Auteur : Setsunafr - 29/06/2023

Disclaimer : Le monde de Kuroko No Basuke et les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki

Rating : T

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Coucou :)

Chose promise, chose due :D

Je sais que j'arrive avec beaucoup de retard mais je tenais à écrire ce petit OS pour ton anniversaire, Malo. Le contenu est un peu différent de ce que j'écris habituellement (enfin je crois). L'idée de départ a très vite émergé. La dérouler a pris un peu de temps. J'espère qu'il te plaira.

Alors, joyeux anniversaire très en retard, Malo.

Bonne lecture à toi.

Bonne lecture à tous.

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Shadow : je profite de cet OS pour te remercier pour ta review sur « Rendez-vous arrangé ». Je ne sais pas s'il y aura une suite mais en tous cas, la demande semble générale xD

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Un après-midi d'été

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En ce bel après-midi de juillet, les rues commerçantes de Tokyo s'animent comme à leur habitude. Les promeneurs déambulent, glissant d'une vitrine à l'autre en s'extasiant devant un vêtement à la mode, une paire de chaussures ou la figurine d'un héros de manga fièrement mise en valeur dans un décor médiéval-fantaisie.

Certaines demoiselles s'abritent du soleil sous leur parapluie de papier, reconditionné en ombrelle pour cette journée à la chaleur étouffante. Car les rayons de l'astre de feu chauffent durement, rendant le macadam des trottoirs brulants et collant les chemises et les t-shirts aux peaux humides.

Un peu plus loin, les familles profitent de la relative fraicheur offerte par la végétation entretenue d'un parc urbain pour se poser à l'ombre bienfaitrice d'un cerisier, protecteur naturel aux couleurs apaisantes. Ce décor paisible offre à qui se donne la peine d'y prêter attention, un tableau des plus exquis, agrémenté du joyeux gazouillis des oiseaux dans les branchages et des éclats de joie des enfants que la chaleur ambiante semble ne pas atteindre. Ils courent pieds nus en riant, jouant entre eux et appréciant le contact de l'herbe fraiche sous leurs orteils.

Sur les chemins bétonnés zigzagant à travers le parc, glissent quelques cyclistes dont les cheveux ondulent sous le vent de leur course. Tous ont le sourire. Tous savourent.

Plus loin encore, en laissant le parc derrière soi, se dévoile un espace mis à disposition des plus sportifs. D'ailleurs, à cet instant, avant même d'apercevoir le terrain, le bruit sourd d'une balle rebondissant sur le bitume indique qu'il est occupé. Deux jeunes hommes à la stature imposante pour des japonais se font face. L'un tapant d'une main un ballon orange dans un mouvement souple et régulier, et l'autre campé sur ses pieds, scrutant le moindre mouvement qui lui indiquera la direction que l'autre prendra. Le maillot typique des joueurs de basket, long et sans manches, leur colle à la peau. Leurs cheveux trempés par l'effort se plaquent à leur nuque et à leur front. Quasi immobiles en dehors d'un mouvement de main accompagnant celui régulier du ballon de cuir orange, ils se toisent. Muscles bandés, respiration hachée. Rien ne peut ébranler leur concentration.

Ils ne prêtent pas attention aux quelques feuilles qui parsèment le terrain çà et là. Elles proviennent d'un catapla au feuillage dense et aux fleurs blanches rappelant des orchidées. Cet arbre à l'âge respectable veille sur ce lieu depuis des décennies. Bien avant la construction de l'espace sportif, il apportait déjà sa fraicheur au sol initialement de terre et de poussière. Désormais, il surplombe une partie de la bande herbeuse entretenue qui entoure l'aire de basket, et étend son ombre sur un infime morceau du terrain de jeu. Ses branches massives et son feuillage vert offrent leur protection à un banc de bois sur lequel, à leur arrivée, les deux joueurs ont négligemment posé sacs à dos, serviettes éponges et bouteilles d'eau en prévision de leurs breaks. D'ailleurs, le prochain ne devrait plus tarder. Cela fait plus d'une vingtaine de minutes qu'ils s'affrontent sous une température quasi caniculaire sans s'hydrater.

Mais en attendant, ils se toisent toujours, inconscients de la présence des jeunes spectateurs qui, debouts sur l'herbe, ressentent leur tension et attendent avec intérêt leur prochain mouvement. Il faut avouer que leurs duels, souvent spectaculaires, représentent pour ces adolescents un divertissement quasi-quotidien. Et aujourd'hui ne fait pas exception. Malgré la chaleur accablante, le spectacle reste entier.

Soudain, la litanie du ballon, battant le sol à une régularité quasi métronomique, se brise alors qu'un rebond plus sec marque le déplacement brutal de l'homme à la peau mate. Il déborde son adversaire qui réagit immédiatement pour le contrer, bloquant son mouvement de son corps massif.

Aomine ne se laisse pas impressionner. Il tourne sur lui-même pour faire dos à Kagami mais ce dernier bouge tout aussi vite pour lui faire de nouveau face et lui lance un regard déterminé. Ils prennent une seconde pour savourer la jouissance de ce défi en cours qui se lit sur le sourire dessiné sur leurs lèvres. Une toute petite seconde avant qu'une danse quasi millimétrée ne s'installe entre eux, alternant faces à faces ponctuellement figés et déplacements en miroirs, preuve que les deux hommes se connaissent sur le bout des doigts.

Au-delà d'une rivalité certaine sur le terrain, ce ballet parfaitement orchestré révèle une réelle osmose entre eux. Un œil particulièrement averti pourrait presque percevoir les gestes quasi invisibles qu'ils utilisent à dessin pour déstabiliser l'autre. Tantôt une œillade explicite tantôt un effleurement du bout des doigts, imperceptibles pour les jeunes spectateurs tant ils se confondent avec leurs bousculades viriles inhérentes au basket de rue. Le tout accompagné d'expressions concentrées, par moments gommées d'un rictus satisfait.

Pas un mot échangé. Ils ne s'expriment que par le langage du corps et celui de leurs regards qui ne se lâchent pas.

Au-dessus de ce duel, le ciel se couvre de nuages d'un noir inquiétant. Le vent jusqu'alors inexistant se lève doucement. D'abord en une brise fugace n'apportant aucune fraicheur tant l'atmosphère ambiante est lourde. Puis en quelques légères bouraques faisant danser les feuilles par intermittence.

Absorbés par leur joute, les deux hommes ne sentent pas ce changement d'atmosphère et glissent sur l'asphalte dans des bruits de semelles et de cuir claquant au sol.

Et pourtant, l'air ambiant change…

L'environnement s'assombrit... Les gazouillis chantant des oiseaux se taisent face à l'imminence d'une nature qui s'apprête à déverser son mécontentement.

Une goutte d'eau, furtive, s'écrase au sol dans l'ignorance générale. Une seconde, puis une troisième… éparses mais lourdes et épaisses, mouchetant l'asphalte.

L'odeur change. Celle de l'humidité mêlée au bitume chaud emplie les narines des spectateurs, couvrant le parfum des fleurs de catalpa.

Au loin, un grondement sourd se fait entendre, accompagné d'une rafale de vent chaud. Les tâches mouillées au sol disparaissent pour ne plus former qu'une masse plus sombre sur laquelle les deux joueurs poursuivent leur course, insensibles aux gouttes qui tombent sur leur peau et leur t-shirt déjà trempés par l'effort.

Sur les trottoirs avoisinants, les promeneurs accélèrent le pas pour échapper au déluge qui s'annonce, alors que sur le terrain le ballon entre dans le panier, accompagné d'un rictus satisfait sur les lèvres d'Aomine. Sans attendre, il repart directement sur les traces de Kagami vers la raquette adverse.

Absorbé par le jeu, Kagami ne sent pas sous ses doigts le ballon s'humidifier au fur et à mesure que la pluie s'intensifie. Et tandis qu'il évolue vers le panier adverse, un éclair zèbre le ciel sombre, presque immédiatement suivi d'un claquement sec. Sans plus de semonce, des trombes d'eau se déversent subitement, formant un rideau de pluie qui barre la vue des deux joueurs.

Semblant tout à coup réaliser la situation, Kagami s'arrête, immédiatement imité par Aomine. L'eau tombe à seau et les douche en l'espace de quelques secondes, avant même qu'ils n'aient le temps de bouger. Les quelques jeunes encore présents viennent de déserter les lieux en courant dans des bruits de pas claquant dans les flaques, les laissant seuls dans l'ambiance sombre de l'orage.

Aomine fronce les sourcils et se passe une main sur le front pour se débarrasser de l'eau qui lui dégouline dans les yeux. En face de lui, les cheveux complètement plaqués sur le crâne, Kagami glisse le ballon sous son bras. Ils restent quelques instants sans bouger sous la pluie tiède, en se regardant, l'air idiot, comme s'ils revenaient à la réalité. Puis sans un mot, ils s'avancent à grandes enjambées vers la bande herbeuse, pour rejoindre le catapla sous lequel les attendent leurs affaires.

A l'abri sommaire offert par le feuillage dense de l'arbre, ils constatent l'état de leurs vêtements détrempés par les seaux d'eau qui se sont abattus sur eux. Kagami attrape l'une des serviettes posées sur le banc et l'envoie d'un geste souple à Aomine qui le remercie d'un sourire avant de s'éponger généreusement le visage.

- Quatre à deux, déclare l'ex-Tōō très fièrement en se frottant énergiquement les cheveux.

Kagami hausse les épaules sans que son compagnon ne le voit et s'empare d'une bouteille d'eau qu'il vide à moitié, alors qu'un éclair déchire le ciel pour se perdre derrière un immeuble. Les yeux rivés vers les nuages chargés d'électricité, Aomine glisse distraitement la serviette autour de son cou.

- C'est beau, dit-il rêveusement alors que le tonnerre gronde.

Il ferme les yeux et inspire longuement.

- J'adore l'odeur de la terre mouillée…

La tête enfouie dans son morceau d'éponge, Kagami se sèche sommairement les cheveux avant de regarder à son tour la ville engloutie dans la noirceur de l'orage et de respirer à plein poumons.

- Ouais… ça sent bon.

Il laisse son regard glisser sur l'ombre des immeubles qu'il distingue difficilement à travers le rideau de pluie. Puis, il se hâte de rassembler les affaires tandis qu'Aomine semble perdu dans la contemplation du ciel qui se zèbre d'une nouvelle salve d'éclairs illuminant les alentours, immédiatement suivi d'un claquement sourd.

- Bon, il ne faut pas qu'on reste là…, dit Kagami en tendant l'un des sacs à son compagnon.

- Ouais, mieux vaut une bonne douche que de se prendre la foudre et finir en saucisses grillées. Et au point où on en est…, s'amuse Aomine en regardant son tee-shirt trempé.

Kagami lui renvoie un sourire entendu et ajoute :

- Et puis, ce serait un comble pour un pompier de finir foudroyé sous un arbre…

- Il y a clairement d'autres moyens de faire des étincelles, renchérit Aomine en appuyant ses propos d'un regard explicite qui fait rire son compagnon.

Les deux hommes se précipitent alors sous le déluge dans de grandes enjambées sportives éclaboussant le sol pour, au bout d'une poignée de secondes, ne devenir que deux ombres floutées disparaissant derrière le rideau de pluie.

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Le silence entoure le terrain de basket déserté. Au sol, de grandes flaques d'eau, résidus de l'orage qui s'est déversé sur la ville quelques minutes plus tôt, reflètent le paysage alentour. Seul le doux cliquetis des dernières gouttes d'eau glissant des arbres se fait entendre, comme si la nature s'assurait que le déluge soit bien terminé avant de se remettre en mouvement.

Sur la pelouse détrempée au pied du catapla aux feuilles lourdes d'humidité, un oiseau se pose doucement. Sa petite tête pivote en mouvements hachés, caractéristiques de sa surveillance des lieux et son analyse du danger. Rassuré, il sautille pour avancer de quelques mètres, avant de s'arrêter et offrir au silence son gazouillis joyeux. Dans les branchages au-dessus de lui, un écho à son chant se fait entendre, alors que dans le ciel un rayon de soleil transperce les nuages pour illuminer les lieux, et que les prémices d'un arc en ciel plongeant derrière les immeubles se devine lentement.

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C'est un texte un peu court, mais l'idée n'était pas de l'étirer sur des pages et des pages. Il n'y avait pas d'objectif précis à développer pour les personnages, juste décrire une ambiance comme je les aime. J'espère être parvenue à vous partager ce que m'inspire l'orage.

Encore bon anniversaire trèèèèès en retard, Malo.

A très vite :)