques cours en commun avec elle mais ne savait plus précisément lesquelles. Il ne faisait pas vraiment attention à cette fille et, s'il ne l'avait pas vu dans sa « rêverie », il ne se souviendrait même plus de ses traits physiques. Il se demandait comment il avait fait pour oublier le visage d'une fille qu'il avait insulté pendant près de cinq ans quand elle arriva enfin. « Cours de potion, mais bien sûr ! » se dit-il. Il se rappelait maintenant que Rogue ne laissait jamais tranquille Potter & Co. Décidément, son accident avait laissé d'innombrables dégâts à sa mémoire pour oublier tant de choses.

Le professeur Rogue donna aux élèves des recherches à faire sur le chou mordeur de Chine puis ils quittèrent la salle, soulagés que le cours soit enfin fini. Hermione et ses amis s'étaient levés rapidement et Drago ne les avait pas vus partir. Il se fraya un chemin entre la masse d'adolescent qui s'agglutinait devant la porte et réussit enfin à sortir. Il l'aperçut au bout du couloir et se mit à courir pour la rattraper : il devait vraiment lui parler. Il l'interpella -peut-être un peu trop fort- et les trois meilleurs amis se retournèrent brusquement vers lui.

« Qu'est-ce que tu veux Malefoy ? demanda Harry, les yeux plissés.

-Je dois parler à Granger.

-Hors de question, si c'est pour reprendre les mauvaises habitudes que tu avais il y a cinq ans ce n'est pas la peine, dit Ron sur un ton décidé. »

Sur ce, les trois amis firent demi-tour et s'en allèrent, laissant le Serpentard sur place, hébété. Hermione n'avait même pas ouvert la bouche pour exprimer son avis, les deux ringards avaient tout bonnement décidé à sa place. Pour qui se prenaient-ils ? N'existait-il pas dans ce pays quelque chose qui s'appelait la liberté d'expression ? Il savait bien que cette fille n'avait pas de caractère mais à ce point… il ne l'aurait jamais imaginé.


Le lendemain, Drago avait fait part à Blaise de la situation. Son ami avait été choqué tout autant que le blondinet et avait avoué qu'il ne pensait pas que les Gryffondors étaient à ce point possessif envers leur amie. Le garçon à la peau foncée lui avait conseillé de retenter l'expérience mais cette fois-ci, il devrait se débrouiller pour parler à Hermione seul à seul. Drago l'avait remercié de son aide et lui avait donné le nouveau titre de « conseiller personnel » que Blaise accepta sans rechigner.

Le Serpentard avait passé la semaine suivante à épier discrètement le trio. C'était une attitude des plus puériles et il n'aimait pas son comportement mais elle était son unique solution. Il n'agissait pas comme ces détraqués de détectives privés habillés tout en noir qui-se-voulaient-discrets-alors-qu'ils-ne-l'étaien t-pas-du-tout que ces idiots de moldus regardaient à la télévision. Il était plus subtil et se contentait de les observer aux heures de cours, durant les repas et de les croiser dans les couloirs. Il réussit à en déduire que Ron et Hermione passaient le plus clair de leur temps ensemble car Harry les avait abandonné pour passer ses journées avec sa petite-amie : Ginny Weasley. « Décidément, Potter a vraiment de mauvais goûts. » pensa-t-il. Il ne voyait pas à quel moment il pouvait rencontrer la Gryffondor seul, et à la fin de la semaine, il semblait découragé. Le cours de potion du jeudi, cependant, lui réserva une bonne surprise. A la fin de l'heure, Hermione s'attarda dans la pièce alors que ses deux amis étaient déjà partis. Le jeune homme l'attendit à l'extérieur du cachot, adossé au mur.

« J'ai à te parler. »

Hermione se tourna vers le garçon, surprise. Elle lui tourna néanmoins le dos et fit mine de s'en aller.

« Granger, il faut vraiment que je te parle ! J'ai attendu une semaine que tu te retrouves seule, je commence à devenir fou ! » lui avoua-t-il en la suivant.

-Et bien parle, mais je te préviens tout de suite, si c'est encore une de tes insultes je…

-Je ne suis pas venu pour t'injurier. J'ai juste besoin d'information, de comprendre quelque chose, la coupa-t-il.

-Alors je t'écoute. »

Maintenant qu'il avait son attention, par où devait-il commencer ? Il avait attendu ce moment depuis sept jours mais n'avait jamais pensé aux mots qu'il devrait employer pour lui expliquer la situation. Devait-il lui raconter son « rêve » ? Qu'il s'était senti le plus heureux au monde quand elle lui avait pris la main ? Qu'il avait l'impression d'avoir déjà vécu cette scène ? Tout ce flux de questions arrivait dans son esprit en même temps et il n'arriva pas à réfléchir. De plus, la Gryffondor ne cessait de marcher devant lui et il peinait à la rattraper.

« Je, hum… pourrais-tu t'arrêter s'il te plaît, tu marches trop vite ! » furent les premiers mots qu'il réussit à sortir.

« Je suis pressée, j'ai des choses à faire. Si tu n'arrives pas à faire deux choses en même temps –c'est-à-dire parler et marcher qui n'est pas très compliqué à mettre en pratique- ce n'est pas mon problème. »

Les deux élèves étaient arrivés au sixième étage et la Gryffondor s'arrêta brusquement devant une porte- tableau représentant un serpent meurtri et se tourna vers le garçon.

« C'est tout ce que tu avais à me dire ? » demanda-t-elle.

Les yeux du garçon passèrent étrangement de leur couleur gris froid habituel à un bleu azur puis se fermèrent brusquement.

Depuis que ses blessures s'étaient un peu refermées, Drago avait obtenu l'autorisation de marcher dix minutes par jour dans son appartement destiné à l'accueillir au sixième étage de Poudlard. Sa « résidence » possédait un salon contenant une petite cheminée, un canapé et un fauteuil en cuir vert et quelques tapisseries. Au fond de la pièce se trouvait un escalier de quelques marches qui menait devant deux portes. Celle de droite était la salle de bain dans laquelle la baignoire ainsi que l'évier en marbre donnaient un air des plus luxueux. La seconde porte, elle, contenait la chambre du Serpentard. L'odeur de médicaments mélangés à de alcool destiné à stériliser qui s'en dégageait lui rappelait l'infirmerie. Les rideaux étaient de couleur argentée, assortis à son bureau et à son lit à baldaquin vert qui trônait au milieu de la pièce. Une bibliothèque était aussi présente ainsi que son objet préféré : une grande fenêtre qui donnait vue sur le lac et le parc.

Le Serpentard commençait à connaître l'heure habituelle où Hermione arrivait. Il était content de recevoir la visite de la jeune fille car, en dehors de Blaise et quelques fois Pansy, personne ne venait le voir. Ses journées étaient d'un ennui total et attendait avec impatience la venue de la Gryffondor.

« Hermione !

-Salut, répondit-elle avec un léger sourire.

-Tu vas bien aujourd'hui ?

-Mouais, je n'en peux plus d'entendre partout où je passe des rumeurs sur toi. Quand j'ai traversé le couloir tout à l'heure, des 4e années étaient en train de parier sur ton retour ou non.

-Des rumeurs ? demanda-t-il, intrigué.

-Oui, tous les élèves parlent de ta « mystérieuse disparition ». Certains sont vraiment très méchants. Dumbledore les laisse parler et ne souhaite pas faire de déclaration officielle, expliqua-t-elle, démoralisée.

-Essaye de ne pas les écouter, lui conseilla-t-il.

-J'essaye ! Mais quand mes meilleurs amis s'amusent à pronostiquer le lieu où tu te « caches » et ne souhaitent en rien parler d'autre chose, c'est très compliqué.

-Alors viens plus souvent ici. Je te promets que je ne ferais aucun pronostic ! blagua-t-il. »

Drago revint à lui. Il voulut répondre à Hermione que non, il ne lui avait pas tout dit -qu'il ne lui avait rien même dit du tout- mais la jeune fille ne se trouvait plus en face de lui. Il s'imagina que son moment d'absence avait duré longtemps et que, devant son silence, elle en avait conclu le contraire. Le garçon posa sa main contre le tableau et caressa légèrement le dessin de serpent, rêveur. La pièce qu'il avait vue lui paraissait tellement familière ! Pourquoi Hermione avait-elle été présente dans son nouveau moment d'égarement ? Que cela pouvait-il signifier ? Sans s'en rendre compte, le tableau s'était entrouvert et Drago entra dans un petit salon, identique à celui imaginé il y a moins d'une minute. Il écarquilla les yeux et recula en manquant de trébucher : il fallait qu'il sorte de là. Tout ça n'était qu'un cauchemar, il allait se réveiller ! Ne devenait-il pas complètement fou ? Il ferma la porte devant lui et, le cœur battant, s'en alla en direction de la salle commune des Serpentards.


Avez-vous quelques pronostics sur le pourquoi du comment Drago voit toutes ces scènes ? Et si vous me les écriviez en reviews ? (Enfin ce n'est qu'une suggestion, évidemment... :3)