Bonjour ! :D
J'ai décidé de ne plus avoir honte de mes écrits. De toute façon, il fallait bien que j'affronte un jour ou l'autre ce que je suis vraiment : une auteure sadique aux idées complètement tordues. C'est donc avec une immense fierté que je vous offre la lecture de l'un de mes chapitres préférés. ^^ J'espère qu'il vous plaira.
Je veux avant tout remercier mes chères revieuweuses, celles en qui je trouve toute ma motivation de continuer à écrire. Je vous aime tellement ! Rinku13, Piichi21, Alienor la Fantasque, Suchi-story, Evangeliade, Malh, Piitchoun, Tayame Hatake, Lunashura... Je vous embrasse toutes avec passion ! Si, si, avec passion ! Mais ne vous sauvez pas, hein !
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)
Bonne lecture ! :)
Chapitre 15 ― Prédictions et désirs troublants
Remus et Sirius échangeaient des regards froids alors qu'ils se rendaient dans le hall d'entrée, là où les attendaient leurs cavalières. Avec soulagement, Remus vit que Sibylle avait troqué sa robe à paillettes contre une tenue beaucoup moins luisante, mais avec ses verres épais qui faisait paraître ses yeux immenses, elle avait encore l'air d'une libellule géante.
Karline se tenait un peu plus loin, les cheveux élégamment ondulés, les yeux d'un vert brillant, et Remus ne put alors s'empêcher d'éprouver une pointe de jalousie envers Sirius qui alla la rejoindre en lui présentant le bras tandis que lui devait se contenter de Sibylle Trelawney.
― Salut, lui dit-il avec un enthousiasme feint.
― Je savais que tu allais venir ! s'exclama Sibylle d'un ton joyeux. Et je savais aussi que tu allais mettre ta robe de soirée bleu marine qui te va si bien. Et puis je savais également que...
― On y va ? proposa Remus en l'interrompant. Ça se passe dans le bureau de Slughorn, c'est ça ?
― Oui, répondit Sibylle en lui prenant la main. Suis-moi, je vais t'y conduire.
― Je sais où c'est...
Sibylle l'entraîna dans l'escalier de marbre et tous deux suivirent à distance Sirius et Karline dans les couloirs. Durant tout le trajet, Sibylle n'arrêta pas de parler de son soi-disant Troisième œil, lui faisant part, entre autres, des images évoquées par sa boule de cristal concernant la soirée et les destins tragiques de certains invités. Remus n'écoutait qu'à moitié, lui manifestant peu d'intérêt. Les prédictions de Sibylle s'étaient trop souvent avérées erronées pour être prises au sérieux.
― On est arrivés, indiqua Remus pour couper court le monologue de Sibylle.
― Ah oui, déjà ? dit Sibylle en gloussant. Le temps passe vite en ta compagnie, Remus.
Lorsque Remus ouvrit la porte, ils furent assaillis par le bruit ambiant de la fête, mêlant la musique avec les éclats de rire et les conversations. Le bureau de Slughorn était une grande salle dont les murs et le plafond étaient pour l'occasion drapés de nombreuses tentures émeraude et dorées qui donnaient l'impression de se trouver sous une vaste tente. Plusieurs lampes rondes, suspendues dans le vide au-dessus des têtes, plongeaient l'endroit dans une lumière rouge. Un groupe de musiciens jouaient dans un coin. Remus eut à peine le temps d'entrevoir d'étranges instruments qui ressemblaient à des luths et des violoncelles que Sibylle le reprit par la main et l'entraîna à sa suite parmi la foule étouffante.
― Hé, attention ! s'écria Remus en faillant trébucher contre un elfe caché sous un large plateau de hors-d'œuvre.
― Ton ami Black est allé s'asseoir là-bas, indiqua Sibylle en se frayant un chemin jusqu'à une table ronde près d'un groupe de sorciers qui riaient bruyamment.
― Heu..., fit Remus, incertain.
Sirius venait de s'installer à côté de Karline en lui adressant un sourire séducteur, mais son regard se fit soudain hostile lorsqu'il vit Sibylle tirer la chaise près de lui afin d'y inviter Remus. Celui-ci hésita, puis, comme Sibylle paraissait ravie de pouvoir se joindre à Sirius, il décida de s'asseoir en faisant mine de rien.
― Tu veux me tenir à l'œil, c'est ça ? demanda Sirius en se penchant vers lui de façon à ce que les filles ne l'entendent pas.
― Non, pas du tout, répondit Remus en évitant son regard. Je... enfin, quoi ! Tu es mon ami, Patmol. J'ai le droit de venir m'asseoir avec toi, non ?
Sirius le regarda d'un air méfiant, puis il se leva brusquement avant de se retourner vers Karline.
― Je vais chercher de quoi à boire. Je reviens dans quelques minutes.
Karline acquiesça avec un sourire, qui s'évanouit lorsque Sibylle s'approcha d'elle pour entamer une conversation.
Remus pivota sur sa chaise et observa Sirius se faufiler dans la foule en direction du professeur Slughorn. Ce dernier était vêtu d'une veste en velours dont les boutons sur son ventre proéminent menaçaient de sauter. Sirius s'arrêta près de lui en inclinant la tête dans un salut poli. Puis la sorcière qui se tenait devant eux se décala et Remus put alors apercevoir Lily Evans.
― Évidemment, souffla Remus dans un murmure pour lui-même.
Lily était resplendissante dans sa robe en mousseline bleue. Une coupe de vin à la main, elle discutait avec le professeur Slughorn. Sirius avait l'air de vouloir participer à leur conversation. Mais lorsqu'il plaça un mot, Lily tourna soudain les talons et se dirigea vers un vieux sorcier chauve qui fumait de la pipe près des musiciens. Remus se demanda ce que Lily pouvait bien trouver à cet homme renfrogné pour avoir envie de lui adresser la parole. Sirius s'étouffa en respirant la fumée qui s'en émanait.
― Pourquoi Black est avec Evans ? demanda brusquement Karline dans le dos de Remus.
Celui-ci haussa les épaules prudemment, préférant ne rien dire. Cependant, Sibylle ne se gêna pas pour répondre à sa place :
― Il veut sans doute coucher avec elle, quoi d'autre ?
Remus ramassa rapidement un feuilleté praliné sur le plateau d'un elfe qui passait près de lui et le fourra dans sa bouche sans oser regarder la réaction de Karline. Un instant plus tard, un brusque raclement de chaise lui indiqua qu'elle s'était levée avec colère.
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James arpentait les couloirs en direction du bureau du professeur McGonagall. Même si cette dernière avait insisté à ce qu'il se joigne à la fête avec Lily au lieu de faire sa retenue, il tenait à passer la soirée avec elle. Il ne savait pas pourquoi, mais il ressentait un certain réconfort à cette idée de la retrouver. Se faire rejeter par Lily lui avait fait un immense trou dans le ventre et quelque chose lui disait que le professeur McGonagall saurait le consoler...
Rogue surgit d'un coin de mur et James eut un soubresaut en tirant précipitamment sa baguette.
― Ne t'affole pas, Potter, ce n'est que moi, tempéra Rogue avec mépris.
― En effet, ce n'est que toi, dit James d'un ton dégoûté, en rabaissant sa baguette. À ce que je vois, tu n'as pas encore lavé tes cheveux. Tu as toujours l'air d'un veracrasse géant. Ne te demande pas pourquoi j'ai sursauté.
― Et toi, répliqua Rogue, tu t'es enfin rendu compte que tu étais trop prétentieux pour plaire à Lily Evans ?
― C'est Evans qui se montre un peu trop pimbêche à mon goût !
― Il me semble, oui.
Rogue ricana. C'était peut-être un effet de son imagination, mais James crut déceler de la satisfaction dans son regard.
― Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda froidement James.
Mais Rogue ne répondit pas et poursuivit son chemin avec cet étrange rictus jubilatoire sur ses lèvres minces. James le suivit en plissant les yeux d'un air soupçonneux.
― Je n'aime pas ton air cachottier, dit-il. Qu'est-ce que tu mijotes ?
― Je ne mijote rien.
― Je ne te crois pas. Dis-moi ce que tu manigances, Servilus, sinon je te jette un sort !
Menaçant, James leva sa baguette. Rogue haussa un sourcil.
― Tu vas sincèrement oser me lancer un maléfice devant le bureau de McGonagall ?
― Mets-moi au défi de le faire !
Rogue émit un rire dédaigneux, puis s'arrêta devant la porte et frappa. James se hâta de ranger sa baguette au moment où le professeur McGonagall apparut devant eux. La silhouette droite, elle arborait un air sévère et James fut déçu de la revoir avec son légendaire chignon bien serré. Il aurait préféré la revoir avec ses cheveux à demi relâchés comme en début d'après-midi. Peut-être était-elle redevenue normale ? En l'espace d'un instant, il se demanda comment il avait pu s'amuser à séduire une femme aussi austère et froide telle que le professeur McGonagall. Mais lorsqu'il croisa ses yeux à travers ses lunettes rectangulaires et qu'il la vit s'enflammer tandis qu'elle donnait l'impression de se liquéfier sur place, il se souvint aussitôt de la raison.
― Qu... qu'est-ce que tu... vous... faites là, Potter ? balbutia-t-elle devant le sourire suffisant de James. Je croyais vous avoir dit que je reportais votre retenue.
― Changement de plan, dit simplement James.
Le professeur McGonagall le fixa longuement, comme si elle redoutait de le laisser entrer dans son bureau, puis, enfin, au moment où Rogue fronçait les sourcils d'un air interrogatif, elle murmura :
― Entrez...
Rogue s'avança le premier dans le bureau et alla naturellement s'asseoir à la seule table qui avait été disposée dans un coin de la pièce. James regarda alors autour de lui, vérifiant s'il n'y avait pas une autre table quelque part, mais comme il n'en trouva pas, il regarda à nouveau le professeur McGonagall. Celle-ci se rongeait un ongle avec malaise.
― Heu... c'est parce que..., expliqua-t-elle à mi-voix, c'est parce que je ne vous attendais pas...
― Ce n'est pas grave, dit aussitôt James. Je peux m'asseoir avec vous...
Il s'approcha alors du fauteuil devant le bureau et s'y laissa tomber.
― Si ça ne vous dérange pas trop, bien sûr, ajouta-t-il, désinvolte.
Et il éprouva une drôle de sensation d'extase lorsqu'il vit le professeur McGonagall, s'efforçant en vain de retrouver une contenance, secouer la tête en rougissant de plus belle.
― N-non, pas du tout, mentit-elle.
La retenue s'annonçait très divertissante pour James.
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― Non, je regrette, je n'ai jamais entendu parler d'une pierre noire.
Minerva regarda le grand sorcier barbu devant elle avec déception. Cela faisait plus d'une heure qu'elle se faufilait dans la foule, interrogeant les invités l'un après l'autre dans le but de trouver des informations sur l'objet maléfique de Mulciber, mais sans succès ; même Nicolas Flamel n'en savait rien. Irritée, elle cala le fond de sa coupe, remercia le sorcier d'un signe de tête et s'éloigna vers un groupe de sorcières qui ressemblaient à des membres de l'équipe de Quidditch, les Pies de Montrose.
Au moins, Sirius avait renoncé à la suivre partout comme un chien de poche. Du coin de l'œil, elle le vit, à demi caché derrière une large tenture émeraude, en train de se disputer avec Miss Karline. Avec un peu de chance, il ne reviendrait pas l'embêter de sitôt.
Soudain, le sol commença à vaciller légèrement. Minerva porta une main à son front et s'arrêta un moment pour retrouver son équilibre. Que se passait-il ? Pourquoi était-elle si étourdie, tout à coup ?
― Salut, petite Sang-de-Bourbe, chuchota une voix doucereuse à son oreille.
Minerva fit volte-face. Regulus Black lui souriait d'un air mauvais.
― Qu'est-ce que... ? s'affola Minerva en regardant autour pour voir si Mulciber et Avery ne se trouvaient pas également dans les environs.
― Eh oui, j'ai été invité, moi aussi, dit fièrement Regulus. Le professeur Slughorn a beaucoup d'estime pour moi, tu sais... Et toi ? Tu es toute seule ?
Une lueur salace s'alluma dans son regard.
― Potter n'est pas avec toi ?
Minerva recula, de plus en plus étourdie. Elle avait maintenant de la difficulté à se concentrer sur ce que Regulus lui disait. Ses doigts se refermèrent sur sa coupe vide et elle se rendit compte alors que le corps de Miss Evans était beaucoup moins tolérant que le sien en matière d'alcool. Apparemment, une seule coupe de vin avait été de trop.
― Je... je dois m'asseoir..., souffla-t-elle tandis que tout tournait dangereusement autour d'elle.
Elle fit un pas en avant, mais vacilla contre Regulus qui la rattrapa de justesse.
― Un peu trop bu, on dirait ? observa-t-il d'un ton gouailleur en la serrant dans ses bras. Tu veux que je te raccompagne jusqu'à ta salle commune ?
― Non !
Minerva essaya de le repousser, mais il raffermit son étreinte en ricanant.
― Allons, Evans, je ne veux que t'aider, moi.
― Lâche-la ! s'écria soudain quelqu'un.
Regulus desserra alors ses bras et d'autres mains rattrapèrent Minerva avant qu'elle ne s'effondre par terre.
― Ça va ? lui demanda une voix timide.
Minerva releva la tête et croisa le regard soucieux de Remus Lupin.
― Oui, je vais bien, répondit Minerva en se redressant.
― Allez, viens t'asseoir.
Et sous les yeux malveillants de Regulus, Remus entraîna Minerva vers sa table.
― Salut ! dit Sibylle au moment où Minerva se laissa tomber sur la chaise devant elle. Tu sais que j'ai vu des choses étranges te concernant dans ma boule de cristal, cet après-midi ?
― Mmmm..., fit Minerva en se prenant la tête à deux mains, les coudes appuyés sur la table.
― J'ai vu que tu allais passer une nuit franchement torride. Tu veux savoir avec qui ? J'ai apporté mes cartes. On pourrait le découvrir ensemble ?
― Ne l'écoute pas, elle dit toujours rien que des conneries, lui chuchota précipitamment Remus en se penchant vers elle. Est-ce que ça va, Lily ? Tu veux que j'aille te chercher un verre d'eau ?
Du coin de l'œil, il ne cessait d'observer Sirius et Karline qui étaient toujours en train de se disputer. Karline le sermonnait en brandissant le doigt et Remus espérait qu'elle se montre suffisamment intransigeante pour dissuader Sirius de courir après Lily.
― Oui, merci..., répondit Minerva, les yeux fermés.
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Lily avait fait asseoir James à l'extrémité de son bureau. Si seulement elle avait pu être assez forte pour lui demander de s'en retourner... Au lieu de ça, elle avait encore rougi comme une idiote. Severus devait se questionner sur l'étrange agissement du professeur McGonagall. Ce dernier lui avait jeté plusieurs regards soupçonneux lorsqu'elle avait expliqué d'une voix vacillante, à lui et à James, la dissertation à rédiger pendant leur retenue ― sans parler de James qui n'avait cessé de la fixer avec amusement.
D'ailleurs, tandis qu'on n'entendait que le grattement de la plume de Severus sur son parchemin, James l'observait encore de ses yeux intenses, insistants, ceux qui donnaient l'impression qu'il avait faim d'elle. C'était ridicule. Lily ne pouvait pas croire que le dernier petit mot qu'il lui avait écrit en classe était sérieux. Elle aurait voulu lui intimer de rebaisser la tête sur sa dissertation, mais chaque fois qu'elle levait les yeux vers lui, elle ne pouvait empêcher ses joues de s'embraser. C'était humiliant. Aussi, elle garda le nez dans les pages d'un vieux grimoire sur la métamorphose qu'elle avait trouvé dans le fond d'un tiroir pour s'occuper, tout en étant blessée que James ne paraisse pas aussi triste qu'elle de ne pas avoir pu participer ensemble à la soirée de Slughorn.
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― Tu vois cet homme, là-bas ? Avant même qu'il le fasse, je savais qu'il se serait servi ce morceau de tarte aux framboises. Et cette femme là-bas, je savais aussi qu'elle aurait poussé un cri au moment où son amie a surgi derrière elle pour lui faire une plaisanterie.
Sibylle eut un petit rire aviné et but une gorgée de son verre de xérès.
― Mais je me comporte souvent comme si je n'avais pas le Troisième œil, poursuivit-elle d'une voix gutturale. Parce que, tu sais, ça peut souvent mettre les autres mal à l'aise ― je savais que tu aurais apporté ton verre d'eau à tes lèvres à ce moment précis, Lily, et je savais aussi que tu n'aurais pas bu une seule gorgée.
Minerva reposa son verre qui heurta la table avec un grand bruit et regarda Sibylle d'un œil agacé. Remus, assis à côté d'elle, étouffa un rire dans sa main.
― Tu vois ? dit Sibylle d'un air vexé. C'est toujours comme ça qu'on me regarde quand je prédis l'avenir. Les gens ne comprennent rien à mon don. Mais un jour, ça changera. J'ai l'ambition d'enseigner le noble art de la divination à Poudlard quand j'aurais terminé mes études. Je trouve que les sorciers manquent cruellement d'intérêt pour cette matière qui pourtant est de la plus haute importance. Ah, Sirius Black ! s'exclama-t-elle soudain lorsque ce dernier, l'air passablement énervé, revenait vers eux en écartant brusquement un elfe sur son chemin. Je dois t'informer d'urgence qu'un malheur te guette.
― Ah, toi, fiche-moi la paix ! répliqua-t-il d'un geste irrité de la main.
― Où est Karline ? demanda Remus.
― Elle a décidé de passer la soirée avec mon idiot de frère, répondit Sirius. Apparemment, il est moins salaud que moi.
― Oh..., fit Remus, tandis que Minerva étouffa un reniflement ironique dans son verre.
― Que c'est dommage, ajouta Sibylle d'une voix mystique. De toute façon, je savais qu'elle t'aurait larguée... Hé !
Sirius avait ramassé un morceau de tomate farcie dans l'assiette de Remus et le lui avait lancé à la figure.
― C'est très grossier de ta part ! s'écria-t-elle en retirant ses lunettes maculées d'une main et en se saisissant de l'autre d'une serviette de table.
― Effectivement, Patmol, approuva Remus d'un air de reproche. Ce n'est pas très gentil de faire ça !
― Je m'en fiche, c'est rien qu'une fille moche, dit Sirius en se tirant une chaise de l'autre côté de Minerva qui se tendit. Une fille moche avec un très long nez à force de ne dire que des mensonges... Au fait, s'adressa-t-il à Minerva, d'une voix soudain plus mûre et grave, je suis actuellement libre ce soir, Evans. Alors, si tu en as envie...
― Je t'invite à danser, acheva Sibylle en grimaçant, dans un murmure que seule Minerva entendit.
― ... je t'invite à danser. Mais bien sûr, je ne veux pas te forcer si tu ne veux pas...
― Elle va refuser, chantonna Sibylle d'une voix à présent assez forte pour faire tourner la tête de Sirius dans sa direction. Je sais qu'elle va dire non.
Elle remit ses lunettes sur son nez et ses immenses yeux clignèrent en apercevant Sirius lui asséner avec colère :
― Tu vas la boucler, oui ?
― Patmol ! cria Remus en tendant une main vers lui.
― D'accord, je me tais ! lança Sibylle en réajustant un châle sur ses épaules avec un geste convulsif. Je voulais seulement t'avertir que tu perdais ton temps avec Lily, c'est tout. Mon Troisième œil voit bien qu'elle n'en a rien à faire de ton charme.
― Il te fallait vraiment un Troisième œil pour découvrir que Sirius Black m'insupporte ? répliqua Minerva, de plus en plus agacée. La manière dont je me comporte avec lui n'est pas assez éloquente, peut-être ?
― Absolument pas !
Sibylle se tourna vers Remus.
― Toi, tu te doutais que Lily n'aimait pas Sirius ?
― Heu... non, répondit Remus qui semblait, pour on ne savait quelle raison, soulagé. Je ne savais pas que Patmol l'énervait autant. Tu n'as vraiment aucune attirance pour Sirius, Lily ?
― Voyez-vous ça ! s'exclama Minerva en levant les yeux au plafond.
Sirius paraissait offusqué.
― Et voilà ! déclara Sibylle d'un ton triomphal comme si elle venait de parvenir à une conclusion irréfutable. Lily Evans ne t'aime pas, Black ! Tu ferais mieux de te retourner vers une autre fille. Lily ne voudra jamais danser avec toi. Alors, Lily, tu veux, oui ou non, que je te tire aux cartes ?
Brusquement, Minerva se leva en écartant sa chaise d'un coup de pied et présenta sa main à Sirius qui eut l'air surpris.
― Tu veux danser avec moi ? demanda-t-elle d'un ton de défi.
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James observa le professeur McGonagall qui s'entortillait un doigt dans une mèche retirée de son chignon alors qu'elle lisait son grimoire. Son autre main était pressée contre sa bouche, le bout de son pouce entre ses lèvres, et elle se rongeait nerveusement un ongle. C'était étrange comme elle ne ressemblait plus à la femme rigoureuse et sévère qu'elle était avant. À présent qu'elle lui paraissait fragile et émotive, elle l'attirait comme un aimant. Il avait même l'impression de l'avoir toujours connue. Il avait envie de s'approcher d'elle et de lui souffler des mots provocants, juste pour voir jusqu'où il pouvait lui faire de l'effet. Si seulement il avait pu faire sa retenue tout seul avec elle...
Derrière lui, Rogue griffonnait des phrases sans s'arrêter, le nez à quelques centimètres de son parchemin. Avec un peu de chance, lorsqu'il finirait sa dissertation, il serait autorisé à partir et James pourrait alors profiter d'un moment d'intimité avec le professeur McGonagall.
Sur cette dernière pensée, James se passa une main sur son front en se demandant s'il n'était pas devenu fou. Éprouvait-il réellement des sentiments amoureux pour le professeur McGonagall ? Était-ce pour ça qu'il ne pensait plus du tout à Lily en ce moment ? Au début, séduire McGonagall n'était qu'un jeu mais maintenant qu'il y repensait...
James reporta son attention sur le profil de McGonagall, et avec curiosité, il s'imagina en train de lui faire l'amour passionnément sur son bureau. Une bouffée de chaleur l'envahit aussitôt et son cœur s'accéléra.
― Merde ! murmura-t-il en plaquant précipitamment ses mains sur son entre-jambes pour calmer sa brusque érection.
Le professeur McGonagall leva des yeux interrogatifs vers lui. Mais à cet instant, le regard de James fut si pénétrant et avide qu'elle se replongea immédiatement dans sa lecture, le visage en feu.
Elle était incapable de lui adresser la parole, déduisit James qui essayait de retrouver une respiration régulière. Elle ne pouvait pas soutenir une seconde son regard. Il la déstabilisait trop. Elle éprouvait trop de désir pour lui... comme lui... lui qui était bêtement tombé amoureux d'elle, étonnamment, aussi incroyablement qu'elle-même était tombée amoureuse de lui.
Tout était si absurde... Il ne comprenait pas ce qui avait pu lui retourner les émotions à l'envers. C'était Lily Evans qu'il avait toujours aimée. Pourquoi, tout à coup, tout ce qu'il ressentait pour cette fille s'était-il éteint du jour au lendemain pour se rallumer pour le professeur McGonagall ? Le professeur McGonagall ! La honte ! Pourquoi elle ? Ça aurait pu être n'importe qui d'autre !
Non, pensa alors James qui la fixait toujours, comme hypnotisé, ça n'aurait pas pu être quelqu'un d'autre... La façon dont elle cala d'un doigt tremblant sa mèche de cheveux derrière son oreille, la façon dont elle se mordilla la lèvre inférieure en rougissant de plus belle, la façon dont elle fit glisser lentement sa main sur le dessus de sa cuisse en fermant les yeux comme si elle se retenait désespérément de les tourner vers lui... Il n'y avait qu'elle qui pouvait le rendre fou de désir en cet instant...
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― Laisse-toi aller, Evans, lança Sirius qui se mouvait habilement au rythme de la musique. Tu as l'air tendue.
― C'est parce que je n'aime pas danser, répliqua Minerva en transférant maladroitement son poids d'un pied à l'autre, la nuque raide. Je me sens complètement ridicule.
L'alcool s'estompant dans son sang, elle regrettait à présent d'avoir voulu jouer à la plus maligne avec Sibylle. De plus, le professeur Slughorn, qui dansait non loin d'eux avec une grosse pointe de gâteau débordant de morceaux d'ananas, ne cessait de lui adresser des clins d'œil, ce qui la gênait au plus haut point.
― Arrête tes conneries, tu dansais délicieusement bien à la fête d'Halloween, l'année passée. Tu avais du plaisir, je m'en souviens. Tu es seulement un peu nerveuse... Viens, je vais t'aider à prendre le rythme...
Il s'avança vers elle pour lui entourer la taille, mais Minerva recula.
― Je n'ai plus envie de danser, déclara-t-elle abruptement. Merci beaucoup, mais je crois que je vais m'en retourner, maintenant.
― Mais on vient à peine de rejoindre le plancher de danse ! objecta Sirius, contrarié. Une fois que tu as prouvé à Très-Long-Nez que ses prédictions ne sont que des idioties, tu veux retourner t'asseoir, c'est ça ?
Minerva ne répondit pas.
― Sache que si tu retournes tout de suite, elle aura eu raison. Tu ne veux pas danser avec moi. Elle saura que tu auras fait semblant et elle recommencera à nous exaspérer avec ses stupides prédictions.
― Je ne retournerai pas à sa table. D'ailleurs, je me moque de lui prouver quoi que ce soit. Je veux retourner à mes apparte... à ma salle commune. Je n'ai plus rien à faire ici.
Elle esquissa un geste dans le but de s'éloigner, mais Sirius la retint par le bras.
― Non, Evans, ne pars pas ! dit-il, l'air presque paniqué. Tu ne peux pas partir tout de suite, la soirée vient tout juste de commencer !
― J'en ai eu assez, je m'en vais me coucher. Bonsoir, Black.
― Une seule danse ! supplia alors Sirius qui refusait de la relâcher. Une seule danse et je te laisse tranquille.
― Non !
― Dans ce cas, je t'accompagne jusqu'à ta salle commune.
― Je peux m'y rendre toute seule, merci !
― Pas question, il y a Mulciber ou mon frère qui pourrait t'acculer dans un coin sombre et je ne voudrais pas qu'ils te fassent encore du mal. Je tiens à toi, Lily, ajouta-t-il très sérieusement.
Minerva soupira et le regarda dans les yeux. Elle hésita, prit machinalement une coupe de vin sur le plateau d'un elfe qui se faufilait entre les danseurs, puis demanda :
― Si je t'accorde une seule danse, Black, tu me laisseras vraiment tranquille ?
Sirius prit un moment avant de hocher la tête.
― Oui, je te le promets, je vais te laisser tranquille ensuite.
― Très bien. Alors, retournons danser.
Sirius sourit et l'entraîna plus près des musiciens qui commencèrent à jouer un air lent et mélancolique, au grand dam de Minerva. Elle n'avait pas envisagé de danser un slow. Anxieuse, elle but à grandes gorgées tout le contenu de sa coupe pour se donner du courage ― avant de se souvenir qu'elle ne tolérait plus l'alcool ― et grommela un juron. Toujours avec ce sourire séducteur, Sirius lui prit sa coupe des mains pour la reposer sur le même plateau qui revenait vers eux et glissa ses doigts autour de sa taille pour la coller à son corps dans une douce étreinte. Aussitôt, Minerva le repoussa pour lui imposer une distance convenable entre elle et lui. Avec des yeux menaçants, elle remonta la main qui descendait un peu trop bas dans son dos et serra l'autre fermement entre ses doigts.
Sirius éclata de rire et ils se mirent alors à tournoyer lentement sur place. Il n'en fallut pas longtemps avant que Minerva commence déjà à ressentir les effets étourdissants de l'alcool dans son sang.
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Le tic-tac de l'horloge sur le manteau de la cheminée et les grattements immodérés de la plume de Severus se répercutaient dans la tête de Lily. Elle ne pouvait plus supporter que James la fixe avec toute cette intensité. S'il voulait se moquer d'elle, c'était réussi : elle avait l'air de la pire idiote au monde, en ce moment, en train de s'efforcer à se concentrer sur son grimoire alors qu'elle avait l'impression de voir les mots s'embrouiller.
D'un doigt fébrile, elle remonta ses lunettes sur son nez et tourna la page pour donner l'illusion qu'elle lisait vraiment. Elle ne voulait pas lui montrer à quel point il la désarçonnait, mais elle se rendait bien à l'évidence que ses efforts étaient inutiles. Elle n'arrivait aucunement à contenir ses émotions. Elle était pitoyable. Le regard de James la brûlait sans cesse et cela lui devenait insupportable. Si seulement elle pouvait lui ordonner qu'il arrête de la regarder.
Déterminée à tenter au moins un essai, Lily rassembla tout son courage et s'extirpa d'un coup de son livre. Elle eut alors l'impression de recevoir de plein fouet le regard flamboyant de James. C'était comme si ses yeux avaient pénétré les siens comme des rayons lasers. L'atmosphère de la pièce se chargea d'électricité. Elle ne voyait plus que lui, assis au bout de son bureau, à moins d'un mètre de son fauteuil. Tous deux se fixèrent longuement, sans échanger un mot, le cœur battant. Puis, au moment où la tension devint trop palpable entre eux, Lily arracha son regard du sien pour baisser à nouveau la tête sur son grimoire. Une envie violente de se jeter sur lui pour l'embrasser l'avait assailli.
Elle ne savait plus quoi faire. Si elle ne se retenait pas, elle avait la nette certitude qu'il ne la repousserait pas. Aussi horrible et incroyable que cela puisse paraître, James semblait éprouver un désir sulfureux pour le professeur McGonagall.
― Stupéfix ! murmura soudain James.
Le cœur de Lily fit un bond dans sa poitrine. Durant une seconde, elle crut que James lui avait jeté un sort, puis elle vit Severus s'écrouler mollement aux pieds de sa chaise, inconscient.
― Qu'est-ce que... ? balbutia-t-elle. Mais qu'est-ce que tu... Potter...
Mais le reste de sa phrase s'étrangla dans le fond de sa gorge. James s'était levé en rangeant sa baguette dans sa poche et s'avança d'un pas inexorable vers Lily qui se figea dans son fauteuil. Les yeux écarquillés, incapable de bouger le moindre muscle, elle le regarda se pencher vers elle, lui retirer délicatement les lunettes, les poser sur le bureau sans la quitter de son regard plus ardent que jamais, puis il fondit sur ses lèvres.
C'était la première fois que James l'embrassait et elle avait l'impression qu'un puissant courant électrique l'avait traversée de la bouche jusqu'au bas ventre. La sensation était exquise, enivrante, plus intense que tout ce qu'elle s'était imaginé.
Fébrilement, elle passa ses mains dans ses cheveux ébouriffés et répondit au baiser malgré elle, l'approfondissant. La langue chaude de James vint alors caresser la sienne avec fougue et les frissons se multiplièrent en elle, de grandes chaleurs l'envahissant.
Puis James quitta sa bouche, lui prit les mains et la releva du fauteuil avant de la presser contre son corps. Il se mit à l'embrasser dans le cou. Mais à ce moment-là, Lily reprit brusquement conscience de la situation et le repoussa aussitôt à bout de bras.
― Quoi ? souffla James, haletant. Qu'est-ce qu'il y a ?
― Je suis le professeur McGonagall, Potter ! s'exclama Lily d'une voix suraiguë, indignée. Comment peux-tu oser... ?
James émit un doux rire et pencha la tête sur son épaule.
― Je sais, murmura-t-il. Je ne devrais pas faire ça. Mais j'ai terriblement envie de vous, professeur...
Et il écarta ses mains pour revenir l'embrasser.
― Mais... non..., protesta Lily contre ses lèvres, luttant contre ses propres envies de s'abandonner à ses caresses. On ne peut pas faire ça... c'est une grosse erreur...
― On ne le dira à personne, promit James en tirant sur son chignon pour le défaire. Laissez-vous tenter, Minerva... Je sais très bien que vous brûlez autant que moi de vous laisser aller...
D'entendre le prénom du professeur McGonagall sortir de la bouche de James avec autant de passion lui donna l'effet d'un coup de poignard en pleine poitrine.
― Non... James..., gémit Lily en sentant les larmes lui monter aux yeux. Ne dis pas ça... ne dis pas que... tu es amoureux de... que tu préfères...
Mais James bâillonna ses sanglots en revenant s'emparer de ses lèvres dans un baiser encore plus enflammé. Emmêlant ses doigts dans sa longue chevelure libérée, il balaya de l'autre main tout ce qui se trouvait sur le bureau derrière elle avant de la pousser à s'asseoir dessus. Les lunettes de McGonagall tombèrent par terre avec un bruit sourd, ainsi qu'un encrier qui se brisa sous le choc. Lily savait qu'elle ne devait pas céder, mais elle n'avait plus la force de lui résister. Sa peine lui était trop profonde.
Avec désespoir, elle s'accrocha à lui tandis qu'il l'étendait sur le dos en montant au-dessus d'elle, son corps brûlant frémissant de désir contre le sien. Sa langue ne quittait plus sa bouche pour une seconde. Lily pouvait sentir son érection, dure comme de la pierre, se frotter contre son bas ventre. Quelques gémissements lui échappèrent. Les gestes de James devenaient plus entreprenants, empressés. Il s'attaquait maintenant à la fermeture éclair dans son dos et Lily sentit les émotions la submerger : James s'apprêtait à faire l'amour à une autre femme qu'elle !
― Non..., haleta-t-elle tandis qu'il descendait ses lèvres vers son soutien-gorge qu'il découvrait avec avidité. Non, James, non... tu ne peux pas... Lily... Lily...
― Je me fous de Lily, répliqua James entre deux baisers. Elle n'est plus rien pour moi. C'est de vous dont je suis fou, Minerva... C'est de vous dont j'ai envie...
Lily fondit alors en pleurs. Voilà qu'elle l'avait perdu. Il ne l'aimait plus. À force de lui avoir résisté durant toutes ces dernières années, il avait fini par se retourner vers quelqu'un d'autre.
― James, je t'aime..., sanglota-t-elle en le serrant dans ses bras. Je t'ai toujours aimé...
Les mots étaient sortis de sa bouche avec une terrible douleur. James se redressa alors pour la regarder dans les yeux. Il avait l'air ému.
― C'est la première fois qu'une femme me dit ces mots, murmura-t-il, avec autant d'amour...
Avec son pouce, il recueillit les larmes qui avaient coulé le long des joues de Lily. Il continua de l'observer avec tendresse, puis revint poser doucement ses lèvres sur les siennes. Il l'embrassa langoureusement pendant un long moment, puis la porte s'ouvrit brusquement...
Tous deux sursautèrent en tournant la tête. Les entrailles de Lily se glacèrent, l'horreur l'étrangla. Elphinstone s'était pétrifié dans l'encadrement de la porte.
Merci d'avoir lu ! ^^'
Alors ? Vous vous attendiez à pire, n'est-ce pas ? Après vous avoir répété mille fois de faire attention au risque de traumatisme, vous vous dites enfin : Quoi, c'est tout ? Rien que ça ? Ça s'appelle l'art d'amenuiser d'avance les trop gros chocs émotionnels. :P
D'accord, l'histoire n'est pas encore terminée et j'avoue que le pire est à venir (on s'en doute), mais je pense que vous survivrez très bien. Enfin, je l'espère...
