Salut ! ^^
Eh non, je ne me suis pas encore cachée. Mais avec tous ces beaux cadeaux de reviews que j'ai reçus pour le chapitre précédent, je ne pouvais pas disparaître comme ça, franchement ! J'aurais été la pire des auteurs !
C'est à peine croyable ! Jamais je n'aurais pensé qu'autant de lecteurs pouvaient apprécier cette histoire tordue. Mais ça me fait un plaisir énorme. Je pense que, grâce à vous, je vais parvenir à ne plus avoir aussi honte de moi. Ça y est, je tombe amoureuse de chacun de vous. :')
Un grand merci plein d'amour à Indifferente, Rinku13, Mawenn35, Suchi-story, Piitchoun, Lunashura, Tayame Hatake, Alienor la Fantasque, Piichi21 et Hohotte. Aaaw, vous êtes tellement nombreux cette fois-ci, voilà que je pleure ! Pourquoi êtes-vous aussi gentils ?
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)
Bonne lecture à tous ! :')
Chapitre 14 — Préparation à la fête
Pour une énième fois, Lily se retourna dans le lit en poussant un infime grognement irrité. Cela faisait presque une heure qu'elle et le professeur McGonagall étaient couchées, mais rien n'y faisait. Lily ne parvenait pas à trouver le sommeil.
— Miss Evans, dit Minerva d'une voix lasse, pour l'amour du ciel, cessez de remuer autant. Vous m'empêchez de fermer l'œil.
— C'est parce que je n'arrive pas à dormir ! s'énerva Lily en se retournant sur le dos si brusquement que Minerva, à côté d'elle, rebondit sur le matelas. Je réfléchis trop, j'ai la tête qui me fait mal, je... je n'arrive pas à dormir, merde !
— Commencez par cesser de bouger ! répliqua Minerva en tirant les draps vers elle dans un geste agacé. À force de rouler sur vous-même, vous m'enlevez toutes les couvertures !
— Pourtant, il faut que nous dormions ! continua Lily en se prenant la tête à deux mains. Il faut absolument que je retrouve mon corps ! La fête va bientôt commencer et puis... et puis il y a Elphinstone...
— Quoi Elphinstone ? dit aussitôt Minerva, interdite.
— Il est censé venir me kidnapper ce soir — enfin, vous kidnapper. Je ne sais pas à quelle heure il surgira... mais je n'ai vraiment pas envie que... vous comprenez...
Minerva crispa les doigts sur les draps.
— Moi non plus, je n'ai pas envie de me faire kidnapper, Miss Evans, répondit-elle avec colère. Je ne sais pas ce qui vous a passé par la tête pour lui proposer une telle idée, mais sachez que je suis loin de vous pardonner. J'ose espérer qu'il me croira lorsque je lui révélerai la vérité et qu'il consentira ensuite à m'oublier.
— Vous n'êtes pas très gentille avec lui. C'est un homme très attendrissant et compréhensif. Je ne comprends toujours pas vos raisons de le torturer au lieu d'accepter vos sentiments amoureux envers lui.
— Encore une fois, Miss Evans, ma vie privée ne vous regarde pas !
— Et si c'est vraiment le travail qui vous empêche de vous abandonner à lui, poursuivit Lily comme si Minerva ne l'avait pas interrompue, eh bien, vous devriez considérablement revoir vos priorités dans la vie. Ce n'est pas correct de préférer le travail à l'amour. Vous allez finir par dépérir...
— Ce n'est pas le travail qui me retient de l'aimer librement, c'est cet indéfectible amour que j'éprouve pour quelqu'un d'autre ! s'écria brusquement Minerva avant de pousser un juron.
Lily tourna des yeux stupéfaits vers elle.
— Quoi ?
— C'est sorti tout seul, marmonna Minerva. Je n'aurais pas dû...
Il y eut un silence, puis Lily murmura d'un air révolté :
— Mais faut le lui dire, par Merlin ! Ne le laissez pas croire que vous l'aimer si finalement ce n'est pas le cas !
— Je l'aime tout autant que l'autre, affirma Minerva, les yeux fermés. Mais il reste que j'ai peur de mal l'aimer... parce que cet autre homme ne cesse de me hanter... je...
— Parce que vous ne pouvez pas vivre deux relations amoureuses à la fois, je comprends, dit Lily en hochant la tête.
— Non, vous ne comprenez pas... Je ne vois pas l'autre homme. Je ne l'ai pas revu depuis des années et je ne le reverrai plus jamais.
— Dans ce cas, où est le problème ? demanda Lily en haussant les sourcils. C'est plutôt cet autre homme que vous devriez oublier...
— C'est ce que j'essaie de faire, mais je n'y arrive pas !
Lily se tourna sur le côté, soutenant sa tête d'une main pour mieux observer Minerva, puis ne put empêcher ses lèvres de se recourber en un petit sourire espiègle.
— Il est si sexy que ça ? demanda-t-elle.
Le visage de Minerva s'empourpra.
— Je ne vous permets pas ! répliqua-t-elle. D'ailleurs, je regrette de vous avoir raconté tout ça. Je ne sais pas ce qui m'a pris, ça ne vous regardait aucunement !
Elle voulut lui tourner le dos, mais Lily l'en empêcha en mettant une main sur son ventre.
— Elphinstone va tout comprendre, assura Lily en reprenant une expression sérieuse. Je sais qu'il comprendra et qu'il se montrera patient... il s'est toujours montré très patient...
Minerva secoua la tête.
— Je ne veux pas lui faire de peine...
— Vous lui en faites déjà et surtout quand vous refusez de lui expliquer ce qui vous gêne ! Professeur, poursuivit Lily avec douceur, en lui repoussant machinalement une mèche de cheveux derrière l'oreille, c'est d'autant plus torturant pour vous si vous continuez de le fuir. Confiez-vous à lui et vous verrez alors si l'amour qu'il éprouve pour vous est plus fort que tout.
La respiration de Minerva s'accéléra.
— C'est ça qui vous fait peur, n'est-ce pas ? murmura Lily qui caressait à présent sa joue du dos de ses doigts, puis ses lèvres du pouce. Vous êtes effrayée à l'idée de le perdre alors, paradoxalement, vous préférez le fuir...
— Arrêtez, souffla Minerva en refermant une main tremblante sur le poignet de Lily.
Lily immobilisa son geste et toutes deux s'observèrent, perplexes. Puis, avec un soubresaut, Lily s'éloigna précipitamment du visage de Minerva.
— Oh, je suis désolée ! s'excusa-t-elle en se sentant rougir des pieds à la tête. Je... j'avais oublié que... que vous étiez...
— J'avais remarqué, dit sèchement Minerva.
— C'est... c'est parce que vous avez mon visage...
— Je vois ça...
— Ne pensez pas que... que je...
— Je ne pense rien ! coupa Minerva en sortant du lit d'un air troublé.
Elle lissa sa robe d'un geste fébrile, mit un peu d'ordre dans sa tignasse rousse et se rendit à la porte d'un pas vif.
— Mais où allez-vous ? demanda Lily en se levant à son tour.
— À la bibliothèque, répondit Minerva en mettant la main sur la poignée. Je vais continuer mes recherches à la Réserve. Je crois avoir plus de chance de trouver des informations sur la pierre noire que de m'endormir auprès de vous dans l'heure qui vient.
— Mais la fête de Slughorn débute dans moins d'une heure et demie ! s'affola Lily en s'empressant de la rejoindre, trébuchant contre le coin du lit.
— Et alors ?
— Ça ne vous donne plus beaucoup de temps pour vous préparer !
Minerva se tourna vers Lily, les sourcils haussés.
— Vous voulez que j'aille à la fête à votre place ?
Lily déglutit.
— Heu... non, bien sûr. Je ne voudrais pas que vous alliez à la fête à ma place. Mais étant donné les circonstances...
— Je peux prétendre une grosse peine d'amour et ne pas me présenter ? suggéra Minerva en haussant les épaules. Potter ne m'aime plus... pour l'instant, ajouta-t-elle sans risquer de s'aventurer dans le récit du baiser profond qui avait mal tourné.
Lily acquiesça.
— Oui, cela vaudrait mieux... et vous pourriez alors continuer les recherches à la Réserve... Mais avant de partir, dit-elle en se dirigeant vers la garde-robe dans le coin de la chambre, vous pourriez m'indiquer une robe que je pourrais mettre ?
— Pourquoi ? demanda Minerva.
— Le professeur Slughorn m'a invité à la soirée et, finalement, je pense qu'il serait bon que j'y aille. Plusieurs grands sorciers célèbres y seront. Peut-être que l'un d'entre eux aura déjà entendu parler d'une pierre noire maléfique ?
Minerva parut alors réfléchir à toute vitesse.
— Vous avez raison, admit-elle après un instant de silence. Il ne serait pas bête d'aller faire un tour à cette fête. Je n'aurais qu'à retourner à la Reserve ensuite si je n'y trouve rien d'intéressant. Où je peux trouver votre robe de soirée, Miss Evans ?
— Hein, quoi ? s'étonna Lily. Mais non, c'est moi qui vais y aller ! Vous, c'est à la bibliothèque que...
— Vous ne pouvez pas aller à la fête, vous donnez une retenue !
— Je ne donne pas de retenue ! protesta Lily. J'ai reporté la retenue de James, vous ne vous en souvenez pas ?
— Peut-être, mais Rogue, lui, est toujours en retenue ce soir !
Lily eut la même sensation que si elle avait raté une marche en descendant l'escalier.
— Rogue ? répéta-t-elle, ahurie.
— Parfaitement ! Je vois que vous avez oublié qu'il avait été puni la veille, au même titre que Potter ?
Lily marmonna un juron. En effet, elle avait oublié qu'au moment où, dans la Grande Salle, elle avait failli échanger son tout premier baiser avec James, Severus avait lancé un sort à ce dernier.
— Alors ? reprit Minerva de son ton sec. Où je peux trouver votre robe de soirée ?
— Dans un sac bleu au fond de ma valise, répondit amèrement Lily. Et revenez ici ensuite. Je tiens à ce que ce soit moi qui vous maquille et vous coiffe. Je veux être jolie et avoir l'air jeune, vous comprenez ? Ma trousse de maquillage se trouve dans le tiroir de ma table de nuit. Et allez aussi me récupérer vos lunettes que j'ai laissées sur votre bureau. Votre vision de près est affreuse.
— Très bien, dit Minerva d'un ton sec avant de sortir de la pièce.
.
— Sibylle va m'attendre dans le hall d'entrée. J'espère qu'elle ne vêtira pas encore son horrible robe à paillette comme l'année derrière, à la fête d'Halloween.
Remus était assis devant la cheminée, en compagnie de ses amis, et se tordait les doigts en lorgnant l'horloge au-dessus de sa tête.
— Tu commences à regretter de lui avoir dit oui, n'est-ce pas ? se moqua Sirius, assis confortablement dans le fauteuil à côté de lui, une jambe passée par-dessus l'accoudoir.
— J'aurais été nerveux avec n'importe quelle fille, répliqua Remus en lui jetant un regard noir.
James, dans son coin, l'air renfrogné, les écoutait silencieusement. Peter brassait distraitement un jeu de cartes auto-battantes.
— Dans ce cas, reprit Sirius d'un ton nonchalant, pourquoi ne pas avoir préféré s'angoisser pour une fille beaucoup moins moche et gourde que Très-Long-Nez ? Si tu voulais venir à la fête, tu n'avais qu'à m'en parler et je t'aurais trouvé quelqu'un de qualité.
— Je hais quand tu parles comme ça, Patmol, grommela Remus. Un de ces jours, tu devras apprendre à respecter les filles.
Sirius éclata d'un rire dédaigneux et ne répondit pas. Un bref silence s'ensuivit, puis Peter demanda d'une petite voix :
— Tu veux dire, Patmol, que tu pourrais me trouver une fille pour que je puisse, moi aussi, aller à la fête ?
Sirius le jaugea du regard.
— Toi ? ricana-t-il avec un sourire en coin. Désolé, vieux, mais il faut être pourvu de certaines... dispositions pour que je puisse faire quoi que ce soit pour toi... esthétiquement parlant, tu comprends ?
Remus eut une exclamation indignée et lui lança un coussin à la figure.
— Ben quoi ? dit Sirius en se frottant le nez. Et de toute façon, il est trop tard. La fête commence bientôt.
À ce moment-là, le portrait de la grosse dame pivota et ils virent Lily entrer dans la salle commune.
— Tiens donc, laissa échapper Sirius en guettant la réaction de James du coin de l'œil, la briseuse de cœurs.
Minerva fit mine de ne pas l'avoir entendu et continua de marcher sans lui accorder un regard. Remus dévisagea Sirius en haussant un sourcil.
— Et c'est la poêle qui se fout du chaudron..., ironisa-t-il.
Peter émit un petit rire aigu, mais Sirius en resta indifférent.
James fusillait Minerva des yeux. Celle-ci sentit un fourmillement désagréable dans le creux de son ventre. Elle avait encore le souvenir cuisant de ses lèvres dévorant les siennes et sa transformation par la suite en véritable tempête de rage. En soupirant, elle s'avança alors vers lui et lui dit en baissant la voix :
— Je te promets, Potter, que j'aurai bientôt des explications à t'offrir...
— Je croyais t'avoir demandé de ne plus jamais m'adresser la parole ? interrompit-il d'une voix glaciale. Et puis qu'est-ce que tu veux que ça me fiche de connaître les raisons pour lesquelles tu ne m'aimes pas ?
Minerva l'observa avec des yeux brillants, puis estima préférable de poursuivre son chemin vers le dortoir des filles sans rien ajouter.
Une fois qu'elle disparut en haut de l'escalier, Sirius hésita :
— Cornedrue ? Quand tu disais que j'étais libre, maintenant, de pouvoir la baiser...
— J'étais parfaitement sincère ! affirma James d'un ton féroce, les bras croisés sur sa poitrine. C'est fini entre nous, je te dis !
— Eh bien, moi, je n'y crois pas ! objecta Remus d'un ton sévère. Elle vient de te dire qu'elle aura des explications à te donner, Cornedrue. Ça veut dire qu'il y a encore des chances qu'elle t'aime encore !
— Alors elle refusera de coucher avec Patmol, dit James avec un rire froid. Sinon, si elle le fait, elle me prouvera une bonne fois pour toutes qu'elle ne m'aime vraiment pas.
Il y eut un silence ponctué des bruits mats que faisaient les cartes lorsqu'elles se frottaient entre elles, entre les mains de Peter.
— Je vois, comprit Remus. Dans le fond, tu veux la mettre à l'épreuve. Tu veux que Patmol la séduise pour voir si elle lui résistera par amour pour toi ?
— Si c'est ça, Cornedrue, avertit précipitamment Sirius, il faut que tu saches que je suis très fort dans le domaine du charme et que très peu de filles me résistent.
— Je sais, dit James en affichant une expression railleuse en dépit de son amertume. C'est justement pour ça que je veux que tu t'essaies avec elle.
Remus tourna un regard grave vers Sirius.
— N'accepte pas d'essayer de coucher avec elle, Patmol, implora-t-il. Ce n'est pas une bonne idée... Attends au moins qu'elle s'explique avec...
— Je veux que tu l'attires dans ton lit, Patmol, coupa James, les yeux humides derrière ses lunettes. Et ça n'a rien à voir avec l'envie de savoir si, oui ou non, elle m'aime vraiment. Je sais déjà qu'elle me déteste. Je veux juste qu'elle se fasse avoir à son tour et qu'elle se retrouve avec le cœur aussi en miettes que le mien. Tu veux bien faire ça pour moi, Patmol ?
Remus continua de supplier Sirius du regard. Mais Sirius accepta, une lueur d'excitation dans les yeux.
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Lily faisait les cent pas dans le salon du professeur McGonagall, attendant le retour de cette dernière. Jetant des coups d'œil affligés un peu partout autour, elle se demandait ce qu'elle avait fait pour mériter de ne pas aller à la fête avec James ce soir. Elle avait attendu et espéré ce moment pendant si longtemps et voilà qu'au lieu, elle se retrouvait dans le rôle du professeur McGonagall, avec le devoir barbant d'infliger des retenues aux élèves. C'était si injuste.
La porte s'ouvrit et Minerva entra avec un grand sac à main bleu turquoise et un coffre argenté sous l'autre bras.
— Parfait, dit sombrement Lily. Allez mettre tout ça sur votre lit. Avez-vous aussi vos lunettes ?
Minerva les lui donna sans rien dire et se dirigea vers la chambre, suivie de Lily. Une fois qu'elle eut laissé tomber le sac et le coffre sur le lit défait, elle ressortit une longue étoffe aussi bleue que le sac et l'étendit sur les couvertures avant de faire brusquement passer sa robe noire par-dessus sa tête.
Comme la fois dans le bureau, Lily ouvrit de grands yeux ronds devant le spectacle affreusement étrange que présentait son corps dans le plus simple appareil — d'autant plus que, cette fois, elle était complètement nue.
— Où... où est passée ma culotte, balbutia Lily alors que Minerva ressortait un soutien-gorge rembourré du sac sans manifester une once de gêne.
— Mulciber me l'a arrachée, répondit Minerva d'un ton imperturbable.
— Quoi ? s'étrangla Lily.
— Mais ne vous inquiétez pas, Black est intervenu à temps. Mulciber n'a pu toucher à rien.
Minerva finit d'enfiler le soutien-gorge, mais Lily s'approcha d'elle et le lui dégrafa d'un geste rapide avant de le jeter sur le lit.
— Qu'est-ce que vous faites ? s'indigna Minerva en plaquant instinctivement les mains sur sa poitrine.
— Vous allez prendre une douche, déclara fermement Lily. Je ne supporte pas que mon corps porte encore sur la peau les traces de doigts gras de Mulciber et Avery — et ne touchez pas mes seins ! ajouta-t-elle en empoignant Minerva par les poignets. Venez, je vais vous laver. Passons à la salle de bain...
— Je peux me laver toute seule, Miss Evans, merci beaucoup ! protesta Minerva en la repoussant.
— Il est hors de question que vous vous laviez toute seule, je ne veux pas que vous me voyiez toute nue !
— Vous n'allez pas mourir si je vous vois nue, bon sang, Miss Evans ! s'irrita Minerva en tapant du pied. Cessez d'être aussi puérile, vous m'horripiler !
Elle la repoussa à nouveau, puis s'avança vers la porte de la salle de bain près de la coiffeuse et disparut derrière avec un claquement sonore.
— Et si moi je décidais de vous regarder nue, hein ? s'écria Lily à travers le panneau. Vous en penseriez quoi ? Vous aimeriez ?
— Gâtez-vous, je m'en contrefiche éperdument !
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— Bon, je vais me préparer, annonça Sirius en s'étirant dans son fauteuil. Karline veut que je sois dans le hall pour sept heures et demie.
Il se leva et, sous le regard morne de James, il se dirigea vers l'escalier. Remus le suivit aussitôt. Une fois dans le dortoir, Remus referma la porte et planta des yeux lourds de gravité dans ceux de Sirius.
— Je t'en prie, Patmol, ne couche pas avec Evans.
— Oh, ça va, ne recommence pas, s'agaça Sirius en rejoignant sa valise au pied de son lit. Cornedrue me l'a demandé très sérieusement. Et en tant qu'ami fidèle...
— Je vais t'arracher les couilles, Patmol, si tu oses la toucher !
Sirius fit volte-face et le regarda, outré.
— Lunard ! s'exclama-t-il.
— C'est toi qui me pousses à te menacer ! reprit Remus d'une voix étouffée, s'efforçant de ne pas crier. Ne fais pas ça, je t'en prie. Je sais que ça va mal tourner pour Cornedrue et Evans, sinon. Je le sens, j'ai un mauvais pressentiment.
Sirius émit un rire nonchalant.
— Écoute-toi parler, on dirait Très-Long-Nez. Finalement, vous êtes fait pour être ensemble, vous deux.
— Je ne plaisante pas ! s'écria Remus, en colère. Et puis pense aussi à Karline ! Tu ne vas quand même pas la laisser de côté pendant que tu vas t'envoyer en l'air avec une autre fille ?
— Je fais ce que je veux ! répliqua froidement Sirius avant de lui tourner le dos avec raideur.
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À peine cinq minutes plus tard, Minerva ressortit de la salle de bain, les cheveux mouillés, une serviette blanche enroulée autour de sa taille. Sans accorder un regard à Lily qui s'était assise à la coiffeuse en l'attendant, elle se rendit au lit et s'habilla en silence.
Lily l'observait avec mauvaise humeur. Elle se souvenait, deux jours passés, d'avoir acheté sa robe en mousseline turquoise avec Mary et Alice, en s'imaginant aller à la fête de Slughorn avec James et y passer l'une des plus belles soirées de sa vie. Mais voilà que c'était le professeur McGonagall qui allait porter sa robe à sa place. Pendant ce temps-là, elle, elle allait devoir s'enfermer dans un sombre bureau avec Severus. La journée devenait vraiment cruelle avec elle.
Après avoir enfilé les fins escarpins blancs de Lily, Minerva se sécha les cheveux d'un coup de baguette magique, puis s'avança vers Lily en écartant les bras, comme pour lui signifier qu'elle était prête à subir le reste.
— Asseyez-vous à ma place, dit Lily en se relevant d'un air maussade. Je vais arranger mes cheveux.
Minerva obéit et Lily, après avoir relevé ses lunettes sur son nez, commença à la coiffer. Quelques minutes passèrent, puis Minerva murmura :
— Je suis désolée pour tout ce qui arrive, Miss Evans. Je sais que participer à cette fête en compagnie de Potter vous tenait à cœur.
— Il est un peu trop tard pour les regrets, répliqua Lily en lançant un regard noir au reflet de Minerva dans le miroir. Si vous aviez consenti tout de suite à reporter la retenue de Potter, je ne me serais pas emportée dans votre bureau et alors je n'aurais pas cassé la pierre.
— Oui, je sais, admit Minerva d'un air las, tout est de ma faute...
Lily baissa les yeux sur la chevelure roux foncé qu'elle releva sur la nuque de Minerva et y enfonça une épingle d'une main tremblante. Après un silence tendu, Lily reprit à mi-voix :
— Non, ce n'est pas de votre faute, bien sûr...
— Ce n'est pas grave, je comprends votre frustration, assura Minerva.
— Je ne voulais pas rester coincée dans votre corps jusqu'au soir...
— Je sais, moi non plus...
— Maintenant, j'ai peur que ce cauchemar dure plus longtemps...
— Il ne dura pas, ne vous inquiétez pas.
Lily inspira profondément afin de réprimer le sanglot qui lui nouait la gorge et le silence se réinstalla dans la chambre.
— Voilà, dit Lily lorsqu'elle eut terminé d'épingler un amas de boucles sur la nuque de Minerva. Vous êtes jolie comme ça.
— Vous avez oublié des mèches..., remarqua Minerva en observant d'un œil critique le résultat dans le miroir.
— Non, non, c'est voulu. C'est super sexy des mèches qui dégringolent sur les joues. Vous n'aimez pas ?
Le reflet de Minerva croisa les yeux de Lily.
— Potter n'ira pas à la fête...
— Je m'en doute, dit sombrement Lily.
— Dans ce cas, qui voulez-vous charmer ? Sirius Black ?
Lily eut une exclamation de mépris.
— Oh non ! Lui, tenez-vous loin de lui ! Si, en plus, Potter n'est pas à la fête, je suis sûre qu'il va tenter quelque chose avec vous... Maintenant, retournez-vous, que je vous maquille.
— Vous n'avez rien à craindre, je serai prudente, assura Minerva en se levant.
Elle retourna la chaise face à Lily et s'y rassit dans un mouvement confiant.
— Si jamais Black s'approche trop près de moi, vous me permettez que je le gifle, lui ?
Lily pouffa de rire et Minerva sourit devant sa mine ragaillardie.
— Oui, absolument, approuva Lily en se saisissant d'un haut pouf sur lequel elle s'installa. Mais au nombre de filles avec qui il s'est offert du bon temps avant de les rejeter ensuite comme de vieux mouchoirs usagés, il mériterait bien plus qu'une simple gifle quant à moi. Si vous pouvez aussi le transformer en gros chien sale — pardon mon langage —, ne vous gênez pas non plus, hein ! Parce que c'est ce qu'il est, un gros chien sale ! Fermez les yeux, professeur...
Lily avait ouvert le coffre argenté qu'elle avait posé sur la coiffeuse et s'affaira à colorer les paupières de Minerva.
C'était assez étrange de maquiller son propre visage sans que ce soit un reflet dans un miroir, d'autant plus que manier le pinceau sur les yeux de quelqu'un d'autre n'était pas facile. Cependant, Lily s'appliqua du mieux qu'elle put, demandant à Minerva d'ouvrir de temps en temps les paupières afin d'observer le résultat.
Lily sentit soudain que Minerva était mal à l'aise. À deux reprises, elle la surprit à baisser les yeux sur ses lèvres, comme si leur proximité l'embarrassait. Lily avait presque l'impression d'entendre son cœur battre à toute vitesse.
— Quelque chose vous trouble, professeur ? finit par demander Lily en rabaissant son pinceau.
Minerva ouvrit la bouche comme si elle voulut répondre quelque chose, mais se contenta de secouer silencieusement la tête.
Lily pencha alors la sienne de côté et contempla ses joues qui prirent subitement une couleur rosée. Elle sourit.
— C'est vrai ce que me disait Potter, murmura-t-elle. Je suis plutôt mignonne quand je rougis...
— Arrêtez de me regarder comme ça ! dit Minerva qui avait serré les dents. Je ne peux plus supporter de voir mon visage me fixer de cette manière !
— Vous fixer comment ? interrogea Lily d'une voix suave, toujours souriante.
— Comme si... comme si...
Minerva semblait chercher ses mots, le teint de plus en plus rouge.
— Comme si vous vouliez m'embrasser ! lâcha-t-elle enfin.
Le sourire de Lily se figea sur ses lèvres. Une drôle de sensation crispa son estomac. Elle cligna plusieurs fois des yeux, songeant à ce que Minerva venait de lui dire, puis avoua avec malaise :
— Oui, c'est vrai que j'ai envie de... je veux dire... Vous êtes moi et... il y a tout de même quelque chose d'excitant dans l'idée de vous... de me... heu...
À son tour, ses joues prirent une couleur écarlate.
— Vous n'avez pas envie, vous, de... ? demanda-t-elle d'une voix timide.
— Non ! répondit aussitôt Minerva d'un ton très ferme. Absolument pas !
— Ah...
Lily se tut en faisant rouler nerveusement entre ses doigts une mèche de ses cheveux défaits, puis replongea la main dans sa trousse de maquillage.
— Ou... ouvrez la bouche, professeur, pour que je puisse vous appliquer le rouge à lèvres...
— Je peux l'appliquer moi-même, merci, dit Minerva en s'en emparant d'un seul geste avant de se retourner vers le miroir.
Lily la regarda en se mordillant les lèvres. Finalement, elle aurait mieux fait de se taire. Maintenant, le professeur McGonagall allait la prendre pour une obsédée. D'ailleurs, d'où lui venait ce désir ridicule de vouloir embrasser son propre visage ?
— Vous exigerez de Rogue qu'il vous fasse une dissertation sur son comportement répréhensible adopté la veille à la Grande Salle, dit Minerva en jetant le tube de rouge à lèvres dans le coffre après avoir terminé de s'en servir. Je sais que la soirée ne sera pas très réjouissante pour vous, mais...
— Ça va, grogna Lily, rembrunie, je vais survivre... Pendant ce temps-là, dépêchez-vous de trouver le contre-sort. Avec un peu de chance, je pourrais profiter au moins de la fin de la soirée.
— J'essaierai, assura Minerva en se levant.
Elle se retourna vers Lily et celle-ci admira son corps si sublime dans la robe bleue qu'elle avait choisie pour séduire James, ses cheveux joliment relevés sur sa nuque et son maquillage parfait.
— Vous êtes très belle, souffla Lily avant de se rattraper aussitôt. Je veux dire... je suis très belle.
— Merci, répondit néanmoins Minerva. C'est à votre tour, maintenant. Asseyez-vous sur la chaise pendant que je vous refais le chignon pour la énième fois aujourd'hui.
Merci d'avoir lu ! ^^'
