Bonne nouvelle ! Mes fichiers sont tous sains et saufs dans un nouveau disque dur. Vous aurez donc droit à la fin de cette histoire. :D

Merci beaucoup à vous, Tayame Hatake, Piichi21, Rinku13, Suchi-story, Alienor la Fantasque, PheebsH 62, Lunashura et Indifferente pour vos reviews encourageantes. C'est grâce à vous si j'arrive à trouver la motivation nécessaire pour continuer à poster. Parce que j'angoisse toujours un peu quant à savoir si vous aimerez ou non la suite de cette histoire tordue. Mais quand je lis des commentaires comme les vôtres, ça me rassure. Et vous êtes si nombreuses à le faire ! Merci beaucoup !

(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)

Bonne lecture ! ^^

Je veux offrir ce chapitre-ci à Rinku. Parce qu'elle n'a pas cessé de me harceler (gentiment) afin que je publie plus vite. :P Tu es mignonne Rinku. J'espère que cette suite te plaira. :)


Chapitre 12 ― Revirement émotionnel

Lily, le chignon bien serré, entra dans la classe, suivie de Minerva qui alla s'installer à la table de Mary et Alice, et le silence se fit aussitôt.

― Rangez vos baguettes et ouvrez votre livre au chapitre 5, dit sèchement Lily. Aujourd'hui, nous allons étudier la métamorphose du XXe siècle. Vous avez une demi-heure pour lire tout le chapitre et une heure pour remplir le questionnaire que je vous distribuerai ensuite.

Les élèves obéirent en échangeant des regards maussades. Lorsqu'il ne s'agissait pas de se servir d'une baguette magique, le cours se révélait rarement passionnant.

Une main dans le fond de la classe se leva.

― Oui, Mr Wilkes ? dit Lily.

― Je croyais que la leçon pratique d'hier se poursuivait aujourd'hui...

― Changement de programme, coupa Lily. Aujourd'hui, c'est de la lecture. Rosier, pourquoi vous tenez-vous le front comme ça ? Vous êtes malade ?

Les quelques élèves qui avaient été témoins de la scène dans le couloir étouffèrent des rires.

― Quoi ? demanda Lily en balayant la classe d'un regard interrogatif. Qu'est-ce qu'il y a ?

― C'est Black qui m'a fait une mauvaise blague, professeur, avoua Rosier en jetant un œil furieux à Sirius qui continuait de se balancer d'avant en arrière sur sa chaise avec désinvolture. Il a écrit quelque chose d'horrible sur mon front et je ne peux pas l'effacer.

― Faites-moi voir, ordonna Lily.

Minerva blêmit. Elle avait oublié de mettre Miss Evans au courant de la plaisanterie amère de Black. Pourvu qu'elle ait un peu de bon sens pour le punir avec assez de rigueur.

― Vous êtes sûre, professeur ? dit Rosier avec malaise. Parce que ça ne va pas vous plaire.

― Puisque je vous demande de me faire voir, montrez-moi ! insista Lily avec agacement. Allez !

Et tandis qu'il ôtait lentement ses doigts de son front, Lily sentit que certains élèves retenaient leur souffle. Minerva avait fermé les yeux avec embarras. Lily s'attendit alors à quelque chose de très offensant et grossier, mais lorsqu'elle put lire enfin ce qu'il y avait d'écrit, elle s'empressa d'étrangler le fou rire qui avait failli lui échapper.

― Non mais c'est quoi ça ? s'exclama-t-elle, souriante, avant de se reprendre aussitôt avec un air plus approprié à la situation ― car Minerva n'avait pas manqué de lui décocher un regard menaçant. Je veux dire...

Elle se racla la gorge et feignit une expression mécontente.

― Je suis très choquée ! Vraiment très outrée ! C'est vous, Black, qui avez écrit ça ?

― Moi ? Mais pas du tout, mentit Sirius, nonchalant. Je n'ai jamais écrit ça.

― Si, c'est toi qui as écrit ça ! protesta Rosier avec colère.

― Tu n'as pas de preuves, répliqua Sirius. Professeur, je vous assure que ce n'est pas moi.

― Eh bien, je ne vous crois pas, trancha Lily qui se faisait violence pour ne pas étaler une mine sardonique sur son visage. Cette phrase renferme tout votre style, Black. Je vous connais mieux que vous ne le pensez. Alors, comme ça, vous me trouvez séduisante ?

Elle haussa les sourcils et attendit une réponse de Sirius qui laissa retomber sa chaise sur ses quatre pieds avec un grand bruit.

― Heu..., fit-il, l'air soudain moins confiant.

Quelques ricanements qui ressemblaient à des toux s'échappaient des élèves. Nombre d'entre eux se retenaient d'éclater de rire.

― Mais ne vous gênez pas, allez-y, leur lança Lily en s'adressant à la classe. Je vous donne le droit de rigoler. Parce qu'entre nous, c'est vraiment très amusant que Sirius Black, le grand passionné de la luxure, me trouve séduisante, non ?

Mais tout le monde resta silencieux, apparemment indécis quant à savoir si elle plaisantait vraiment ou si elle exploserait de rage d'un moment à l'autre.

Minerva poussa un infime gémissement implorant en regardant Lily. Celle-ci cligna alors des yeux et reprit d'un ton plus sérieux :

― Bon, concentrez-vous maintenant sur le chapitre à lire. Je répète que vous avez une demi-heure. Bonne lecture !

Et avant qu'elle ne rejoigne son bureau, elle ajouta :

― Oh et je donne dix points à Gryffondor.

Des exclamations stupéfaites et incrédules s'élevèrent des élèves.

― Comment ça se fait ? s'étonna Sirius. Vous en enlevez, vous voulez dire.

― Non, non, j'en donne, confirma Lily. C'est pour le compliment.

Sirius la regarda, bouche bée, et Lily se réjouit de voir les élèves autour de lui l'observer d'un air moqueur. La rumeur que Sirius trouvait McGonagall séduisante allait indubitablement faire le tour de l'école et il ferait moins le fier après ça. Mine de rien, Lily détenait sa petite vengeance personnelle.

Tandis que Minerva tournait les pages de son livre avec rage, à l'autre bout de la classe, James se pencha vers Sirius et murmura :

― Je crois qu'elle n'a pas bu que du vin. Elle a dû aussi avoir fumé quelque chose aux effets plus nocifs que l'alcool...

Sous la table, Remus donna un coup de pied à James pour qu'il se taise. Lily avait levé les yeux de la pile d'examens qu'elle venait de poser sur son bureau. Elle fixa un moment James qui ne détourna pas le regard, puis elle sentit son cœur battre plus fort lorsqu'il lui sourit avec cet air irrésistiblement sexy qui lui était propre. Lily reporta aussitôt son attention sur les copies à corriger.

― Une fois, chuchota James, triomphant, à l'oreille d'un Remus complètement abasourdi.

Le temps s'écoulait avec une lenteur proche de l'indécence. Il n'y avait rien de plus ennuyant que de faire semblant de corriger des travaux et de surveiller une classe de lecteurs silencieux. Par surcroît, James n'arrêtait pas de l'observer avec ses yeux brûlants derrière ses lunettes et, même si elle ne le regardait pas, elle en ressentait des bouffées de chaleur dans tout le corps. Pourquoi la provoquait-il ? Qu'est-ce qui lui prenait pour ainsi s'amuser à séduire le professeur McGonagall ? Il ne pouvait pas être sérieux.

― Ça fait sept, murmura-t-il à Remus et Sirius, dès que les yeux de Lily hasardèrent une fois encore, malgré elle, à croiser les siens.

Le visage embrasé, Lily fusilla James du regard et fit des signes menaçants aux quatre amis de baisser immédiatement la tête sur leur chapitre. Remus et Peter se replongèrent aussitôt dans leur lecture, imités par Sirius qui enfonça un poing dans sa bouche pour éviter de rire. Mais James eut un sourire insolent et, comme s'il avait attendu patiemment cette réaction énervée de la part de Lily, leva un gros bout de parchemin à la hauteur de ses épaules, qui annonçait :

Vous êtes bien plus intéressante à regarder que les pages de mon livre, professeur.

Lily eut l'impression de fondre sur sa chaise. Comment osait-il ? Aussitôt, sans réfléchir, elle retourna une copie d'examen devant elle en trempant sa plume dans l'encre rouge, inscrivit rapidement sa réponse au verso de la feuille et s'assura que personne ne regardait avant de la lever vers James.

Vous n'êtes pas mon genre, Potter.

Laissez tomber !

James étouffa un rire stupéfait, surpris que le professeur McGonagall participe à son jeu. Précipitamment, il effaça les mots sur son parchemin d'un discret coup de baguette et composa un nouveau message qu'il afficha sur son torse.

Et si vous, vous étiez mon genre ?

Lily sourit d'un air incrédule et s'empressa de répondre au dos d'un second examen :

Je dirais que vos goûts en matière de gent féminine sont douteux.

James reprit sa plume d'un geste fébrile et rédigea à toute vitesse une nouvelle réplique. Remus leva le nez de son livre à ce moment-là et fronça les sourcils lorsqu'il jeta un coup d'œil sur le parchemin de James.

― Qu'est-ce que tu fiches ? demanda-t-il à voix basse. Tu n'envisages pas de... mais, hé ! T'es fou ou quoi ? Ne lui fais pas lire ça !

Remus tenta d'empêcher James d'élever son message dans les airs, mais il n'y parvint pas. Lily put lire librement les quelques mots que lui montra James au-dessus de la tête de Sirius, hors de portée de Remus.

J'ai un désir irrépressible de passer la soirée avec vous, professeur.

Lily se mordit la lèvre, hochant la tête. James était vraiment devenu fou.

― Ça va, Cornedrue ? interrogea Sirius d'un air interrogatif. Qu'est-ce qui se passe ?

― Il se passe qu'il a montré ça à McGonagall, murmura Remus, choqué, en jetant le bout de parchemin à Sirius. Il est complètement taré !

― Mais non, tout va bien, les rassura James tandis que Sirius lisait le message de James d'un air éberlué. McGonagall s'amuse autant que moi. Voyez vous-même, elle est en train de m'écrire une réponse.

Lily acheva son mot en dessinant un gros point d'exclamation et attendit patiemment à ce que les élèves, qui avaient tourné des regards intrigués vers les Maraudeurs, se replongent dans leur lecture. Avec cette réplique, elle escomptait que James revienne à la raison et qu'il laisse le professeur McGonagall tranquille.

Minerva observait avec appréhension ce qui semblait se tramer du côté de Potter et ses amis. Leur comportement était louche. Miss Evans devrait les ramener à l'ordre. D'ailleurs, pourquoi celle-ci paraissait-elle aussi suspecte qu'eux ? Sa façon de fixer James était de mauvais augure. Qu'est-ce qu'elle mijotait ?

Soudain, Minerva vit Lily lever une feuille devant elle et ce qu'elle y lut lui donna l'impression d'avoir reçu un puissant coup de poing à l'estomac. Les mots à l'encre rouge formaient l'avertissement :

Je vous préviens, Potter, je griffe et je mords sauvagement !

― Oh la vache ! s'étrangla James dont les pupilles se dilatèrent brusquement.

Remus écarquilla les yeux, la mâchoire de Peter tomba et Sirius ne put réprimer une forte exclamation sidérée qui se répercuta dans toute la classe. Les élèves relevèrent aussitôt la tête de leur livre et Lily plaqua précipitamment la feuille sur son bureau.

― Qu'est-ce qui se passe ? chuchota Alice en regardant Sirius d'un air intrigué.

― Rien..., répondit Minerva d'une voix crispée, en refermant convulsivement une main dans ses cheveux. Il ne se passe absolument rien...

― Mais qu'est-ce que tu as, tout à coup, Lily ? demanda Mary. Ça va ? Tu es toute pâle.

― Il ne reste que dix minutes avant la période du questionnaire, déclara Lily d'une voix forte. Black, si je vous entends encore, je vous enlève les points que vous avez gagnés tout à l'heure. Concentrez-vous sur votre chapitre ― et vous aussi, Potter !

Mais James garda les yeux fixés sans vaciller dans ceux de Lily. Son regard fut si intense derrière ses lunettes que Lily se sentit à nouveau rougir jusqu'à la racine de son chignon. Elle se pencha d'emblée sur ses fausses corrections. Finalement, pensa-t-elle, ce n'était peut-être pas une bonne idée de lui avoir écrit un tel message...

Les poings serrés sur sa table, Minerva se retenait avec difficulté de se jeter sur Lily et de l'étrangler en avant de toute la classe. Mary et Alice la considéraient avec inquiétude, mais Minerva ne leur accordait aucune attention. Un peu plus tard, Lily se leva pour aller distribuer le questionnaire et Minerva s'efforça de lui communiquer par son simple regard toute la fureur dévastatrice qui bouillonnait en elle.

― Vous ne perdez rien pour attendre, Miss..., murmura Minerva en prenant d'un geste furieux la feuille que Lily lui tendait.

Le visage de Lily se décomposa. Elle avait vu...

Lily éprouva un sentiment de honte qui naquit en elle comme un fourmillement brûlant se rependant dans tout son corps. Pourtant, elle savait que le professeur McGonagall avait fait autant de bêtises qu'elle. Faisant de son mieux pour ne pas laisser paraître son malaise, elle continua son chemin entre les travées, appréhendant néanmoins une tempête à la fin du cours.

À l'approche du professeur McGonagall, James déchira un bout de parchemin sur lequel il s'empressa d'y faire glisser sa plume frénétiquement.

― Qu'est-ce que tu fais ? demanda Sirius qui était toujours sous le choc du message de McGonagall.

― Je lui réponds...

― Ah non ! s'affola Remus en essayant de s'emparer de sa plume. Ça devient trop effrayant, tout ça. Ne la provoque pas encore, j'ai peur qu'elle te... qu'elle te...

― Qu'elle me quoi ? dit James en lui tournant le dos pour achever son mot à l'abri des mains de Remus.

Lorsque Lily vint poser leurs feuilles de questionnaire devant eux, James lui tendit son morceau de parchemin plié en quatre avec un regard suave. Lily hésita un moment devant l'air dissuasif de Remus et l'expression goguenarde de Sirius, mais se laissa emporter par la curiosité et s'en saisit.

― Non, gémit Remus.

Lily finit de distribuer le questionnaire et Remus regarda James avec gravité.

― Qu'est-ce que tu lui as écrit, cette fois ?

― Désolé, Lunard, mais ce jeu ne se joue qu'entre moi et elle.

― Ton audace m'impressionne, Cornedrue, déclara Sirius en émettant un rire admiratif.

Une fois revenue à son bureau, Lily déplia le morceau de parchemin en jetant un coup d'œil méfiant à James. Elle remonta les lunettes du professeur McGonagall sur son nez, puis faillit s'étrangler de stupeur en lisant :

Vous m'excitez, professeur.

Minerva vit Lily devenir aussi rouge qu'un soleil couchant. Qu'est-ce qui se passait encore ? Et pourquoi crispait-elle la main sur sa tête ? Ses doigts tremblants s'entortillèrent dans une mèche de ses cheveux et ses yeux, ronds de perturbation, se levèrent vers...

― Non..., murmura Minerva, troublée.

James Potter dévorait Miss Evans du regard avec trop d'insistance. Mais c'était quoi ce cirque ?

― Cornedrue, tu l'as vraiment chavirée, chuchota Sirius. Qu'est-ce que tu lui as écrit ? On dirait qu'elle veut maintenant... soit t'étriper... soit te baiser sauvagement...

Remus inspira brusquement une bouffée d'air. James, pour sa part, paraissait fier de lui-même.

― Tu crois ? railla-t-il, désinvolte, en ne lâchant pas une seconde le professeur McGonagall des yeux.

Lily se trouvait dans tous ses états. Elle avait maintenant si chaud qu'elle se sentait suffoquer. Mais qu'est-ce qui avait poussé James à écrire un tel mot au professeur McGonagall ? Était-il sérieux ? Pouvait-il vraiment éprouver du... désir pour...

Elle eut soudain un haut-le-cœur. Non, il ne pouvait pas être sérieux. Ce n'était rien d'autre que du jeu. Il s'amusait à la provoquer simplement parce qu'il avait découvert son faible pour lui. Il se moquait d'elle, voilà tout.

― Lily, bon sang, mais qu'est-ce que tu as ? supplia Mary à voix basse. Tu m'inquiètes terriblement.

― Mais allez-vous finir par me ficher la paix, toutes les deux ? cingla Minerva, énervée. Pour la dernière fois, je vais très bien ! À présent, passez votre chemin et concentrez-vous sur votre questionnaire !

Mary et Alice donnèrent l'impression d'avoir reçu un seau d'eau froide à la figure.

Le cours se poursuivit dans une atmosphère des plus tendue. James ne cessa de lancer des regards intenses à Lily qui gardait résolument les yeux sur les copies d'examens des deuxième année et Minerva avait les entrailles en fusion.

Lorsque la cloche sonna enfin, dans l'habituel raclement assourdissant des chaises qu'on repoussait, les élèves s'empressèrent de ranger leur livre dans leur sac et de venir rendre leur questionnaire au bureau. James s'avança d'un pas confiant, le sourire séducteur encore aux lèvres, et posa sa copie sur le dessus de la pile. Aussitôt, Lily attrapa sa main et le regarda droit dans les yeux.

― Renoncez à votre petit jeu de séduction immédiatement, Potter, dit-elle dans un murmure à peine audible. Sinon, je vous offre un mois de corvées ménagères avec Rusard. C'est pigé ?

James soutint son regard et Lily déploya d'énormes efforts pour ne pas baisser les yeux sur ses lèvres. Enfin, elle le relâcha alors que Minerva arrivait à son tour pour lui porter son questionnaire. Dans un grand bruit, elle abattit sa feuille sur le bureau et regarda James avec des yeux glacials. Celui-ci lui rendit son regard haineux et s'en retourna vers ses amis.

― Ça vous gênerait de vous montrer un peu moins hostile envers Potter ? demanda Lily sur un ton réprobateur.

― Et vous, ça vous gênerait de vous montrer un peu plus hostile envers Potter ? répliqua Minerva sur le même ton.

― C'est ce que j'essaie de faire !

― Eh bien, commencez par cesser de rougir comme si vous éprouviez un amour indomptable pour lui.

― Silence ! lança Lily du coin des lèvres, en lui intimant d'un geste de se taire. Il y a encore des élèves dans la classe...

Elles attendirent un moment afin que tout le monde soit sorti, puis Lily referma la porte d'un coup de baguette et reprit timidement :

― J'ai vraiment l'air d'éprouver un amour indomptable pour lui ?

Minerva eut un mouvement agacé de menton, l'air de dire : « Ne vous fichez pas de moi ! »

Lily soupira en se passant une main dans les cheveux.

― Je ne sais plus quoi faire..., se plaignit-elle. Potter est devenu fou ! Je ne comprends pas comment il peut se permettre de vous séduire... comme si c'était un jeu particulièrement amusant...

― L'idée de lui enlever des points ne vous a pas effleuré l'esprit ? ironisa Minerva avec froideur.

― Ah non, je ne peux pas enlever des points à ma propre maison, tout de même...

― Absolument pas, bien sûr, continua Minerva sur un ton sarcastique, frémissante de rage. Il est mieux de se laisser prendre à son jeu, d'y participer et de lui donner la satisfaction de prendre le dessus sur vous !

― J'ai essayé de le dissuader !

Lui montrer un tel message indécent, plus qu'irrespectueux en ma personne, n'était pas une bonne façon de le dissuader ! s'écria Minerva en frappant du poing sur son bureau avec une telle violence que l'encrier se renversa en éclaboussant de l'encre rouge sur les copies d'examen. Miss Evans, à quoi jouez-vous ? Comment pensez-vous que je vais réussir à réparer les dégâts, après cela ? Des rumeurs néfastes à mon sujet auront vite fait le tour du château et...

― Mais si vous n'aviez pas giflé Potter...

Ne revenez pas sur cette maudite gifle, bon Dieu ! Il l'avait entièrement méritée !

― Et pourquoi, hein ? cria Lily en se levant d'un bond, surplombant Minerva de la grande silhouette intimidante du professeur McGonagall. Qu'est-ce qu'il vous a fait ? Il vous a insultée, c'est ça ? Eh bien, sachez qu'il ne vous traitera plus jamais de vieille chouette parce que, apparemment, vous l'excitez maintenant !

Dans un geste rageur, Lily jeta le morceau de parchemin de James sous les yeux de Minerva dont le visage se marbra subitement de taches écarlates.

― Et bien, voyez comme vous rougissez, vous aussi, dit Lily d'un ton vibrant. Il cherche peut-être à se venger de vous ― enfin, de vous qui êtes moi ―, en étant pressé d'aller voir ailleurs, et comme il pense que vous ― que moi qui suis vous ― êtes amoureuse de lui...

― Rattrapez-le ! ordonna soudain Minerva.

― Quoi ?

― Rattrapez Potter et exigez qu'il fasse sa retenue ce soir. Vous ne pouvez pas le laisser écrire des messages de ce genre à un professeur, c'est inacceptable ! Je le veux dans mon bureau ce soir !

― Hors de question ! Je veux qu'il vienne avec moi à la fête !

― Il n'ira pas, de toute manière ! Il n'éprouve plus que de l'aversion pour vous !

― Ça changera lorsqu'il saura la vérité ! s'obstina Lily.

Minerva expira bruyamment par le nez. Le sang affluait à son visage.

― Bien, dit-elle plus calmement, les yeux étincelants. Occupez-vous alors de retrouver Mulciber et Avery et je m'arrangerai moi-même avec Potter lorsque j'aurai retrouvé mon apparence.

― Mais...

― Cette comédie a assez duré ! s'exclama-t-elle avant de tourner les talons avec raideur.

Elle ouvrit la porte et la referma en la faisant claquer furieusement.

.

― Tu as raison, Cornedrue, déclara Sirius au moment où James rattrapa ses amis alors qu'ils se rendaient à la tour de Gryffondor. Elle est vraiment amoureuse de toi. Ça se voit clairement.

― Je sais, répondit prétentieusement James en passant une main dans ses cheveux.

― Et le plus étonnant dans tout ça, c'est qu'elle ne t'a pas enlevé un seul point.

Remus semblait se triturer l'esprit avec des choses qui le dépassaient complètement.

― On n'est pas sûr qu'elle t'aime vraiment, dit-il dans un murmure. C'est si... absurde...

― Bien sûr que si, elle m'aime ! affirma James en roulant les yeux. Tu l'as vue comme moi rougir en classe.

― Sans doute que tu la troublais, mais pas dans le sens que tu crois ?

James jeta un regard las à Remus. Il y eut un silence pendant lequel on n'entendit que le bruit de leurs semelles frappant le sol et Peter qui enfournait de grosses bouchées de Chocogrenouille, puis James pouffa.

― Quoi ? dit Sirius avec un sourire.

― Rien, c'est juste que... J'ai toujours de la difficulté à y croire. McGonagall amoureuse de moi... On aura tout vu ! Je croyais qu'elle était un chat, pas un couguar !

Sirius éclata de rire et Peter faillit s'étouffer avec sa bouchée de chocolat.

― En effet, c'est très drôle qu'elle se soit entichée de toi, approuva Sirius.

― C'est surtout louche, oui, commenta Remus d'un ton anxieux. Je ne pensais pas McGonagall comme ça...

― Décidément, toutes les filles sont dingues, aujourd'hui, plaisanta Sirius. D'abord, McGo qui te révèle qu'elle griffe et qu'elle mord sauvagement... Evans qui te gifle... Très-Long-Nez qui invite Lunard à la fête...

― Arrête de l'appeler comme ça ! s'irrita Remus. Et ce n'est pas parce qu'elle me plaît que j'ai accepté ! Je te l'ai dit cent fois : elle était désespérée !

― Au fait, Cornedrue, poursuivit Sirius comme si Remus ne l'avait pas interrompu, j'imagine que tu ne vas plus à la fête ?

― Non, répondit James avec amertume. Evans a sûrement renoncé à l'idée d'y aller avec moi. Elle va sans doute inviter quelqu'un d'autre à ma place et je m'en fous. Je veux faire ma retenue au lieu.

― Et continuer à tourmenter McGo ? se moqua Sirius en souriant. Tu es un vilain garçon. Elle pourrait te renvoyer.

James ricana avec insouciance. Soudain, Peter parla en regardant par-dessus son épaule :

― Il y a Evans, là-bas, qui vient à notre rencontre. Je crois qu'elle veut te parler, Cornedrue.

― Qu'elle aille voir ailleurs si j'y suis, répliqua James en reniflant avec mépris.

Mais Remus le força brusquement à s'arrêter et le poussa vers Lily qui s'avançait vers lui à grands pas.

― Elle veut peut-être s'excuser, dit-il d'un ton ferme. Ne fais pas l'idiot et va écouter ce qu'elle a à dire. On t'attendra à la salle commune. À tout à l'heure ! Venez, les gars...

Il entraîna Sirius et Peter avec lui et James soupira en regardant Lily.

― Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il avec froideur.

― Que tu ne te méprennes pas, répondit sèchement Minerva en s'arrêtant devant lui. Laisse le professeur McGonagall tranquille, Potter. Elle n'est aucunement amoureuse de toi.

James eut un rire sans joie.

― Tu viens me faire encore la leçon, c'est ça ?

― Je suis sérieuse ! insista Minerva. Ne joue pas avec le feu sinon tu vas te faire renvoyer.

― Comme si tu te souciais vraiment de moi...

Minerva observa James en pinçant les lèvres, puis reprit d'un ton ferme :

― Évidemment que je me soucie de toi, Potter. Tu es un élève brillant, performant, qui a toujours obtenu de bonnes notes à tes examens. Ce serait vraiment dommage de saccager ton avenir simplement pour un jeu de séduction puérile.

― Tu te fous de moi ? dit James en fronçant le nez comme s'il la soupçonnait d'essayer d'être drôle.

― Pas du tout ! Je tiens vraiment à t'empêcher de te rendre jusqu'au bout de ta plaisanterie !

James plissa les yeux.

― Tu es réellement jalouse de McGo, n'est-ce pas ? demanda-t-il lentement. Tu ne veux pas l'avouer, mais dans le fond...

― Aucunement, coupa Minerva en croisant les bras.

― Si...

― Non, ça n'a rien à voir !

James continua de regarder Minerva avec cette étrange lueur de compréhension dans le regard, puis il dit soudain :

― Dans ce cas, si tu n'es pas jalouse, tu ne devrais pas avoir d'objection à ce que j'aie une relation avec Minerva ― tu n'as pas à t'inquiéter, elle ne me renverra pas. Elle m'aime trop pour ça.

― Une relation ! s'exclama Minerva, d'autant plus choquée qu'il ait prononcé son prénom aussi lestement. Mais c'est quoi cette histoire ? Tu n'envisages pas sérieusement une relation avec le professeur McGonagall ?

― Pourquoi pas ? dit James d'un air désinvolte.

― Parce que ça ne se fait pas et tu le sais ! C'est du délire ! D'autant plus qu'elle n'éprouve aucun sentiment amoureux envers toi et que tu ne ferais que te ridiculiser. Par surcroît, elle a au moins trois fois ton âge. Franchement !

― Quarante ans, ça me va encore, lança James d'un ton de défi.

Minerva eut une exclamation agacée.

― Elle n'a pas quarante ans, elle a entamé la cinquantaine, malheureux !

― Ah oui ? Eh bien, elle n'en a pas l'air. Elle paraît beaucoup plus jeune que ça.

Minerva ouvrit la bouche pour répliquer à nouveau, mais la referma d'emblée, soudain sans voix.

― Vraiment... ? dit-elle après un moment. Tu... tu trouves qu'elle ne fait pas son âge... ?

― Parfaitement, affirma James très sérieusement. Je ne sais pas si tu l'as vu rougir en classe, tout à l'heure, mais elle est craquante quand elle perd ses moyens, non ? Et encore plus quand elle tortille une mèche de son chignon en me regardant avec désir par-dessus ses lunettes. Sincèrement, elle me déclenche des frissons chaque fois qu'elle croise mes yeux comme ça. Elle me donne envie de la... conquérir...

Il marqua une pause, le temps de détailler le visage de Minerva dont les joues avaient viré au cramoisi, puis il rit doucement.

― Regarde-toi, Lily, tu es toute troublée, murmura-t-il. Maintenant, redis-moi que tu n'es pas jalouse.

― N-non, je..., balbutia-t-elle. Enfin... Potter, pourquoi ne traites-tu plus le professeur McGonagall de vieille chouette, tout à coup ? Tu n'es pas en train de... Dis-moi que tu n'es pas tombé...

Les yeux de James se mirent alors à briller derrière ses lunettes.

― Tu m'aimes encore..., souffla-t-il avec émotion.

Minerva se trouva déconcertée, puis elle comprit enfin son stratagème. Elle fut sur le point d'éclater d'un rire soulagé lorsqu'il s'approcha d'elle avec un regard de braise, dangereux. Minerva recula aussitôt d'un pas prudent. Mais il l'attrapa d'un geste par la taille et la colla contre son corps. Le cœur de Minerva grimpa en pulsation par seconde.

― Non, attends ! s'affola-t-elle en plaquant ses paumes sur son torse afin de l'éloigner de son visage. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée !

― Embrasse-moi, Lily, ordonna James, le regard intense, pénétrant. Embrasse-moi tout de suite, sinon je risque de faire une grosse connerie avec McGonagall !

― Une grosse connerie ? répéta Minerva d'une voix assourdie. Comment ça, une grosse connerie ? Qu'entends-tu par là ?

Mais James ne répondit pas. Attrapant ses poignets, il l'accula contre le mur, l'immobilisa en pressant sa poitrine contre la sienne et s'empara de ses lèvres dans un baiser fiévreux.

Minerva étouffa un cri en écarquillant les yeux. C'était comme si une sorte de décharge électrique venait de traverser chaque particule de son corps. Elle voulut détourner la tête et le repousser, mais James agrippa son menton à deux mains et enfonça sa langue dans sa bouche, l'embrassant plus profondément.

« Non ! Non ! » pensa-t-elle, totalement paniquée. Elle crut que son cœur allait exploser tellement il battait vite et fort. Elle suffoquait.

Enfin, après quelques secondes qui lui parurent une éternité, James sépara ses lèvres des siennes et Minerva put alors respirer à grandes gorgées d'air. Tous deux se fixèrent dans les yeux. Minerva peinait à calmer son corps secoué de tremblements et James avait serré les mâchoires avec amertume.

― Après tout ce temps où je rêvais de ce premier baiser échangé entre nous..., murmura-t-il en hochant la tête.

Minerva avala sa salive.

― Ce... ce n'était pas le bon... moment..., haleta-t-elle d'une voix faible. Je...

― J'allais te dire que je plaisantais au sujet de McGo, interrompit-il d'un ton glacial, qu'en fait je te faisais marcher et que je ne la trouvais pas du tout de mon goût. C'était juste pour voir à quel point tu en serais jalouse. Mais finalement, je pense qu'elle me plaît vraiment. J'ai comme l'impression qu'elle ne se changerait pas en bloc de glace, elle, si je l'embrassais ! Elle, au moins, elle m'aime ! Ce n'est pas comme toi ! Toi, pendant toutes ces années, tu as fait semblant !

Il abattit violemment le poing sur le mur près du visage de Minerva qui tressaillit.

― Potter, non, attends...

Je ne veux plus jamais que tu m'adresses la parole ! hurla-t-il, fou de rage. Tu m'entends ? Plus jamais ! Tu n'es qu'une abominable peste perfide et hypocrite, Lily Evans ! Je ne veux plus jamais rien savoir de toi !

Et il la planta là en filant comme un ouragan.


Merci d'avoir lu ! ^^'