Avertissement : Cette histoire chutera vers des péripéties osées pouvant heurter la sensibilité de certains lecteurs. Là, au moins, vous serez avertis, au cas où... Vous n'avez qu'à vous attendre au pire et vous ne serez pas traumatisés.
Bon, maintenant que c'est dit, je me sens un peu mieux. Je devais trouver le moyen de faire descendre l'angoisse qui m'oppresse toujours la poitrine au moment de poster un nouveau chapitre. À présent, que je me suis calmée...
Bonjour, tout le monde ! :D Je suis enfin de retour avec la suite !
Je remercie Suchi-story, Euphie31, Piichi21, Alienor la Fantasque, Lunashura, Tayame Hatake et Senslo pour leurs superbes reviews. Vous êtes beaucoup ! Encore une fois, vous faites battre mon cœur la chamade ! Merci, merci ! ^^
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)
J'espère que vous apprécierez ce chapitre haut en action. Bonne lecture. :)
Chapitre 6 ― Combats et duels
James et Sirius se ruaient dans les couloirs du sous-sol. Ils repérèrent la salle de classe où Sirius avait vu Rogue y entrer et foncèrent sur la porte.
Severus, qui était assis en boule dans le coin de la pièce, se leva précipitamment en séchant ses larmes et s'empara de sa baguette. Mais James le foudroyait déjà d'un sort. Severus fut projeté à l'autre bout de la salle et atterrit durement sous le tableau noir.
― Qu'est-ce que tes amis Mangemorts et toi lui avez fait ? rugit James en s'avançant vers lui. Réponds ! Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Severus roula sur le côté et dirigea sa baguette vers James lorsque Sirius s'écria :
― Expelliarmus !
La baguette de Severus fit un vol plané dans les airs et Sirius la rattrapa à bout de bras. James brandit la sienne et Severus se retrouva alors suspendu dans le vide, les pieds en l'air. Le bas de sa robe tomba sur sa tête, découvrant ses jambes décharnées et son caleçon gris.
― Si tu ne me dis pas où elle est, Servilus, menaça James, je te jure que tes amis ne reconnaîtront plus ta face crasseuse. Parce que je vais carrément la bousiller !
― Va te faire foutre, Potter ! cracha Severus avec une expression de haine profonde.
Les yeux de James étincelèrent derrière ses lunettes.
― Très bien, dans ce cas...
Et il leva à nouveau sa baguette.
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Puisqu'elle ne savait plus où chercher pour retrouver le professeur McGonagall, Lily décida de rejoindre son bureau, espérant qu'elle finirait par s'y montrer. Il était possible aussi que le professeur McGonagall ait la situation bien en main, qu'elle ait réussi à soutirer à Mulciber les informations nécessaires sur la pierre noire et qu'elle soit à présent en train de mettre au point l'antisort pour les libérer du maléfice. Elle était peut-être même déjà de retour à son bureau.
Il y avait bien quelqu'un qui l'y attendait, mais ce n'était pas le professeur McGonagall. Dès que Lily aperçut Elphinstone au milieu de la pièce, qui la regardait avec des yeux furieux, les bras croisés, elle poussa un cri effrayé.
― Surprise, Minerva ! lança-t-il froidement.
Lily pivota aussitôt vers la porte restée ouverte et tenta de s'enfuir. Mais Elphinstone la rattrapa par le bras et la tira en arrière.
― Non ! cria Lily en se débattant. Non, laissez-moi, je ne veux pas !
Il la repoussa vers le bureau et la porte se referma d'elle-même avec un claquement sonore.
― Ce n'est pas moi qui vous ai envoyé cette lettre ! Je n'y suis pour rien... non !
Lily leva les bras au-dessus de sa tête au moment où Elphinstone revenait vers elle en serrant sa baguette dans sa main.
― Ne me lancez pas de sort !
― Minerva, franchement, épargne-moi cette comédie ! coupa Elphinstone d'un air agacé. Tu sais très bien que je ne m'attaquerai jamais à toi.
Il la força à baisser les bras et la regarda dans les yeux.
― Je ne sais pas à quoi tu joues, mais je suis loin d'apprécier que tu te moques de moi ! D'abord, tu me donnes rendez-vous chez toi en promettant de tout m'expliquer et, ensuite, tu m'envoies cette lettre pour me faire savoir que tu changes d'idée et que je ferai mieux de t'oublier ! Comment crois-tu que je me sens, Minerva ? Comment ? tonna-t-il en faisant sursauter Lily.
― Je... ce n'est pas...
― Ce n'est pas toi qui as écrit cette lettre ? acheva Elphinstone avec un rire sans joie.
D'un geste brusque, il sortit de sa poche la lettre froissée du professeur McGonagall et la plaqua sur le bureau avec un grand bruit.
― Il y a donc quelqu'un dans cette école qui sait écrire avec la même écriture que toi en utilisant les mêmes mots cruels et qui signe de la même manière, c'est ça ? s'écria-t-il. C'est ça que tu essaies de me dire ? Et tu crois que je vais avaler ça ?
― Non, attendez, je..., balbutia Lily, mais il l'interrompit de nouveau.
― Arrête de me vouvoyer comme si j'étais un inconnu pour toi !
Lily recula en voûtant les épaules. Paniquée, elle ne savait plus quoi faire. Elphinstone se trouvait dans une telle furie noire qu'il lui faisait peur. En ce moment précis, elle aurait donné n'importe quoi pour ne plus être le professeur McGonagall.
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Minerva se réveilla et se retrouva de nouveau dans une sombre salle de classe des cachots. Cependant, elle fut surprise de constater que cette fois on ne l'avait pas attachée. Elle était étendue par terre, sur le dos, et une main ensanglantée lui tendait sous le nez la baguette de Lily.
Minerva fronça les sourcils et regarda avec méfiance Mulciber au-dessus d'elle, qui souriait d'un air malveillant. Son nez était fracturé et du sang s'écoulait de ses narines.
― Un duel, ça te dit, Evans ? proposa-t-il d'une voix nasillarde. J'ai envie de te montrer que moi aussi je peux t'envoyer embrasser une armoire de plein fouet.
― Un duel ? s'étonna Minerva.
Puis, elle sourit à son tour, d'un air ironique, et se saisit de la baguette de Lily.
― Absolument, Mr Mulciber, répondit-elle en se relevant avec calme. Faisons un petit duel, pourquoi pas ?
― J'ai reçu un Optimal en Défense contre les forces du Mal, l'année dernière, informa-t-il comme s'il voulait tempérer l'assurance de Minerva. Je suis très fort en duel.
― Je n'en doute pas, dit-elle en époussetant tranquillement sa robe. Je vous félicite. C'est dommage, par contre, que vous n'ayez pas fourni autant d'efforts en cours de métamorphose. Vous possédiez pourtant toutes les qualités requises pour réussir en la matière. Comme quoi, lorsque l'esprit se trouve un jour obnubilé par la magie noire...
― Endoloris !
― Protego !
Minerva para le sortilège d'un mouvement rapide, puis toisa Mulciber.
― Avez-vous oublié qu'il fallait se saluer avant de commencer ? interrogea-t-elle sèchement. Ce n'est pas très aimable de votre part de m'attaquer alors que je n'étais pas encore prête.
Mulciber ricana avec mépris.
― Endoloris ! lança-t-il une deuxième fois, mais Minerva para à nouveau le maléfice.
― De plus, vous ne tenez pas votre baguette dans la position de combat réglementaire, ajouta-t-elle d'un ton austère.
Mulciber la regardait à présent avec une expression d'incrédulité.
― Non, mais tu vas la fermer, oui ? Endol...
Mais avant qu'il n'eût fini de prononcer la formule, Mulciber fut projeté en arrière contre le mur, puis s'affala par terre comme un petit tas de chiffons.
― Pour votre information, Mr Mulciber, l'utilisation des sortilèges Impardonnables est passible d'une condamnation à vie à Azkaban. Jamais je ne croirai qu'on ne vous l'ait pas enseigné en cours de Défense contre les forces du Mal ! Et vous avez néanmoins reçu la mention « Optimal » dans ce cours ?
Minerva eut un petit rire sec.
― C'est étonnant...
Mulciber se releva péniblement en épongeant le sang de son nez avec sa manche et reprit sa position en brandissant sa baguette. Cependant, il ne semblait plus aussi confiant.
― Tu t'es entraînée en cachette, c'est ça ? demanda-t-il d'un ton qu'il s'efforçait de tenir égal.
― Et vous, pour quelqu'un qui se disait être fort en duel, on pourrait penser que vous avez perdu la main, se moqua Minerva.
Ils s'observèrent un instant, puis Mulciber crispa les lèvres avant de hurler à nouveau :
― Endoloris !
― Paré ! s'écria Minerva en déviant le sortilège qui alla percuter l'étagère derrière elle, en répandant des livres moisis sur le sol. Votre problème, c'est que vous ne contrôlez pas vos émotions. Il faut contenir la colère, Mr Mulciber. Vous êtes trop énervé.
― Ta gueule ! hurla-t-il avec véhémence. Arrête de te prendre pour une stupide prof et bats-toi, putain de merde ! Endoloris ! Endoloris ! Endoloris !
Mais Minerva repoussa tous ses jets de lumière, l'un après l'autre, sans plus de difficulté que s'il s'était agi d'une averse de roses.
― Mais enfin, Mr Mulciber, critiqua-t-elle d'un regard froid, soyez un peu moins prévisible dans le choix de vos sortilèges, sinon, ça devient trop facile. Le meilleur moyen de gagner un duel est de surprendre son adversaire.
― Aaaaargh !
Devenu comme fou, Mulciber poussa un rugissement déchaîné et se rua vers elle dans l'intention manifeste de l'étriper de ses propres mains. Mais ses doigts ne parvinrent pas à frôler un seul cheveu de Lily, car il se retrouva soudain dans les airs, tourbillonnant au plafond, avant de retomber brutalement sur le bureau à l'avant de la classe. Des cordes surgirent ensuite de nulle part et le ligotèrent solidement, l'immobilisant dans la même position qu'il avait attaché Minerva quelques heures plus tôt.
― Bien, dit Minerva en s'approchant de Mulciber qui se démenait furieusement entre ses liens. Maintenant, c'est à mon tour...
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Severus crachait de grosses limaces luisantes au pied du mur tandis que James et Sirius le menaçaient de leur baguette.
― Où est-elle ? interrogea James avec froideur. C'est la dernière fois que je te le demande, Servilus, sinon je te fais ravaler de force toutes les limaces que tu as vomies !
― Je ne sais pas ! hurla Severus, pantelant. Je ne sais pas et je m'en fiche !
Sirius agita sa baguette et Severus fit un bond pour s'écraser un mètre plus loin, renversant une corbeille à papiers dans sa chute.
― Et tes amis Mangemorts ? reprit James d'un ton agressif. Ils ne le savent pas non plus ?
― Attendez un peu que... que je... je..., haleta Severus avec rage, en se relevant à grand-peine.
Mais il eut un haut-le-cœur et un nouveau flot de limaces jaillit de sa bouche, l'interrompant.
― Impedimenta ! lança Sirius.
Et Severus s'effondra une fois encore sur le sol, se débattant comme si des cordes invisibles le tenaient prisonnier.
― James t'a demandé si tes amis Mangemorts savaient, eux, où était Lily ! Réponds, sale pouilleux !
Mais Severus ne fit que proférer une volée de jurons entrecoupés de limaces qui se répandaient partout autour de lui. Alors James baissa sa baguette et murmura :
― Tu l'auras voulu...
Et il se tourna vers Sirius.
― Tiens-le immobile pendant que je lui enfonce une poignée de limaces dans le gosier. Je le forcerai à les mâcher pour qu'il puisse bien les goûter.
Sirius ricana et s'approcha de Severus qui continuait de se tortiller sur le sol. D'un geste brutal, il lui empoigna les cheveux et lui tira la tête vers le haut. Mais au moment où James avançait une main grouillante de limaces visqueuses vers la bouche de Severus, une voix dure retentit :
― Hé ! Vous foutez quoi ?
C'était Avery. Debout dans l'encadrement de la porte, il visait tour à tour James et Sirius de sa baguette magique.
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Cela faisait plusieurs minutes qu'Elphinstone reprochait Lily de lui avoir envoyé cette lettre qui lui avait brisé le cœur, mais Lily ne l'écoutait pas. Les yeux fixés sur les aiguilles de l'horloge, elle espérait le retour rapide du professeur McGonagall.
― Je te parle, Minerva ! s'indigna Elphinstone. Tu pourrais au moins me regarder quand je te parle !
― Je... je t'écoute..., balbutia Lily en se tortillant les doigts. C'est juste que... que...
― C'est juste que quoi ? demanda Elphinstone.
Lily leva vers lui un regard implorant. Elle voulait lui dire de s'en aller, de la laisser tranquille une bonne fois pour toutes, que ce qu'il lui racontait la laissait indifférente, mais comme elle savait que ça ne ferait qu'aggraver sa fureur, elle était contrainte à garder le silence.
― Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? interrogea Elphinstone avec impatience. Pourquoi ne me dis-tu rien ? Pourquoi persistes-tu à te taire ? C'est enrageant, Minerva ! C'est enrageant que tu ne m'expliques jamais rien alors que je peux tout comprendre !
― C'est parce que je ne suis pas..., commença alors Lily, tordant plus vigoureusement ses mains. C'est parce que... je ne suis pas...
Mais elle fut incapable de prononcer le reste de sa phrase.
― Quoi ? encouragea Elphinstone d'un ton pressant. Quoi ?
Lily prit une profonde respiration, puis recommença dans une nouvelle tentative :
― Je ne suis pas... En fait, je suis... Je ne suis pas... Je ne suis pas celle que... Il s'est passé quelque chose qui... elle... moi... je veux dire...
Mais c'était comme si les mots restaient coincés dans le fond de sa gorge. Il n'y avait pas moyen d'extirper la vérité de sa bouche.
― Minerva, qu'est-ce que tu essaies de me dire ? demanda Elphinstone en se radoucissant. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que tu n'es pas ?
Lily entrouvrit les lèvres, mais, à présent, elle avait l'impression de ne plus avoir de voix. Plus aucun son ne sortait. Désespérée, elle plongea alors un regard intense dans celui d'Elphinstone et se concentra de toutes ses forces sur ce qu'elle voulait lui dire : « Je ne suis pas le professeur McGonagall, je ne suis pas le professeur McGonagall, je ne suis pas... »
Mais Elphinstone, malheureusement, ne pratiquait pas la Legilimancie. Tout ce qu'il décela dans les yeux de Lily, apparemment, fut un amour douloureux et compliqué éprouvé pour lui, car il posa délicatement ses mains de chaque côté du visage de Lily, le bout de son pouce venant caresser sa lèvre inférieure, puis murmura :
― Quoi qu'il se soit passé, quoi que tu me dises, Minerva, je t'aimerai encore. Je t'aimerai toujours. Tu peux me faire confiance.
Un infime gémissement de panique s'échappa de la bouche de Lily. Elphinstone approchait lentement ses lèvres des siennes.
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― Tu vas me violer, Evans ?
Mulciber, toujours solidement ligoté sur le bureau, regardait Minerva avec un curieux mélange d'excitation et de frustration.
Minerva ne répondit pas.
― Je veux que vous me parliez de la pierre, dit-elle en le menaçant de sa baguette. Comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont ses particularités ?
― Encore cette pierre ? s'exclama Mulciber d'un air incrédule. Mais qu'est-ce que tu veux foutre avec ça ?
― Parlez-moi de cette pierre ! insista Minerva. Sinon...
Elle brandit sa baguette et Mulciber eut un petit rire méprisant.
― Sinon quoi ? demanda-t-il. Tu vas me violer ?
Minerva eut une exclamation exaspérée.
― Non, je ne vais pas vous violer, Mulciber ! Je ne suis pas comme vous ! Moi, je ne me rabaisse pas à ce genre d'activité sordide !
― Tu devrais, conseilla Mulciber en étirant les lèvres dans un sourire sadique. Il n'y a rien de plus jouissif que d'entendre sa victime hurler pendant qu'on la défonce avec force.
Un fourmillement brûlant se répandit en Minerva.
― Ça suffit, Mulciber, murmura-t-elle. Dites-moi ce que vous savez de la pierre et ensuite je m'occuperai de vous.
― Oooooh, comme j'ai peur, se moqua-t-il en feignant un air terrifié. Qu'est-ce que la petite Sang-de-Bourbe va faire de moi ?
― Parlez-moi de la pierre !
― Mais certainement ! Commence par me tailler une pipe, Evans, et je te dirai tout ce que je sais sur cette pierre.
Les doigts de Minerva se refermèrent avec violence sur sa baguette. Jamais elle n'avait eu autant envie d'utiliser le sortilège Doloris sur un élève.
― Très bien, dit-elle en s'évertuant à garder son sang-froid. Vous allez donc attendre ici pendant que je vais chercher le professeur McGonagall. Vous serez renvoyé, Mr Mulciber.
― C'est ça ! lança-t-il en reniflant. Et qu'est-ce que tu lui diras, à la vieille mégère ? Je te rappelle que c'est toi qui m'as attaché après m'avoir jeté plein de sorts ! Sans parler du fait que tu m'as cassé le nez et que je suis en train de perdre tout le sang de mon corps...
― Episkey !
Il y eut un craquement sourd et le flot de sang qui se déversait du nez de Mulciber s'étancha.
― Voilà, dit Minerva avec froideur. Comme ça vous ne mourrez pas avant d'avoir reçu une bonne correction !
Et elle se retourna vers la porte.
― Tu n'as pas de preuve que j'ai voulu te baiser, Evans ! cria Mulciber avec colère. Tu n'as pas de preuve ! Avery et Rogue ne parleront pas ! Tu ne pourras pas m'accuser !
Mais Minerva ne l'écoutait plus.
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Une armure dans le couloir explosa. Avery courait à toutes jambes, les bras au-dessus de sa tête pour se protéger des débris qui revolèrent en tous sens. Sirius visa à nouveau et Avery trébucha contre un vase décoratif.
― Petrificus Totalus ! cria James.
Mais Avery roula sur le sol juste à temps pour éviter le sortilège qui rebondit sur la pierre avant de heurter le portrait d'un vieux sorcier un peu plus loin. Ce dernier poussa un cri aigu avant de disparaître derrière son cadre.
― Tarentallegra ! cria à son tour Sirius.
Avery se releva précipitamment, mais ne fut pas assez rapide pour esquiver le jet de lumière qui le frappa en plein dans le dos. Ses jambes se mirent alors à s'agiter sous lui comme s'il dansait les claquettes. Déséquilibré, il tomba une seconde fois par terre. James et Sirius s'éclaffèrent.
― Croyais-tu vraiment être de taille à nous affronter, Avery ? railla James.
― Ou alors l'idée d'avaler des limaces t'intéressait aussi ? ajouta Sirius d'un air mauvais.
À ce moment, une voix sèche retentit derrière eux.
― Mais qu'est-ce qui se passe, pour l'amour du ciel ?
― Lily ! s'exclama James en faisant volte-face.
Il s'élança à sa rencontre en s'ébouriffant les cheveux, mais Minerva ne lui prêta pas attention. Elle évaluait l'étendue des dégâts avec indignation.
― Vous avez détruit une armure ! dit-elle avec colère. Comment osez-vous saccager les couloirs de la sorte ?
― C'est à cause de lui, expliqua Sirius en regardant Avery avec répugnance, dont les jambes gigotaient toujours dans des mouvements violents et incontrôlables. Il n'a jamais voulu nous dire où tu étais, alors on a pensé qu'il devait payer.
― Lily, dis-moi, est-ce que ça va ? demanda James.
― Je vais très bien ! répondit Minerva d'un ton ferme en ressortant sa baguette. Maintenant, ça suffit ! Finite !
Les jambes d'Avery retombèrent sur le sol. Avery put alors se remettre debout normalement.
― J'enlève quarante points à Gryffondor ! déclara Minerva, énervée, avant de se rappeler qu'elle ne détenait plus le pouvoir ni l'autorité d'infliger des punitions aux élèves. Heu... oui, bon ! se reprit-elle alors, en calant une épaisse mèche rousse derrière son oreille. Je voulais plutôt dire que le professeur McGonagall vous enlèverait des points si elle vous avait surpris à ma place.
― C'est à cause d'Avery ! répéta James avec vigueur. Il a essayé de nous lancer un sort alors qu'on était en train de donner une raclée à Servilus. D'ailleurs, qu'est-ce qu'ils t'ont fait ces abominables détritus ? demanda-t-il d'un air soucieux. Où étais-tu, Lily ?
James voulut passer une main derrière le dos de Minerva, mais celle-ci s'éloigna de lui en lui jetant un regard furieux.
― Vous étiez en train de faire quoi ?
― On enfonçait des limaces dans le gosier de Servilus, précisa Sirius d'un air désinvolte. Allons, Evans, tu ne viendras pas nous dire qu'il ne l'a pas mérité. Lui et ses amis ne valent pas mieux qu'une grosse bouse de dragon puante.
― Severus Rogue m'a tiré d'un très mauvais pas ! informa sèchement Minerva, révoltée. Et vous, vous vous amusez à le... à lui...
― Ah, vous êtes là ! s'exclama soudain une voix essoufflée.
Tous tournèrent les yeux vers le bout du couloir et virent Remus qui contournait les débris de l'amure sur le sol.
― Mais qu'est-ce qui s'est passé, nom d'un Épouvantard ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. J'ai vu Avery détaler d'ici comme un lapin. Vous avez essayé de le tuer ou quoi ?
Puis il remarqua Minerva et une expression de soulagement passa sur son visage.
― Ah, Evans, vous l'avez retrouvée ! s'exclama-t-il. Elle était où ?
― Ça ne vous concerne pas, lança Minerva d'un ton tranchant. Maintenant, si vous le voulez bien, je suis pressée.
Elle venait de se souvenir qu'Elphinstone était fort probablement en train de sermonner Miss Evans, en cet instant. Il fallait donc qu'elle retourne en vitesse à son bureau, d'autant plus que l'heure de la récréation allait s'achever bientôt.
Mais James la rattrapa par le bras au moment où elle voulut s'éclipser.
― Tu es encore fâchée contre moi, c'est ça ? demanda-t-il d'un ton amer.
― Je n'ai pas le temps, répliqua Minerva. On s'en reparlera plus tard !
Elle essaya de se libérer, mais James resserra ses doigts sur elle.
― Mais puisque je te dis que je vais m'arranger pour être là ce soir ! Tiens, je m'apprête à aller de ce pas voir la vieille rigoureuse pour essayer de la raisonner.
― Le professeur McGonagall ! rectifia Minerva entre ses dents. Et lâchez... lâche-moi, James !
Tout à coup, il y eut un silence. Contre toute attente, James parut soudain ému.
― Quoi ? interrogea Minerva avec impatience. Qu'y a-t-il ?
James laissa retomber sa main le long de son corps et continua de regarder Minerva comme si elle venait de lui faire le plus beau compliment au monde.
― C'est la première fois que tu m'appelles par mon prénom, Lily, murmura-t-il, les yeux plein d'émotion. C'est la première fois...
Sirius échangea un regard en coin avec Remus.
― Ah, fit Minerva, au dépourvu.
Apparemment, Miss Evans avait oublié de l'informer sur ce petit détail. Le silence se prolongea encore un peu, puis...
― Nous irons à cette soirée ensemble, Lily ! déclara James avec fougue. Quoi qu'il arrive, nous y irons ! Tu peux compter sur moi, je te le promets !
À ce moment, Remus s'éclaircit la gorge.
― Heu... Cornedrue, commença-t-il avec malaise. Au fait, il fallait que je te dise... pour le Polynectar...
Tous se retournèrent vers lui.
― Quoi, le Polynectar ? demanda James avec appréhension. Queudver s'est encore fait traquer par Miss Teigne, c'est ça ?
Remus secoua la tête.
― Non, ce n'est pas ça. C'est juste que... finalement, je ne pourrais pas te remplacer si McGonagall refuse de reporter ta retenue.
― Pourquoi ? interrogèrent James et Sirius à l'unisson.
Les joues de Remus prirent une teinte rosée.
― Ben... parce qu'on vient de m'inviter à la fête, moi aussi, répondit-il timidement.
― Quoi ? s'exclama James.
― Comment ça ? Qui t'as invité ? demanda Sirius d'un air incrédule.
Cette fois, le visage de Remus devint écarlate. Il fuit leur regard en tapotant du pied un restant de visière, puis il marmonna d'une voix à peine audible :
― Sibylle Trelawney...
― Quoi ! s'écria Sirius en ouvrant de grands yeux ronds. Tu veux dire que Très-Long-Nez t'a invité à la soirée et que t'as dit oui ?
Remus eut un infime hochement de tête.
― Ah, mon Dieu, je vais faire un arrêt cardiaque !
Sirius s'empoigna les cheveux à deux mains et fit mine de s'assommer sur le mur.
― Mais elle était désespérée ! se défendit Remus. Personne ne voulait sortir avec elle !
― Avec raison ! s'écria Sirius.
James était dépité.
― Lunard, je comptais sur toi ! gémit-il. Qu'est-ce que je vais faire, maintenant, si je n'arrive pas à convaincre McGo de reporter ma retenue ? Je ne peux pas faire confiance à Queudver, il va tout faire foirer, je le sais.
― Eh bien, tu n'auras qu'à faire ta retenue comme un grand garçon... Potter, dit Minerva qui ne pouvait s'empêcher d'esquisser un sourire triomphant. En tout cas, je te souhaite une bonne soirée.
Et elle s'éloigna pendant que James regardait Remus d'un air découragé et que Sirius glapissait :
― Très-Long-Nez ! Tu vas sortir ce soir avec Très-Long-Nez, la fille la plus moche de l'école ! T'en rends-tu compte, Lunard ? Ta réputation sera souillée à jamais ! Je ne t'ai jamais appris à ne fréquenter que les belles filles ? Il va falloir que je te donne sérieusement un cours là-dessus !
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― Minerva, qu'est-ce que tu as ? supplia Elphinstone.
Lily avait fui ses lèvres en reculant précipitamment. À présent acculée contre le mur, les mains crispées sur le collet de sa robe, elle regardait Elphinstone comme un animal effarouché.
― Je ne suis pas... je ne suis pas..., répétait-elle en hochant la tête. Je ne suis pas...
― Mais qu'est-ce que tu n'es pas, Minerva ? Allez, dis-le-moi ! Je vais comprendre !
Il y eut soudain un bang ! sonore et Minerva entra en trombe dans le bureau. Lily poussa un profond soupir de soulagement. Quant à Elphinstone, on aurait dit qu'il venait de recevoir un coup de poing en pleine face. Son visage se tordit en une horrible grimace.
― Encore vous ! mugit-il. Mais on ne vous a jamais appris à frapper avant d'entrer ? Vous vous croyez tout permis, c'est ça ?
― Je dois absolument vous parler, professeur McGonagall, déclara Minerva en s'efforçant d'ignorer son cœur qui s'était serré devant la colère d'Elphinstone. C'est urgent.
― Eh bien, elle n'est pas disponible en ce moment, comme vous pouvez le constater ! répliqua Elphinstone. Sortez d'ici !
Il s'avança vers elle pour l'intimider, mais Minerva ne recula pas.
― C'est urgent, répéta-t-elle avec fermeté.
― Je m'en moque !
― C'est bon, Elphin... Elphinstone, intervint Lily en venant poser une main hésitante sur son bras. Je crois que je ferais mieux d'écouter ce que Miss Evans a à me dire. Tu... tu devrais... Enfin, reviens un autre jour...
Elphinstone fulminait. Il transperça Minerva d'un regard glacial, puis murmura à l'oreille de Lily :
― Tu ne me fuiras pas comme ça, Minerva. Je vais revenir. Et plus tôt que tu ne le penses.
Et dans un tourbillon de cape furieux, il sortit de la pièce. Minerva ferma les yeux un instant et referma la porte d'une main tremblante.
― Mais où étiez-vous, bon sang ? s'exclama Lily. Vous en avez mis du temps ! Pendant ce temps-là, moi, j'ai failli me faire violer !
Il y eut un silence.
― Effectivement, dit froidement Minerva. Miss Evans, écoutez-moi bien, parce que j'ai beaucoup de choses à vous annoncer et il ne reste que peu de temps avant que la cloche sonne la fin de la récréation.
Merci d'avoir lu ! ^^
Quoi, ce chapitre n'était pas traumatisant ? Bien sûr que non, mon avertissement est pour ce qui viendra ensuite, au fil des chapitres suivants... Resteriez-vous avec moi... ? Ah non, voilà l'angoisse qui me revient...
Gros bisous malgré tout ! ^^'
Ps : Je suis vraiment désolée pour Severus...
