Bonjour !

Je suis enfin de retour avec un nouveau chapitre, qui, j'espère, saura vous plaire. Cette fois, je veux remercier Tayame Hatake, Piichi21, Suchi-story, Lunashura, Alienor la Fantasque, Malh, Piitchoun et Euphie31. C'est fou comme vos reviews me rendent émue ! Parfois, vous arrivez même à me faire pleurer, vous êtes trop gentilles. Merci énormément !

Merci aussi aux autres qui me suivent toujours.

(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)

Bon, là, je ne peux plus me retenir, je suis nerveuse, je dois hurler : aaaaaaargh ! Maintenant que c'est fait, je vous souhaite une bonne lecture...


Chapitre 5 ― La vengeance de Mulciber

Derrière le bureau du professeur McGonagall, Lily regardait les élèves de troisième année prendre place à leur table. En silence, ils sortirent leur manuel de métamorphose de leur sac, ainsi que leur baguette, puis attendirent que le cours commence. Il était maintenant temps de parler et Lily ne savait pas très bien par où commencer.

― Heu... bonjour ? balbutia-t-elle en se levant.

De nombreux élèves échangèrent des regards surpris, puis certains lui répondirent :

― Bonjour, professeur McGonagall.

Les lèvres de Lily voulurent se tordre en un sourire anxieux, mais elle se ravisa au dernier moment. D'habitude, le professeur McGonagall ne souriait pas.

Elle se racla la gorge.

― Bon, très bien, reprit-elle en s'efforçant d'adopter un ton strict. Aujourd'hui, nous allons nous exercer sur des sucriers. Je veux dire par là que nous allons les transformer en gerboise. Nous allons donc... heu... ah oui, commencer par la théorie...

Elle se saisit de la chemise sur le bureau, mais sa main tremblait tellement que les feuilles s'en échappèrent et s'éparpillèrent à ses pieds.

― Oups...

Sous les yeux des élèves perplexes, elle se pencha aussitôt pour les ramasser. Lorsqu'elle se releva, cependant, elle se cogna durement la tête sur le coin de son bureau, ce qui lui arracha un juron étouffé. Quelques rires s'élevèrent des travées.

― On ne rit pas ! s'exclama Lily avec colère et tous les élèves se turent aussitôt. Bien ! Comme je le disais... Je vais copier des notes sur le tableau, que vous transcrirez dans vos cahiers.

Frottant sa tête douloureuse, elle trouva la feuille de notes parmi les autres qu'elle avait jetées pêle-mêle sur le bureau et se tourna vers le tableau noir. La craie se mit à crisser, puis les grattements de plume s'ensuivirent.

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Minerva ouvrit les yeux. La première chose qu'elle vit fut un haut plafond piqueté de taches d'humidité. Son corps était étendu sur une surface dure et froide, un vieux bureau. Elle essaya de bouger, mais ses mains étaient solidement ligotées au-dessus de sa tête. On avait également attaché ses pieds.

― Tu vas pouvoir crier, Evans. J'ai jeté un sort d'impassibilité sur la porte.

Minerva tourna la tête de côté et vit Mulciber, debout au milieu d'une sombre salle de classe des cachots, encombrée de vieilles tables cassées et d'étagères craquelées. Avery s'y trouvait également, assis sur un seau renversé. Il souriait d'un air mauvais.

― Alors ? reprit Mulciber en faisant rouler doucement sa baguette entre ses doigts. Tu es prête à subir ta punition ?

― Mais qu'est-ce que vous faites ici alors que vous êtes censés être en classe en ce moment même ? s'exclama Minerva, outrée. À quoi jouez-vous ? Détachez-moi !

Mulciber et Avery éclatèrent de rire. Minerva se tortilla dans ses liens, mais en vain.

― Je ne plaisante pas ! s'écria-t-elle, la respiration précipitée. Détachez-moi sinon je dénonce votre comportement...

― Ah oui, tu es douée pour ça, Evans, hein ? interrompit Mulciber en s'approchant d'elle. Tu aimes bien dénoncer...

Il fit glisser le bout de sa baguette sur sa poitrine jusqu'à son ventre.

― Eh bien, je vais t'apprendre à te taire, Evans. Je tenais beaucoup à cette pierre...

Il enfonça brutalement sa baguette dans son ventre, mais Minerva ne cria pas.

― Parlez-moi de cette pierre, justement, haleta-t-elle en plongeant des yeux perçants dans les siens. Pourquoi teniez-vous tant à cet objet ? C'est de la magie noire, n'est-ce pas ?

― Rien qui te concerne, sale Sang-de-Bourbe ! éructa Mulciber.

Il transféra sa baguette dans son autre main, puis empoigna l'un des seins de Lily entre ses doigts libres.

― Plutôt appétissante comme Sang-de-Bourbe, commenta-t-il en ricanant. Avery, tu devrais y goûter, toi aussi.

Et tandis qu'une bouffée de chaleur envahissait Minerva, Avery se leva du seau en souriant vicieusement et vient s'emparer de la poitrine de Lily à son tour.

― Vous serez renvoyés, menaça Minerva d'une voix tremblante. Tous les deux ! Vous n'avez aucun droit d'agresser sexuellement une élève ! C'est absolument dégradant !

― Attends, tu n'as encore rien vu, railla Mulciber en glissant sa baguette dans sa poche.

Il grimpa ensuite sur elle et s'y installa à califourchon.

― Je vais te montrer à quoi sert la sale engeance dans ton genre. Tu auras si honte de toi que tu n'oseras aller te plaindre à personne ― et je parle par expérience. Je vais faire de toi une belle traînée, Evans...

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Lily ouvrit l'armoire du professeur McGonagall et chercha les sucriers du regard. Dès qu'elle en trouva une grosse boîte, elle s'en empara et la transporta jusqu'à l'une des tables de la première rangée.

― Voilà, dit-elle à l'adresse du garçon qui s'y trouvait. Veuillez, s'il vous plaît, distribuer ces sucriers. Vous en donnerez un à chaque élève.

Le garçon obtempéra et Lily retourna à son bureau avec l'un des contenants en porcelaine. Elle le posa devant elle et sortit la baguette du professeur McGonagall.

― Bon, je vais maintenant vous faire une démonstration...

Mais au moment où elle s'apprêta à prononcer la formule, un grand fracas retentit. Le garçon venait de laisser tomber la boîte sur le sol et plusieurs sucriers s'étaient brisés sous le choc.

― Je suis désolé..., s'excusa-t-il d'un air terrifié, comme s'il s'attendait à ce que le professeur McGonagall lui inflige une retenue.

Mais Lily ne s'emporta pas.

― Vous n'avez qu'à les réparer, ça va, dit-elle simplement en se retournant vers son bureau. Maintenant, regardez bien. Je vais transformer ce sucrier en gerboise.

Elle leva sa baguette, lança la formule avec toute la confiance dont elle était capable, puis le sucrier changea de forme. Des moustaches poussèrent sur le couvert et une queue poilue émergea à la base du contenant. Lily fut satisfaite de voir apparaître la petite bête sur son bureau.

― Et voilà la gerboise ! déclara-t-elle avec fierté, avant de se rendre compte que quelque chose clochait. Heu... c'est une gerbille...

Le petit rongeur dodu sauta sur le sol et alla se réfugier sous l'armoire en poussant de petits cris.

― Bon, ce n'est pas grave, dit Lily en essayant de ne pas s'affoler. Gerboise, gerbille, ça se ressemble, non ?

Elle regarda les élèves avec un sourire innocent, mais ces derniers ne parurent pas convaincus.

― D'accord, admit Lily. J'ai fait une erreur ! Mais l'erreur est humaine, à ce qu'on dit. Vrai ? Donnez-moi un autre sucrier, que je me réessaie, ordonna-t-elle à l'élève qui avait laissé tomber la boîte par terre.

Soudain, on frappa à la porte et Lily fut enchantée d'aller répondre et d'échapper par la même occasion à tous les yeux soupçonneux fixés sur elle.

C'était le professeur Slughorn. Son visage affichait l'inquiétude derrière sa grosse moustache de morse. Il lui fit signe de sortir dans le couloir avec lui, puis murmura :

― Pardonnez-moi d'interrompre votre cours, Minerva, mais... je me fais du souci pour Miss Lily Evans. C'est la première fois qu'elle ne se présente pas à mon cours. Je me demandais si vous saviez où elle est.

― Elle n'est pas à votre cours ? s'étonna Lily.

― Non. Se trouverait-elle à l'infirmerie ?

Lily secoua la tête.

― Non, je ne pense pas. Mais... est-ce que Mulciber, lui, se trouve dans votre classe ? demanda-t-elle après un moment.

― Non plus, répondit le professeur Slughorn en massant nerveusement son large torse. C'est justement ce qui m'inquiète. Mr Avery est également absent. Vous croyez qu'elle serait avec eux ?

L'estomac de Lily se contracta. À présent, elle appréhendait qu'il soit arrivé quelque chose de grave au professeur McGonagall.

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― Mr Mulciber, tandis que vous me déshabillez, vous pourriez au moins consentir à m'expliquer enfin ce qu'est cette pierre ?

― Ta gueule ! répliqua Mulciber qui était en train de lacérer sa robe du collet jusqu'à la taille. Oh, putain, Avery, regarde, elle n'a pas de soutif !

― Wouaoh ! Laisse-moi toucher !

Il joignit ses mains à ceux de Mulciber et tous deux caressèrent avidement les seins blancs de Lily. Minerva roula les yeux.

― Oh, je vous en prie, messieurs, dit-elle avec sarcasme, allez-y, servez-vous, ne vous gênez surtout pas ! Quand je pense que de tels élèves comme vous étudient à Poudlard, marmonna-t-elle, les dents serrées. C'est révoltant ! Attendez que je retrouve mon... mon...

― Ton quoi, au juste ? se moqua Avery.

― Tu n'auras plus rien après que je t'aurai baisée, Evans ! cracha Mulciber.

― C'est ça ! répliqua sèchement Minerva. Et vous non plus ! Le professeur Dumbledore sera immédiatement informé de vos... aaargh !

Mulciber venait d'enfoncer violemment ses ongles dans les flancs de Minerva qui éclata d'un rire exaspéré.

Vous ne me faites pas peur ! s'écria-t-elle. Vous pouvez toujours me baiser, comme vous dites, mais c'est moi qui vais vous détruire ! Et croyez-moi, vous n'échapperez pas à la sentence que vous méritez !

Ses yeux flamboyants transpercèrent ceux de Mulciber qui retira aussitôt ses mains de ses flancs.

― Elle essaie de nous effrayer, ricana Avery. Mais ça ne marche pas, hein, Mulciber ?

Cependant, Mulciber semblait ne plus éprouver autant de désir à violer Lily.

À ce moment, la porte s'ouvrit à la volée et Severus entra en courant.

Non ! cria-t-il, le souffle haletant. Pas elle ! Pas elle !

Minerva soupira de soulagement.

― Il n'est pas trop tôt, murmura-t-elle.

Avery se précipita pour aller refermer la porte derrière Severus et Mulciber sauta en bas du bureau sur lequel était ligotée Minerva.

― Rogue ! s'exclama-t-il en s'avançant vers lui. Qu'est-ce que tu fiches ici ?

― Je ne veux pas que vous lui fassiez du mal ! dit Severus, affolé. Pas à elle !

― Pourtant elle n'est pas différente de tous les autres Sang-de-Bourbe, fit remarquer Mulciber d'un air narquois. On était justement en train de lui faire payer son crime. Tu te joins à nous ?

Severus secoua la tête en écarquillant les yeux.

― Severus, dit Minerva avec calme. Aide-moi à me sortir de là, veux-tu ? Va chercher un professeur.

― La ferme ! asséna Mulciber en se tournant vers elle. Tu as ta baguette sur toi, Rogue ?

― Je... je l'ai laissée sur ma table, répondit Severus d'une voix faible, dans la classe de Slughorn...

Mulciber sortit alors sa propre baguette et la lui fourra dans les doigts.

― Tiens, prends la mienne et jette-lui le sortilège Doloris.

Severus eut un soubresaut et recula.

― Non..., gémit-il.

― Rogue, si tu veux faire partie des rangs du Seigneur des Ténèbres, tu dois apprendre à contrôler tes sentiments ! Jette-lui le sortilège Doloris !

― Ne l'écoute pas, Severus, et va chercher de l'aide !

Ta gueule, j'ai dit ! Allez, Rogue, encouragea Mulciber en le poussant vers l'avant. Vas-y !

― Tu es capable, vieux, ajouta Avery en lui donnant une tape dans le dos.

Les lèvres de Rogue se mirent à trembler. Ses yeux passèrent du regard intense de Lily à sa poitrine dénudée et ses phalanges blanchirent sous la force avec laquelle il serrait la baguette.

― Vas-y, Rogue, répéta Mulciber, insistant, tandis que Minerva hochait la tête pour le dissuader de le faire. Les Sang-de-Bourbe n'ont pas raison d'exister. Il faut les faire payer pour être venus au monde. Alors, vas-y !

― Non...

― Mais vas-y, bon sang ! s'impatienta Mulciber. Jette-lui le sortilège ! Jette-lui le sortilège !

Alors Severus leva la baguette dans les airs.

― Non ! hurla Minerva. Ne fais pas ça !

Mais un éclair de lumière illumina la pièce et s'abattit sur Minerva qui ferma étroitement les yeux. Elle s'attendit à ce qu'une douleur atroce la vrille de partout, mais elle ne sentit rien.

― Imbécile ! s'exclama Mulciber avec colère. Tu l'as libérée !

Aussitôt, Minerva rouvrit les paupières et réalisa que les cordes qui la retenaient prisonnière avaient disparu. Elle se jeta alors en bas du bureau et tira la baguette de Lily de sa poche. Mulciber n'eut pas le temps de réagir. Une fraction de seconde plus tard, il y eut un deuxième éclair de lumière et il se retrouva dans les airs, catapulté vers le plafond, pour ensuite percuter une armoire qui se brisa sous son poids.

― Tiens, voilà pour toi, espèce d'abominable petit... pervers !

Minerva se tourna ensuite vers Avery, mais celui-ci avait déjà pris la fuite dans le couloir avec Severus. Minerva s'élança à leur poursuite.

― Rogue ! Severus ! cria-t-elle. Attends, il faut que je te parle !

Elle lui lança le maléfice du Croche-Pied et Severus chuta en avant.

― Non ! gémit-il en se relevant précipitamment. Non, Lily, je suis désolé, je... je suis désolé !

Il voulut reprendre sa course, mais Minerva l'empoigna par le bras et le plaqua contre le mur pour l'immobiliser.

― Je veux juste te poser une question !

― Je suis désolé..., répéta Severus, affligé. Jamais je ne les aurais laissés faire ça, jamais...

― Ce n'est pas grave, coupa Minerva d'un ton sec. Tu m'as sauvée et je t'en suis reconnaissante. Maintenant, dis-moi ce que tu sais au sujet de la pierre que détenait Mulciber hier.

― J'espère qu'ils ne t'ont pas fait trop de mal...

― Je vais très bien !

― Ils n'avaient pas le droit...

― Severus, s'il te plaît, il faut que tu me parles de cette pierre ! le pressa Minerva. Dis-moi ce que tu sais à son sujet !

Mais Severus avait à présent les yeux fixés sur les seins de Lily qui apparaissaient à travers les déchirures de sa robe. Minerva soupira avec agacement et referma les lambeaux sur sa poitrine.

― Severus, écoute-moi, pour l'amour du ciel, c'est important ! Regarde-moi !

Severus leva la tête et plongea un regard hagard dans celui de Minerva.

― J'ai besoin que tu me révèles le nom et les particularités de cette pierre. Fonctionne-t-elle avec des sortilèges ? Est-ce que c'est un objet de magie noire ? Est-ce qu'elle est... humpf !

Severus avait soudain agrippé la tête de Minerva à deux mains et pressait à présent, désespérément, ses lèvres contre les siennes. Sous le coup de la surprise, Minerva se figea, les yeux ronds, les bras écartés. Lorsqu'il la relâcha au bout d'à peine quelques secondes, Severus l'observa un moment d'un air éperdu, puis il fondit en larmes avant de prendre la fuite.

Minerva resta immobile face au mur, abasourdie, perplexe.

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― Non, ce n'est pas comme ça, dit Lily en observant d'un œil critique l'élève qui agitait sa baguette au-dessus du sucrier. Il faut faire trois coups dans les airs avant de prononcer la formule. Pas dix.

― Professeur, il n'arrête pas de lancer des cubes de sucre sur ma grenouille, se plaignit soudain un garçon.

Lily pivota sur ses talons et vit deux élèves de Serpentard, assis à une table derrière, qui regardaient le garçon en question en ricanant.

Lily ne réfléchit pas avant de déclarer sèchement :

― Dix points de moins pour Serpentard. Je n'ai pas demandé de vider le sucrier, j'ai demandé à le transformer en gerboise. D'ailleurs, toi, qu'est-ce que tu fais avec une grenouille ?

Le garçon haussa les épaules d'un air désinvolte.

― Ben quoi ? dit-il. L'erreur est humaine, non ? C'est vous qui l'avez dit, professeur.

Quelques élèves autour éclatèrent de rire.

Lily se retint de l'étrangler. Elle commença à en avoir assez de jouer à l'enseignante. Elle avait hâte que le cours s'achève. Les aiguilles de l'horloge dans le coin de la classe tournaient si lentement qu'on aurait cru qu'elles étaient ensorcelées. De plus, elle s'inquiétait à se rendre malade pour le professeur McGonagall. Slughorn était reparti, incertain, en disant vaguement qu'il guetterait le retour de Lily ― et Lily priait désespérément pour que son corps ne soit pas en train de se faire torturer par Mulciber et Avery.

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― Mais où est donc Lily, par Merlin ? interrogea Mary, anxieuse, en hachant ses racines de valériane d'une main tremblante. Je suis sûre qu'il lui est arrivé quelque chose. Mulciber, Avery et Rogue ne sont pas là, eux non plus. J'ai peur qu'ils soient en train de lui faire subir quelque chose d'horrible !

― C'est à cause de la pierre, dit Alice qui mélangeait la mixture violette de son chaudron. Je ne comprends pas encore exactement ses plans concernant cet objet, mais elle aurait dû savoir que ça lui attirerait que des ennuis.

La salle de classe était envahie de vapeurs. Le professeur Slughorn se déplaçait entre les tables, le regard absent, sans vraiment s'intéresser au Philtre de Mort Vivante que ses élèves préparaient. Tout comme Mary et Alice, il était préoccupé par Lily ― de même que James, debout derrière une table en compagnie de ses amis, qui jetait nonchalamment les ingrédients dans sa marmite, sans se soucier de s'appliquer.

― Attention, Cornedrue, avisa Remus en lui saisissant le poignet avant qu'il ne laisse tomber une fève sopophorique de plus dans sa mixture écarlate. Si tu ne fais pas plus attention à ta potion, il y aura une explosion.

― Tu as vraiment l'esprit ailleurs, aujourd'hui, remarqua Sirius. Qu'est-ce qui se passe ?

― Je pense à Evans, murmura James tandis que Peter se démenait avec sa mixture qui avait pris la consistance du ciment frais. Je crois que je ferais mieux d'aller la retrouver. Je n'aime pas ça. Il manque trois Mangemorts dans la classe. Servilus est parti tout à l'heure en prétextant aller aux toilettes, mais je ne le crois pas. Je suis sûr qu'il est allé rejoindre ses congénères. Ils manigancent quelque chose. Et s'ils ont fait du mal à Lily...

― Vous avez dit « Lily », Mr Potter ?

Le professeur Slughorn s'était arrêté à leur table et regardait James d'un air avide.

― Vous savez où elle est ?

― Non, répondit James. Mais j'aimerais beaucoup le savoir...

À ce moment, la porte s'ouvrit et une silhouette frêle se matérialisa dans la vapeur épaisse.

― Lily ! s'exclama James et le professeur Slughorn d'une même voix et tout le monde se retourna.

Minerva, qui avait raccommodé sa robe en un coup de baguette, leur fit un bref signe de la main, leur signifiant qu'elle allait bien. Les yeux plissés, elle essayait de voir si Severus était revenu en classe, mais elle ne l'aperçut nulle part, évidemment.

― Lily, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda le professeur Slughorn en lui posant une main sur l'épaule. J'étais si inquiet, ce n'est pas dans vos habitudes de...

― Professeur, est-ce que je peux vous parler ? demanda Minerva d'un ton abrupt.

Le professeur Slughorn haussa les sourcils d'un air surpris.

― Oui, absolument...

― Dans ce cas, venez un instant avec moi dans le couloir.

Mary et Alice échangèrent un regard intrigué alors que le professeur Slughorn sortit de la classe à la suite de Minerva.

Une fois dans le couloir, Minerva referma la porte et regarda le professeur Slughorn d'un air grave.

― Ce n'est pas parce que j'ai un intérêt particulier pour la magie noire, commença-t-elle, mais j'ai besoin de savoir, professeur, si vous auriez déjà entendu parler d'une sorte de pierre maléfique.

Le professeur Slughorn parut déconcerté.

― Une pierre maléfique ? répéta-t-il.

― Oui, une pierre noire, précisa Minerva. Une pierre qui serait capable d'inter... de chan... de causer bien des ennuis, dit-elle enfin, faute de pouvoir prononcer les mots qu'elle voulait. Ça vous dit quelque chose ?

― Une pierre noire qui causerait bien des ennuis ? dit le professeur Slughorn en caressant sa moustache. Non, je ne vois pas. Il faudrait être un peu plus explicite, ma très chère.

― C'est tout ce que je peux dire.

Le professeur Slughorn dévisagea Minerva.

― Où étiez-vous ? interrogea-t-il enfin.

― C'est sans importance. Pour le moment, il faut que je trouve des informations sur cette pierre. Alors si vous pouvez m'aider...

― Mais... je n'ai aucune idée de quelle pierre dont vous parlez, Lily, dit le professeur Slughorn qui la considérait à présent d'un air inquiet. Vous êtes certaine que ça va ?

Minerva serra les mâchoires et déglutit avec difficulté.

― Non, ça ne va pas très bien, admit-elle alors d'une voix faible. Je crois que je ferais mieux de me rendre à l'infirmerie.

Et le professeur Slughorn, décontenancé, regarda son élève préférée s'éloigner à grands pas dans le couloir.

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La cloche sonna l'heure de la récréation. Dans un brouhaha, les élèves rangèrent leurs livres dans leur sac et se levèrent dans des raclements de chaises. Lily attendit avec impatience qu'ils sortent tous de la classe, puis s'élança à son tour dans le couloir, en essayant de ne pas trop courir pour rester naturelle. Elle éprouvait une hâte irrépressible de revoir le professeur McGonagall.

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Au même moment, Minerva se frayait un chemin dans la foule bruyante et se dépêchait d'atteindre la salle de métamorphose. Elle n'avait pas retrouvé Rogue, bien qu'elle ait fouillé toutes les salles de classe vides au sous-sol. Si Rogue était amoureux de Miss Evans, il consentirait sûrement à lui dévoiler ce qu'il savait au sujet de la pierre. En attendant, elle devait s'assurer que tout s'était bien déroulé du côté de Miss Evans. Mais lorsqu'elle arriva à la salle de métamorphose, Minerva fut contrariée de n'y trouver personne. Aussi, elle fit demi-tour et espéra que Miss Evans ait rejoint son bureau.

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― Comment ça, elle n'est pas là ? s'offusqua James devant Madame Pomfresh, à l'entrée de l'infirmerie. Le professeur Slughorn m'a dit qu'elle était ici !

― Eh bien, le professeur Slughorn, comme vous pouvez le constater, s'est trompé, répliqua Madame Pomfresh d'un air sévère. Miss Evans n'est pas venue me voir. Maintenant, sortez d'ici, tous les deux, j'ai des patients qui doivent se reposer.

― Allez, viens, Cornedrue, dit Sirius en le tirant par la manche. Peut-être qu'elle est retournée à la salle commune ?

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Lily arpentait à présent les couloirs des cahots et s'arrêta devant la classe du professeur Slughorn dont elle poussa la porte.

― Minerva ? s'étonna le professeur Slughorn lorsqu'il la vit.

Il quitta précipitamment son bureau et s'avança vers elle.

― Si vous êtes venue au sujet de Miss Evans, elle est à l'infirmerie.

― Quoi ? s'exclama Lily, effarée. Mais qu'est-ce qui lui est arrivé ?

― Je ne sais pas. Elle n'a pas voulu m'expliquer la raison de son absence. Elle m'a seulement parlé d'une quelconque pierre noire, puis elle a dit qu'elle allait à l'infirmerie parce qu'elle ne se sentait pas bien. Je crois que vous feriez bien d'aller la voir, Minerva.

Lily hocha la tête et retourna aussitôt sur ses pas.

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Minerva arriva à la porte de son bureau, haletante, et entra. Mais Miss Evans ne s'y trouva pas non plus. Frustrée, elle ressortit dans le couloir. Peut-être avait-elle songé à la rejoindre dans les cachots après le cours ?

Maudissant le fait qu'elles ne se soient pas entendues sur un endroit en particulier où se donner rendez-vous, elle s'élança en avant. Mais, en surgissant à un coin de mur, elle percuta quelqu'un de plein fouet et faillit tomber à la renverse.

― Mais faites donc attention où vous aller, jeune fille ! retentit une voix d'homme furieux.

Minerva eut l'impression que son cœur s'arrêta de battre.

― Non..., s'étrangla-t-elle, horrifiée. Oh non...

Elphinstone la fusilla du regard et repartit d'un pas vif en direction du bureau du professeur McGonagall. Il semblait être dans l'une de ces colères noires. Sa cape virevoltait dans son sillage. De toute évidence, il n'avait pas du tout apprécié la lettre que Minerva lui avait envoyée. Maintenant, c'était Miss Evans qui allait en pâtir.

La panique s'empara de Minerva. Il fallait absolument qu'elle retrouve Lily. Mais où était-elle, au nom du ciel ?

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― On la cherche, nous aussi, dit Mary après que James et Sirius furent entrés en trombe dans la salle commune bondée et bruyante. Et elle n'est pas au dortoir non plus.

― Croyez-vous que c'est Mulciber et Avery qui l'auraient cachée quelque part ? s'inquiéta Alice.

La sueur perlait au front de James. Il n'avait jamais semblé aussi anxieux.

― On a vu Rogue, tout à l'heure, dit Sirius. Il se faufilait dans une salle de classe vide au sous-sol, mais on n'a pas pensé à le tabasser pour qu'il parle.

― J'étais pressé de... de retrouver Lily, haleta James. Mais en fin de compte...

Il fit volte-face et fonça vers le tableau de la grosse dame.

― Je vais aller donner une sale raclée à Servilus ! déclara-t-il avec hargne. Il sera forcé de me dire ce que lui et sa stupide bande lui ont fait !

― Je viens avec toi, dit aussitôt Sirius en lui emboîtant le pas.

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― Décidément, cette Miss Evans en a dupé plus d'un, dit Madame Pomfresh devant une Lily déconfite. Non, elle n'est pas ici, professeur McGonagall.

― Dans ce cas, où est-elle ?

Et comme Madame Pomfresh n'en savait pas plus qu'elle, Lily s'en retourna avec une peur grandissante lui serrant la poitrine.

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Pendant ce temps, Mulciber boitait dans un couloir sombre des cachots. Il suivait Lily à distance, essuyant d'un revers de main le sang qui dégoulinait de son nez. Au moment où elle fut sur le point de tourner à l'angle d'un mur, il sortit sa baguette et cria avec véhémence :

Evans !

Minerva se retourna juste à temps pour recevoir en pleine poitrine un jet de lumière rouge.


Merci d'avoir lu. ^^'