Hey !
Yep, ça faisait longtemps, pour la simple et bonne raison que je suis une débile qui n'a pas eu la bonne idée de modifier le mot de passe d'origine (qui a la particularité d'être impossible à se souvenir), et j'avais perdu le carnet où je l'avais noté… Voilà.
Et en plus de ça, j'avais hésité à reposter, mais voilà :
Un GRAND merci à tous ceux qui m'ont soutenue, mais aussi à tous ceux qui ont pris la peine de lire, qu'ils aient aimé ou non, mais en tout cas, merci quand même !
Et plus spécialement :
-Madame Croa
-Bliss Amadus : Effectivement, j'ai eu des doutes sur poster la suite, déjà à cause de la perte de mon MP, mais aussi à cause des cours, qui me bouffent un temps considérable… De toute manière, les chapitres sont déjà tous écrits, il faut juste le courage de les poster ! )
-Tsume : Merci beaucoup, ça me motive ! X) Je trouve que ce sont de très bons jeux (reste à voir le quatrième) ! Enfin, Puppet est un perso que j'adore, sans vraiment savoir pourquoi, mais on verra dans la suite son « caractère ». :)
-Okame-Art : Effectivement, avec Vincent, je n'arrêtais pas de m'imaginer la tête que pourrais tirer « l'original », mais du coup, j'ai peur d'en heurter, puisqu'officiellement, Vincent n'est plus un personnage de Rebornica… Enfin bref, heureuse qu'il t'ait plu, il est loin d'être près de se barrer ! )
Sur ce, après, après ces mois d'absence, je vous souhaite une bonne lecture !
(Vu qu'il ne se passe pas beaucoup d'action dans ce chapitre, je posterai deux chapitres d'un coup)
x.O.X.O.x
La sonnerie retentit doucement, et j'hésitai à sortir la main de ma poche. Le froid mordait chaque parcelle de peau découverte qui s'offrait à lui, et mes mains avaient d'ors et déjà bien souffert de ces brûlures glaciales. La musique s'arrêta alors, mais après quelques secondes à peine, insista, si bien que je finis par abdiquer en grognant.
-Quoi ?
-Néah ? C'est Mike.
Je soupirai, mais eus un mince sourire derrière mon écharpe.
-Salut, Mike, fis-je, fatiguée.
-Ca me rassure de t'entendre, me confia-t-il, soulagé. Tout s'est bien passé ?
-Si on veut… J'ai pu tromper tout le monde, et tout s'est passé impeccablement bien jusqu'à environ un quart d'heure de la fin.
Il ne répondit rien, attendant que je poursuive.
-Bonnie m'a prise par surprise, et a décidé de stagner dans mon bureau, pendant que la boîte à musique se vidait. Evidemment, quand il est parti, elle avait fini de se décharger.
-…Ca m'étonne que Puppet ne t'ait pas attaquée.
J'éclatais de rire, reculant le combiné de mon oreille pour ne pas broyer les tympans de Mike, à défaut de ne pas broyer ceux des passants dans la rue.
-Il m'a attaquée, Mike. D'ailleurs, depuis quand les animatroniques parlent ?
Mike ne dit rien, soit abasourdi par ma question, ou par ce que je venais de raconter.
-La Marionnette t'a attaquée et tu es en vie ?
-Ouais, il m'a juste foutu un coup de taser, mais sinon, il n'a fait qui ricaner. Il ne restait que cinq minutes, et les autres commençaient déjà à arriver.
-Tu as eu de la chance, alors… Il ne fait normalement pas preuve d'autant de compassion.
-Ca ne répond pas à ma question, Mike. Si les animatroniques peuvent parler, ça confirme peut-être qu'ils sont possédés pas les âmes des enfants.
-Ce n'est pas aussi simple. Les âmes des enfants sont ici, c'est sûr. Mais pour Puppet, c'est différent. Ce n'est pas un animatronique comme les autres, on dirait que lui n'est jamais possédé, mais qu'il a sa propre volonté.
J'évitai un passant trop occupé à causer pour regarder devant lui, et partis m'asseoir sur l'un des bancs près d'un café.
-Alors pourquoi est-ce qu'il chercherait à tuer, s'il n'est pas concerné par les meurtres ?
-Ca, je ne peux pas te le dire, Néah.
Je me tus, dépitée par la nouvelle. Les souvenirs de la nuit dernière se répétaient en boucle dans ma tête, la tension que j'avais endurée contre Bonnie, Mangle et Puppet revenait au galop, faisant monter les larmes et serrer douloureusement ma gorge dans la panique. Je devais encore y retourner ce soir. Mais la confiance qu'avait réussie à me faire gagner Mike s'émiettait au simple souvenir de la crise de panique que j'avais ressentie à plusieurs reprises, que ce soit de la veille, ou du premier jour.
La peur avait laissé ses marques au fer rouge dans mon esprit, je ne me sentais pas prête à ré-affronter ça, à devoir refaire face à la mort, et à ajouter encore plus de cicatrices à celles qui lacéraient déjà ma volonté.
-Néah, je sais que tu paniques, reprit la voix de Mike.
Une larme roula sur ma joue, pendant que mes yeux se perdaient à regarder passer des gens dont je ne reconnaissais ni les traits ni les voix. Le froid hivernal glaça l'eau contre ma peau, je l'essuyai d'un revers de manche, accompagné d'un reniflement pitoyable, que j'aurais préféré que Mike n'entende pas. Mais évidemment, il avait entendu.
-C'est dur à supporter, très dur, même. Tu es encore jeune, c'est pas évident de devoir se dire qu'on risque de mourir tous les soirs en pointant son nez au boulot. Tu as paniqué hier, et c'est normal, j'ai eu les mêmes angoisses que toi au début.
Il se tut un instant, laissant le temps à ses mots de faire leur trajet dans ma tête, déjà bien remplie des questions qui étaient restées sans réponse. Puis, il reprit :
-Ces robots se moquent de toi, profitent de ta peur pour te faire marcher. Profite du temps où ils ne sont pas sérieux pour t'améliorer, et les surpasser. Il n'y a que comme ça que tu finiras par les maîtriser.
C'était plutôt vrai. Tant qu'ils me pensaient faible et impressionnable, j'avais un avantage : celui de pouvoir les observer, pour mieux les contrer. Mais ça, c'était la théorie. Et si j'excellais en théorie, la pratique, c'était une toute autre histoire. Crises d'angoisses, panique, peur je perdais mes moyens facilement. Et maintenant, un de ceux qui voulaient ma mort était au courant. Cette saleté de Marionnette…
-Il te reste un peu de temps avant ce soir, tu ferais mieux de rentrer et de te reposer.
-Je n'arrive même pas à dormir. A chaque fois que j'essaye de fermer l'œil, c'est la même chose : tous ces évènements me reviennent en tête, et impossible de me reposer convenablement. J'ai pu dormir tout à l'heure, j'étais trop crevée pour résister. Je ne te parlerais même pas des cauchemars auxquels j'ai eu droit.
Il resta muet face à mes aveux, et sembla réfléchir un instant. J'en profitai pour inspirer longuement, et essayer de reprendre un semblant de sang-froid.
-Est-ce que tu es libre, Néah ?
Je fronçai les sourcils, ne voyant pas bien le rapport entre notre précédente discussion, et cette question sortie de nulle part.
-Je n'ai rien à faire du reste de la journée, si c'est la question.
-Parfait. Rejoins-moi dans une demi-heure devant l'hôpital.
-Pourquoi l'hôp- ?
Trop tard, il venait de raccrocher. J'écartai le téléphone, et le fixai, comme ahurie. L'hôpital ? Sérieusement ? Mais pourquoi l'hôpital ? S'il voulait parler de tout ça, autant aller n'importe où, mais pas dans un hôpital !
Désabusée, je rangeai mon téléphone, et me laissai glisser contre le dossier du banc. Je commençais à comprendre pourquoi lui et Vincent étaient amis… Aussi tarés et imprévisibles l'un que l'autre.
x.O.X.O.x
En arrivant près du portail de l'hôpital, je remarquai que Mike était déjà là, adossé au muret. Je l'appelai, le faisant relever la tête, et il me fit signe d'approcher, ce que je fis. Une fois arrivée à sa hauteur, je lui dardai un regard interloqué, devant lequel il eut pour seule réaction de soupirer, et il me fit signe de le suivre, sans plus d'explications.
Il passa le portail sans un mot, et suivit le sentier qui menait jusqu'à l'entrée du bâtiment. Je le suivais de près, mais toujours perdue, ne comprenant décidément pas ce qu'on venait foutre ici. Quoi que, réflexion faite, j'en avais bien une petite idée, mais j'osais espérer que j'imaginais des choses à tort et à travers.
Une fois à l'intérieur, j'eus un soupire d'aise lorsque la chaleur vint m'accueillir. J'étais dehors depuis plus d'une heure, et le froid commençait à engourdir tous mes membres, à commencer par le cerveau. Surtout, le cerveau…
Mike me fit signe d'attendre là, et s'approcha du guichet, où il discuta quelques minutes avec la réceptionniste. J'en profitai pour jeter un œil autour de moi, et me confirmai dans une grimace que je détestais toujours autant les hôpitaux. Ça devait bien faire des années que je n'y avais pas mis les pieds, et bien m'en fasse, puisque rien ne m'étais arrivé depuis. Ce n'était pas tant que ça le sang, les seringues, ou les blessures et maladies qui me répugnaient c'était les malades eux-mêmes. Pas vraiment du dégoût, mais plutôt de la peine. J'avais du mal à supporter la vue de gens à qui il manquait un membre, ou qui se savaient condamnés. C'était difficile à expliquer, mais je n'aimais simplement pas voir quelqu'un souffrir autant. Et autant dire que les hôpitaux n'étaient pas les lieux où on en trouvait le moins…
Mike s'approcha de moi, et à nouveau, me fit signe de le suivre, toujours sans un mot. Je retrouvais dans ses yeux cette lueur douloureuse qu'il avait eue lors des explications. Bien plus prononcée, cette fois, elle menaçait de le faire exploser. Ses yeux étaient rouges, et il avait bien du mal à dissimuler la tension qui le tenait, mordant sa lèvre pour y remédier.
Les escaliers et les couloirs s'enchaînaient, au fur et à mesure que les visages blêmes et livides passaient, que les âmes pleuraient, bercées par les cris de certains patients à bout. Je baissai la tête, inspirant longuement pour me calmer. J'aimais vraiment pas ça. Du tout, du tout. Cette atmosphère de malaise constant, de peine, de mort. Pourquoi diable Mike m'avait-il emmenée ici ?
Il se figea devant une porte, semblable à toutes les autres, mais c'était de loin celle qui semblait lui inspirer le plus de crainte. Il s'était tendu, immobile devant la porte, poings serrés. Ses mâchoires grinçaient de crispation, et j'aurais presque pu entendre son cœur battre, tellement il devait cogner fort. Ses yeux étaient plus rouges que jamais c'était une évidence qu'il se faisait violence pour ne pas craquer.
Je n'osai même pas parler, je me contentai de le regarder, perdue, comme si sa panique était contagieuse. Je ne savais pas quoi dire, ou quoi faire. De toute manière, je n'avais rien à dire. Autant le laisser faire comme il l'entendait, plutôt que de se risquer dans une intervention aussi inutile que mal venue.
Il souffla un grand coup, et ouvrit la porte, doucement, comme pour ne pas brusquer la personne qui se trouvait à l'intérieur. Mike entra tout aussi lentement dans la pièce, et je le suivis, refermant la porte une fois à l'intérieur. Mais face à la porte, je n'osai même pas me retourner. J'avais juste entendu Mike s'approcher du fond de la pièce, et tirer une chaise pour s'y asseoir.
Aucun bruit, aucune parole, tout me glaçait le sang à l'avance. Mais surtout, c'était cette saloperie de machine, celle qui enregistrait les pulsations cardiaques. Une horreur à entendre.
Je relevai la tête, déglutis difficilement, et me résolus à me retourner. Je me tétanisai, même si mon visage n'en montrait rien. Je m'y attendais un peu, mais constater que mes suppositions étaient juste avait déclenché un frisson d'horreur sur ma peau. Je m'approchai plus par automatisme que par curiosité malsaine tout dans la pièce me mettait mal à l'aise. Mais le pire restait surtout l'air grave de Mike.
Plutôt petit, maigre, et franchement pâle, quelques taches de rousseur, et une tignasse châtain et ondulée indomptable. Il semblait juste dormir paisiblement, je me demandais bien ce qui me mettais autant mal à l'aise face à lui. Ah ! Peut-être l'énorme tuyau qui sortait de sa gorge, les multiples perfusions dispersées un peu partout sur son corps, et les cicatrices indénombrables qui marquaient ses bras, son torse, et son visage. Le pire restait quand même l'énorme plaie rougeâtre qui tatouait son cou sur toute sa largeur.
Mon regard oscillait lentement entre lui et Mike, je ne savais pas où me mettre. J'avais l'impression que tout s'était fermé autour d'eux, que j'étais à part. Par gêne, j'attrapai une chaise, et m'y assis, ne lâchant pas Mike des yeux.
-Il s'appelle Jérémy, lâcha-t-il enfin, la gorge nouée. C'est l'un des nombreux gardiens de nuit qui se sont essayés à la pizzeria, et il a été l'un des meilleurs après mon départ. Il était un peu comme toi, au début : paniqué, incertain, au bord de la crise de nerfs,… Il a plusieurs fois pensé à démissionner, mais j'ai toujours réussi à le convaincre de rester.
Il fit une pause, certainement pour empêcher ses larmes de couler, mais aussi pour remettre de l'ordre dans ses idées. Sa voix était rêche, cassée, et traduisait tous les regrets que j'avais aperçus dans ses yeux jusqu'à aujourd'hui.
Après une grande inspiration, il reprit :
-Même s'il est resté tête en l'air, craintif et insouciant, il s'est amélioré, à appris de ses erreurs, et à parfaitement su gérer au bout d'une dizaine de jours. Evidemment, il faisait toujours quelques petites erreurs, mais son instinct de survie lui dicter toujours comment se protéger.
A la fin de sa phrase, un mince sourire étirait ses lèvres, pendant que ses yeux se perdaient derrière la fenêtre.
-Tout comme toi, je l'ai déjà retrouvé caché dans un conduit. Mais quand on y rencontre Mangle, on arrête assez vite de s'y cacher. Une fois, même, il avait construit un autre masque avec du papier et une écharpe, comme il avait perdu l'original. Va savoir comment il a réussi à survivre cette nuit-là, mais en tout cas, ça a marché.
Mike fit une nouvelle pause, restant un instant muet, mais son sourire se fana rapidement, tandis qu'il baissait la tête.
-Il a réussi à tenir trois mois. Comparé aux autres, qui abandonnaient ou mourraient après une ou deux semaines, il a réussi à gérer tout ce temps. C'est lui qui a émis l'hypothèse sur la Marionnette, d'ailleurs.
Allons donc, encore un truc que je ne savais pas… Mais vu son état, c'était impensable de le couper pour lui demander sur quoi cette théorie se basait. Je le laissai poursuivre sans l'interrompre, mais maintenant prise d'une nouvelle foulée de questions qui resteraient sûrement sans réponse pendant un long moment :
-Il était très fort, Néah. Mais il lui a suffi d'une seule inattention pour qu'il se retrouve cloué ici. Une seule, insista-t-il. Il était malade, ce jour-là. Je lui avais conseillé de ne pas venir, mais il avait assuré que tout irait bien, qu'il était habitué.
Il sourit à nouveau, mais cette fois, c'était de l'amertume pure qui traçait un rictus tordu sur son visage, et non un souvenir chaleureux comme précédemment.
-Je ne sais toujours pas ce qui l'a mis dans cet état. Et je regrette, tous les jours qui passent, de ne pas avoir insisté pour qu'il prenne une journée de repos. Tous les jours, devoir revenir dans cette pizzeria maudite qui l'a mis dans cet état. Des remords, des regrets, des reproches. Il n'y a pas un jour qui passe sans que je ne me souvienne de son état, quand j'étais venu vérifier si tout allait bien.
Il souffla difficilement, ses mains se crispèrent sur ses genoux serrés, pendant qu'il penchait la tête pour cacher la douleur qui tordait son visage en une grimace acide. Son dos se secouait, par saccade, mais je n'avais toujours pas le courage de faire le moindre geste vers lui, pour le rassurer, ou pour le consoler. Il pleurait, mais il ne voulait sûrement pas que je le voie dans cet état.
-Je ne peux même pas te décrire l'état dans lequel il était. C'était inimaginable. J'ai bien cru mourir dix fois, rien qu'à le croire perdu. Tu n'arriveras jamais à imaginer à quel point j'ai été soulagé d'apprendre qu'il était encore vivant.
Il releva la tête, les joues rougies, les lèvres tordues, et fixa le visage de Jérémy, presque aussi immobile qu'une statue.
-Ca va bientôt faire huit mois qu'il est dans le coma. Personne ne sait quand il se réveillera. Les médecins doutent même de s'il finira par se réveiller un jour.
Cette fois, il tourna la tête vers moi, et je sentis mon cœur se déchirer devant l'air d'âme damnée qu'il arborait.
-Il n'a personne, Néah. Toute sa famille lui a tourné le dos depuis des années, et il ne connaissait personne en arrivant ici. Et aujourd'hui, je ne sais plus ce que je dois faire. Est-ce que je dois le laisser comme ça, par égoïsme, ou est-ce que je devrais le laisser partir une bonne fois pour toute ?
Je laissai la question en suspens comment aurais-je pu y répondre ?
Il craqua, définitivement, et enfouit son visage dans ses mains. Je sentis les larmes monter aussi, ma gorge se noua, et sans vraiment le vouloir, par instinct, j'approchai ma chaise de la sienne, et l'enserrai, plus brutalement que je ne l'aurais voulu.
Je ne sais pas exactement combien de temps on est restés comme ça, l'un contre l'autre, à pleurer pour la souffrance des autres, ni même si le monde qui avait tourné autour de cette chambre avait changé. Il aurait pu y avoir n'importe quelle catastrophe dehors que je ne m'en serais même pas rendue compte. J'étais perdue, dans mes pensées, dans mes choix, dans tout. A mes nombreux problèmes s'ajoutait maintenant le cas de Jérémy. Je me demandais bien ce que Mike avait cherché à me faire comprendre en me faisant venir ici, mais les questions semblaient lointaines, maintenant, comme hors de la pièce, loin de mon esprit. Je ne pensais même plus à ce soir, seuls Mike et Jérémy arpentait les recoins de mon crâne, tout ce qu'il venait de me dire la douleur des deux gardes. Tout, et rien en même temps, je ne me comprenais plus moi-même. Je me remémorais en boucle ce que Mike venait de me raconter, mais ses paroles résonnaient contre les murs de mon crâne, sans que jamais je ne les comprenne vraiment. Comme des paroles vides de sens qui heurtais mon âme et mon cœur en même temps.
Il faisait nuit noire quand je me décidai à relever la tête, reprenant un peu contenance. Un coup d'œil à l'horloge m'indiqua qu'il était seulement 19 h, mais la nuit tombait vite en hiver.
Mike se redressa également, sans rien dire, frottant ses yeux encore rouges avec vigueur, et me lança un regard faible.
-Ce que je te demande, Néah, c'est de faire attention. Une seule erreur, Néah. Une seule. Je ne cherche pas à te décourager, ou à t'horrifier. Mais je préfère te montrer les conséquences avant que tu ne les subisses par surprise.
J'hochai la tête, ma gorge nouée refusant de se démêler pour lâcher le moindre mot. Je comprenais bien l'enjeu, maintenant, même si l'hypothèse de finir démembrer par l'un des animatroniques avait depuis bien longtemps fait sa place dans un coin de ma tête. Mais ledit enjeu prenait bien plus de valeur lorsqu'on voyait les conséquences directes, et là, autant dire que ça avait réussi à me réveiller pleinement sur ce qui allait se passer, si je continuais à tout prendre aussi légèrement.
L'envie de terminer dans un lit d'hôpital étant définitivement passée, je repensais à la vieille, et l'esprit défaitiste que j'avais eu, lorsque la boîte à musique s'était arrêtée. Plus jamais, cet état d'esprit. C'était ça que Mike avait essayé de me faire comprendre.
-Je… vais rester là encore un moment, me confia-t-il, le regard perdu dans le vague. Fais attention en rentrant, mais surtout ce soir.
J'acquiesçai, il avait juste envie d'être seul avec lui. Je me levai, après une dernière étreinte, et sortis silencieusement de la pièce. Bon, maintenant, assurer face à ces robots détraqués n'était plus une option, mais une obligation !
x.O.X.O.x
Yep, je savais pas trop comment intégrer Jérémy à l'histoire, et vu que je suis une sadique pure souche, ça me paraissait être une bonne idée (moins pour lui, du coup).
