Bonjour !

Je vous avoue que ça me prend un temps énorme à poster un nouveau chapitre, parce que je trouve toujours des petits détails à modifier et je n'arrête pas de me relire. J'imagine que c'est normal. J'ai entendu dire que si on remettait un manuscrit dans les mains de son auteur, ce dernier le retravaillerait encore et encore, même si ses lecteurs le considéraient déjà comme un chef-d'œuvre, que ce soit JK Rowling ou un autre. Cela voudrait dire, ma foi, qu'un auteur ne finit jamais ses œuvres ; il les abandonne !

Sur ce, j'espère que vous aimerez la suite de ma comédie. Je veux remercier du fond du cœur Piichi21, Alienor la Fantasque, Lunashura, Tayame Hatake, Evangeliade et Suchi-story. Vos reviews me font très chaud au cœur.

Merci également à tous les autres qui me lisent toujours.

(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)

Je vous souhaite une bonne lecture. :)


Chapitre 4 ― Entente amère

― La porte était verrouillée, informa Elphinstone en regardant Minerva, d'un air outré.

Lily avait envie de s'enfoncer six pieds sous terre. Elle appréhendait une tempête infernale. Le professeur McGonagall allait la tuer pour l'avoir surprise dans les bras de son amant.

Minerva restait dans le cadre de la porte, incapable de dire le moindre mot. Un silence tendu s'était installé entre eux. Après un moment, Elphinstone se racla la gorge et murmura à l'oreille de Lily :

― On se revoit ce soir...

Et il sortit du bureau en jetant un regard noir à Minerva qui dut se pousser pour le laisser passer. Une fois qu'il eut disparu dans le couloir, Minerva s'avança dans la pièce et fit brutalement claquer la porte. Lily, qui se rongeait un ongle avec angoisse, ferma les yeux en crispant les mâchoires.

― Qu'est-ce que vous n'avez pas compris dans : lui parler froidement pour qu'il s'en aille immédiatement ?

― Il... il était coriace..., répondit Lily d'une toute petite voix. Je n'ai pas été... capable... mais j'ai essayé...

Vous n'avez pas dû essayer bien fort ! s'écria Minerva dont le teint avait viré au rouge brique. Comment avez-vous osé le laisser vous... embrasser alors que... vous n'êtes pas...

Minerva avait de la difficulté à respirer tant l'indignation lui serrait la gorge.

― Ce n'est pas moi qui l'ai laissé m'embrasser ! protesta Lily. C'est lui qui m'a sauté dessus !

Parce que vous n'avez pas été assez impérieuse comme je vous l'avais demandé !

Ce n'est pas de ma faute si votre Elphinstone est un abruti d'entêté ! s'emporta Lily à son tour. Je lui ai dit cent fois de s'en aller, mais il ne voulait rien savoir ! La seule chose que j'ai pu faire, c'est de lui donner rendez-vous ce soir pour qu'il veuille enfin me laisser tranquille. Et là, eh bien, voilà, poursuivit Lily en recommençant à se tordre les cheveux. Il a dit qu'il allait revenir vers huit heures. Il va donc falloir que vous reportiez la retenue de Potter...

Les yeux de Minerva projetaient des éclairs de fureur.

― Vous avez fait quoi ?

― Je lui ai demandé de revenir ce soir, répéta Lily. De toute façon, vous avez vraiment besoin de vous expliquer à ce pauvre type que vous faites souffrir depuis seize ans. Vous vous en rendez compte ? Seize ans ! Il est vraiment temps que vous cessiez votre jeu de sentiments troublés parce que là, on s'entend, ça devient ridicule.

Minerva n'aurait pas eu une expression différente si on l'avait giflée.

― Miss Evans, répliqua-t-elle d'une voix tremblotante, ma vie privée ne regarde que moi.

― Je sais, mais...

Alors j'apprécierais beaucoup que vous restiez en dehors de ça !

D'un mouvement rageur, Minerva se pencha pour ramasser sa baguette à ses pieds et la rangea dans sa poche en se dirigeant vers son bureau.

― Vous savez transformer un sucrier en gerboise, Miss Evans ? demanda-t-elle froidement.

― Heu..., fit Lily, au dépourvu. Je crois, oui... Pourquoi ?

Minerva s'installa dans son fauteuil et se saisit d'un morceau de parchemin dans l'un de ses tiroirs.

― C'est l'objectif du cours de ce matin. Si vous appliquez bien les directives que je vais vous donner et que vous daignez cette fois les respecter, vous ne devriez pas rencontrer de problème pendant mon cours.

L'estomac de Lily ne fit qu'un tour.

― Vous voulez que j'enseigne à votre place ? Mais vous... vous n'avez pas trouvé le contre-maléfice... ?

― Je n'ai trouvé aucune information à la Réserve concernant cette pierre, dit Minerva, d'autant plus que Potter est venu m'importuner. Nous allons donc, malheureusement, devoir jouer la comédie encore un peu, le temps que je trouve un autre moyen de mettre un terme à cette damnée plaisanterie. Je pensais aller interroger Mulciber. J'ai l'impression qu'il ne m'a pas dit la vérité au moment où je lui ai confisqué sa pierre. C'est peut-être même lui qui est venu la récupérer dans mon bureau pendant la nuit...

Lily se trouva encore plus horrifiée.

― Vous avez rencontré Potter ? couina-t-elle.

― En effet, et je vous avoue que je ne le pensais pas aussi insolent ! Il a de ces manières... Au fait, dit Minerva en dardant Lily d'un regard menaçant, vous avez intérêt à refuser sa requête lorsqu'il viendra vous voir ici au courant de la matinée, parce que sinon je vous le ferai regretter amèrement ! Je tiens à ce que Potter fasse sa retenue de ce soir ! Est-ce que c'est clair ?

― Oh mon Dieu, il va venir me voir..., s'affola Lily en passant une main nerveuse sur son chignon à moitié défait. Et en plus, vous êtes en train de me dire qu'il se peut que j'aie encore votre visage d'ici là... ?

― J'en ai bien peur, oui, fulmina Minerva en trempant sa plume dans l'encrier. À moins que Mulciber consente à m'expliquer ce qu'est cette pierre... Quel genre de relation entretenez-vous avec lui ?

― C'est un sale crétin de la pire espèce, déclara Lily. Mais pour en revenir à la retenue de Potter... Je vous rappelle que vous n'aurez pas le choix de la reporter parce que...

Je ne reporterai rien du tout ! s'exclama Minerva en frappant son bureau du poing. Je m'apprête justement à écrire une lettre à l'intention d'Elphinstone pour le dissuader de revenir. Je lui expliquerai que je n'avais pas toute ma tête, prétextant une grande fatigue, et que, par conséquent, je n'étais pas tout à fait consciente de ce que j'ai pu lui dire. Et vous allez me payer ça, ajouta-t-elle entre ses dents. Attendez que je récupère mon corps, Miss Evans...

Elle lui jeta un regard assassin par-dessus le bureau, releva d'un doigt instinctif des lunettes imaginaires sur son nez, puis se pencha sur son morceau de parchemin. Elle n'eut pas écrit deux mots qu'un rideau de cheveux roux lui tomba devant les yeux. Soupirant avec irritation, elle les écarta d'un geste brusque, mais ils retombèrent sur la table, trempant de surcroît dans l'encrier.

― Bon, ça suffit ! s'impatienta Minerva en se redressant. Je ne sais pas comment vous faites pour endurer une telle tignasse relâchée, mais là, j'en ai assez, c'est franchement agaçant ― d'autant plus que cela nuit à ma vision périphérique.

Avec un raclement sonore, elle écarta son fauteuil et se dirigea vers une porte derrière laquelle elle disparut.

Lily resta seule dans le bureau, la panique se répandant dans ses veines comme une eau glacée. Elle ne se voyait pas du tout enseigner à une classe d'élèves la façon de changer un sucrier en gerboise ni affronter James en tant que professeur de métamorphose, lui qui la troublait tant lorsqu'il se trouvait près d'elle. De plus, elle espérait désespérément que McGonagall n'ait pas été trop acerbe envers lui.

Lorsque Minerva revint dans la pièce, coiffée d'un chignon très serré, Lily faillit s'étouffer d'effarement.

― Non ! dit-elle en hochant la tête. Non, non ! Je refuse que vous vous promeniez dans les couloirs avec cette horreur sur la tête !

― Cette quoi ? dit Minerva d'un ton menaçant.

― Ce n'est pas moi, ça ! protesta Lily. Je ne m'arrangerais jamais les cheveux de cette manière ! Là, j'ai l'air d'une bégueule qui s'apprête à entrer au couvent. Potter sera révulsé !

― Eh bien, tant mieux si ça peut le garder à distance ! répliqua Minerva en reprenant sa place derrière son bureau. Maintenant, taisez-vous le temps que j'écrive cette lettre.

Lily fulmina intérieurement. Si le professeur McGonagall pensait que Lily la laisserait détruire sa réputation, elle se trompait. Ça ne se passerait pas comme ça.

― Dans ce cas, moi, je ne supporte pas de porter un chignon à longueur de journée, déclara brusquement Lily en tirant sur ses cheveux pour les dénouer. Je crois donc que j'irai en cours avec les cheveux défaits.

― Ah, ça, non ! s'opposa aussitôt Minerva. Vous allez vous comporter comme moi sans la moindre faute sinon je vous garantis que vous serez renvoyée, Miss Evans ! Vous avez déjà fait trop de dégâts !

― Bien sûr ! dit Lily avec un rire amer. Que vous détruisiez ma réputation, ce n'est pas grave. Mais que moi je le fasse, alors là, ça ne va plus du tout !

― Miss Evans...

― Je comprends que vous soyez furieuse contre moi, professeur, poursuivit Lily en élevant la voix, mais je vous répète que ce n'est pas de ma faute si votre Elphinstone était particulièrement obstiné aujourd'hui ! Je n'ai pas fait exprès. Je ne suis pas aussi habile que vous lorsqu'il s'agit de faire preuve de rigueur. Mais j'ai vraiment essayé ! Et puis je suis autant une victime que vous dans cette histoire, professeur, ne l'oubliez pas !

Il y eut un silence. Les tictacs de l'horloge sur la cheminée emplirent la pièce. Maintenant qu'elle croyait être allée trop loin, Lily redoutait la réaction du professeur McGonagall. Celle-ci la fixait comme si une envie de lui jeter un sort la démangeait. Mais elle tourna les yeux vers l'une des piles de paperasses sur son bureau, sans vraiment la voir, et fronça les sourcils. Elle tapota longuement sa plume dans le creux de sa paume, comme si elle réfléchissait, puis elle soupira de résignation en se passant les mains dans son visage.

― D'accord, vous avez raison, admit-elle enfin. Vous êtes autant une victime que moi dans cette histoire, je le reconnais. Je me suis emportée alors que j'aurais dû me montrer compréhensive. Je vous présente mes excuses, Miss Evans.

Lily fut surprise.

― Ce... ce n'est rien, professeur, balbutia-t-elle, je... j'aurais dû faire, pour ma part, plus d'efforts pour garder mon flegme devant Elphinstone...

― Ah ! Vous admettez, lâcha sèchement Minerva.

Lily se tut et Minerva se repencha sur son parchemin avec raideur. Cependant, une fois qu'elle eut terminé de rédiger sa lettre, Lily fut soulagée de la voir retirer ses épingles, libérant ainsi ses longs cheveux qui retombèrent en cascade sur ses épaules.

― Venez prendre ma place, je vais refaire votre chignon, dit Minerva en se relevant.

Lily s'approcha et se laissa tomber dans le fauteuil.

― Vos meilleures amies sont Miss Mary Macdonald et Miss Alice Courduot, c'est bien ça ? demanda Minerva en s'affairant sur la chevelure de Lily.

― Oui, répondit-elle.

― Et Potter ?

― Quoi Potter ?

― C'est votre petit ami ?

Lily se sentit rougir.

― Heu... pas tout à fait...

― C'est-à-dire ? encouragea Minerva, impassible.

― C'est-à-dire que c'est seulement ce soir que j'avais envisagé de lui déclarer... heu... ma flamme...

― Je vois...

Il y eut un silence tandis que Minerva remettait à leur place les mèches qui s'étaient libérées du chignon, puis elle déclara avec calme :

― Potter connaît déjà vos sentiments envers lui.

Les joues de Lily s'embrasèrent davantage.

― Co... comment savez-vous ?

― C'est ce qu'il m'a dit lorsqu'il est venu me voir à la Réserve. Apparemment, vous l'avez regardé avec un peu trop d'intensité la veille. Il a voulu m'embrasser, mais je l'ai repoussé...

Quoi ?

― Je l'ai repoussé, répéta Minerva, toujours de son ton imperturbable. Rassurez-vous, il ne m'a pas touchée.

Mais Lily peinait à contrôler sa respiration, à présent.

― Il... il va penser que je ne l'aime plus, se plaignit-elle. Surtout si vous avez été méchante avec lui... Oh non, il va finir par se lasser de toujours courir après moi... Et s'il se retournait vers une autre fille ?

Lily poussa un petit gémissement terrifié à cette perspective et Minerva roula les yeux.

― Ça serait d'autant plus bénéfique pour vous puisque vous pourriez alors vous concentrer sur vos études plutôt que de perdre votre temps sur des histoires de cœur. Il serait dommage que vos notes de cours se révèlent insuffisamment élevées pour entreprendre la carrière que vous envisagez. Ne laissez pas les sentiments vous polluer l'esprit.

― C'est ça, et je me retrouverai alors comme vous : vieille, coincée, avec un cœur sec... aïe !

Désolée, dit froidement Minerva qui venait de lui enfoncer brutalement une épingle dans la tête.

Lily se renfrogna en crispant les doigts sur les accoudoirs du fauteuil. Sur le foyer, l'horloge indiquait qu'il ne restait plus beaucoup de temps avant l'heure des cours.

― Donc, reprit Minerva en finissant de nouer les cheveux de Lily, à ce que je comprends, pour ne pas laisser Potter penser que vous ne l'aimez plus, vous préférez que je le laisse m'embrasser ?

Le cœur de Lily rata plusieurs battements.

― Non ! s'exclama-t-elle. Absolument pas !

― Comment dois-je me comporter avec lui, alors ? demanda Minerva qui eut un imperceptible sourire sardonique.

― Je... je ne sais pas trop..., répondit Lily en se mordillant la lèvre. Enfin, il doit penser que je suis furieuse contre lui à cause de ce qui s'est passé hier...

― En effet, c'est ce qu'il m'a dit.

― Dans ce cas, agissez hautainement avec lui, sans trop lui adresser la parole, se décida Lily, mais pas trop... pour qu'il sache que je l'aime toujours, vous comprenez ?

Minerva posa les mains sur le dossier du fauteuil.

― D'accord, dit-elle, je vais faire de mon mieux. En revanche, assurez-vous d'adopter une allure stricte et confiante. Vous savez comment je me comporte en cours ? Faites de même. En attendant, j'irai retrouver Mulciber.

Lily hocha la tête.

― Je commence par un cours de potion avec les Serpentard. Vous le trouverez à ce moment-là. Mais, professeur, dit Lily en se tournant pour la regarder, il faut que vous sachiez... Mulciber est quelqu'un de très malsain, lui et son ami Avery. Il pourrait ne pas apprécier se faire interroger sur cette pierre. Et puis s'il l'a perdue, c'est à cause de moi.

― Je vais me débrouiller, assura Minerva. Maintenant, il faut y aller. Tenez, je vous prête ma baguette. La vôtre se trouve à votre dortoir ?

― Dans le tiroir de ma table de nuit, précisa Lily en glissant la baguette dans une poche de sa robe. Avez-vous des notes de cours, quelque chose, pour me guider un peu tout à l'heure ?

Minerva ouvrit un tiroir et en retira une chemise de dossiers qu'elle lui tendit.

― Tout est là-dedans, dit-elle. Vous y retrouverez la matière théorique à copier sur le tableau, vous ferez une démonstration avec l'un des sucriers qui se trouvent dans mon armoire et il ne vous suffira, par la suite, qu'à circuler entre les tables pour vous assurer que les élèves s'y prennent de la bonne façon. Le devoir à faire se trouve à la toute fin de mon dossier. C'est une liste de questions à répondre.

― Et si je n'arrive pas à faire la démonstration avec le sucrier ? s'inquiéta Lily en feuilletant les notes de cours du professeur McGonagall. Il se peut que je sois nerveuse alors...

― Tout ira bien, coupa Minerva avec un regard appuyé. Ayez confiance en vous et tout ira à merveille. D'ailleurs, transformer un sucrier en gerboise, c'est de la matière de troisième année, Miss Evans. Vous vous en sortiez.

Elle ramassa la lettre pour Elphinstone sur son bureau, puis fit signe à Lily de la suivre en se dirigeant vers la porte.

Lily se leva en serrant le dossier contre sa poitrine et sortit dans le couloir d'un pas anxieux. Malgré les encouragements du professeur McGonagall, elle avait la désagréable impression de se diriger tout droit vers l'échafaud.

― C'est entendu ? reprit Minerva au moment où leurs chemins se séparaient au bout d'un corridor. Vous agirez comme moi et j'agirai comme vous. Pas de bêtises ni de gestes compromettants. Aussi, restons neutres, plutôt discrètes, comme ça, nous encourrons moins le risque d'attirer l'attention sur nous. Évitez de converser avec mes collègues et j'éviterai de trop parler avec vos amies.

― D'accord, c'est entendu, dit Lily, les entrailles nouées.

Et elles partirent chacun de leur côté, Minerva en direction de la tour de Gryffondor pour récupérer la baguette de Lily et celle-ci sur le chemin de la salle de métamorphose.

.

― Ah, enfin, te revoilà ! s'exclama Mary en reconnaissant son amie qui émergeait de derrière le tableau de la grosse dame. Le cours de potion va bientôt commencer.

Elle et Alice faisaient les cent pas devant la cheminée. La salle commune était presque déserte. Trois élèves de deuxième année se dépêchaient de remettre leurs livres dans leur sac pour ne pas arriver en retard à leur premier cours de la journée.

― Je vais chercher mes affaires et je reviens, dit Minerva en allongeant le pas vers le dortoir des filles.

Mais elle s'arrêta sur la première marche, se rendant compte qu'elle ne savait pas à quel étage se trouvait le dortoir de Lily. Elle y était ressortie si rapidement ce matin qu'elle n'y avait pas fait attention.

― Vous venez avec moi ? demanda alors Minerva en se retournant vers Mary et Alice.

Celles-ci, impatientes de connaître enfin quelques réponses concernant les agissements étranges de leur amie, la suivirent sans hésitation.

― Potter nous a raconté que tu étais dans la Réserve, tout à l'heure, dit Mary. Qu'est-ce que tu cherchais ? Un moyen d'ensorceler McGonagall pour libérer Potter de sa retenue ?

― Lily, tu commences à me ficher la trouille, murmura Alice d'un air inquiet. Je sais que tu en veux beaucoup à McGonagall, mais jamais je ne t'aurais cru capable de la foudroyer d'un sort de confusion pour lui arracher une autorisation.

― Je sais que cette fête est importante pour toi, continua Mary, mais que tu sois prête à tout pour y aller avec Potter... ?

― C'est là, notre dortoir, Lily, rappela Alice, car Minerva était passée tout droit sur le palier.

― Ah, oui, c'est vrai, dit-elle en revenant sur ses pas.

Elle poussa la porte. Elle reconnut le lit de Lily dans lequel elle s'était réveillée le matin même et fila aussitôt vers la table de nuit. La baguette se trouva dans le tiroir comme Lily le lui avait dit. Minerva s'en saisit avec un infime pincement au cœur en pensant à la sienne propre qui se trouvait actuellement dans les mains de son élève. Ce n'était jamais très réjouissant de se séparer de sa propre baguette.

― Alors ? insista Mary. Tu nous dis ce que tu avais l'intention de trouver dans les livres de magie noire, Lily ?

Minerva réfléchit à toute vitesse tandis qu'elle cherchait à présent le manuel de potion parmi les livres empilés au pied du lit.

― Allez, Lily, dis-nous ! Nous sommes tes amies, à la fin !

― Je cherchais de la documentation sur cette... pierre que Mulciber avait avec lui hier matin, avoua enfin Minerva qui préféra rester le plus près de la réalité possible. Je voulais découvrir ce que c'était...

Mary et Alice parurent déconcertées.

― Depuis quand t'intéresses-tu à la magie noire, Lily ? demanda Mary.

― Depuis que je veux coincer Mulciber, prétendit sèchement Minerva en enfonçant le manuel de potion dans le sac qu'elle balança sur son épaule. On y va ? Je dois absolument passer à la volière avant toute chose, alors nous ferions mieux de partir tout de suite.

― À la volière ? s'étonna Alice. Mais quelle lettre veux-tu poster ? Et puis on n'a pas le temps de faire un détour !

― On va réellement être en retard en cours !

― Allez-y sans moi, je vous rejoindrai...

.

Lily marchait à grands pas en direction de la salle de métamorphose, la chemise renfermant les renseignements sur le cours à donner serrée dans sa main. Elle essayait de garder la tête haute et d'avoir l'air le plus naturel possible.

― Professeur ! cria soudain une voix suraiguë. Professeur, s'il vous plaît !

Lily s'arrêta alors qu'elle passait devant le grand escalier de marbre qui descendait dans le hall d'entrée. Devant les portes de la Grande Salle, une jeune fille de Serdaigle, avec des cheveux ébouriffés et d'immenses lunettes qui lui cachaient la moitié du visage, ramassait son sac sur le sol. À deux mètres d'elle, à l'entrée des sous-sols, Sirius Black la regardait avec un sourire moqueur.

― Si tu crois que le professeur McGonagall va me forcer à dire « oui »..., ricana-t-il. Et puis tu aurais dû savoir que j'aurais refusé, toi pour qui, apparemment, le destin n'a aucun secret.

― Qu'est-ce qui se passe ? demanda Lily en descendant les marches. Black, qu'est-ce que tu... vous fichez... je veux dire, qu'est-ce que vous avez fait ?

Sirius garda son air narquois.

― Sibylle Trelawney m'a demandé si je voulais venir à la fête de Slughorn avec elle et j'ai dit non, naturellement.

― Il m'a insulté ! s'exclama la jeune fille, ses immenses yeux derrière ses verres épais brûlant de rage. Il a dit que j'étais trop moche et que personne ne voudrait jamais sortir avec moi ! Il a dit aussi que je n'étais pas baisable !

Lily faillit s'étouffer de stupeur.

― Non mais ta gueule..., marmonna Sirius.

Son teint avait brusquement rougi. Soudain, il ne faisait plus autant le fier.

― Professeur, je n'ai jamais dit ça !

― Bien sûr, ça ne serait pas du tout de ton genre, hein ? répliqua Lily avant de se reprendre aussitôt en se raclant la gorge. Je veux dire... Black, c'est vraiment très odieux de votre part d'avoir insulté Miss Trelawney.

― Je ne l'ai pas insultée, protesta Sirius. Je lui ai juste dit que j'allais déjà à la fête avec quelqu'un d'autre.

― Il y va avec cette Karline, lança Sibylle avec hargne. Et en fin de soirée, il va l'amener dans cette chambre dans la Salle sur Demande, au septième étage, et la baisera sauvagement.

― Quoi ? s'étrangla Sirius d'une voix assourdie.

― Tu fais toujours ça ! affirma Sibylle. Je t'ai vu souvent amener des filles dans cette chambre ! Tu fais même des marques sur le mur à côté du lit à chaque fois que tu en baises une. Je le sais, je suis allée voir. Tu pensais que tu étais le seul à connaître cette salle, hein ?

Mais ta gueule, merde ! s'écria Sirius, paniqué, plus cramoisi que jamais. Professeur, elle est simplement frustrée que je n'aie pas accepté son invitation. Elle dit n'importe quoi ! Ne l'écoutez pas !

― C'est bon, ça suffit, coupa Lily en regardant Sirius avec dégoût. J'enlève trente points à Gryffondor pour votre... irrespect total envers les filles, Black. Quant à vous, Miss Trelawney, si vous saviez à quel point Black était un sale pervers immonde, pourquoi avoir tenté de l'inviter à la fête ?

Sibylle baissa les yeux en haussant les épaules tandis que Sirius ouvrait la bouche d'un air sidéré.

― Venez-vous de me traiter de sale pervers immonde, professeur ?

Lily lui jeta un regard de haine.

― Allez rejoindre vos camarades de classe, dit-elle. Les cours sont sur le point de commencer.

― Mais, professeur...

― Tout de suite ! interrompit Lily de sa voix la plus sèche. Allez-y !

Sirius se retourna alors vers l'escalier des sous-sols et, après un dernier coup d'œil ahuri lancé au professeur McGonagall, il disparut en bas. Lily sourit intérieurement. C'était tout de même amusant d'exercer autant d'autorité sur les élèves.

Sibylle remontait les marches de marbres en pestant contre Sirius. Lily s'apprêta à la suivre quand ses yeux tombèrent tout à coup sur les sabliers géants, nichés dans le mur près de la Grande Salle, qui comptabilisaient les points des quatre maisons. Elle remarqua qu'une grande quantité des rubis qui se retrouvaient dans la partie inférieure du sablier de Gryffondor manquait.

― Ah bah, ça alors, souffla-t-elle, stupéfaite. Je peux vraiment retirer des points...

S'assurant que Sibylle se trouvait à présent assez loin dans les couloirs à l'étage, Lily s'avança vers les sabliers et contempla un moment les gemmes. Puis, hésitante, elle dit :

― J'enlève dix points à Mulciber parce qu'il est un gros crétin.

Aussitôt, quelques émeraudes remontèrent dans la partie supérieure du sablier de Serpentard.

― Super..., murmura Lily avec un sourire malicieux. Dans ce cas, j'enlève aussi dix points à Avery parce qu'il est laid, vingt points à Rosier parce qu'il a le cerveau d'un troll, trente points à Regulus Black parce qu'il n'est pas mieux que son frère et quarante points à Severus parce qu'il a préféré se lier d'amitié avec tous ces stupides Mangemorts plutôt que de choisir la bonne voie...

Tandis que le sablier de Serpentard se vidait, Lily jeta des coups d'œil prudents autour pour s'assurer qu'elle était toujours seule dans le hall, puis elle se mordit la lèvre d'un air contrit. Enfin, elle déclara rapidement :

― Je donne cent points à James Potter parce qu'il est sexy !

Et elle fila dans l'escalier en gloussant, au moment où une pluie de rubis se déversait dans le sablier de Gryffondor.

.

Minerva courait à toutes jambes dans les couloirs en espérant arriver dans les cachots avant la cloche. Elle revenait de la volière et maudissait son nouveau corps pour ne pas pouvoir utiliser sa forme d'Animagus afin de se déplacer plus vite. Cette pierre noire avait vraiment tout d'ennuyeux. Vivement l'instant où elle pourrait enfin mettre la main sur l'antisort !

Lorsqu'elle arriva dans les cachots, elle fut soulagée de constater que le professeur Slughorn venait tout juste d'ouvrir sa porte et que la file d'élèves était en train d'entrer. Au bout du rang, Mulciber discutait avec Avery. Minerva se précipita vers eux.

― Je peux vous parler, un instant ? haleta-t-elle, à bout de souffle. C'est au sujet de... de la pierre que le professeur McGonagall vous a... confisquée...

Mulciber échangea un regard avec Avery, puis toisa Minerva de toute sa hauteur.

― Qu'est-ce que tu me veux, petite Sang-de-Bourbe ? murmura-t-il d'un ton menaçant.

― Je veux savoir ce qu'était cette pierre, répondit Minerva en soutenant ses yeux étincelants. Comment fonctionne-t-elle ? Et où est-elle, maintenant ? L'avez-vous récupérée ?

Un rictus hostile tordit le visage de Mulciber. Ils étaient tous les trois seuls dans le couloir, à présent.

― De quoi tu te mêles, sale demeurée ? Déjà que c'est à cause de toi que je l'ai perdue... J'espère que tu ne pensais pas que t'allais t'en tirer indemne. J'ai prévu me venger, tu sais.

D'une poigne ferme, il serra le bras de Minerva qui ne se laissait toujours pas intimider.

― Comment s'appelle cette pierre ? interrogea-t-elle avec insistance. Dites-moi au moins comment...

― La ferme, Evans ! cracha Mulciber en sortant sa baguette qu'il dirigea vers sa gorge. L'heure est maintenant venue pour toi de payer.

Minerva eut un rire incrédule.

― Oh, je vous en prie, soyons sérieux...

Mais Mulciber, apparemment, était très sérieux. Il y eut un éclair de lumière et Minerva, surprise, s'effondra sur le sol, le corps instantanément paralysé.


Merci d'avoir lu ! ^^

Je sais, j'ai osé beaucoup avec cette fic. Je me suis dit : pourquoi pas ? Malgré tout, j'espère que vous resterez avec moi.

Je vous fais des gros bisous ! :)