Bonjour. Dans ce chapitre il y aura une scène qui pourrait choquer les âmes (très) sensibles. Je prends donc mes précautions en vous avertissant :) Bonne lecture quand même !

Disclamer: Tout appartient (encore) à J.K Rowling et Warner Bros.


Chapitre 4: Collier

Hermione était assise au pied de son chêne favori dans le parc de l'école. Elle avait passé de nombreuses heures à cet endroit l'année passée en compagnie de quelqu'un qui lui était très cher.

Elle joua quelques instants avec la chaîne en argent qu'elle portait autour du cou d'un air pensif, puis sortit le pendentif qu'elle avait habitude de cacher sous son uniforme. Le collier avait une forme ovale et contenait une émeraude en son milieu. À la vue du bijou, la Gryffondor sourit : cet objet avait une valeur sentimentale inestimable.

« Salut. »

La jeune fille sursauta, cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus été dérangée sous son arbre.

« Je ne voulais pas te faire peur. »

Drago Malefoy se tenait debout devant la Gryffondor, les sourcils légèrement froncés.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il en désignant d'un coup de tête le collier d'Hermione.

À la venue du jeune homme, Hermione avait emprisonné le pendentif de ses doigts et le serrait le plus fort possible, en total réflex de protection. Personne n'avait jamais fait attention à son bijou et cela était bien : elle ne voulait rien raconté de son histoire.

« Ce n'est rien, un simple collier. » dit-elle en relâchant sa prise et en le remettant sous sa chemise.

Drago avait tout de même eu le temps d'apercevoir l'objet; il avait cessé de bouger et regardait le sol d'un air vague. Hermione se rappela qu'il avait déjà eu une attitude similaire il y a trois jours, quand il l'avait suivi à la fin du cours de Potion. Elle ne prit pas la fuite comme la dernière fois et attendit simplement qu'il revienne à lui. Quand ce fut le cas, le jeune homme avait l'air troublé.

« Je peux m'assoir ? » demanda-t-il.

Hermione acquiesça et le garçon se plaça à côté d'elle.

« Tu viens souvent ici ?

-Ça m'arrive, répondit-elle. »

Hermione n'osait pas regarder le blondinet, elle savait que lorsqu'elle mentait son visage prenait une teinte rouge vif. Elle venait en vérité à cet endroit tous les jours depuis la rentrée.

« Tu as encore eu ce « moment de vide » comme l'autre jour… qu'est-ce que c'est ? questionna la Gryffondor.

-Oh, mes moments d'absence ? Rien de grave, ce sont les séquelles de mon accident. Tu sais peut-être que j'ai été absent toute l'année dernière…

-J'ai dû en entendre parler…murmura-t-elle.

-Et bien, j'ai eu une petite mésaventure et en voici le résultat. J'ai été dans le coma durant toute l'année et mon cerveau s'imagine à présent des trucs. J'ai de légers problèmes de mémoire aussi, continua-t-il.

-De légers problèmes ? Tu ne te souviens plus de quoi par exemple ?

-Je ne me souvenais plus quels cours nous avions en commun, toi et moi.

-Oh, ce ne sont pas des problèmes très graves alors… chuchota-t-elle en ravalant du mieux qu'elle pouvait les larmes qui lui piquaient les yeux.

-La dernière fois, je n'ai pas réussi à t'exposer ce dont je voulais te parler. C'est à propos de ces moments d'absence, justement. Je-comment l'expliquer- j'ai pour habitude d'oublier rapidement les images que j'ai en tête à ce moment-là, elles sont en général floues et ne sont pas intéressantes. Seulement, depuis la rentrée je vois des scènes où tu es présente et qui paraissent tellement réelles ! Comme si je les avais déjà vécues… et ça me perturbe. Je n'arrive presque plus à dormir à cause de cela ! J'aimerais savoir si tu pourrais me renseigner à propos de ces instants, si tu avais ne serait-ce qu'une explication à me donner !

-Je…

-Pourquoi tu y es présente ? Dans mes souvenirs on ne s'est jamais vraiment aimés, ni même parler ! Mais j'avoue avoir même oublié le comportement que j'avais avec toi il y a plusieurs années, je crois que je t'insultais, que je te lançais des piques durant toute la journée… je n'en suis plus très sûr.

La Gryffondor avait tourné la tête vers le garçon aux cheveux blonds pour le regarder. Il voyait des scènes dans lesquelles elle était présente ? Que pouvait-il voir la concernant ? Serait-ce possible qu'il… Non, cette idée était absurde. Le garçon devait juste avoir rêvé quelque chose en rapport avec sa journée, il avait dû l'apercevoir dans les couloirs et elle avait pris une place dans son « moment d'absence ». Rien de plus.

Et depuis quand Malefoy se préoccupait-il autant d'elle ? Pourquoi avait-il cessé de faire l'indifférent et de passer son chemin face à elle ? En pensant à cela, la jeune fille commença à ressentir quelques picotements réguliers dans les bras ainsi qu'un filet de liquide chaud traverser sa chemise. Elle savait exactement la raison de ce saignement brutal et ne paniqua pas. Elle se félicita d'avoir enfilé son pull gris avant de sortir malgré la température agréable qu'il y avait cette après-midi et décida qu'il fallait qu'elle s'en aille rapidement avant que certaines tâches de couleur rouge n'apparaissent aux yeux du Serpentard.

« Tu ne te comportais effectivement pas bien avec moi il y a quelques années, ton attitude était similaire à celle que tu possèdes actuellement avec Harry et Ron. Je ne vois pas en quoi je pourrais t'aider pour tes moments d'absence, je ne vois pas du tout la cause de ma présence dans ceux-ci. J'ai maintenant des choses à faire alors je vais te laisser », annonça-t-elle avant de se lever et de quitter le parc précipitamment en tentant de camoufler son expression de douleur qu'elle avait sur le visage.

Hermione avait couru jusque dans les dortoirs encore vide à cette heure-là et s'était assise au centre de son lit. Elle enleva son pull et découvrit sa chemise couverte de sang. Elle soupira pour se donner du courage puis releva ses manches. Les cicatrices, qui avaient pour habitude d'être légèrement en relief et de couleur blanche, qu'elle avait sur les bras étaient devenues violettes et laissaient déverser en leur centre du liquide rouge. La vision de ses bras eut pour effet d'accentuer la douleur qu'avait la Gryffondor mais elle relativisa en se disant qu'elle ne souffrait pas autant que lorsqu'on les lui avait infligées. Hermione ferma les yeux et se rappela la scène :

Bellatrix Lestrange n'avait jamais été connue pour sa sensibilité et sa générosité mais plutôt pour sa froideur et son absence de pitié. L'élève aux cheveux châtains agenouillée devant elle priait cependant pour que le caractère de la jeune femme eut subi un changement radical. Neville lui avait déjà raconté l'histoire de ses parents qui avaient eu affaire à Bellatrix et Hermione espérait de toutes ses forces qu'elle ne lui réservait pas le même sort. La Gryffondor ne savait pas vraiment dans quel endroit elle se trouvait mais à vrai dire, le nom du bâtiment dans lequel elle allait peut-être passer ses dernières heures lui importait peu. La voix aiguë de la femme aux cheveux longs et noirs résonna dans la pièce :

« Que t'avais-je demandé, Hermione ? »

Devant l'absence de réponse, Bellatrix mit l'élève en lévitation.

« Que t'avais-je demandé, Hermione ? » répéta la femme.

La concernée lança des regards inquiets autour d'elle, à la recherche d'une éventuelle sortie, mais la pièce était trop sombre pour qu'elle ne puisse voir autre chose que la personne présente devant elle.

« Non, non, non, il ne sert à rien de chercher à t'enfuir. Nous nous trouvons dans une pièce sans fenêtre ni porte. Rien d'autre n'est présent ici à part toi et moi. Astucieux n'est-ce pas ?»

La femme laissa retomber la Gryffondor à terre sans délicatesse et démarra une marche lente autour de celle-ci.

« Hum… toujours pas de réponse… je vois que tu as envie de jouer et tu as de la chance, je suis de bonne humeur aujourd'hui. Endoloris ! »

Le cri de douleur qui s'échappa de la gorge d'Hermione résonna dans la pièce. Elle se recroquevilla sur elle-même et ne se rendit même pas compte que des larmes coulaient de son visage. Quand le sort cessa, Bellatrix ria d'une manière froide, contente d'elle.

« Je répète une énième fois, que t'avais-je demandé, Hermione ? »

L'élève ne voulait pas revivre cet instant de douleur intense mais fallait-il pour autant qu'elle arrête de résister ? Qu'elle se laisse traiter comme une faible, qu'elle se plie aux exigences d'une autre personne ? N'était-elle pas une Gryffondor, une maison dans laquelle les élèves étaient réputés pour leur courage ?

Seul le silence répondit à la femme aux cheveux bouclés. Cette dernière perdit patience : elle arrêta de marcher, prit sa baguette dans sa main droite et la pointa vers le bras de la jeune fille.

« Que…t'avais…je…de…man…dé…Her…mi…one ? »

À chaque nouvelle syllabe, elle entailla profondément la chair pour que la Gryffondor se souvienne encore pendant longtemps que lorsque Bellatrix posait une question, on y répondait.

Hermione hurla de douleur une nouvelle fois et son sang coula à une vitesse affolante. Son tee-shirt blanc prit une couleur rosée et, comme elle avait les cheveux attachés, Bellatrix en profita pour laisser quelques marques sur son cou. La jeune fille commença à sentir que si elle n'agissait pas maintenant, elle pourrait peut-être perdre l'usage de ses bras ou ne plus pouvoir bouger son cou du tout. Alors, sachant que l'adulte ne s'arrêterait jamais avant d'avoir eu ce qu'elle voulait, elle répondit à la question.

« De ne plus m'approcher de Drago. »

Hermione essuya les quelques larmes qui coulaient de ses joues d'un geste rageur : elle détestait Bellatrix Lestrange. Elle ne voulait plus ressentir toute cette souffrance… Pour rien au monde. La seule solution pour éviter de revivre ce cauchemar serait que Drago Malefoy cesse de fouiller dans sa mémoire car il risquerait de causer des dégâts inimaginables.

Après avoir laissé Hermione s'en aller, le Serpentard avait ressenti une étrange douleur dans ses bras. Il avait relevé ses manches et avait observé avec attention l'endroit où il ressentait ce mal mais n'avait rien trouvé d'autres que sa peau lisse et pâle. La sensation qui le parcourait était indéfinissable et inhabituelle, pas semblable à celle qu'il avait éprouvée quand il était tombé la première fois de son balai ou quand Buck l'avait attaqué. Non, cette fois-ci c'était comme s'il ressentait la douleur de quelqu'un d'autre.


Bon, je sais, je suis un peu sadique avec l'histoire Bellatrix/Hermione. Mais après tout, je crois que Bellatrix est profondément méchante donc je ne pouvais pas faire autrement pour cette scène ! :) Qu'en pensez-vous? Avez-vous aimé le chapitre ?