Bonjour ! ^^
Oui, je sais, je suis en retard dans ma publication. Pour tout vous dire, je manque de temps. Ou alors je suis incroyablement égoïste avec mes temps libres que je consacre exclusivement à la réécriture de mon roman. Je suis obsédée, que voulez-vous ! Et il y a aussi le fait que j'angoisse toujours à l'idée de continuer à poster cette fic... Je sais, c'est stupide, mais je n'y peux rien, c'est plus fort que moi ! J'ai tellement peur de vous traumatiser d'ici la fin de cette histoire ! Mais quand je reçois un tas de reviews comme c'est arrivé pour mon chapitre précédant, c'est là que je me sens bigrement coupable et que je me dis que je n'ai pas le choix. Je dois me rendre jusqu'au bout et cesser d'étirer le temps entre les publications. C'est le moins que je puisse faire pour vous, non ? Je vous aime tellement, mes lecteurs, vous êtes même trop gentils avec moi. Parfois, vous arrivez même à me faire pleurer. Et alors, juste pour vous, je vais faire de gros efforts pour passer par-dessus mon stresse. :)
Merci beaucoup à Suchi-story, hibatrix (merciiiiiii ! :D), Lunashura, Sheshe13, Piichi21, Tayame Hatake et Olivia Severus.
En passant, Rinku écrit une super série fantasy qu'elle publie sur son site web. Je suis allée voir par curiosité juste avant de publier mon chapitre (non, ce n'était pas pour tergiverser !) et j'ai été agréablement surprise. Ça a l'air intéressant. Je lirai bien un jour, dès que mon temps se libérera un peu plus. En attendant, je vous invite à y jeter un coup d'œil. Si vous aimez comme moi la magie, les sorciers, les elfes, les loups-garous et les vampires, cette histoire vous plaira sûrement. ^^ Voici le lien qu'elle affiche sur son profil sur HPFanfiction : mathilde-bouilland (vous n'avez qu'à insérer les trois www en début et le com à la fin ;) (en espérant que j'avais le droit de faire de la pub ici aussi pour ses romans...)
Oh et je ne t'oublie pas Alienor la Fantasque. Ta review arrivera bientôt ! (Elle aussi écrit une super histoire, une fic gigantesque ! Allez voir sur son profil. C'est fou, l'imagination qu'elle a !)
Bon, tant qu'à y être, il y a aussi Suchi-story qui écrit une super fic avec les Maraudeurs. J'étais sa bêta, mais j'ai dû arrêter dernièrement parce que je n'avais plus de temps. Dans la vie, il faut parfois faire des choix difficiles. J'aimais beaucoup corriger ses chapitres. En tout cas, sa fic en vaut le détour. Si vous aimez les Maraudeurs, les OCs super attachants et l'amour compliqué, vous allez adoré !
Bon, là, j'ai largement assez parlé ! Je coupe ça court ici pour vous souhaiter une... heu... bonne lecture. ^^'
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)
Chapitre 9 ― Maladresse gênante
Lily sortit du bureau de McGonagall en scrutant les deux bouts du couloir. Mulciber était censé être revenu la voir, ainsi que Minerva qui devait brûler d'envie de lui dire deux mots après l'avoir surprise en train d'embrasser Elphinstone. Pourtant, ni l'un ni l'autre ne s'était montré à sa porte.
Un mauvais pressentiment l'assaillit.
― Merde, il lui est encore arrivé un malheur ! s'exclama-t-elle en s'élançant en avant.
Poussant toutes les portes qui se présentèrent sur son chemin, elle se précipita dans les couloirs en espérant que Mulciber n'ait pas emmené bien loin le professeur McGonagall. Par deux fois, elle tomba sur un placard à balais. Elle se rendit jusqu'au bout du couloir, puis se demanda ensuite par quelle direction aller. Elle optait pour la droite lorsqu'elle entendit comme un coup de canon retentir quelque part dans le château. Lily revint aussitôt sur ses pas et fonça tout droit en direction du vacarme.
Un autre coup de tonnerre résonna. Cela venait de l'une des classes situées dans un corridor perpendiculaire. Lily s'y précipita, ouvrit la porte et se trouva bouche bée devant la scène qui se déroulait devant ses yeux.
― À l'aide ! À l'aiiiiide ! Elle va me tuer, aidez-moi quelqu'un !
Mulciber se recroquevillait dans un coin de la salle, les bras au-dessus de sa tête, pendant que trois gros vautours noirs, tourbillonnant autour de lui dans des bourrasques, essayaient de lui écorcher la chair.
― On rit moins, maintenant, hein ? railla Minerva d'un ton glacial, en dirigeant sa baguette vers le bureau à l'avant de la classe.
Il y eut un bang! retentissant et le bureau se transforma en jeune rhinocéros qui barrit avant de se ruer sur Mulciber. Celui-ci poussa un hurlement terrifié. Il eut à peine le temps de se relever qu'il se fit encorner de plein fouet.
― Non ! cria Lily en le voyant se faire catapulter au plafond.
Avec un craquement sinistre, il percuta le coin d'une table dans sa chute et s'effondra à terre, deux mètres plus loin, inconscient.
― Mais vous êtes devenue folle ou quoi ? s'écria Lily. Il ne faut pas le tuer ! Il faut l'interroger !
― Finite Incantatem !
Aussitôt, les trois vautours, qui fondaient à nouveau sur Mulciber en battant leurs ailes puissantes, se changèrent en bancs de bois qui se fracassèrent sur le sol et le rhinocéros redevint un bureau bancal. Minerva fit ensuite volte-face et brandit sa baguette sous le nez de Lily.
― Qu'est-ce que vous avez raconté à Mr Urquart, Miss Evans ? demanda-t-elle, sa poitrine se soulevant à un rythme accéléré. Quels sentiments j'éprouve pour lui, selon vous ?
― Quoi ? dit Lily en reculant vers le mur. Mais je ne sais pas, moi ! Il est encore revenu et, puisque je ne savais plus quoi faire pour le renvoyer, je lui ai carrément dit que je ne l'aimais pas. Mais, bien sûr, je l'ai regretté. Il avait tellement l'air blessé que j'ai eu pitié de lui. J'ai donc dit n'importe quoi pour le rassurer et là... enfin...
― Il vous a embrassée, acheva Minerva, une ardente rougeur enflammant ses joues.
― Oui...
― Et vous ne l'avez pas repoussé.
― Je n'ai pas été capable.
― Vous auriez dû le repousser.
― J'ai essayé...
― Vous n'avez pas dû essayé bien fort ! s'emporta Minerva.
Lily sursauta et fit un nouveau pas en arrière, les yeux fixés sur sa propre baguette dirigée fermement vers son visage.
― Écoutez, professeur, ne pensez pas que ça m'a plu d'offrir mon tout premier baiser à un homme que je ne connais pas et qui, en plus, doit avoir au moins trois fois mon âge ! C'est à Potter que je voulais le lui offrir ! Et je voulais que ce soit à cette fête de ce soir. Je voulais profiter de cette soirée pour lui déclarer ma flamme, mais tout est allé de travers. D'abord, vous refusez de reporter sa retenue et, ensuite, je me retrouve coincée dans votre corps...
― Vous vous éloignez du sujet, Miss Evans, interrompit Minerva. Qu'est-ce que vous lui avez dit exactement ? Où compte-t-il m'amener ce soir ?
Lily soupira avec irritation.
― Il viendra vous kidnapper pour aller je ne sais où, durant un week-end entier, marmonna-t-elle. Voilà. Et j'avoue que c'est mon idée. Seulement, je ne m'attendais pas à ce qu'il l'applique aussitôt. Je trouve votre façon de jouer avec lui très malsaine, professeur. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais vous lui faites de la peine. Si vous l'aimez, vous devriez...
― Taisez-vous ! aboya Minerva, les yeux étincelants. Taisez-vous, Miss Evans, taisez-vous ! Combien de fois vais-je devoir vous répéter de rester en dehors de ma vie privée ?
― Oui, mais c'est difficile de faire autrement quand cet Elphinstone ne me parle que de vous et des sentiments que vous essayez de refouler désespérément !
Minerva resserra ses doigts sur la baguette.
― Vous ne savez pas ce que je vis, Miss Evans, répliqua-t-elle dans un souffle.
― Pas exactement, mais j'en sais assez pour comprendre que vous devriez vous faire soigner !
Les mots lui avaient échappé avant qu'elle puisse les retenir. Minerva n'aurait pas eu une expression différente si on l'avait giflée. Son poing se refermait à présent si fort sur la baguette que ses phalanges blanchirent, comme si une terrible envie de foudroyer Lily d'un sort la tenaillait.
― Désolée, s'excusa Lily à voix basse. C'est sorti tout seul, je n'y pensais pas...
Il y eut un instant de silence tendu pendant lequel Lily se tortilla les doigts, puis Minerva finit par rabaisser la baguette d'un geste furieux.
― Je commence par une période libre, cet après-midi, dit-elle d'un ton froid. Vous avez donc tout le temps d'interroger cet idiot de Mulciber pour lui soutirer le contre-sort. Réanimez-le et je vous reverrai plus tard, en cours de métamorphose. Je m'attendrai à ce moment-là de recevoir de bonnes nouvelles. Débrouillez-vous pour qu'il en soit ainsi, en tout cas. En attendant, dites-moi par quel cours vous commencez après la cloche.
― Sortilèges, répondit Lily. Mais attendez, je... je reçois Potter dans quelques minutes. Je lui avais demandé de revenir me voir avant le prochain cours alors...
― On se fiche de Potter ! s'écria Minerva, hors d'elle. Ce qui urge, en ce moment, c'est de trouver le moyen de retrouver nos corps respectifs avant ce soir ! Alors, s'il vous plaît, Miss Evans...
― Eh bien, moi, je ne me fiche pas de Potter ! répliqua Lily, téméraire. Je l'aime, vous savez ! Et quand on aime quelqu'un, il est normal de lui donner plus d'importance que le reste ! Je ne suis pas comme vous, moi ! Alors je vais d'abord aller le voir pour lui dire avec regret que je ne pourrai pas reporter sa retenue, et ensuite j'interrogerai Mulciber.
― Miss Evans, ne me poussez pas à bout !
― Ça ne sera pas long ! insista Lily avec la voix tranchante du professeur McGonagall. Dès que Potter verra que je suis véritablement une sans-cœur, il s'en retournera. En attendant, on a qu'à cacher Mulciber dans l'armoire de la classe, là-bas.
Et sur ces mots, elle sortit la baguette de Minerva de sa poche, stupéfixa Mulciber pour s'assurer qu'il ne se réveillerait pas, puis le traîna par la jambe vers l'armoire nichée dans le fond de la salle. Minerva se passait les mains sur ses tempes en s'évertuant à calmer sa fureur.
― Je ne suis pas sûre que c'est une bonne idée de vous laisser seule avec Potter dans mon bureau, Miss Evans.
― Et pourquoi ? demanda Lily qui donnait à présent des coups de pieds à Mulciber pour le faire entrer dans l'armoire.
― Parce qu'à en croire les paroles de Black, il aurait été capable de vous séduire.
― Je suis déjà sous le charme de Potter.
― Je comprends, mais, étant donné que vous animez mon corps en ce moment...
Lily referma les portes de l'armoire en poussant dessus de toutes ses forces, puis se tourna vers Minerva, un peu essoufflée.
― Potter a usé de son charme pour essayer d'obtenir ce qu'il voulait, haleta-t-elle en se frottant les mains. C'est sûrement Black qui lui a conseillé de faire ça. C'est tout son genre. Bien évidemment, comme je suis sensible à ses beaux yeux, j'ai failli perdre pied. Mais, vous savez, professeur, poursuivit-elle sournoisement, il n'aurait pas besoin de me séduire si je lui offrais directement ce qu'il veut. Il s'agit d'accepter de déplacer sa retenue et, comme ça, je ne risquerais pas de ridiculiser votre corps devant lui.
― N'essayez même pas !
Lily haussa les épaules avec nonchalance.
― Comme vous voudrez... J'essaierai de ne pas rougir lorsqu'il jouera de ses beaux yeux, alors. En passant, selon Elphinstone, vous êtes très jolie quand vous rougissez... à craquer...
Elle eut un air railleur et, avec satisfaction, elle vit le visage de Minerva perdre ses couleurs.
― C'est du chantage, c'est ça ? dit-elle d'un ton brusque.
― Du chantage ? Mais non, pas du tout.
― Attention, Miss Evans, parce que ce jeu se joue à deux ! avertit Minerva en la pointant d'un doigt menaçant.
Mais Lily ne se laissait pas intimider.
― Vous vous êtes déjà arrangée pour me mettre à dos mes deux meilleures amies et je suis certaine que, depuis ce matin, vous avez envoyé plus d'une fois promener Potter. Alors, à part peut-être coucher avec Sirius Black, je ne vois vraiment pas comment vous pourrez réussir à détruire davantage ma vie ! Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, professeur McGonagall, je dois retourner à votre bureau, déclara Lily en se rendant à la porte d'un pas confiant. Potter va arriver d'un moment à l'autre et j'ai besoin de me préparer mentalement avant de le recevoir.
Elle sortit dans le couloir, mais à peine eut-elle fait trois autres pas que Minerva s'écria avec colère :
― D'accord ! J'accepte de reporter à demain la retenue de Potter ! Vous avez gagné ! Maintenant, de grâce, ne faites plus de bêtises et que je ne sois pas obligée d'aller à cette fête à votre place !
Lily afficha un sourire triomphant et s'éloigna vers le bureau du professeur McGonagall.
.
Fulminant, Minerva la regarda disparaître au bout du couloir et se résigna à prendre le chemin de la tour de Gryffondor. Elle devait aller immédiatement chercher les affaires de son élève si elle ne voulait pas être en retard à son cours de Sortilèges. Damné maléfice ! Elle ne se souvenait pas de n'avoir jamais vécu une journée aussi exaspérante.
Minerva était maintenant plongée dans de sombres pensées au sujet d'Elphinstone, si bien qu'elle ne vit pas James avant de le heurter de plein fouet au milieu d'un escalier.
― Regardez où vous allez, Potter ! gronda-t-elle en se frottant le front.
― Mais c'est toi qui m'as foncé dedans ! protesta James.
Puis il étala un sourire taquin sur son visage.
― Ça te va bien, les cheveux en bataille.
Minerva le fusilla du regard et poursuivit son chemin.
― Hé, attends ! dit James en la rattrapant par le bras. Je voulais te dire que je vais être là, ce soir, à la fête !
― Ah oui ? répondit-elle sèchement. Pourtant, le professeur McGonagall ne t'a pas encore donné son accord.
― Je sais, mais j'allais justement à son bureau. À mon avis, j'ai de grosses chances qu'elle reporte ma retenue. Elle avait l'air de vraiment le vouloir, ce matin. C'est peut-être bizarre à dire, mais... je crois que je lui plais.
Il ricana. Minerva serra les poings.
― Ne te fais pas d'idée, Potter. Il n'y a aucune chance que le professeur McGonagall soit tombée sous le charme d'un élève aussi impertinent que toi.
― Peut-être, mais si tu l'avais vue rougir au moment où je l'ai regardée dans les yeux... C'est drôle, elle m'a fait un peu penser à toi, dit-il d'une voix suave en se passant une main dans ses cheveux. Toi aussi, Evans, tu rougis quand je te regarde trop... intensément.
Il s'approcha lentement de Minerva qui remonta aussitôt d'une marche. James eut un rire désinvolte.
― Arrête d'être aussi furieuse contre moi, Evans. Puisque je te dis que je serai là ce soir, peu importe la réponse de McGo.
― Le professeur McGonagall ! rectifia une fois encore Minerva, les mâchoires crispées.
― C'est ça, la vieille chouette. On a finalement décidé que Peter boira le Polynectar si McGo refuse de me libérer. Bon, il n'a jamais été très digne de confiance, étant donné qu'il a une fâcheuse tendance à être un peu empoté, mais dans le fond, c'est un bon gars. Je suis certain que McGo ne verra que du feu s'il se contente de tenir la tête baissée et de ne pas dire de conneries. Au pire des cas, elle me trouvera moins séduisant que tout à l'heure...
Il éclata d'un rire prétentieux en s'ébouriffant à nouveau les cheveux, puis ajouta :
― De toute façon, au nombre incalculable de fois où on a réussi à la duper, je suis certain que ça ne sera pas différent pour ce soir. En passant, Evans, je peux te demander quelle couleur sera la robe que tu porteras à la fête ? Je pensais que je pourrais colorer mon nœud papillon de la même couleur, qu'est-ce que tu en penses ?
Minerva ne savait plus qui de Potter ou Mulciber elle avait le plus envie de voir se prendre un Doloris bien senti. Elle bouillait si ardemment de l'intérieur qu'il lui était devenu difficile de contenir ses émotions.
― Un jour, tu paieras pour autant d'irrévérence, Potter, laissa-t-elle échapper entre ses dents.
Le sourire de James se fana.
― Tu veux toujours sortir avec moi, Lily, hein ?
― Bien sûr, répondit Minerva d'une voix tremblotante de colère. Absolument...
― Mais pourquoi me regardes-tu comme ça ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Tu me fais peur, tout à coup. J'ai fait ou dit quelque chose de mal ? J'espère que tu n'es pas jalouse de la vieille McGo, quand même ?
Minerva pouffa d'un rire sans joie.
― Tant mieux, dit James qui interpréta sa réaction comme de l'amusement. Parce que, entre toi et moi, pas beaucoup de monde oserait la toucher, pas même du bout d'une perche. Sirius dit que son tempérament acariâtre est dû à un manque de sexe.
À nouveau, il éclata de rire.
― Ça doit être pour ça qu'elle a rougi devant mon charme. Ça ne doit pas lui arriver souvent qu'un gars daigne la regarder comme... Aïe !
La gifle était partie toute seule. James vacilla sous le choc en manquant de chuter en arrière et de dégringoler l'escalier.
― Ça va pas ? s'écria-t-il avec colère, une main sur sa joue meurtrie. C'est quoi ton problème ?
― Ne t'avise plus jamais d'insulter le professeur McGonagall, espèce de sale petit insolent !
― Quoi ? s'exclama James en la regardant avec des yeux surpris. Mais tu la traitais toi-même de toutes sortes de noms encore hier soir ! C'est Macdonald qui me l'a dit !
― Eh bien, j'avais tort ! déclara furieusement Minerva avant de tourner les talons. Je dois me préparer pour le cours de Sortilèges. Tu ferais mieux de passer voir immédiatement le professeur McGonagall si tu ne veux pas être en retard. Et peu importe sa décision de reporter ou non ta retenue, sache que pour moi tu la mérites pleinement ! Goujat !
Elle finit de monter les marches d'un pas rageur et James, offensé, la regarda disparaître à l'étage.
.
Assise derrière le bureau du professeur McGonagall, Lily jouait distraitement avec une longue plume noire. Elle essayait de contrôler son anxiété ainsi que son excitation trop vive de pouvoir annoncer à James qu'ils allaient enfin pouvoir passer la soirée ensemble. Il fallait qu'elle garde une expression impassible à ce moment-là et évite de rougir comme la dernière fois. Pourvu que James n'use pas à nouveau de son pouvoir de séduction sur elle.
Il y eut enfin des coups frappés à la porte et Lily sursauta avant de lancer d'une voix plus enjouée qu'elle ne l'aurait voulu :
― Entrez !
Elle se racla aussitôt la gorge et se reprit d'un ton plus digne du professeur McGonagall :
― Entrer, Potter, dit-elle sèchement. Je vous attendais.
James avança dans la pièce d'un pas traînant et s'arrêta devant le bureau. Il semblait triste et l'une de ses joues était curieusement violacée. Sans doute qu'il s'était encore battu avec Severus. Quant à son air dépité, il s'attendait sûrement à ce que le professeur McGonagall refuse sa demande et Lily avait hâte de lui révéler la bonne nouvelle.
― Bon, alors, Potter..., commença-t-elle en prenant un air austère, en croisant les mains sur sa table. J'ai beaucoup réfléchi concernant votre situation et j'en suis venue à la décision que...
― Je vais faire ma retenue, déclara sombrement James. Je n'irai pas à la fête.
― Vous ne m'avez pas laissé finir, Potter, dit Lily en le regardant par-dessus les lunettes du professeur McGonagall. J'allais justement vous annoncer que j'acceptais. J'accepte de reporter votre...
― Ça m'est égal, je ne veux plus aller à la fête. Je préfère faire ma retenue...
Le cœur de Lily rata plusieurs battements.
― Comment ça ? demanda-t-elle.
― Je n'ai plus envie d'y aller. Je venais vous dire, professeur, que je serai là ce soir, comme prévu, à votre bureau...
Il eut un faible sourire dolent, puis se retourna vers la porte.
― Mais... non ! s'écria Lily en se levant d'un bond.
James fit volte-face et la regarda d'un air surpris.
― Heu... je veux dire..., se reprit Lily en se rasseyant nerveusement, je croyais que cette soirée vous tenait à cœur ?
― Oui, c'est vrai, mais... j'ai changé d'avis...
― Pourquoi ?
― Heu... parce que j'ai préféré changer d'avis, répéta lentement James en observant Lily d'un air soupçonneux. Est-ce que ça pose un problème que je ne veuille plus aller à la fête ?
Lily avait l'impression qu'un cube de glace lui descendait dans l'estomac. Ce n'était pas possible. Pour quelles raisons ne voulait-il plus passer la soirée avec elle ?
― Mais... Miss Evans..., dit-elle d'une voix crispée. Elle... elle ne compte plus pour vous ? Je croyais que vous étiez prêt à faire un mois de retenues en échange d'une soirée avec elle.
― C'est vrai, répondit James, mais plus maintenant. Je me suis trompée. Elle n'est pas celle que je croyais. À tout à l'heure, professeur.
― Non, attendez ! s'écria à nouveau Lily, le cœur battant. Miss Evans vous a fait quelque chose, c'est ça ? Elle vous fait croire depuis ce matin qu'elle vous déteste ? Ce n'est pas le cas, je vous l'assure. C'est seulement une mauvaise journée pour elle. Ce n'est que passager. Avant ce soir, je vous garantis qu'elle retrouvera sa bonne humeur.
Dérouté, James la dévisagea en plissant les yeux. Il sembla hésiter un moment, puis, guettant sa réaction, il avoua :
― Elle m'a giflé, professeur.
― Quoi ? s'exclama Lily d'une voix assourdie. Elle t'a quoi ?
― Elle m'a giflé, répéta-t-il en montrant sa joue meurtrie. Est-ce que vous savez ce qu'il lui prend depuis hier, professeur ?
Une bouffée de colère envahit Lily. Ses doigts se ressaisirent de la plume noire sur le bureau et la serrèrent convulsivement. Le professeur McGonagall allait payer pour ça !
― Je vois, murmura-t-elle, tout en s'efforçant de maîtriser ses émotions. Cependant, je suis certaine qu'elle le regrette. Ce n'était sûrement pas sa véritable intention de vous gifler.
― Oh que si, ce l'était ! affirma James avec un rire amer. Elle m'a frappé et, si elle avait pu aussi m'étouffer, elle l'aurait fait ! Elle n'a plus aucun sentiment pour moi à part la répulsion. Je l'ai vu dans son regard ! Je la dégoûte ! Ce n'est plus comme avant. Enfin, je ne sais pas si elle m'a vraiment aimé un jour. Je pense que je me suis fait des illusions. Lily Evans ne m'aime pas et ne m'aimera jamais. Elle me trouve trop insolent...
Il s'interrompit soudain, cligna des yeux, puis reprit d'un ton gêné :
― Heu... je ne sais pas pourquoi je vous dis tout ça, professeur, mais... heu...
Il fit un signe timide vers la porte.
― Je crois que je ferai mieux d'y aller si je ne veux pas arriver en retard à mon cours...
Lily hocha la tête.
― Oui, bien sûr, dit-elle d'un ton faible. Mais je reporte quand même votre retenue, Potter.
― Quoi ? Mais, non, j'ai dit que je la ferai...
― Je tiens à ce que vous allez à la fête avec Miss Evans. Je suis sûre qu'elle a de bonnes raisons d'avoir agi aussi indécemment avec vous. Elle vous expliquera tout.
― Mais je ne veux pas y aller ! protesta James. Même si elle a des explications à m'offrir, je ne veux plus lui parler ni rien savoir d'elle ! Une fille qui gifle quelqu'un au lieu de communiquer par les mots en dit long sur sa personnalité. Ce n'est pas comme si j'étais un abruti malfaisant comme... Enfin, moi, je n'ai jamais rien fait de mal !
― Puisque je vous dis qu'elle vous expliquera tout...
― De plus, je ne la trouve plus aussi belle qu'avant. On dirait maintenant une vieille harpie grincheuse. Je ne savais pas qu'elle pouvait être aussi détestable. C'est elle qui me donne envie de vomir, maintenant !
― Ah non, ne dis pas ça..., murmura Lily, le cœur explosé.
― Finalement, j'ai perdu tout mon temps à courir après une fille qui ne me plaisait même pas. Si j'avais su, je ne me serais jamais aussi torturé les émotions pour elle. Je suis vraiment bête. Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne jamais m'apercevoir que derrière son apparence se cachait un caractère empoisonné. Elle ne m'aime pas ! Elle ne m'a jamais aimé et ne m'aimera jamais !
― Non, James, arrête, tu te trompes ― je t'aime !
Les mots désespérés claquèrent dans l'air et James se tut aussitôt. Lily se trouva debout derrière son bureau alors qu'elle ne se souvenait pas de s'être levée à nouveau. Elle fixait James avec des yeux intenses, brillants, puis elle eut l'horrible sensation de tomber dans le vide.
― Merde..., souffla-t-elle, réalisant l'énorme maladresse qu'elle venait de commettre.
James haussa les sourcils, déconcerté.
― Qu'avez-vous dit, professeur ?
― Je... heu..., balbutia Lily qui essayait de reprendre vainement contenance. Je disais elle. Elle t'aime... vous aime, je veux dire. Enfin...
Elle se passa une main sur le front en se laissant retomber dans son fauteuil. Elle avait maintenant très chaud. Pourquoi n'avait-elle pu se retenir de dire une chose pareille sous l'apparence du professeur McGonagall ?
― Vraiment ? dit James, incrédule. Pourtant, je suis sûr d'avoir entendu : Je t'aime. Vous m'aimez, professeur ?
Lily secoua la tête.
― Non.
Mais, comme pour la trahir, ses joues s'enflammèrent au même moment. Lily gémit. Pourquoi fallait-il qu'elle rougisse par surcroît ? James la regarda essayer de cacher son visage embarrassé derrière sa main et une étrange expression passa dans son regard. De toute évidence, il n'en croyait pas ses yeux.
― Attendez, vous..., dit-il en levant un doigt hésitant. Vous... vous n'êtes pas... ?
Ses paupières papillonnèrent.
― Non, c'est impossible...
― Évidemment que c'est impossible, approuva Lily en se redressant dans son fauteuil, la plume à nouveau écrasée entre ses mains. Je ne peux quand même pas être amoureuse de toi... ça serait trop ridicule. Ce n'est pas crédible, de toute façon. Je voulais bien dire elle ! Pas je ! C'est elle qui t'aime... pas moi !
― Pourquoi me tutoyez-vous, maintenant, professeur ?
Lily grommela un juron. La situation s'envenimait.
― Bon, ça suffit ! déclara Lily d'un ton résolu. Je reporte votre retenue à demain, vous irez à la fête avec Miss Evans que ça vous plaise ou non et, maintenant, c'est la fin de la discussion. Partez immédiatement si vous ne voulez pas être en retard à votre...
La cloche sonna soudain et Lily roula les yeux.
― Vous êtes déjà en retard..., soupira-t-elle.
James n'avait pas bronché d'un centimètre. Il restait là, à observer Lily d'un air désorienté, bouche bée, avec un léger sourire qui naissait aux coins des lèvres.
― Depuis combien de temps êtes-vous amoureuse de moi, professeur ? demanda-t-il.
― Je ne suis pas amoureuse de vous !
James eut un rire hilare. Le teint de Lily s'était empourpré de plus belle.
― Je n'en reviens pas ! Vous êtes vraiment amoureuse de moi !
― Non !
― Si !
― Non ! répéta Lily en se sentant de plus en plus rouge.
Elle se passa les mains sur son visage en expirant profondément, puis se releva.
― Allez-vous-en, Potter, ne soyez pas plus en retard que vous l'êtes déjà.
Elle désigna la porte avec insistance, mais James ne bougea toujours pas. Il hochait à présent la tête d'un air dépassé.
― Je vous ai demandé de partir, reprit Lily en s'avançant vers lui, tentant de l'intimider. Je vous en prie, ne jouez pas avec moi.
― Je suis en retard à mon cours, dit James avec désinvolture. Vous pourriez au moins m'écrire un petit mot indiquant que j'étais avec vous, pour que le professeur Flitwick ne m'enlève pas de points ?
― Non, pas de note, répliqua Lily d'un ton sec. Je n'en ai pas le temps.
D'autant plus qu'elle n'avait pas l'écriture du professeur McGonagall et que cela ne ferait que causer des ennuis à James avec le professeur Flitwick.
― Bonne journée, Potter, ajouta-t-elle en allant tourner la poignée.
― Mais c'est vous qui m'avez retenu, professeur, protesta James. Je ne vais quand même pas perdre des points à cause de vous ?
Lily, qui avait ouvert grand la porte, leva les yeux au plafond.
― Dans ce cas, je donne trente points à Gryffondor ! Voilà ! Comme ça, on ne verra pas de différence dans le sablier de Gryffondor lorsque Flitwick t'enlèvera des points. Allez, sors, maintenant !
Elle l'empoigna par l'épaule et l'entraîna vers la sortie, mais James résista en éclatant de rire.
― Professeur, vous êtes vraiment étrange, aujourd'hui.
― Je sais, j'ai dû avoir bu trop de vin, expliqua-t-elle à l'improviste. Et la fatigue n'aide pas non plus, hein ? Allez, va retrouver tes amis en classe.
Elle le poussa de toutes ses forces, déterminée à le faire reculer dans le couloir. Mais James refusait de bouger. Soudain, amusé, il se décala sur le côté et son dos heurta le mur près du cadre de porte. Lily se retrouva alors presque plaquée contre lui et s'éloigna précipitamment lorsqu'elle croisa son regard brûlant derrière ses lunettes.
― Tu vas sortir du bureau, oui ou non ? s'énerva-t-elle. Sinon je te jette un sort ! Je ne sais pas si tu en as conscience, Potter, mais tu t'amuses à contrarier le professeur McGonagall, là ! Ce n'est pas bien ! Tu risques de te faire renvoyer !
― Et vous, professeur, vous me tutoyez encore, répliqua James, en souriant d'un air narquois. En fait, j'ai surtout l'impression que vous n'êtes pas le professeur McGonagall...
Les poumons de Lily se vidèrent brusquement de leur air.
― Ah oui ? dit-elle d'un ton plus calme. Tu ne penses pas que je suis... que je suis...
James fit non de la tête.
― Qui je suis, alors ? demanda-t-elle avec espoir.
James étira un peu plus son sourire moqueur et son regard se fit alors irrésistiblement sexy lorsqu'il s'approcha d'elle en s'ébouriffant les cheveux. Il s'arrêta d'un air confiant à quelques centimètres d'elle, comme s'il voulait la provoquer, puis fit glisser ses doigts le long d'une de ses mèches noires libérées de son chignon relâché.
Lily avait cessé de respirer. Des frissons parcouraient son échine. Elle était certaine qu'il la reconnaissait. Sinon il n'aurait pas l'impertinence de se comporter d'une telle manière avec le professeur McGonagall, tout de même !
Hélas, il sembla lui prouver le contraire lorsqu'il murmura d'un ton suave :
― Vous êtes sa sœur jumelle... mais en plus... amusante...
Lily soupira d'un air découragé.
― Non, Potter, je ne suis pas sa sœur jumelle !
James laissa retomber nonchalamment son bras le long de son corps et la scruta de haut en bas.
― Qui êtes-vous, alors ? demanda-t-il d'un air railleur.
― Eh bien, je suis... je suis...
Mais, évidemment, lorsqu'il s'agissait de vouloir révéler sa véritable identité, les mots refusaient de sortir de sa bouche. Lily eut une exclamation exténuée.
― Peu importe ! Maintenant, sors d'ici avant que je ne sois vraiment fâchée.
Elle lui jeta un regard menaçant, mais James, le sourire collé aux lèvres, ne parut que plus amusé.
― D'accord, dit-il enfin. Je m'en vais. On se reverra tout à l'heure, professeur.
Et avant qu'il ne franchisse la porte, Lily le rappela aussitôt.
― Oh, et... ne raconte pas ce qui s'est passé ici à tes amis, d'accord ? demanda-t-elle avec malaise. Ni à Black ni à personne d'autre. Et surtout pas à Lily ! Ce serait aimable de ta part si tu pouvais garder ça... heu... entre nous.
― Raconter quoi ? dit James, désinvolte, en feignant un air innocent.
― Bien... que... heu...
― Que vous êtes amoureuse de moi ?
Lily le regarda avec le feu qui revint envahir ses joues et James parut s'en réjouir. Il éclata d'un rire suffisant, puis sortit dans le couloir sans rien ajouter.
― Hé ! s'écria Lily, indignée. Tu ne m'as pas répondu !
― Vous devriez boire plus souvent, professeur, lança-t-il par dessus son épaule. Je vous préfère largement comme ça. Vous me faites rire !
Et il disparut à l'angle d'un mur.
Mais non, ce chapitre n'était pas traumatisant. Mais la suite le deviendra bientôt, patience, patience...
En tout cas, merci d'avoir lu ! :P
Gros bisous !
