Bonjour !
J'ai des ennuis avec mon ordinateur. Mes fichiers sont à risque. Je tente en ce moment de les sauvegarder ailleurs, mais comme mon disque dur est en train de mourir, ça me prend un temps fou pour transférer mes données. Je vous envoie ce chapitre-ci via un autre ordinateur. Par chance, j'ai pu mettre la main sur ce petit fichier qui contenait mon onzième chapitre. J'espère que vous l'aimerai. En tout cas, si je peux me permettre de vous donner un conseil : faites-vous des backups de vos fichiers sur un autre disque dur ou envoyez-vous-les par courriels, parce qu'on ne sait jamais quand un ordinateur décide de faire l'idiot. Je hais les ordinateurs !
Bon, cela dit, je veux remercier Myiou, Rinku13, Tayame Hatake, Piitchoun, Alienor la Fantasque et Piichi21 pour leurs gentilles reviews. :) Et j'en profite aussi pour vous faire remarquer que ma fic est un rating M, alors...
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)
Bonne lecture ! ^^'
Chapitre 11 ― L'Encre Tenace du Père Chi-Chong
Lily arpentait les couloirs des cachots, à pas de course, et y fouillait toutes les salles de classe. Mais en vain. Elle ne retrouva aucune trace du professeur McGonagall et les quelques Serpentard intrigués qu'elle rencontra sur son chemin furent incapables de lui révéler où étaient passés Mulciber et Avery. Il fallait pourtant qu'elle les retrouve vite, d'autant plus qu'elle avait un cours de métamorphose à donner bientôt et qu'elle n'avait aucune idée de la matière à enseigner.
.
Au même moment, Sirius se dirigeait tout droit vers l'endroit où le petit point nommé Lily Evans, que montrait la carte du Maraudeur dans ses mains, courait partout dans les cachots. Il allait la croiser au détour d'un couloir quand un point étiqueté Evan Rosier surgit derrière lui et qu'une main forte l'empoigna brusquement par le cou.
― Qu'est-ce que tu fous ici, Black ? dit Rosier en plaquant Sirius contre le mur. Tu viens nous causer encore des ennuis ? C'est vrai que toi et Potter avez fait manger des limaces à Rogue ?
Sirius fourra précipitamment la carte dans sa poche et soutint les yeux menaçants de Rosier.
― Et si c'était vrai ? répliqua Sirius avec défi. Tu feras quoi ? Avec la taille de ton cerveau, à l'étroit dans ton petit crâne, je parie que tu n'arriverais même pas à me fouler le petit doigt.
― Sale traître à ton sang ! éructa Rosier en tirant sa baguette qu'il enfonça sous le menton de Sirius. Je vais te montrer à qui tu t'adresses, andouille !
Au même instant, le professeur McGonagall fit irruption dans le couloir et Rosier s'éloigna aussitôt de Sirius en camouflant sa baguette derrière son dos.
― Heu... bonjour, professeur, dit-il en souriant d'un air faussement innocent.
― Bonjour, répondit le professeur McGonagall qui paraissait un peu affolée, le chignon légèrement en désordre. Avez-vous vu Mulciber et Avery, par hasard ?
― Non, je les cherchais moi-même, répondit Sirius. Mais peut-être que Rosier, ici présent, sait où ils sont, hein, Rosier ?
Le professeur McGonagall regarda Rosier qui jeta un regard acide à Sirius.
― Oui, tout à fait, répondit Rosier. Je crois savoir où ils se trouvent. Je les ai vus se diriger vers la salle des trophées, tout à l'heure.
― La salle des trophées, tu en es sûr ? s'étonna McGonagall.
― Sûr comme les bonbons au citron de Dumbledore, affirma Rosier.
Le professeur McGonagall le fixa longuement dans les yeux, comme pour percer le mensonge dans l'un d'eux, puis elle hocha la tête.
― Je vais te faire confiance, Rosier, mais si je me rends compte que tu m'as tendu un piège...
Elle lui lança un regard appuyé, puis s'éloigna d'un pas rapide dans le couloir. Une fois qu'elle fut suffisamment loin, Rosier redirigea sa baguette vers Sirius, mais celui-ci avait déjà brandi la sienne.
― Premièrement, Rosier, dit froidement Sirius, répète-moi que Mulciber et Avery sont vraiment dans la salle des trophées, parce que, pour moi, tu es plutôt berneur comme les dragées surprises couleur cerise qui goûtent le sang de gobelin. Et deuxièmement, pourquoi le professeur McGonagall te tutoie ? Je ne savais pas que vous entreteniez une relation intime, tous les deux.
Il eut un sourire sardonique.
― Tu couches avec elle, peut-être ?
― Je ne baiserai jamais avec une vieille bique, crétin ! s'écria Rosier avec colère. Je ne sais pas pourquoi elle m'a tutoyé ! Mais concernant la salle des trophées, tu as raison, Black. Mulciber et Avery ne sont pas là. Tu veux savoir où ils sont ?
― Crache la réponse !
― Ils sont avec ton cher frérot, en train de passer du bon temps avec la petite-amie de ton pote Potter. J'aurais bien aimé être là, moi aussi. Mais faut quand même la ménager un peu, non ? Elle n'a que trois trous. Je me dis que ce sera pour la prochaine fois.
Il ricana méchamment et Sirius resserra sa poigne sur sa baguette.
― Tu mens ! Evans n'est pas avec eux. Je l'ai vu courir par ici, tout à l'heure.
― Tu crois ce que tu veux, hein ! D'ailleurs, c'est mieux que tu ne me croies pas. Ainsi, ils peuvent tranquillement goûter la chair de la Sang-de-Bourbe sans que tu interviennes.
Sirius observa Rosier, tous deux pointant leur baguette sur la poitrine de l'autre, puis Sirius s'écria brusquement :
― Expelliarmus !
La baguette de Rosier s'échappa de sa main et Sirius la rattrapa au vol avant de se ruer en avant.
― D'accord, face de troll ! asséna Sirius en le projetant sur le mur. Je décide de te croire ! Tu as donc une seconde pour me dire où se cachent mon frère de merde et sa bande d'idiots sinon je te le fais regretter amèrement ! Tu connais l'Encre Tenace du Père Chi-Chong ?
Rosier, étranglé sous les doigts de Sirius, secoua la tête.
― J'ai commandé ça de Chine et ça ne va pas te plaire si j'en fais usage sur toi, crois-moi ! J'en ai un flacon dans ma poche. Alors ? Tu parles ?
.
Aussitôt qu'elle reprit connaissance, Minerva dut lutter contre une douleur plus terrible que jamais. Son corps se convulsa pendant ce qui lui parut des heures, puis la douleur cessa, la laissant pantelante, à plat ventre sur la pierre gelée.
― Retourne-la sur le dos, Avery, résonna la voix de Mulciber au-dessus d'elle.
Des mains vigoureuses l'empoignèrent et la retournèrent brutalement. Des toiles d'araignée tapissaient le plafond d'un étroit placard à balais, faiblement éclairé par la baguette de Regulus. Les yeux de ce dernier étincelaient, tout comme ceux de Mulciber qui se plaça à califourchon sur Minerva.
― Alors, Evans, tu te tiens enfin tranquille, on dirait, ricana-t-il. C'est une chance que Black est arrivé à temps pour te remettre à ta place. Encore une fois, tu n'as pas été très gentille. Et tu vas payer doublement cher ― triplement, je devrais dire. Parce qu'on s'apprête, tous les trois, en même temps, à te montrer enfin à quoi sert la sale engeance dans ton genre.
― Si vous pensez que je vais me laisser faire..., haleta Minerva.
Elle esquissa le geste de repousser Mulciber, mais celui-ci s'empara de ses poignets et l'écrasa sur le sol de tout son poids.
― Impedimenta ! lança Avery.
L'emprise du sortilège l'immobilisa alors complètement, comme si de solides cordes invisibles l'avaient ligotée.
― Parfait ! dit Mulciber en se redressant, satisfait. Black, tu prends quelle position ? Puisque c'est grâce à toi qu'on détient enfin la petite garce, je te laisse choisir en premier.
Pour un moment, Regulus sembla réticent, puis il coinça sa baguette illuminée entre deux boîtes dans le coin du placard et s'agenouilla près du visage de Minerva en détachant sa braguette.
Mulciber et Avery éclatèrent d'un rire pervers. Minerva écarquilla les yeux sans pouvoir émettre le moindre son ni amorcer aucun mouvement. Pendant que son cœur s'accélérait au rythme de la panique, elle vit, à la lueur de la baguette de Regulus, Mulciber retrousser sa robe avec une expression de délectation et Avery se pencher vers elle pour lui caresser la poitrine.
Ce n'était pas possible. Elle n'allait pas se faire violer bêtement par trois élèves de Serpentard dans la pénombre d'un placard à balais. C'était ridicule. Minerva McGonagall ne pouvait pas se retrouver dans une telle situation humiliante.
Pourtant, elle était forcée d'admettre que c'était bien la réalité, aussi insensée et horrible fût-elle. Elle ne trouvait aucun moyen de se sortir de là si ce n'était pas quelqu'un qui se porterait soudain à son secours.
Mais pourquoi diable Miss Evans n'était-elle pas venue chercher Mulciber en classe de Sortilèges ?
Mulciber venait d'arracher la culotte de Lily et écartait de force les jambes de Minerva pour se placer entre elles. Avery était en train de lui déchirer violemment la robe au niveau de sa poitrine. Minerva avait fermé étroitement les yeux, de plus en plus terrifiée. Elle sentait à présent les doigts moites de Regulus se refermer sur son menton. Et alors qu'il attirait son visage vers lui, elle se mit à prier désespérément le ciel pour lui accorder une force irréductible.
Il y eut tout à coup un grand bruit tonitruant qui fit vibrer les murs du placard. La porte métallique s'ouvrit à la volée, percutant au passage Avery qui poussa un cri. Mulciber se releva comme une flèche tandis que Regulus rattacha précipitamment son pantalon.
― Je vous dérange, peut-être ? ironisa Sirius avec froideur, dans l'encadrement de la porte, la baguette levée. J'arrive au mauvais moment ? Stupéfix !
― Expelliarmus !
― Sectumsempra !
― Impedimenta !
Les sorts jaillirent de partout au-dessus de Minerva qui se débattit dans ses liens invisibles. Il y eut un son de pétard, un bruit d'explosion, puis les trois Serpentard poursuivirent Sirius hors du placard.
― Je vais t'enfoncer ma baguette dans ton derrière, Black-Traître ! s'exclama la voix de Mulciber dont le martèlement de ses pas s'éloignait dans le couloir, accompagné de celui de ses amis.
Minerva resta un moment toute seule dans l'obscurité du placard, tremblante, puis Sirius revint vers elle en enfouissant quelque chose dans le fond de sa poche.
― Finite Incantatem ! lança-t-il en murmurant. Viens.
Il lui tendit la main et Minerva put se relever librement, les jambes flageolantes.
― Où sont-ils ? demanda-t-elle en refermant sur sa poitrine les lambeaux de sa robe lacérée. Vous... tu les as immobilisés quelque part ?
― Non, ils continuent à me poursuivre à l'étage. Je les ai bernés. Ils ne se sont pas rendu compte que j'ai fait demi-tour.
Il tapota sa poche dans un geste inutile et Minerva vacilla contre le mur, les émotions encore en ébullition.
― Ça va ? s'inquiéta Sirius en se précipitant pour la soutenir.
― Oui, je vais bien, assura Minerva d'un ton ferme. Ça aurait pu être pire. Prête-moi ta baguette, s'il te plaît, que je répare ma robe.
Sirius la lui tendit et elle raccommoda les déchirures qui zébraient sa poitrine.
― Je suis désolée, Evans, murmura Sirius. J'espère qu'ils n'ont pas réussi à...
― Non, tout va bien, tu es arrivé juste à temps. Merci beaucoup.
Elle lui adressa l'un de ses rares sourires et se mit en mouvement.
― Je dois trouver le professeur McGonagall.
― Justement, elle te cherchait. Elle semblait savoir que Mulciber et Avery envisageaient de te violer. Mais Rosier l'a envoyée dans la salle des trophées. C'est un abruti. En fait, c'est lui qui m'a avoué où tu étais. Au début, il ne voulait rien me dire, mais après avoir fait usage de mon Encre Tenace du Père Chi-Chong, il a été plus coopératif...
― Elle va sans doute se rendre à la salle de métamorphose, dit Minerva avec une suprême indifférence envers Rosier. Tu peux m'accompagner jusque là ?
― Oui, absolument, acquiesça aussitôt Sirius. Je reste avec toi. Je ne veux pas qu'il t'arrive encore du mal. Ces Serpentard sont vraiment ignobles.
― Allons-y et ne tardons pas.
.
― Merde ! jura Lily qui tournait en rond dans les couloirs du troisième étage. Putain de merde de saloperie de merde !
Comment avait-elle été aussi stupide pour croire Rosier ? Elle savait qu'il était trop tard, à présent. Son propre corps venait sûrement de perdre sa virginité et elle avait été totalement impuissante contre ça ! Elle aurait mieux fait de se saisir de Mulciber en pleine classe de Sortilèges plutôt que d'écouter les propos inutiles de Severus. Tout ce qu'il lui restait à faire, à présent, était de voir si Mulciber ou Avery se hasarderaient à se montrer en cours de métamorphose. Et si c'était le cas, elle se jurait de les étriper !
.
― On s'inquiète, confia Mary à James, devant les portes de la salle de métamorphose. Alice et moi n'aurions pas dû délaisser Lily.
Remus pressait ses doigts devant sa bouche d'un air soucieux et Peter jouait distraitement avec la fermeture éclair de son sac. Un peu plus loin, Severus se tordait les mains avec une expression d'intense angoisse.
― McGonagall la cherchait partout, c'est mauvais signe, continua Mary. Je pense que Mulciber et Avery prévoyaient de faire quelque chose d'horrible à Lily. Nous n'aurions pas dû la laisser toute seule !
― Elle a été odieuse avec vous aussi, j'imagine ? demanda James avec mépris. Je ne sais pas comment vous avez fait pour ne pas remarquer avant qu'elle faisait partie de la même famille des harpies...
― Elle n'a pas toujours été comme ça ! protesta Alice. C'est seulement aujourd'hui qu'elle semble avoir un problème !
― On dirait qu'elle a été victime d'un maléfice, ajouta Mary.
― Et nous, on se révèle les pires amies du monde en la rejetant pour d'insignifiantes insultes.
Remus regarda James avec un air de reproche.
― Je te l'avais dit que c'était seulement une mauvaise journée pour Evans. Tu l'as jugée trop vite, Cornedrue.
― Et alors ? se défendit James, bien qu'une pointe de culpabilité montât en lui. Si je dois recevoir une gifle à chaque fois qu'elle passe une mauvaise journée... eh bien, moi, je dis non merci !
― Hé ! couina soudain Peter en pointant du doigt le bout du couloir. Evans est revenue ! Et elle est avec Patmol !
En effet, parmi les quelques élèves qui se rendaient en cours de métamorphose, Lily avançait au côté de Sirius. James se surprit à éprouver malgré lui un immense soulagement et Mary et Alice s'élancèrent vers elle.
― Lily ! Nous sommes tellement désolées !
― J'espère qu'il ne t'est rien arrivé de grave !
Severus s'avança d'un pas, visiblement soucieux de savoir si Lily avait échappé sans séquelles à ses amis.
― Tout va très bien, rassura sèchement Minerva en continuant son chemin jusqu'aux portes de la salle. Ce jeune homme m'a bravement sauvée des griffes de la bande de Serpentard et maintenant je dois parler immédiatement au professeur McGonagall. Elle est là ? demanda-t-elle en jetant un coup d'œil dans la classe.
― Non, répondit Remus. Mais j'imagine qu'elle ne va pas tarder.
― En parlant de McGo..., commença James en ignorant le regard noir que lui jeta aussitôt Minerva. Maintenant que tu es là, Patmol, je vais enfin pouvoir vous raconter ce qui est arrivé dans son bureau.
― Cornedrue ! s'indigna Remus. Evans a failli se faire violer par Mulciber et sa bande et, toi, tu ne penses qu'à rire !
― Dois-je présumer que tu as encore essayé de la séduire ? lança Minerva d'un ton abrupt.
― Quand bien même ce serait le cas, Evans, ça ne te regarderait aucunement ! répliqua James d'un ton agressif.
Sirius éclata de rire et, sous le regard désapprobateur de Remus et l'œil haineux de Severus, passa son bras sur les épaules de Minerva qui se raidit.
― J'espère que ce n'est pas par jalousie que tu dis ça, Evans, plaisanta-t-il. Parce que Cornedrue n'a aucune chance avec la bonne femme. Je viens d'apprendre que son cœur est déjà épris de quelqu'un d'autre.
― Qui ça ? demandèrent Mary et Alice d'une même voix.
Minerva avait cessé de respirer. Les élèves ne pouvaient tout de même pas être au courant pour elle et Elphinstone. À moins qu'elle doive cette rumeur à une autre des maladresses de Miss Evans ?
― Qu'est-ce que tu racontes, Patmol ? dit James, incrédule. Son cœur n'est pas épris de quelqu'un d'autre.
― Si, si, vous allez voir, assura Sirius avec un clin d'œil. Justement, il s'en vient.
Bousculant Severus et deux filles de Gryffondor sur son passage, Rosier s'avança d'un pas furieux vers eux en serrant les poings.
― J'ai parlé, Black ! cria-t-il avec rage. J'ai parlé alors tu vas effacer ça immédiatement de mon front !
De grands rires hilares s'élevèrent des élèves autour. Cependant, Minerva faillit s'évanouir.
En lettres majuscules, grossièrement tracées à l'encre noire sur le front de Rosier, on pouvait lire : J'ai couché avec la séduisante McGo !
― Grand Merlin..., souffla-t-elle, une main sur la tempe.
― Tu vas effacer ça ! rugit Rosier en poussant Minerva pour agripper le collet de Sirius à deux mains.
Minerva retomba contre le mur et resta paralysée sur place, les yeux ronds.
― Oui, oui, tout de suite, répondit calmement Sirius alors que les rires continuaient de retentir autour. Je vais commander la Gomme Magique du Père Chi-Chong dès ce soir et ton front aura retrouvé son rose coutumier dans trois semaines, environ.
― Non, tout de suite, sale crétin ! hurla Rosier, le visage rouge brique. Sinon, je te bousille la figure !
Il fit un geste pour sortir sa baguette, mais il y eut brusquement un éclair de lumière et Rosier s'écroula à terre, un mètre plus loin, aux pieds de Severus qui regarda James avec haine.
― Il a dit qu'il commanderait la Gomme Magique du Père Chi-Chong ce soir, dit James, sa propre baguette brandie. Si c'est tout ce qu'il peut faire, c'est tout ce qu'il peut faire. C'est déjà ça, non ?
― Petits garnements..., gronda Minerva en faisant mine de vouloir étrangler James avec ses mains.
Rosier se releva en rugissant et fonça vers James qui s'écarta de sa trajectoire d'un bond. Emporté par son élan, Rosier traversa les portes de la salle de métamorphose et se heurta à une table avant de s'écrouler avec elle.
― C'est ça, va prendre ta place dans la classe, se moqua Sirius. Ta dulcinée est sur le point d'arriver. Tu viens ? dit-il aimablement en se tournant vers Minerva.
Celle-ci le transperça d'un regard étincelant de colère.
― Non ! répondit-elle. Je reste ici pour attendre le professeur McGonagall. Je dois lui parler en privé. Et j'ajoute qu'elle sera dans une de ces furies noires lorsqu'elle saura ce que vous avez écrit sur le front de cet élève ! Attendez-vous au moins à une semaine de retenues !
Sirius eut un rire insouciant.
― Peut-être, mais ce troll stupide a largement mérité ce châtiment. Et si je pouvais coincer à nouveau Mulciber, Avery et mon crétin de frère, je le leur ferais également payé ce qu'ils t'ont fait.
Il s'approcha de Minerva et lui repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille.
― Plus personne ne te fera du mal, Evans, susurra-t-il dans un souffle près de ses lèvres.
Minerva tressaillit et lui écarta la main avec raideur.
― Allez, viens, Patmol, intervint Remus en le tirant vers lui. Il faut y aller.
James et Peter les suivirent à l'intérieur, précédés par la file d'élèves dans le couloir, puis, lorsqu'il fut sûr de ne pas être entendu, Remus murmura d'un ton grave à l'oreille de Sirius :
― Je te trouve un peu pressé de séduire Evans, Patmol. Fais attention !
― Oh ça va, s'agaça Sirius en le repoussant.
― Tu es certaine que tu veux rester toute seule dans le couloir, Lily ? demanda Mary qui ne semblait pas du tout à l'aise avec cette idée, de même qu'Alice qui jetait partout autour des coups d'œil anxieux.
― Et si Mulciber et Avery revenaient ?
― Je crierai, vous n'avez pas à vous inquiéter, répondit Minerva d'un ton impatient. De toute façon, je doute qu'ils reviennent maintenant. Le professeur McGonagall est sur le point d'arriver. Allez, rentrez à l'intérieur, exigea-t-elle en les forçant à franchir les portes. Et toi aussi !
Elle venait de remarquer que Severus était toujours dans le couloir et la fixait, le visage impénétrable. Dès que Mary et Alice disparurent dans la classe, il s'avança vers elle.
― Lily..., commença-t-il à mi-voix. Je suis désolé...
― Plus tard ! l'interrompit-elle sèchement. Je vois justement le professeur McGonagall qui arrive.
En effet, Lily apparut à l'angle d'un mur, la respiration saccadée, le chignon presque tout défait, et parut éprouver un profond soulagement lorsqu'elle vit Minerva. Elle s'élança vers elle, sa robe flottant derrière elle.
― Rentre à l'intérieur, ordonna précipitamment Minerva en poussant Severus vers les portes. Je désire parler seule à seule avec le professeur McGonagall.
― Mais...
― Rentre à l'intérieur ! répéta-t-elle brusquement.
Severus culbuta aux travers les portes que Minerva referma d'emblée, puis s'avança à la rencontre de Lily, une colère froide l'envahissant. Elle avait beaucoup de choses à lui dire.
― Miss Evans..., commença-t-elle, mais le reste de sa phrase s'étrangla dans le fond de sa gorge, car Lily venait de la prendre inopinément dans ses bras.
― Oh, je vous retrouve enfin ! gémit-elle dans son cou, en la serrant étroitement contre elle, une main pressée sur sa nuque. J'étais si inquiète, si inquiète...
Minerva avait les bras écartés et les yeux grands ouverts.
― Miss Evans, lâchez-moi ! s'indigna-t-elle. Si l'on nous surprenait ainsi...
― Ils ne vous ont rien fait, j'espère ? interrogea Lily en s'écartant un peu pour lui prendre le visage entre ses mains. Ils n'ont pas réussi à... à...
― Non, je vais bien, répondit Minerva en la repoussant. Sirius Black est arrivé à temps pour me sortir de là. Votre corps a été une seconde fois victime d'attouchements sexuels, mais ils n'ont pas réussi à aller plus loin.
― Les sales pervers ! s'emporta Lily. Je vais les réduire en charpie ! Et j'espère que Black n'avait pas d'intentions cachées derrière son geste chevaleresque parce que je ne lui fais pas plus confiance ! Je parie que depuis que Potter prétend ne plus m'aimer, il a l'idée précipitée de m'ajouter à sa collection de conquêtes. Dans le fond, il ne vaut pas tellement mieux que Mulciber et Avery. Qu'est-ce qu'ils vous ont fait ? Ils ont laissé des marques sur mon corps ?
Anxieuse, elle lui examina les seins en ne se gênant pas pour les tâter à travers le tissu de sa robe. Minerva lui agrippa aussitôt les poignets.
― Mais arrêtez, au nom du ciel ! s'exclama-t-elle en jetant des coups d'œil affolés alentour. Qu'est-ce qui vous prend ? Un professeur n'agit aucunement comme ça avec un élève ! C'est indécent ! Tenez-vous tranquille et expliquez-moi plutôt comment il se fait que vous ne soyez pas venue chercher Mulciber en cours de Sortilèges !
― J'étais avec Severus, répondit Lily qui continua de scruter son corps à la recherche de la moindre blessure. Il est venu me dire qu'il avait des choses très importantes à me révéler au sujet de Mulciber et Avery, et comme je pensais qu'il s'agirait de la pierre, je l'ai emmené dans votre bureau. Évidemment, il voulait juste dénoncer ses amis qui avaient essayé de me violer. Il a ajouté qu'il ne savait rien au sujet de la pierre.
― Je vois, dit Minerva en relevant d'un geste le menton de Lily pour qu'elle la regarde dans les yeux. Maintenant, vous pouvez m'expliquer ce qui s'est passé dans mon bureau avec Potter ? Il y a des bruits qui courent à mon sujet et je n'aime pas ça.
Lily pâlit.
― Potter a parlé ?
― Pas encore, mais il s'apprête à le faire, sans aucun doute. Qu'est-ce que vous avez fait, Miss Evans ? demanda Minerva en inclinant la tête d'un regard menaçant.
Lily déglutit. Elle garda le silence un bref instant, puis lança soudain en se croisant les bras :
― De toute façon, vous n'avez pas de reproches à me faire, vous n'êtes pas mieux que moi ! Comment avez-vous osé gifler Potter ?
― On s'éloigne du sujet ! répliqua Minerva.
― Pas du tout, on est pile dedans ! Si vous n'aviez pas frappé Potter, il ne serait pas revenu sur sa décision de m'accompagner à la fête de Slughorn et alors je n'aurais pas essayé de le convaincre d'y aller malgré tout ! J'étais si révoltée qu'il me dise tout ce mal de moi ― enfin, de vous et de votre comportement odieux envers lui ―, que j'ai oublié un moment qui j'étais.
― Que voulez-vous dire ?
― Je lui ai carrément dit que je l'aimais.
― Que vous... ? s'étrangla Minerva. Non ! Attendez ! Vous lui avez dit que Miss Evans l'aimait. Pas que vous, sous mon apparence...
― Si, j'ai véritablement dit, mot pour mot, sous votre apparence, que je l'aimais, confirma Lily. Et j'ai été très crédible, en plus, étant donné que je rougissais sans cesse...
― Oh Seigneur ! s'exclama Minerva en se pinçant l'arête du nez.
― Mais c'est de votre faute, bien sûr !
Minerva lui décocha un regard assassin.
― C'est vrai ! se défendit Lily. Je vous répète que si vous ne l'aviez pas giflé, rien de tout ça ne se serait passé !
― Attendez que je réintègre mon corps, Miss Evans..., menaça Minerva.
― Justement, il en serait à peu près temps ! Je commence à avoir très hâte de réparer les dégâts, moi ― tout comme vous. Où sont Mulciber et Avery ?
― Je ne sais pas. Aux dernières nouvelles, ils croyaient poursuivre Black au rez-de-chaussée. Pour l'instant, concentrez-vous sur le cours que vous avez à donner maintenant et l'on s'occupera d'eux plus tard.
― Mais je ne connais pas la matière !
― Vous leur ferez lire le chapitre 5 que j'avais prévu comme devoir. Dans le dernier de mes tiroirs à droite se trouve un questionnaire que vous pourriez leur distribuer ensuite. Pendant ce temps-là, vous ferez semblant de corriger les copies d'examens de mes deuxième année. La pile est rangée dans le premier tiroir à gauche. Des questions ?
― Non, je crois que ça va...
― Alors, allons-y ! Mais d'abord, passez un moment derrière cette porte avec moi, que je vous refasse le chignon.
Minerva entraîna Lily dans une petite pièce de rangement et lui intima de s'asseoir sur une pile de grimoires poussiéreux.
― Vous ne devriez pas avoir le droit de vous promener dans le château avec une telle tête, dit-elle en s'affairant sur les épingles. C'est une insulte envers ma personne.
― Et vous, répliqua Lily, que je n'entende plus dire que vous avez giflé Potter. Ça aussi, c'est une insulte envers ma personne !
.
― Je ne te crois pas, dit Sirius, un sourire béat accroché sur les lèvres.
― Mais puisque je te le dis ! insista James en chuchotant pour ne pas être entendu parmi les conversations bruyantes des élèves autour. Elle rougissait, elle perdait ses moyens, je la déstabilisais...
― Elle a dû boire un philtre d'amour, songea Remus. Ça ne peut être que ça.
― Oui, quelqu'un en a peut-être versé dans son vin, admit James en haussant les épaules. Pourtant, quand on boit un philtre d'amour, on n'essaie pas de combattre ses sentiments. On est comme hypnotisé. Or, McGonagall se retenait délibérément de me sauter dessus.
― Elle ne t'aurait pas sauté dessus, quand même ! s'exclama Remus à voix basse. C'est complètement absurde que McGonagall soit tombée amoureuse de toi. Tu as dû te faire des idées.
― Hé, Potter ! lança un Serpentard assis près de Severus. Qui est-ce qui t'a collé une baffe que j'aille lui offrir des fleurs ?
― Va te faire défoncer par un Hippogriffe, Wilkes ! asséna James avant de se retourner vers ses amis comme si rien ne s'était passé. Je vous assure qu'elle m'aime ! Je le sais, ça se sent. Je pense que c'est parce que je lui ai fait beaucoup d'effet, ce matin, quand je suis venu lui demander de reporter ma retenue. J'ai suivi tes conseils, Patmol, et je l'ai séduite. Mais un peu trop, apparemment.
Peter était bouche bée et Sirius avait toujours cette expression hilare sur le visage.
― Ça alors ! s'exclama-t-il. Cornedrue, tu t'es déjà demandé ce que ça serait avec une femme mûre ?
― Patmol ! dit Remus, scandalisé.
― Quoi ?
― Tu me soules à parler toujours de sexe, même dans les moments les plus inconvenants ! Si tu continues, je vais finir par croire que tu es vraiment un obsédé !
― Il est un obsédé, plaisanta James en lui donnant une petite tape amicale sur l'épaule de Sirius. Mais plus sérieusement, les gars, vous n'avez pas à vous inquiéter, jamais je ne me rabaisserai à coucher avec McGo. Je ne suis pas comme Rosier, tout de même.
Ils se retournèrent vers ce dernier, qui était assis une rangée plus loin, l'air renfrogné, une main plaquée sur son front, et s'esclaffèrent ― hormis Remus qui leva les yeux au plafond.
― Bon, admettons qu'elle t'aime vraiment, reprit Remus en se croisant les bras. Tu vas faire quoi ?
― Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse ? C'est juste drôle qu'elle soit amoureuse de moi. Tout ce que je peux faire est d'en profiter pour rire un peu. Tiens, vous voulez qu'on joue un jeu ? proposa James d'un air railleur. Combien de fois pensez-vous que j'arriverai à la faire rougir pendant le cours ?
Sirius éclata de rire en se balançant sur les pieds arrière de sa chaise.
― Trois fois, répondit-il.
― Cinq fois, dit Peter qui n'avait pas parlé jusqu'alors.
Remus hocha la tête d'un air incrédule.
― Alors ? l'encouragea James. Combien ?
― Pas une seule fois, murmura Remus. Je ne crois pas que McGonagall soit tombée sous le charme d'un élève.
Merci d'avoir lu ! :)
En espérant que mon ordi n'ait pas bouffé la suite de cette histoire, j'essaierai de vous revenir bientôt avec le prochain chapitre. Envoyez-moi vos pensées positives, j'en ai besoin.
Gros bisous ! ^^'
