Bonjour !

Un gros merci à Indifferente, Rinku13, Piitchoun, Mawenn35, Tayame Hatake, Piichi21, Alienor la Fantasque, Lunashura et Suchi-story ! Vos reviews sont si gentilles et j'en ai tellement besoin pour surmonter mes angoisses avant chaque chapitre posté. Je vous fais de gros bisous, mes très chères revieweuses !

Sans plus tarder, je vous souhaite une bonne lecture ! ^^

(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)


Chapitre 13 — Fantasme et embarras

Lily ne savait pas où chercher pour retrouver Mulciber et Avery. Elle décida de se rendre à la Grande Salle pour y jeter un coup d'œil lorsqu'elle vit Severus surgir à un coin de mur.

— Ils sont à la salle commune de Serpentard, haleta-t-il, le teint blafard. Mais ils s'en viennent. Je leur ai dit que je les attendais à la Grande Salle.

Lily hocha la tête et poursuivit son chemin d'un pas vif.

— Merci beaucoup, Rogue, lança-t-elle par-dessus son épaule. Lily Evans vous en serait très reconnaissante.

— Ne le lui dites surtout pas ! dit Severus, éminemment angoissé. Il ne faut pas que personne ne sache que j'ai agi contre mes amis — pas même elle !

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Le tableau de la grosse dame pivota brusquement et James entra en trombe dans la salle commune de Gryffondor.

— Alors ? s'enquit Remus en se précipitant vers lui. Elle t'a fait des excuses ?

— Je ne veux plus jamais qu'on me parle d'elle ! beugla James, furieux. C'est une vraie garce !

Remus échangea un regard ébahi avec Peter. Les quelques élèves dans le salon le regardèrent, dont Mary et Alice qui furent interloquées. Sirius s'approcha de lui.

— Elle t'a carrément dit qu'elle ne t'aimait pas ?

— Elle me l'a clairement montré, oui ! Je l'ai embrassée, mais elle s'est tendue comme si j'étais un gros veracrasse visqueux. Elle n'a aucun sentiment pour moi ! Pendant tout ce temps, elle jouait la comédie !

— Mais Cornedrue, intervint Remus en soupirant. Elle vient de se faire agresser par une bande de Serpentard. À quoi t'es-tu attendu ? C'est normal qu'elle ait été mal à l'aise de se laisser à nouveau approcher par un garçon.

James eut une exclamation de dédain.

— Elle se comportait comme ça avant même d'avoir failli se faire violer, répliqua-t-il. Elle n'a aucune excuse. Maintenant, c'est officiel : c'est bel et bien fini entre nous !

Il monta quatre à quatre l'escalier qui menait au dortoir et disparut à l'étage. Et tandis que Remus fermait les yeux d'un air démoralisé, une discrète expression de contentement passa sur le visage de Sirius.

— Je vous retrouve à la Grande Salle, dit-il à ses amis, en reculant vers le trou du portrait.

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Lily se laissa tomber sur la chaise entre Dumbledore et le professeur Chourave et guetta sans ciller tout élève qui franchissait les portes de la Grande Salle. Elle vit un Severus anxieux prendre place à la table des Serpentard avec Wilkes et Gibbon, Rosier qui s'était ceint le front d'une large cravate verte, puis Regulus avancer dans la salle avec la grâce décontractée des Black. Mais Mulciber et Avery étaient toujours aux abonnés absents.

— Pensez-vous aller à la fête de Slughorn ce soir, Minerva ? dit le professeur Chourave en se servant une cuillerée de ragoût de bœuf. Horace m'a dit qu'il vous avait invitée. Je trouve que c'est très aimable à lui. Ça vous changerait les idées.

— Mmm... ? fit Lily qui n'écoutait que d'une oreille distraite.

Le professeur Chourave se pencha alors vers elle, son chapeau rapiécé vacillant sur sa tête, puis répéta plus fort :

— Ça vous changerait les idées !

Lily sursauta en manquant de renverser la cruche de jus de citrouille.

— Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

— Vous me paraissez de plus en plus étrange, vous, observa Chourave d'un œil scrutateur. Si jamais la fête d'Horace ne vous dit rien, sachez que la porte de mes appartements reste ouverte. Mon invitation à venir boire un thé tient toujours.

— O-oui..., bredouilla Lily. Merci...

Et elle reporta son attention sur les allées et venues des élèves dans la Grande Salle, son regard se fixant alternativement sur les portes et la table des Serpentard. Elle était en train de se demander avec appréhension si Mulciber et Avery ne s'étaient pas encore attaqués au professeur McGonagall — elle aurait dû insister à ce que cette dernière reste auprès d'elle — lorsque Dumbledore, en grande conversation avec Slughorn, prononça soudain le mot « pierre ».

Lily se retourna si brusquement vers lui qu'elle s'étira incidemment un muscle de son cou.

— Quoi ? demanda-t-elle. Qu'avez-vous dit ?

Par-dessus sa coupe, Dumbledore la regarda avec des yeux pétillants.

— Ah, Minerva ! s'exclama-t-il joyeusement. J'espère que vous irez à la fête. J'étais justement en train de dire à Horace que Nicolas Flamel et moi étions de grands amis. Vous saviez que lui et son épouse seront présents ce soir ?

— Je... heu... oui, mais... vous avez parlé d'une pierre...

— La Pierre philosophale, bien sûr, dit Dumbledore en souriant.

Et il se lança dans le récit de sa visite chez Flamel l'été dernier, dans le Devon, tandis que Slughorn poussait des exclamations de grand intérêt. Mais Lily ne l'écoutait plus. Déçue qu'il ne s'agisse pas de la pierre noire de Mulciber, elle ramena son regard vers les portes.

Dumbledore remarqua sa mine renfrognée.

— Allez-vous bientôt me révéler ce qui vous tracasse, Minerva ? demanda-t-il en fronçant légèrement ses sourcils argentés.

— Non, ça va, répondit Lily d'un air absent.

Puis elle hésita avant de se risquer à poser enfin la question :

— Vous ne connaîtriez pas une certaine pierre noire, par hasard ?

— Une pierre noire ? s'étonna Dumbledore sous l'expression avide de Lily.

Il caressa un moment sa longue barbe, réfléchissant.

— Je vous avoue que j'ai étudié plusieurs pierres au courant de ma vie. Mais une pierre noire ? Cela ne me dit rien. J'ai bien peur de ne pas pouvoir vous aider, Minerva.

— Si ! insista Lily. Vous savez, une pierre noire pointue qui ferait apparemment de la magie noire ?

— De la magie noire ! s'exclama Slughorn, la moustache frémissante. Miss Evans me parlait justement d'une pierre maléfique, ce matin.

— Ah oui... ?

— Depuis quand vous intéressez-vous à la magie noire, Minerva ? interrogea le professeur Chourave, soupçonneuse, qui écoutait leur conversation en remuant sa cuillère dans son thé.

Dumbledore observait fixement Lily par-dessus ses lunettes en demi-lune.

— Heu..., fit Lily avec malaise. C'est parce que j'ai confisqué une pierre noire à Mulciber hier et... enfin... je me demandais si ce n'était pas un objet de magie noire...

— Vous n'avez qu'à la faire inspecter par le professeur Goldstein, proposa Chourave. Puisque c'est lui qui assure les cours de Défense contre les forces du Mal cette année, il doit bien être compétent en la matière, non ?

— Oui, mais l'ennui, c'est que... je ne l'ai plus avec moi, dit timidement Lily. La pierre a disparu de mon bureau...

— En effet, c'est ennuyeux, admit Dumbledore.

Puis ses yeux bleus la transpercèrent d'une telle manière que Lily eut l'impression qu'il cherchait à lire en elle.

— Depuis combien de temps vous démenez-vous avec cette pierre, dites-moi ?

Lily ouvrit la bouche pour répondre, mais au même moment, elle aperçut Mulciber et Avery entrer dans la Grande Salle. Elle se leva aussitôt en faisant racler sa chaise.

— Je dois y aller ! déclara-t-elle. Bonne soirée à vous !

— Mais..., dit le professeur Chourave en la regardant filer à toute vitesse vers la table des Serpentard. Vous n'avez pas pris une seule bouchée !

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Après avoir passé un long moment adossée au mur, à l'endroit même où James l'avait laissée, à essayer de se remettre de ses émotions, Minerva reprit lentement le chemin de la Grande Salle, caressant ses lèvres rougies d'un doigt distrait. Elle ne savait pas comment elle parviendrait à annoncer à Miss Evans que Potter éprouvait à présent une violente aversion pour elle. Il fallait espérer qu'il se montre compréhensif au moment où il saurait la vérité. Cependant, à l'idée que Potter apprenne qu'il avait embrassé le professeur McGonagall au lieu de sa petite amie, un horrible malaise s'empara d'elle.

— Evans !

Minerva accéléra aussitôt le pas en relevant la tête. Mais les bruits de semelles se firent précipités et Sirius Black parvint à sa hauteur.

— Evans, ça va ? haleta-t-il.

— Bien évidemment que je vais bien, répondit Minerva d'un ton chargé d'ironie. Je manque de me faire violer par des élèves de Serpentard, je me fais carrément insulter par Potter avant de me faire rouler une pelle des plus embarrassante et maintenant Sirius Black croit que je vais me laisser entraîner dans son lit avant la fin de la soirée. Je ne pourrais pas aller mieux.

Sirius donna l'impression d'avoir reçu un coup de poêle en pleine face. Il la regarda un moment avec des yeux contrariés, puis il émit un rire sec.

— Qui t'a dit que je voulais coucher avec toi ? C'est ridicule !

Minerva renifla avec dédain sans répondre. Bien qu'elle reconnût qu'il l'avait tiré d'une situation cauchemardesque en compagnie de la bande de Serpentard, elle digérait mal la petite blague infligée à Rosier.

Sirius continuait résolument à la suivre.

— Tu vas toujours à la fête ? demanda-t-il en s'efforçant de faire comme si Minerva ne l'avait pas atteint dans son orgueil.

— C'est fort probable, oui, répondit Minerva d'un ton agacé.

— Tu y vas avec qui, maintenant ?

— Certainement pas avec toi.

Sirius eut un rire qui ressemblait à un aboiement, puis dégagea d'un geste désinvolte les quelques mèches brunes qui lui tombaient devant les yeux.

— On m'a déjà invité, je te rappelle.

— Tant mieux pour toi. Tu vas me suivre longtemps comme ça ? demanda-t-elle avec impatience. Comme tu peux sans doute le constater, je ne suis pas d'humeur à bavarder.

— Tu as une drôle de manière de me remercier, Evans, reprocha Sirius d'un ton abrupt. Après t'avoir sauvée d'un viol imminent, je m'attendais à un peu plus de reconnaissance de ta part !

Minerva s'arrêta, ferma les yeux en soupirant, puis se tourna vers Sirius en étalant un sourire forcé sur ses lèvres.

— Je t'en suis infiniment reconnaissante, Black, merci beaucoup, lança-t-elle sèchement. Maintenant, si tu le veux bien...

— Il n'y a pas de quoi, interrompit Sirius en s'approchant d'elle. Je ferais beaucoup de choses pour toi, Evans, tu sais...

Ses yeux se firent ardents et il approcha ses doigts du visage de Minerva qui fit aussitôt un bond en arrière.

— N'essaie même pas ! s'écria-t-elle brusquement, une main levée entre eux deux.

Elle n'avait pas l'intention de subir une nouvelle attaque buccale.

Sirius éclata de rire.

— Qu'est-ce que tu crois que j'allais faire ? demanda-t-il d'un ton détaché. Tu as une épine de Kicticus Gorloff dans les cheveux, Evans. Je voulais seulement la retirer.

— Il me semble, oui, répliqua Minerva, méfiante.

— Si, laisse-moi faire et tu verras.

Il avança à nouveau sa main vers elle et Minerva se tendit lorsqu'il faufila délicatement ses doigts dans sa chevelure.

— Voilà, tout va bien..., murmura Sirius dont le souffle chaud effleura sa joue. Tu vois, je ne te fais pas de mal...

Il tira avec douceur sur une mèche, sans se presser, comme s'il profitait au maximum du moment où il ne se retrouvait plus qu'à quelques distances des lèvres de Minerva, puis parvint enfin à retirer l'épine.

— Elle était grosse, n'est-ce pas ? dit-il en l'amenant sous son nez, sans pour autant s'éloigner de Minerva. Une très grosse épines...

Minerva le regarda en restant de marbre, bien qu'elle ne pût réprimer un frisson désagréable dans le bas de son dos.

— Merci, murmura-t-elle d'un ton imperturbable.

Puis elle recula en se détournant de lui et poursuivit son chemin sans rien ajouter ni lui accorder un dernier regard.

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— Entrez là ! ordonna Lily en montrant le bureau du professeur McGonagall.

Mulciber et Avery obtempérèrent en échangeant un regard anxieux. De toute évidence, ils s'attendaient à essuyer les conséquences de leurs actes. Après avoir fait claquer la porte, Lily contourna le bureau et se posta face à eux, intimidante.

— Alors ? dit-elle. Vous avez passé de bons moments avec Miss Evans ?

— C'est elle qui a commencé, professeur, répondit Mulciber avec un rictus. Elle m'a provoqué en duel avant de m'attacher sur une table. Elle a recommencé ce midi et, si Avery n'était pas venu me sortir du placard dans lequel elle m'a foutu ensuite, plié en quatre, je serais sans doute mort étouffé.

— Que c'est triste ! ironisa Lily avec froideur. Et j'imagine qu'elle n'avait aucune raison de faire ça ? Elle n'aime tout simplement pas vos faces, c'est ça ?

— Exactement, grogna Avery, sur la défensive. Elle est venue nous insulter ce matin, juste avant le cours de potion. On ne sait pas ce qui lui a pris. On lui a dit d'arrêter ça et elle s'est aussitôt emportée contre nous.

— Bien sûr, dit Lily en hochant la tête. Elle fait ça souvent, insulter des Serpentard sans raison.

— C'est la vérité ! affirma Mulciber.

Les poings de Lily se serrèrent convulsivement.

— Quand bien même si c'était la vérité, dit-elle d'un ton frémissant de colère, cela ne vous donnait aucun droit de l'agresser sexuellement comme vous l'avez fait !

— On ne l'a pas agressée sexu..., protesta Mulciber, mais Lily l'interrompit furieusement.

Ne mentez pas !

Un silence tendu s'abattit dans la pièce. Lily avait envie de refermer ses doigts crispés sur leur cou épais, de réduire leur visage de troll en bouillis. Mais au prix d'un effort prodigieux, elle réussit à garder son calme.

— Où est la pierre que je vous ai confisquée, Mulciber ? interrogea-t-elle de but en blanc. Elle a disparu de mon bureau. Vous pouvez m'expliquer ce qui s'est passé ?

Mulciber parut hébété.

— Elle a disparu ? répéta-t-il.

— Savez-vous où elle est ?

Mulciber fit signe que non en jetant un coup d'œil interrogatif à Avery.

— Et vous ? demanda Lily en se tournant vers ce dernier. En savez-vous plus que votre ami ?

— Non, professeur, répondit Avery.

Le regard de Lily se fixa alternativement sur chacun des yeux des Serpentard, les sourcils froncés, essayant de déceler le mensonge dans l'un d'eux.

— Vous pouvez au moins me parler de cet objet, insista-t-elle. C'est quoi, cette pierre ? Comment fonctionne-t-elle ? Il y a un antisort qui existe pour lever les effets désastreux qu'elle engendre ?

— Les effets désastreux ? répéta Mulciber, de plus en plus perplexe. Je ne comprends pas, professeur.

Ne jouez pas aux innocents et répondez à mes questions ! s'écria Lily avec colère.

Mulciber et Avery sursautèrent.

— Mais je n'en sais rien, moi !

— Moi non plus !

— Je n'ai fait que trouver cette pierre dans un couloir, expliqua Mulciber. Je ne savais pas ce que c'était. J'ai voulu demander à Rogue s'il en savait quelque chose, mais Potter et Black-Traître... je veux dire... Sirius Black sont intervenus.

— Rogue n'en sait pas plus sur cette pierre, dit Lily.

— Et nous non plus !

Il y eut un second silence.

— Vous ne savez vraiment rien sur cette pierre ? demanda alors Lily d'une voix désespérée, presque suppliante.

Mulciber et Avery haussèrent les épaules.

— Bah non, répondit Mulciber avec un air affreusement sincère.

Lily déglutit et se laissa tomber dans le fauteuil. Il ne manquait plus que ça pour que la situation tourne au cauchemar, pensa-t-elle, complètement désemparée.

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Minerva préféra faire demi-tour au moment où elle atteignait les portes de la Grande Salle et se pressa vers son bureau. Un mauvais pressentiment l'avait assailli sans raison particulière et elle redouta une fois encore une catastrophe.

Sur son chemin, elle croisa à nouveau Sirius qui lui lança un « à ce soir, Evans », puis elle bifurqua dans un couloir à droite. Plus elle approchait de son bureau, plus elle regrettait de ne pas être retournée plutôt dans les livres de la Réserve. Cette idée lui semblait tout à coup la plus raisonnable de toutes. Pourquoi avoir préféré au lieu courir après deux élèves de Serpentard ? Rien ne leur disait qu'ils en savaient vraiment quelque chose au sujet de cette pierre.

— Tu crois qu'on se fera renvoyer ?

Minerva se planqua derrière une armure dès qu'elle entendit la voix d'Avery lui parvenir d'un corridor à proximité.

— Je ne sais pas, lui répondit Mulciber d'un ton hargneux. Mais quoi qu'il en soit, Evans va payer.

— Tu dis toujours ça et c'est nous, en fin de compte, qui payons, grogna Avery d'un ton de reproche. Laisse-la tranquille, pour l'instant. Lorsqu'on se ralliera au Seigneur des Ténèbres après l'école, on aura plein d'occasions de la tuer. Il n'aime pas non plus les Sang-de-Bourbe, tu comprends.

Mulciber émit un rire mauvais alors que tous deux passaient devant l'armure derrière laquelle Minerva se retenait de leur refiler un maléfice étrangleur.

— Oui, tu as raison, dit Mulciber. Elle est déjà destinée à mourir, de toute façon.

Ils s'esclaffèrent dans des rires gras qui s'évanouirent lorsqu'ils tournèrent le coin au bout du couloir. Minerva sortit de sa cachette et s'élança vers son bureau. Elle fut à peine surprise d'y trouver Lily en pleurs, recroquevillée en boule dans le fauteuil.

Minerva soupira.

— Ils ne connaissent pas l'antisort, devina-t-elle en refermant la porte.

— N-non, répondit Lily en hoquetant, essuyant d'une main les larmes qui lui coulaient sur les joues. Ils... ils ne connaissent... r-rien d-de... la p-pierre... on est... f-fichues...

— Nous ne sommes pas fichues, Miss Evans. Et ressaisissez-vous, ajouta-t-elle, troublée à la vue de son corps ainsi secoué de sanglots effrénés. Soyez plus forte que ça, enfin.

Lily renifla bruyamment et laissa échapper une plainte désespérée en se cachant le visage entre les mains.

— Je v-vais rester c-comme ça... t-toute ma... v-vie ! Et J-James ne m'aimera p-plus... j-jamais !

Minerva roula les yeux d'un air las.

— Ne soyez pas aussi mélodrame, Miss Evans, dit-elle en s'approchant du bureau. Franchement, il ne faut pas se laisser abattre...

— Alors qu'est-ce que vous proposez de faire ? s'exclama Lily en relevant la tête, les yeux rougis, dépourvus de lunettes. Vous avez une idée pour retrouver nos corps avant la soirée ? Moi, je ne vois rien ! Même Dumbledore ne connaît pas cette pierre. Personne ne connaît cette pierre ! On est carrément... fichues !

— Dans le pire des cas, les effets du maléfice se dissiperont d'eux-mêmes d'ici quelques jours. Ça m'étonnerait que ce mauvais sort soit permanent.

— Et s'il l'était ?

— Je ne crois pas, assura Minerva. Je vais replonger dans les livres de la Réserve et j'essaierai à nouveau de trouver des informations sur cette pierre. Il doit forcément exister un livre quelque part à ce sujet. Sinon, je vous le répète, je suis certaine que nous réintégrerons nos corps... peut-être demain, tiens ! Peut-être qu'il ne s'agit que de passer la nuit et...

— Oui ! s'exclama Lily, le visage soudain illuminé. Oui, c'est ça ! Nous avons interchangé nos corps pendant que nous dormions ! Il ne suffit donc que de dormir à nouveau et nous retrouverons nos corps !

Minerva la regarda.

— C'est possible, oui...

Aussitôt, Lily se leva en séchant ses larmes et se précipita vers la porte en agrippant Minerva au passage.

— Venez dormir avec moi dans vos appartements, professeur, dit-elle d'un air surexcité. C'est sûrement ça, le contre-sort. Je le sens !

— O-oui, je veux bien, mais..., balbutia Minerva en essayant de libérer ses doigts de la poigne ferme de Lily. Tentez au moins de vous faire discrète pendant que vous emmenez une élève dans ma chambre !

Lily jeta un coup d'œil de chaque côté du couloir et, sans desserrer sa main sur celle de Minerva, parcourut le chemin à toute vitesse jusqu'aux appartements du professeur McGonagall. Minerva devait courir derrière elle pour ne pas trébucher. Par chance, presque tous les élèves se trouvant à la Grande Salle, elles ne rencontrèrent personne sur leur trajet.

— Vite, couchons-nous ! pressa Lily avec frénésie, en entrant en trombe dans le salon du professeur McGonagall. Où est votre chambre, déjà ? Ah oui, elle est là-bas !

— Miss Evans, enfin ! protesta Minerva dont les doigts étaient à présent engourdis. Calmez-vous un peu, il n'y a pas le feu !

Lily la relâcha uniquement lorsqu'elles surgirent dans la chambre. Minerva vacilla contre le lit et Lily s'affaira précipitamment sur son chignon afin d'y retirer toutes les épingles.

— Je ne peux plus supporter cette coiffure trop serrée, dit-elle. J'ai le cuir chevelu qui me fait mal. Je ne vais pas pouvoir dormir à mon aise, sinon. J'espère que ça ne vous offusque pas que j'omette votre filet ?

Minerva pinça les lèvres en ravalant une réplique cinglante. Lily libéra ses cheveux noirs qui retombèrent en cascades sur ses épaules.

— Ah oui..., murmura-t-elle en se massant le crâne. Là, c'est mieux... ça fait du bien...

Puis elle contourna le lit, s'y assit en rebondissant sur les couvertures et s'étendit sur le dos.

— Vous venez ? dit-elle en faisant signe à Minerva de la rejoindre. Je ne vous mangerai pas.

Elle souriait, mais Minerva gardait un air revêche. Quelque chose dans cette idée de partager son lit avec une élève la rendait mal à l'aise.

— Bon, d'accord, accepta-t-elle enfin, après un moment. Je veux bien essayer ce moyen dans l'espoir que ça marche... Mais si après une heure...

— Ça va marcher ! assura Lily en croisant les doigts sur son ventre. Je le sens...

Mais Minerva n'en était pas si sûre. Néanmoins, elle se glissa sous les draps, à côté de Lily, et fixa le baldaquin vert pomme tendu au-dessus de leur tête.

— Bonne sieste, souhaita Lily avant de fermer les paupières.

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— Tu m'étonnes que tu ne sois pas avec Evans, lança Remus avec sarcasmes, au moment où lui et Peter vinrent rejoindre Sirius à la Grande Salle.

— Où est Cornedrue ? demanda Sirius.

— Il n'a pas voulu descendre dîner, répondit Remus en tirant le banc à côté de lui. Il est encore chamboulé.

— Il s'en remettra, assura Sirius avant de mordre dans une cuisse de poulet. Cornedrue ne traîne jamais ses colères trop longtemps.

— En effet, admit Remus. Je suis persuadé qu'il se réconciliera bientôt avec Evans.

Peter et lui observèrent Sirius avec des yeux accusateurs.

— Ben quoi ? dit Sirius. Pourquoi me regardez-vous comme ça ?

— Tu ne serais pas derrière tout ça, par hasard ? interrogea Remus, inquisiteur. Je sais que tu as toujours fantasmé sur Evans malgré toi. Tu ne lui aurais pas dit quelque chose, toujours ?

— Quoi ? s'exclama Sirius, vexé. Mais pas du tout, pour qui tu me prends ? Cornedrue est mon meilleur ami ! C'est vrai que je fantasme un peu sur Evans — comme sur bien d'autres filles —, mais je ne me suis jamais permis de la toucher !

— ... avant aujourd'hui, ajouta Remus avec froideur.

Sirius fronça les sourcils.

— Au cas où tu n'aurais pas entendu Cornedrue le dire lui-même, Lunard, répliqua-t-il, je suis autorisé à la baiser, maintenant !

— Merde, Patmol ! s'emporta Remus en tapant brusquement la table du poing.

Sous le choc, la salière se renversa dans l'assiette de Peter qui sursauta.

— À quoi joues-tu ? Je viens de te dire que Cornedrue se réconciliera sûrement avec elle bientôt ! Ne t'arrange pas pour foutre la merde entre lui et toi !

— Je suis un ami fidèle, Lunard ! s'écria Sirius alors qu'ils s'attiraient des regards de la part des élèves autour. Cornedrue m'a demandé un jour de ne pas baiser Evans, alors je n'ai jamais baisé Evans ! Mais maintenant qu'il me donne entièrement sa permission de le faire...

— Tu vas te jeter sur elle comme un gros porc sans te soucier des conséquences, c'est ça ?

Le visage de Remus avait pris une couleur violacée sans même passer par le rouge.

— Cornedrue n'est pas dans son état normal, Patmol ! Si tu as un peu de bon sens, tu attendrais au moins quelque temps avant de sauter la fille dont il a toujours été amoureux !

— C'est bon ! C'est bon ! tempéra Sirius qui commençait à craindre que Remus se mette soudain à cracher du feu tellement il était en colère. Je lui redemanderai la permission, d'accord ? Je vais attendre...

— Tu fais bien !

Avec un geste rageur, il se servit une grosse portion de ragoût en éclaboussant de la sauce sur le devant de sa robe et n'adressa plus la parole à personne jusqu'à la fin du dîner.

Sirius s'était renfrogné. Il savait que Remus avait raison et cela ne le rendait que plus furieux. James avait semblé sincère au moment où il lui avait permis de coucher avec Lily. Son regard n'avait pourtant pas menti lorsqu'il avait affirmé que c'était fini entre elle et lui.

Il soupira. Décidément, posséder Lily Evans relevait d'un rêve impossible...


Merci d'avoir lu ! ^^'

Et maintenant, je me demande si je devrais poster la suite ou non. On approche de la fin et, à partir du prochain chapitre, l'histoire va commencer à se gâter sérieusement. Quoi, vous pensiez que Minerva et Lily avaient déjà fait toutes les gaffes imaginaires ? Nah ! Vraiment pas ! Elles peuvent très bien faire pire ! Et pas seulement elles... Je me demande si je ne ferais pas mieux d'aller me cacher...