Rebonjour ! ^^
Me revoilà avec le deuxième chapitre. J'espère toujours qu'il vous plaira.
Je veux tout d'abord remercier Alienor la Fantasque, Mawenn35, scpotter, Tayame Hatake et Evangeliade pour leur très gentille review. Ça m'a motivé. ^^ Et merci à CandyOrchird pour avoir mis ma fic dans ses favoris !
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)
Au fait, j'ai oublié bêtement de le préciser dans le premier chapitre, mais les Mauradeurs sont en septième année dans ma fic. Voilà ! ^^
Bonne lecture !
Chapitre 2 ― Échange de corps
Le lendemain matin, lorsqu'elle se réveilla, Minerva n'ouvrit pas immédiatement les yeux. Elle songea d'abord à tous les travaux et devoirs qu'elle avait à corriger, les plans de cours à réviser pour la semaine prochaine et la paperasse à remplir avant lundi. Puis elle pensa à Elphinstone. Définitivement, elle n'avait aucun temps à lui accorder. Il fallait qu'il comprenne. Ce fut avec la résolution de lui écrire une bonne fois pour toutes qu'elle ouvrit les paupières.
Un baldaquin rouge velours, tendu au-dessus de sa tête, apparut devant ses yeux. Minerva fronça les sourcils. Comment se faisait-il que ses rideaux de lit aient changé de couleur ?
Lentement, elle se redressa sous les couvertures, puis de longs cheveux roux et épais lui tombèrent sur les épaules.
― Mais qu'est-ce que c'est que ça ? souffla-t-elle, effarée, en passant ses mains sur sa tête, puis sur son visage.
Elle remarqua ensuite que ses ongles étaient rongés.
― Non...
Dans un soubresaut, elle se jeta en bas du lit et s'aperçut qu'elle se trouvait dans un dortoir de la tour de Gryffondor. Des ronflements paisibles s'élevaient des autres lits dans lesquels dormaient des élèves. Avec des yeux ronds, Minerva plaqua ses mains sur sa poitrine, sur la chemise de nuit blanche dont elle était vêtue, les descendit sur son ventre, ses hanches, puis s'exclama d'une voix étouffée :
― Miss Evans !
Ses pieds nus martelaient la pierre froide du sol tandis qu'elle arpentait les couloirs en direction de ses appartements. Cette blague était de très mauvais goût, pensait-elle avec colère. Elle comprenait Miss Evans d'avoir voulu se venger après ce qu'elle lui avait dit la veille sous l'impulsion. Mais de là à interchanger les corps ? C'était un peu fort. Miss Evans connaîtrait sa fureur et elle pouvait oublier tout de suite la soirée de Slughorn.
La porte s'ouvrit à la volée et Minerva pénétra dans son salon. Lorsqu'elle entra dans sa chambre, sa colère s'exacerba à la vue de son corps étendu à plat ventre, les bras en croix, avec un filet de bave s'échappant de sa bouche, maculant l'oreiller.
― Miss Evans ! s'écria-t-elle avec une voix aiguë qui n'était pas la sienne. Miss Evans, réveillez-vous !
Le corps du professeur McGonagall remua un peu, grogna, puis retomba dans le sommeil.
― Miss Evans, je vous ai demandé de vous réveiller !
― Oh, ça va, Mary, je suis réveillée, marmonna Lily avec la voix rauque du professeur McGonagall. Pas la peine de crier...
Elle se retourna dans les draps et se remit à ronfler. Minerva bouillonna de l'intérieur. D'un pas furieux, elle contourna le lit, rabattit brusquement les couvertures et secoua le bras de son corps.
― Miss Evans, ça suffit ! hurla-t-elle à son oreille. Si vous ne vous réveillez pas maintenant...
― Quoi ! s'exclama Lily en se redressant sur ses coudes, avec mauvaise humeur. Oui, oui, Mary, je me réveille ! Regarde, je me réveille, là ! Ce n'est pas la peine de crier comme ça, j'ai dit !
Lily se massa le trou de l'oreille en grommelant un flot de jurons.
― Je ne suis pas Mary ! Et j'exige que vous mettiez fin à votre petite plaisanterie immédiatement !
― Quoi, quelle plaisanterie ? demanda Lily qui se frottait à présent les yeux. Aïe ! Mais c'est quoi ces longs ongles ? Mais ce n'est pas mes mains, ça...
Et devant l'expression de totale stupéfaction qu'afficha Lily en examinant ses doigts de plus près, Minerva se dégonfla.
― Ce n'est pas vous qui êtes à l'origine de cette mauvaise blague ? interrogea-t-elle d'un ton plus calme.
Lily tourna lentement la tête vers elle. Il y eut un bref moment de silence, puis...
― Aaaaaargh !
Lily s'arracha des draps et tomba lourdement en bas du lit. Elle se releva en vacillant et regarda à nouveau son propre visage qui l'observait.
― Qui... qui êtes-vous..., balbutia-t-elle en reculant, les mains tendues devant comme si elle craignait d'être attaquée. Que me voulez-vous ? Pourquoi avez-vous pris mon apparence ? Et... et où suis-je ? demanda-t-elle en regardant autour. C'est quoi cette chambre ?
― Ça répond à ma question, soupira Minerva. Dans ce cas, je suppose qu'il s'agit encore d'un coup de Potter et Black, présuma-t-elle d'un ton amer.
― Vous les avez kidnappés aussi ? s'horrifia Lily.
― Oh, je vous en prie, Miss Evans ! s'exclama Minerva avec agacement.
Elle s'avança vers le miroir sur pied près de sa commode ― Lily s'écarta précipitamment de son chemin ― et se retourna en déclarant d'un ton sec :
― Je suis le professeur McGonagall.
Lily blêmit.
― Qu-quoi ? Vous êtes qui ?
Lily redouta soudain quelque chose de terrible. Hésitante, elle s'approcha du miroir, la lèvre entre les dents, retenant son souffle. Dès que ses yeux croisèrent ceux du reflet blafard du professeur McGonagall, en chemise de nuit avec les cheveux dans un filet, elle poussa un long hurlement strident.
― Nooooon ! Mais qu'est-ce qui m'est arrivé ? Pourquoi j'ai cette tête ? Regardez mon visage ! Mon visage !
― Ne vous inquiétez pas, Miss Evans, dit Minerva en tendant une main apaisante vers elle. Nous ne resterons pas comme ça.
― Je suis si vieille ! se plaignit Lily en inspectant les rides autour de ses yeux. Et c'est quoi ce filet ridicule ?
― Je vous demande pardon ?
― On dirait ma vieille tante Betty !
Lily tira sur l'élastique du filet et le relâcha sur son front avec effarement. Minerva la regarda avec indignation.
― Un peu de respect, s'il vous plaît !
― Qu'est-ce que vous avez fait ? demanda brusquement Lily en se retournant vers elle, menaçante. Pourquoi avoir volé mon apparence ? Rendez-moi mon corps ! Tout de suite !
― Je n'ai pas volé votre apparence ! s'écria Minerva en faisant un bond en arrière, car Lily avait esquissé le geste de l'agripper au collet. Comment osez-vous proférer de telles accusations contre moi ? Et qu'est-ce que c'est que ces gestes déplacés envers un professeur ?
Les yeux de Lily s'humidifièrent.
― Je... je suis désolée, professeur... Je suis... Enfin, c'est parce que je panique un peu, là...
― J'avais remarqué, répliqua Minerva en rejetant une mèche rousse derrière son épaule. Je ne sais pas qui s'est amusé à interchanger nos deux corps, mais vous pouvez être certaine que le coupable sera lourdement puni. Habillez-vous et suivez-moi jusqu'au bureau du professeur Dumbledore. Il saura remédier à notre situation. Prenez l'une de mes robes dans ma garde-robe.
Mais Lily ne bougea pas.
― Je dois me déshabiller ?
― Vous connaissez un autre moyen de vous changer ? dit Minerva en haussant un sourcil.
― Mais... je ne veux pas vous voir toute nue, moi...
Minerva dévisagea Lily en pinçant les lèvres, puis se rendit à la garde-robe.
― Je comprends votre malaise, Miss Evans, dit-elle en se saisissant d'une longue robe émeraude qu'elle lui tendit d'un geste impatient, mais il est hors de question que vous vous baladiez dans les couloirs avec mon corps dans cette tenue. Gardez les yeux fermés si vous préférez, mais revêtez ça. Et ça aussi, ajouta-t-elle en sortant d'un tiroir un soutien-gorge blanc.
― Et si je ne faisais qu'enlever le filet ? suggéra Lily. Déjà, vous aurez l'air beaucoup moins ridicule et...
― Miss Evans ! aboya Minerva d'un regard outré.
― D'accord, ça va ! dit Lily en prenant les vêtements d'un geste résigné. Pas la peine de s'énerver... Je vais enfiler ça en gardant la tête haute.
Minerva hocha la tête d'un air incrédule.
― Je ne vous pensais pas aussi insolente, Miss Evans.
― Où est la salle de bain ? demanda Lily en ignorant le commentaire.
― Elle est là-bas, répondit Minerva en indiquant une porte à droite de la coiffeuse. Mais entre vous et moi, nous sommes d'accord pour dire que vous n'avez rien à me cacher.
Elle lui lança un regard ironique, mais Lily se dirigea tout de même vers la salle de bain. Une fois qu'elle fut enfermée à l'intérieur, la voix du professeur McGonagall résonna de l'autre côté de la porte :
― Merde ! Il y a trop de miroirs, là-dedans !
― Il y en a qu'un seul, rectifia Minerva en faisant les cent pas dans la pièce.
― C'est déjà trop !
Minerva ferma les yeux un instant et supplia Merlin de lui accorder une infinie patience. Un moment plus tard, Lily ressortit de la salle de bain, les cheveux tombant librement sur ses épaules, en se tortillant pour essayer d'atteindre la fermeture éclair dans son dos.
― Laissez, je m'en occupe, dit Minerva en se précipitant pour aller l'aider. Maintenant, chaussez ces souliers et asseyez-vous pendant que j'attache vos cheveux.
Lily obtempéra. Elle mit les chaussures noires qui se trouvaient au pied du lit, puis alla s'installer à la coiffeuse.
― C'est vraiment très étrange de me voir, moi, en train de vous coiffer, commenta-t-elle en observant leurs deux reflets dans le miroir. Même que ça fait un peu peur...
― Je vous l'accorde, ce n'est pas très réjouissant, avoua Minerva. Lorsque je trouverai celui qui...
― Aïe ! cria Lily en portant la main à sa tête. Faites attention où vous mettez vos épingles !
― Désolée, je n'ai pas l'habitude, s'excusa Minerva d'un ton sec. D'ordinaire, c'est à moi que je fais ce chignon.
Il y eut un moment de silence pendant lequel Lily observa Minerva nouer sa longue chevelure noire, puis Lily s'éclaircit la gorge.
― Au fait, dit-elle en s'efforçant de prendre un ton égal, je me demandais si vous pouviez repenser à la retenue de Potter...
Minerva eut l'air agacée.
― Miss Evans, ce n'est pas le moment. De toute façon, je ne suis pas du genre à revenir sur mes décisions. Potter mérite cette retenue.
Lily se renfrogna. Toute l'amertume et la colère éprouvées la veille revinrent l'envahir.
― Vous devriez garder les cheveux défaits de temps en temps, conseilla-t-elle alors, une fois que le chignon fut terminé. Ça vous ferait du bien d'avoir l'air moins coincée.
― Pardon ? s'indigna Minerva. Miss Evans, je vous rappelle que, même si mon visage a pris au courant de la nuit l'apparence d'une jeune étudiante, je reste toujours un professeur ! Par conséquent, j'exige un peu plus d'effort de votre part concernant le respect envers ma personne si vous ne voulez pas vous retrouver également en retenue ce soir. Venez.
Dans le dos de Minerva, Lily grimaça en l'imitant silencieusement alors qu'elle la suivait jusqu'à la porte. Qu'allaient penser ses amis en apprenant ce qui lui arrivait ce matin ? songea-t-elle avec un petit rire incrédule.
Avant de sortir dans le salon, Minerva se saisit de sa baguette magique sur sa table de chevet, qu'elle rangea dans une poche de sa chemise de nuit, et de ses lunettes carrées qu'elle tendit à Lily.
― Mettez ça sur votre nez, ordonna-t-elle.
― Oui, Madame Evans...
― C'est professeur McGonagall, corrigea froidement Minerva. Ne faites pas exprès pour me faire perdre patience.
― Je ne fais pas exprès. J'ai juste de la difficulté à vous prendre au sérieux dans mon corps, c'est tout, marmonna Lily en déposant les lunettes devant son regard.
Aussitôt, le décor du salon s'embrouilla.
― Mais elles ne fonctionnent pas vos lunettes, dit Lily en plissant les yeux. C'est pire qu'avant. Là, je vois flou.
― C'est pour voir de près, informa Minerva en s'avançant vers la sortie. Tenez-les sur votre nez et regardez au-dessus.
Elle mit la main sur la poignée, puis se retourna vers Lily d'un air grave.
― Bon, maintenant, écoutez-moi bien, dit-elle. Vous me suivez jusqu'au bureau du professeur Dumbledore en marchant dignement, les yeux fixés devant, sans adresser la parole à personne. C'est compris ? Vous devez faire semblant que vous êtes moi, le temps de remettre de l'ordre dans cette plaisanterie. Et cessez de jouer avec mes lunettes !
― D'accord, répondit Lily qui relâcha la monture, laissant glisser les verres sur le bout du nez. Et vous ?
― Quoi moi ?
― Ben, vous n'avez pas l'intention de sortir dans cette chemise de nuit, quand même.
Minerva déglutit d'un air irrité.
― Je n'ai pas d'uniforme de Poudlard dans mes appartements, Miss Evans. Bien sûr, je pourrais appeler un elfe de maison pour qu'il nous en apporte un, mais comme le temps nous presse...
― Mais vous êtes folle, qu'est-ce qu'on va penser de moi ? s'affola Lily. Si on me surprend en chemise de nuit dans les corridors, on va tout de suite croire que j'ai couché ailleurs et puis, si, en plus, on me voit sortir de vos appartements... Oh, Seigneur, je viens d'avoir eu une image mentale horrible ! s'exclama-t-elle en clignant plusieurs fois des yeux pour chasser la pensée.
― D'abord, j'enlève trente points à Gryffondor pour m'avoir traitée de folle, Miss Evans, reprit Minerva, les yeux étincelants, en s'efforçant toujours de garder son calme. Ensuite, je connais un passage très peu fréquenté pour se rendre au bureau de Dumbledore. Et puis, de toute façon, à cette heure, les élèves se retrouvent tous sur le chemin de la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Je doute qu'on nous surprenne.
Lily la regarda d'un air hésitant.
― Évidemment, poursuivit Minerva, plus on attend, plus il y a le risque que le professeur Dumbledore se retrouve, lui aussi, sur le chemin de la Grande Salle, alors si vous voulez bien...
― D'accord, je vous suis, lança enfin Lily en rechignant.
.
Les couloirs se révélèrent déserts, fort heureusement. S'il avait fallu que quelqu'un croise Lily alors qu'elle se promenait en chemise de nuit avec le professeur McGonagall, elle en mourrait de honte. Elle ne voulait pas même s'imaginer l'expression qu'auraient ses amies en entendant une telle rumeur ; ou pire encore, celle de James. C'est pourquoi elle fut énormément soulagée de reconnaître, au tournant d'un mur, la gargouille qui gardait l'entrée du bureau de Dumbledore.
― Ce sera très simple, dit Minerva en s'arrêtant devant la gargouille. Nous montons tous les deux et vous vous tenez silencieuse pendant que je lui explique notre situation.
― D'accord, dit nerveusement Lily. Mais ça sera gênant de voir mon corps devant le professeur Dumbledore dans cette tenue.
Minerva ne répondit pas et se retourna vers la gargouille. Elle ouvrit la bouche pour lancer le mot de passe, mais au même moment, deux voix à l'unisson s'élevèrent derrière elles :
― Lily ?
Lily sentit son estomac se retourner. Elle fit volte-face. C'était Mary et Alice. Toutes deux affichaient une mine effarée en apercevant la chemise de nuit de celle qu'elles croyaient être leur amie.
― Mais qu'est-ce qui se passe ? demanda Mary en regardant successivement Lily et Minerva. Pourquoi tu n'es pas habillée, Lily ?
― Il s'est passé quelque chose durant la nuit ? interrogea Alice.
― Qu'est-ce que vous faites là ? demanda Lily avec la voix sèche du professeur McGonagall, les yeux écarquillés. Vous êtes censés être à la Grande Salle !
― On était inquiètes, expliqua Alice. Lily n'était pas dans son lit ce matin et on s'est affolée un peu. Ce n'est pas dans ses habitudes de fuir en pleine nuit. Et puisqu'on ne la trouvait nulle part, on a pensé aller avertir le professeur Dumbledore...
― Qu'est-ce qui s'est passé ? répéta Mary. Lily, tu pourrais au moins nous parler. Tu as l'air d'une statue.
Minerva battit alors des paupières pour revenir à elle et s'empressa d'étaler un sourire sur ses lèvres, qui ne parut pas très convaincant.
― Tout va bien, Miss... heu... les filles, balbutia-t-elle tandis que Lily se tordait les doigts avec anxiété. Le professeur McGonagall m'a surprise ce matin dans un couloir alors que j'étais... somnambule. Elle m'amenait voir le professeur Dumbledore afin de s'assurer que ce n'était pas dû à un mauvais sort. Je vous rejoindrai plus tard.
Et elle se retourna vers la gargouille.
― Mais..., protesta Mary en s'avançant d'un pas. Tu es en chemise de nuit, Lily. Professeur, vous ne pouvez pas amener Lily voir le professeur Dumbledore comme ça. C'est humiliant.
― Bon, ça suffit, murmura Minerva de façon à ce que Lily soit la seule à l'entendre. Miss Evans, dites-leur de retourner à la Grande Salle et lancez le mot « Chocogrenouille » à la gargouille. C'est le mot de passe. Et cessez de vous tordre les doigts !
― Je... heu..., bafouilla Lily, de plus en plus nerveuse. Oui, très bien...
Elle se tourna vers Mary et Alice qui essayaient de comprendre ce que chuchotait leur amie.
― Mar... heu, Miss Macdonald, se reprit immédiatement Lily d'une voix tremblotante, Miss Courduot, vous pouvez rejoindre la Grande Salle. Tout est sous contrôle. Je vous expliquerai tout après... je veux dire... Lily... heu... Miss Evans vous expliquera tout après...
― Vous faites exprès de me ridiculiser ? grinça Minerva entre ses dents. Tenez-vous droite et feignez l'assurance, pour l'amour de Merlin !
― Je m'excuse, j'ai trébuché dans mes mots, murmura Lily, le souffle précipité. Vous croyez qu'elles ont remarqué que j'ai dit votre prénom... heu... mon prénom... je veux dire...
― Taisez-vous et prononcez enfin le mot de passe ! s'énerva Minerva.
À présent, Mary et Alice les regardaient avec une grande inquiétude.
― Heu..., hésita Mary. Est-ce que... est-ce qu'il s'est passé quelque chose... heu... entre vous deux ?
― Non ! répondit précipitamment Lily, scandalisée. Absolument pas !
― Bon, là, je n'en peux plus ! s'exclama Minerva qui perdit finalement toute patience. Je me doute que vous ne garderez pas cette mauvaise aventure sous silence alors...
D'un pas décidé, elle alla se planter devant Mary et Alice et lança d'une voix forte :
― Je ne suis pas... ! Je suis... ! Je suis... ? Je suis...
― Tu es quoi ? demanda Mary qui la regardait maintenant comme si elle était devenue folle. Lily, est-ce que ça va ?
Minerva se retourna alors vers Lily d'un air terrifié.
― Je n'arrive pas à le dire ! déclara-t-elle en plaquant ses doigts sur sa bouche.
― Nous dire quoi ? demanda Alice.
― Qui je suis vraiment...
Le cœur de Lily se mit à battre à tout rompre.
― Quoi ? dit-elle d'une voix faible.
Elles se dévisagèrent un moment, pendant que Mary et Alice échangeaient des regards perplexes, puis...
― Vous, dites-leur, ordonna Minerva d'un ton ferme. Dites-leur que je ne suis pas... que je suis...
Lily hocha la tête en signe d'assentiment et s'adressa à ses amies :
― Elle... elle n'est pas... elle est... elle est... Bordel de merde, je n'arrive pas à le dire, moi non plus !
Minerva lâcha une plainte désespérée.
― Mais elle est quoi, à la fin ! s'agaça Mary. C'est quoi tous ces mystères ?
― Vous agissez vraiment étrangement, s'inquiéta Alice qui avait ouvert des yeux interloqués en entendant le professeur McGonagall jurer de la sorte.
Minerva s'éloigna près d'une armure plus loin, une main dans les cheveux, et Lily alla aussitôt la rejoindre.
― On fait quoi ? chuchota-t-elle avec frénésie. Si on ne peut révéler à personne qui nous sommes vraiment, tout le monde va nous croire folles ― en commençant par mes amies ! Oh, Seigneur, que va penser Potter ?
― Punissez-moi, exigea Minerva en plongeant un regard intense dans celui de Lily. Enlevez-moi des points, dites-moi que j'ai été effrontée, que je n'avais pas à vous parler sur ce ton, donnez-moi une retenue pour vous avoir jeté un sort de confusion, faites n'importe quoi, mais sauvez ma réputation !
Il y eut un bref silence angoissant.
― Et la vôtre, ajouta Minerva. Bien entendu. Vous pourriez leur dire que vous avez reçu... enfin, moi qui suis vous... que j'ai reçu un grand coup sur la tête, mais que je devrais m'en remettre bientôt.
Lily se mit à réfléchir à toute allure. Rassemblant son courage à deux mains, elle s'exclama alors avec toute l'assurance dont elle était capable :
― Miss Evans !
La voix du professeur McGonagall claqua dans le couloir. Minerva sursauta contre l'armure et Mary et Alice écarquillèrent des yeux surpris.
― Comment avez-vous osé ? Me jeter un sort de confusion ! À moi ! Un professeur ! Vous ne manquez vraiment pas d'audace ! C'est honteux de votre part d'avoir fait ça ! Totalement humiliant ! J'enlève cinquante points à Gryffondor ! Non, Miss Evans, je ne veux pas un mot de plus de protestation ! tonna-t-elle, bien que Minerva restât figée sans rien dire devant elle. Suivez-moi jusqu'à mon bureau ! Quant à vous...
Elle regarda Mary et Alice qui s'étaient, comme Minerva, pétrifiées sur place.
― Retournez à la Grande Salle ! Mais d'abord, que l'une d'entre vous me rapporte au bureau l'uniforme de Miss Evans. Et que ça saute ! Bonne journée !
Fière d'elle-même, Lily se retourna en esquissant un sourire. Cette agréable petite séance théâtrale lui avait permis de se défouler un peu.
― Allez, viens là, petite insolente, murmura-t-elle en agrippant Minerva par le bras.
― N'en faites pas trop, tout de même, répliqua Minerva qui, pour sa part, n'avait pas du tout apprécié l'expérience de se faire morigéner par son propre visage.
.
La porte claqua après que Lily et Minerva entrèrent dans le bureau de cette dernière. Minerva, le teint livide, se précipita à sa table et se saisit d'une plume et d'un encrier.
― Il y a bien un moyen de révéler à quiconque ce qui nous arrive...
La main tremblante, elle trempa la plume dans l'encre en remontant des lunettes invisibles sur son nez, rejeta ses épais cheveux roux en arrière et retourna une copie d'examen pour y écrire au verso.
― Je... m'appelle..., récita-t-elle à mesure qu'elle traçait ces mots, Minerva... McGonagall... et je suis... prisonnière... prisonnière, répéta-t-elle en forçant la plume sur la feuille. Prisonnière ! Bon sang, ça ne marche pas, cette plume refuse de me laisser continuer !
D'un geste furieux, elle jeta la plume sur son bureau en éclaboussant de l'encre sur les piles de paperasses et passa une main sur sa tempe.
― Attendez, je vais essayer, moi, dit Lily qui commençait à paniquer elle aussi.
Elle prit la plume à son tour et essaya d'écrire sous la phrase inachevée de Minerva.
― Lily... est dans... le corps... corps...
Mais la plume refusait de se laisser dominer, comme si un aimant en repoussait la pointe à cet endroit.
― Écrivez seulement le « C », je vais écrire le « O », suggéra alors Minerva.
― D'accord.
Mais elle ne parvint qu'à faire une grosse tache d'encre à côté de « le ».
― C'est parce que vous avez encore l'intention d'écrire le mot « corps », raisonna Minerva. Essayez plutôt d'écrire le début du mot... attendez que je trouve... correction.
― Ça ne marche pas non plus, dit Lily en tentant de toutes ses forces de tracer la lettre « C ».
― Bon, donnez-moi ça ! s'impatienta Minerva.
Elle arracha la plume des mains de Lily et passa un long moment à essayer d'écrire n'importe quoi sur le papier qui pourrait signifier qu'elles avaient été victimes d'un mauvais sort. Comme elle n'en vint à rien, elle lâcha la plume en la dardant d'un regard meurtrier et pressa son poing sur sa bouche pour empêcher un flot de jurons de s'échapper.
― Heu..., fit Lily d'une petite voix. Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
― Surtout, restons calmes, répondit Minerva en prenant une profonde respiration. Si c'est un coup de Potter et Black, toute l'école ne va pas tarder à l'apprendre et alors quelqu'un viendra bien à notre rescousse.
― D'accord..., dit Lily qui ne voyait pas du tout pourquoi les Maraudeurs leur auraient fait une telle blague. Et si ce n'est pas eux ?
Minerva regarda Lily en s'efforçant de contenir son angoisse grandissante. La cadence cardiaque de Lily s'accéléra.
― Vous ne pouvez pas, vous, professeur, annuler les effets de ce maléfice ? demanda-t-elle. Vous êtes une grande sorcière, non ? Vous savez sûrement ce qu'il faut faire ?
― Non, répondit Minerva. Interchanger les esprits de deux personnes doit relever de la magie noire. Et comme mes connaissances sont limitées dans ce domaine...
― Dans ce cas, ce n'est pas Potter ni Black qui ont fait le coup, affirma Lily. Eux et leurs amis n'ont jamais fait usage de magie noire. C'est sûrement Mulciber, poursuivit-elle d'un ton amer. S'il y a quelqu'un qui s'amuse avec de la magie noire à Poudlard, c'est bien lui et sa bande. Mulciber a dû m'en vouloir d'avoir dénoncé sa stupide pierre...
Les yeux de Minerva s'agrandirent soudain. Elle se figea un bref moment, comme si elle venait de réaliser quelque chose, puis fit précipitamment le tour de son bureau en écartant brusquement Lily sur son passage.
― Hé, du calme, s'offusqua Lily qui faillit trébucher contre le fauteuil. Qu'est-ce qui vous arrive ?
― Où est-elle ? demanda Minerva en promenant ses yeux partout sur le sol devant le bureau.
― Quoi ça ?
― La pierre ! Où est-elle ?
Minerva se jeta par terre et regarda en dessous de sa table. Comme elle n'y trouva rien, elle se releva tout aussi précipitamment et alla ouvrir tous ses tiroirs l'un après l'autre pour y fouiller le contenu.
― Vous voulez parler de la pierre noire que vous avez confisquée à Mulciber ?
― Je n'y comprends rien, pourquoi je ne la retrouve pas ?
Désespérée, Minerva referma ses tiroirs dans des bruits sonores et retourna à l'avant de son bureau, vérifiant qu'elle avait bien regardé partout.
― Je me souviens d'avoir déposé la pierre sur le coin de mon bureau, dit-elle d'une voix rauque. Quand vous êtes repartie hier soir, vous l'avez accrochée et elle est tombée par terre en se brisant.
― Où l'avez-vous mise ensuite ? demanda Lily.
― Je... je l'ai laissée là...
― Comment ça, vous l'avez laissée là ? Vous ne l'avez pas ramassée ?
― J'avais... j'avais d'autres préoccupations à ce moment-là, expliqua Minerva d'un air évasif.
― Des préoccupations plus importantes que de ramasser un objet de magie noire qui venait de se fracasser sur le plancher de votre bureau ?
Minerva fut sur le point de répliquer quand on frappa soudain à la porte. Lily et Minerva se regardèrent un instant, puis Minerva fit signe à Lily d'aller répondre.
― C'est sûrement l'une de vos amies qui est venue vous apporter votre uniforme.
Lily s'avança alors vers la porte avec appréhension, espérant que ce soit bien l'une de ses amies. Lorsqu'elle ouvrit, elle fut soulagée de voir Mary lui tendre ses vêtements et ses souliers.
― Voilà, dit-elle, comme demandé, j'apporte l'uniforme de Lily.
― Merci, murmura Lily en s'en saisissant.
Mary étira le cou pour essayer d'apercevoir son amie à l'intérieur.
― Elle va bien, rassura Lily. Je la laisserai vous rejoindre bientôt et elle vous expliquera tout.
Elle lui sourit faiblement et referma la porte. Aussitôt, comme pour ne pas perdre une minute, Minerva alla s'emparer de l'uniforme qu'elle posa ensuite sur le bureau, puis passa sa chemise de nuit par-dessus sa tête. L'étoffe tomba par terre dans un bruit mat.
― Oh mon Dieu, souffla Lily, bouche bée, en regardant son corps nu, vêtu seulement de sa petite culotte, se déplacer comme si rien n'était dans le bureau du professeur McGonagall.
― Quoi ? dit Minerva en reprenant l'uniforme. Ce n'est quand même pas la première fois que vous vous voyez nue.
― Non, mais... c'est juste que... c'est vraiment bizarre...
― Miss Macdonald a oublié votre soutien-gorge. Votre corps devra donc se passer de ça pour le moment. J'espère que ça ne vous dérange pas trop...
― C'est... c'est vraiment bizarre..., répéta Lily. Tellement... étrange...
Comme hypnotisée, elle continuait de promener son regard sur tout le corps de Minerva. Celle-ci fronça alors les sourcils d'un air soupçonneux, puis baissa les yeux sur sa poitrine.
― Aaargh ! s'écria aussitôt Lily avec affolement. Non, ne regardez pas !
Elle s'élança vers Minerva qui fit immédiatement un bond en arrière en laissant tomber la robe noire sur le sol.
― Mais qu'est-ce qui vous prend ? s'exclama Minerva, acculée contre son bureau.
― Je ne veux pas que vous me regardiez toute nue ! couina Lily.
Minerva soupira.
― Vous m'observiez d'une étrange façon, expliqua-t-elle. J'ai donc cru que vous aviez vu quelque chose d'anormal sur votre corps, donc je ― Miss Evans, franchement, regardez-moi dans les yeux !
Lily releva aussitôt la tête. Agacée, Minerva leva le regard au ciel et s'empressa de ramasser l'uniforme à ses pieds. Lorsqu'elle se releva en écartant d'une main les mèches de cheveux qui lui étaient tombés devant le visage, Lily afficha machinalement un sourire en coin.
― C'est vrai que j'ai un beau derrière, commenta-t-elle.
Sous le coup de la surprise, Minerva expira brusquement en ouvrant la bouche.
― Ben quoi ? se défendit Lily. Ce n'est pas à vous que je faisais le compliment...
― Je vous avertis, Miss Evans, gronda Minerva en la pointant d'un doigt menaçant. Vous faites encore un commentaire déplacé de ce genre et je vous donne une semaine de retenues !
― Mais puisque je vous dis que ce n'est pas à vous que...
Mais Minerva la fit taire d'un regard froid et finit de s'habiller avec des gestes furieux.
― Maintenant, vous allez m'attendre ici durant quelques minutes, je reviens, dit-elle sèchement après avoir enfilé les souliers de Lily.
― Vous allez où ? demanda Lily dont le cœur fit un bond dans sa poitrine.
― À la bibliothèque, répondit Minerva en se dirigeant vers la porte. Je vais voir si je ne peux pas trouver de la documentation sur cette pierre.
― Mais... et si vous rencontriez mes amies ?
― Je n'y resterai pas longtemps, je donne un cours dans une heure.
― Vous donnez un..., s'étrangla Lily. Mais professeur, ça veut dire qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps !
― Effectivement, dit Minerva en mettant la main sur la poignée. C'est pour ça que je pars tout de suite. Vous, restez ici sagement sans faire de bêtises et tout ira bien.
Elle ouvrit la porte avec flegme, mais blêmit brusquement en se retrouvant nez à nez avec un homme grisonnant, aux yeux gris, qui souriait d'un air charmeur. Minerva eut l'impression de recevoir une roche en pleine poitrine. Elphinstone Urquart avait décidé de lui rendre visite sans attendre sa réponse.
Et les gros ennuis commencent...
Merci d'avoir lu ! ^^
