Sonny jette un coup d'œil vers la table où sont assis Will et son père. Lucas a l'air épuisé. Il a le visage fermé, le regard fixe. Il a à peine répondu au bonjour de Sonny qui ne sait pas s'il doit l'excuser, vu les circonstances, ou se vexer que Lucas ne le considère pas comme étant « de la famille ». Et vu les vues de Will sur le mariage, il y a peu de chances que ça puisse changer pour Lucas. Mais, ce n'est pas le moment de s'apitoyer sur son sort. Après tout, il est encore avec Will, ce qui n'est pas le cas de Lucas et Sami et puis Chad est malade aujourd'hui et le café ne désemplit pas. Une heure plus tard, Emily, la nouvelle recrue, lui annonce qu'elle quitte Salem pour New-York. Il va falloir réembaucher, alors qu'il aurait aimé souffler un peu, après toutes leurs mésaventures. Will est reparti, voir sa mère maintenant et Sonny lui envoie deux, trois textos, histoire de le soutenir. Il sait à quel point Will peut aimer et combien il peut être empathique. Il réfléchit à quoi pourrait leur changer les idées. L'idée d'un voyage revient le tenter. Pour cet été, peut-être. Il faudra qu'il cherche des promotions.
Abby est venu en coup de vent, apportant des nouvelles de Chad, qui paraît-il se fait dorloter avec plaisir, mais est vraiment délirant de fièvre. « Tu crois que ça vient de quand il était en cavale ? » Il voit sa cousine fermer les yeux rapidement et ajoute « Désolé pour les mauvais souvenirs... » Mais elle le regard et répond « T'inquiète, ils s'éloignent doucement. Non, en fait, je crois que ça vient du fait que Monsieur se croit au mois de mai et se balade en T-shirt toute la soirée. Je n'ai pas envie de jouer à sa maman mais franchement... » Sonny rit et se sent un peu mieux. Il voit T arriver avec Audrey et les installe rapidement. Il présente Abby puis repart en arrière-boutique. Quand il émerge dix minutes plus tard, il doit courir un moment dans le café pour s'occuper de commandes et bientôt T s'énerve un peu « Bon, Sonny, si tu veux pas discuter, dis-le tout de suite ? » Sonny freine devant la table et répond, sarcastique « Excuse-moi, T, je vais ignorer mes clients et parler du temps qu'il fait pendant un quart d'heure avec toi. Je suis sûr que ce sera bon pour les affaires... » T lève les bras au ciel « Ça va, ça va, désolé ! Tu devrais embaucher quelqu'un de plus, non ? » Sonny hausse les épaules « Oui, c'est prévu, figure-toi mais pour remplacer une employée. Pourquoi, t'es intéressé ? » Il se mordrait la langue après la réponse de T « Oh, ouais, c'est clair. Rien de tel qu'un boulot sympa avec un patron qui sort avec mon meilleur pote ! Préviens-moi quand je peux commencer ! » Audrey lève les yeux au ciel « T, tu n'as aucun savoir-vivre... Sonny disait ça en plaisantant ! Tu crois vraiment que tu serais à la hauteur ? » Un appel de l'autre côté de la pièce évite à Sonny d'assister à la scène. Il n'y a pas qu'entre les parents de Will que le torchon brûle. C'est une mauvaise journée pour les couples apparemment et il se promet d'être prudent.
Will arrive assez tard, quand il n'y a presque plus personne et Sonny en profite pour le serrer fort dans ses bras. Il le sent se détendre légèrement « Merci, mon chéri d'amour. J'ai besoin de toi. » La voix innocente et franche de Will l'atteint au cœur et il répond « Je suis là, chaton. Toujours. » Will l'embrasse sensuellement et s'il n'y avait pas deux trois clients encore là, Sonny serait prêt à entraîner Will vers son bureau pour lui apporter une autre forme de soutien plus personnelle. Il se contente de lui en souffler la promesse et commence à ranger. Une demi-heure plus tard, la porte est fermée et Sonny s'active rapidement. Will est allongé sur une des banquettes, les yeux dans le vague. Sonny se rappelle quand ses parents se sont séparés. La douleur intime. Il avait eu l'impression de ne plus autant exister. Will s'en sort finalement super bien vu son passif. Sonny se sent un peu ridicule de ses peurs de la veille. Will est loyal et il sait la valeur de l'amour. Son envie augmente de plus en plus et il n'arrive pas à tenir jusqu'à leur appart. Allongé sur la banquette arrière de sa voiture, Will jouit doucement, les mains perdues dans les cheveux de Sonny. Il ne lui rend pas la pareille mais Sonny se sent mieux. Ils rentrent chez eux, la main dans la main. Trente secondes plus tard, Sonny est allongé sur le lit, essayant d'empêcher Will de déchirer ses vêtements vu la hargne qu'il met à les lui enlever. Il finit par céder et se laisse envahir par les sensations intenses et brûlantes et pourtant pleine de la douceur qui constitue Will.
Une fois allongés l'un près de l'autre, Sonny écoute son chéri lui raconter sa journée plutôt déprimante. Il l'embrasse sur la tempe et se lance sur l'histoire de Chad et Abby, puis rajoute le départ de sa barista. « Tu vas devoir refaire des entretiens d'embauches, alors ? » Pas sûr... T m'a dit qu'il serait intéressé et je commence à me dire... pourquoi pas ? Je peux lui donner sa chance. » Will a un sourire narquois « Passer ta journée avec T ? Je demande à voir ! » « On verra. C'est ton ami après tout. Il doit avoir quelques qualités cachées. » Will rit et le son est magique. La distraction marche. « Il en a, crois-moi. Et pourtant quand j'ai fait mon coming-out, c'était pas ça. Au début, il l'a mal pris et après, il savait pas comment réagir. Un peu comme Sebastian, tu sais ? » Sonny lève les sourcils « Tu avais remarqué ? Je voulais t'en parler. » « Oh, je suis pas aveugle, tu sais. Je vois qu'il fait des efforts et Payne m'a dit qu'il était sympa. Je lui donne sa chance. » C'est du Will tout craché, ça. Sonny embrasse son homme et le prend dans ses bras. Juste avant de s'endormir, il entend « Merci d'être toujours là. »
