L'Héritier du peuple des Oubliés :

Note de début de chapitre: Voici le chapitre 2, un peu en avance (j'ai pas résisté :D). Merci à tous ceux qui m'ont laissé une rewiew (Belle-Cuddy, Daravis, Biloulette, ReimaChan, accroOvampire, eloise, Leluka-san, Sawson, Sauvage, BlueSkySword (une chose à te dire, merci 'fieu), Mini-Yuya et Oliemainverte), c'est vraiment super encourageant.


Chapitre II : Le chemin de traverse :

« Collège Poudlard, école de sorcellerie :

Cher Monsieur Potter,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard.

Vous trouverez-ci-joint la liste des équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.

Nous attendons votre hibou pour le 31 juillet au plus tard.

Veuillez croire, Monsieur Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.

Minerva Mc Gonnagal, directrice adjointe. »

Harry lâcha la lettre, qui atterrit sur le sol dans un froissement. Il prit sa tête entre ses mains, plongé dans une intense réflexion. Il était en état de choc, en un instant tout ce en quoi il croyait était remis en cause. Il analysait chaque élément de la lettre, mais il devait reconnaitre que peu de ses questions avaient trouvé réponse dans la missive et que de nombreuses interrogations supplémentaires avaient fait leur apparition.

Il prit le parchemin restant et le parcourra en vitesse. Il s'agissait d'une liste de fournitures qui comportait notamment des livres de magie divers, un chaudron en étain, des gants en peau de dragons et surtout… une baguette magique. Elle était écrite, tout comme la première feuille, d'une écriture cursive verte et très soignée.

Le garçon fit appel à toutes ses capacités de concentration pour analyser précisément ce qui lui arrivait. Il détestait ne pas comprendre, et là il était totalement perdu. Il y avait deux solutions, soit tout ceci était une vaste blague, soit tout était vrai, ce qui aurait voulu dire qu'il était un sorcier.

Plus le jeune garçon réfléchissait, plus il se rendait compte que tout concordait. Ses pouvoirs, le hibou aperçu par la fenêtre, le papier étrange de la lettre, la liste de fournitures… Tout collait parfaitement. C'était trop recherché pour une simple farce et de plus, jamais sa famille n'aurait plaisanté avec un tel sujet. Ils détestaient tout ce qui avait trait à l'imagination ou au paranormal, alors de la sorcellerie…

« C'est impossible » Se dit-il.

Son esprit rationnel lui hurlait que tout cela était impensable et pourtant, au fond de lui il voulait y croire. Il s'était souvent posé des questions sur ses origines, les Dursley n'ayant jamais voulu lui parler de ses parents, et il avait le pressentiment qu'enfin il aurait des réponses.

Assommé par toutes ces nouveautés, Harry s'endormit après avoir rangé son précieux courrier dans sa cachette.


-oOo- « I felt the earth, beneath my feet » -oOo-

-(Je sentais la terre sous mes pas)-


Harry dormit mal cette nuit-là et se réveilla beaucoup plus tôt que d'accoutumée. Son premier réflexe fut de se précipiter près de sa cachette dans le but de vérifier si sa lettre y était toujours. Dieu merci, il souffla de soulagement en constatant qu'elle n'avait pas disparu dans son sommeil.

Il n'avait pas rêvé.

Profitant du temps qui lui restait avant le réveil de son oncle, et donc le début de ses corvées, il reprit sa réflexion là où il l'avait laissé la veille.

Si le contenu de cette lettre était bel et bien exact, ce dont il était de plus en plus convaincu, il n'avait aucun moyen d'y répondre et de confirmer son inscription au collège, ce qui pouvait poser problème. Il n'avait pas de hibou (d'après la lettre, il supposait que c'était ainsi que les sorciers communiquaient) et de plus, il n'avait pas d'adresse à laquelle répondre. Il doutait fort qu'envoyer une lettre par la poste avec pour seule adresse « Poudlard, école de sorcellerie » soit une bonne idée.

Il aurait pu demander de l'aide, mais son oncle n'aurait jamais accepté une telle chose et il était totalement hors de question pour lui de montrer son courrier aux Dursley. A tous les coups, Vernon aurait brulé les feuilles dans la cheminée et il aurait été sévèrement battu pour son audace.

Petit à petit, le désespoir s'empara du garçon. Alors que des larmes commençaient à lui perler au coin des yeux, heureux hasard du Destin, un évènement inattendu et très inhabituel se produisit. Samedi matin, alors qu'il n'était que 7 heures, quelqu'un sonna à la porte.

Depuis son placard, Harry entendit son oncle grommeler. A la seconde sonnette, des bruits de pas descendirent l'escalier.

La porte d'entrée s'ouvrit dans un grincement.

« C'est pourquoi ? » Demanda l'oncle Vernon d'une voix endormie qu'Harry devinait méfiante et contrariée.

« Je viens chercher Mr. Potter » Répondit l'inconnu d'un ton grave et dépourvu d'émotion. Le cœur d'Harry s'emballa. Quelqu'un demandait à le voir, qui ? Et si c'était un de ces sorciers, comme ceux de la lettre ? Mais oui, c'était tout simplement évident…

« Il n'y a pas de Potter ici, sortez de mon terrain » Ordonna l'adulte, hostile.

« Vous vous êtes sans doute trompé d'endroit. » Finit-il.

A ces mots, une rage sans nom s'empara du jeune sorcier. Il ne voulait pas voir sa seule chance de partir lui filer entre les doigts. Il serra les poings, fixa son regard sur la serrure du placard et se mit à la marteler de coups de pieds. Finalement, au grand étonnement du garçon, la porte s'entrouvrit dans un déclic. L'enfant se calma immédiatement, lissa sa chemise et son pantalon et reprit un air impassible, voulant présenter le meilleur visage possible à l'inconnu.

Alerté par le bruit, Vernon se retourna et rougit de rage. Cependant, il ne fit rien, ne voulant pas attirer l'attention du voisinage et de l'homme sur Harry. En revanche, l'adulte lui jeta un coup d'œil, promettant des représailles pour plus tard.

Bravant sa peur, le garçon s'approcha de l'embrasure de la porte d'une démarche qu'il voulait assurée et se retrouva nez-à-nez avec l'inconnu.

C'était un homme de grande taille, aux cheveux noirs, mi-longs et graisseux. Il était maigre, de teint pâle et était vêtu d'une tenue particulièrement étrange.

« Est-ce cela une robe de sorcier ? » Se questionna Harry, qui l'avait vu écrit sur sa liste de fourniture.

Par-dessus cette « Robe », il portait une cape, noire tout comme le reste de ses vêtements hormis une chemise grise. Le personnage dégageait une aura de froideur extrême, d'hostilité presque, mais rayonnait pourtant d'un charisme effrayant. Il était de ces gens qui attiraient chacun et qui pourtant avaient l'air absolument hors de portée.

« Monsieur Potter ? » Susurra l'homme d'une voix doucereuse.

Le garçon hocha la tête, la voix coupée par l'émotion. C'était la première fois de sa vie que quelqu'un venait sonner juste pour lui.

« Savez-vous pourquoi je suis là ? » Demanda le sorcier, l'air peu affable.

« Je n'en suis pas sûr, monsieur » Répondit celui-ci, poliment. Il faisait de son mieux pour paraitre normal, cachant autant que possible ses vêtements trop grands et ses bleus. Il ne voulait pas faire mauvaise impression devant le premier sorcier qu'il rencontrait, même si celui-ci avait l'air de tout sauf de vouloir être là.

« Vous avez reçu votre lettre ? » Et, voyant que le garçon l'avait bel et bien lue, il poursuivit « Je suis le professeur Snape, j'enseigne les potions à Poudlard et je suis venu vous accompagner pour l'achat de vos livres et fournitures. »

Entendant ces mots, l'oncle Vernon pâlit et appela sa femme en hurlant :

« Pétunia, descend immédiatement s'il te plait.»

Puis se tournant vers Harry il lui dit :

« Et le m… Harry, continue donc ta partie de cache-cache avec Dudley, tu t'étais si bien caché, ce serait vraiment dommage de perdre. » Dit celui-ci, défiant son neveu de désobéir.

« Potter viens avec moi » Opposa l'enseignant, contrarié d'être ralenti par ce qu'il pensait être des jeux d'enfants, surtout si l'un des enfants était le rejeton Potter. « La rentrée est dans un mois et il est grand temps qu'il s'y prépare ».

« Il n'ira pas là-bas, et je refuse de payer pour qu'on lui apprenne des tours de magie ! Il ne deviendra jamais comme ses imbéciles de parents » Dit Vernon, commençant à perdre patience.

L'orphelin encaissa les révélations, le regard haineux dirigé vers sa tante qui descendait l'escalier. Ainsi sa famille l'avait toujours su et ils n'avaient rien dit ! Pas que cela ne le surprenait réellement, loin de là. En l'espace de deux jours il en avait appris plus sur sa vie qu'en dix ans d'existence.

« Vous n'emporterez pas mon serv… neveu » Se contînt Vernon, luttant contre l'envie de frapper l'enfant à sang.

Le professeur sortit un étrange morceau de bois de sa manche et le pointa sur l'homme qui était en face de lui. D'un mouvement, il immobilisa son « adversaire » et se tourna vers la tante, il n'avait pas de temps à perdre.

« Pétunia, ça faisait longtemps. » Déclara-t'il, ironique.

« Severus ? Tu viens chercher le garçon ? » Répondit-elle, contrariée. Depuis qu'elle l'avait recueilli, elle avait toujours su que ce jour allait finir par arriver. Il n'y avait rien à faire c'était comme ça. Ces gens-là était étranges et surtout très dangereux. Elle devait le laisser partir, mais elle se promit qu'au retour du garçon il allait lui payer une fois encore son anomalie.

Snape hocha la tête puis tira le garçon par le bras. Personne ne s'y opposa, Vernon étant toujours pétrifié et sa femme quant à elle avait bien trop peur du sorcier pour s'opposer franchement au départ de son neveu.

« Dehors Potter, il est temps d'y aller » Conclut le professeur.

Celui-ci, un peu dépassé par les évènements, ne répliqua pas et suivit silencieusement l'adulte, bravant courageusement son anxiété et sa méfiance naturelle à suivre un parfait inconnu. Ils traversèrent la rue, s'engagèrent dans une ruelle sombre et s'arrêtèrent à côté d'une poubelle.

« Avez-vous déjà transplanné ? » Demanda l'homme en noir.

« Jamais, monsieur » répondit l'interpellé.

« Accrochez-vous à mon bras. Je vous préviens, c'est une sensation bizarre. » Affirma l'homme.

Le garçon obtempéra et se saisis prudemment du bras de son accompagnateur. D'un coup, ils disparurent. Harry sentit son ventre comme tiré en avant de son par un crochet, et décréta qu'il n'aimait pas ce mode de transport.

Quand il rouvrit ses yeux, qu'il avait fermés sous le coup de la surprise, il se trouvait sur la devanture d'un café aux murs et aux vitres sales. Au-dessus de la porte d'entrée trônait un vieux panneau qui oscillait au gré des coups de vents et sur lequel on pouvait lire :

« Le Chaudron Baveur, bar depuis 1647 »

Reprenant immédiatement la route, le professeur Snape poursuivit son chemin, n'accordant pas un seul regard à l'enfant qu'il accompagnait. Il ouvrit la porte du bar sans ménagement et l'envoya valser contre le mur. Ensuite, il traversa le café sans se soucier le moins du monde de tous les regards courroucés qu'on lui envoyait sur son passage.

Harry, pour sa part, suivait son futur professeur à une distance raisonnable et faisait tout son possible pour se fondre dans la masse et pour dissimuler l'émerveillement qui s'était emparé de tout son être.

Chacun dans ce café utilisait la magie avec une totale désinvolture ; l'un faisait léviter son journal dans les airs, l'autre faisait tourner la cuillère dans une tasse sans la tenir. C'était tout simplement… Magique.

Le garçon avait l'impression d'avoir trouvé sa place, comme si il était enfin rentré chez lui après plus de 10 ans d'absence. Comme il commençait à perdre le professeur de vue, il se dépêcha mais trébucha sur le pied d'une chaise, entrainant dans sa chute une jeune femme qui se trouvait devant lui.

Il se remit rapidement debout, rouge de honte, puis aida la jeune demoiselle à se redresser. Il s'excusa platement, sa voix suintant l'embarras. Pour se redonner un semblant de contenance, le jeune sorcier passa une main dans ses cheveux, exposant sans le vouloir une vieille cicatrice qu'il avait sur le front aux yeux de chacun.

La jeune femme qu'il avait bousculée écarquilla les yeux en voyant le légendaire éclair orner le haut du visage de son jeune interlocuteur.

« Par Merlin tout puissant, mais c'est Harry Potter ! » S'écria-t'elle.

Le silence se fit immédiatement dans la salle. Tout le monde fixait l'enfant, qui, encore une fois, ne comprenait rien. Avant qu'il n'ait eu véritablement le temps de réagir, il se retrouva entouré d'une foule de gens (tous les sorciers du café en vérité) voulant à tout prix lui serrer la main.

Emporté dans l'euphorie du mouvement, il ne vit pas le professeur, aussi sursauta-t'il vivement quand une voix s'éleva du fond de la pièce :

« POTTER, ICI TOUT DE SUITE ! »

L'interpellé soupira de soulagement quand il vit la foule des clients se fendre pour le laisser rejoindre l'homme. Il détestait au plus haut point être en contact avec les autres, et en particulier avec des inconnus. Celui-ci le toisa d'un air furieux.

« Evidemment, tout pour se faire remarquer » Siffla-t'il au jeune garçon.

L'interpellé ne répondit pas, pourtant piqué au vif par la remarque, car il avait parfaitement compris que cela ne ferait qu'attiser la colère de son aîné. C'était un homme borné qu'il valait sans doute mieux caresser dans le sens du poil.

Harry le suivit jusque devant un mur de briques rouges. L'homme sortit une seconde fois sa baguette magique et tapota quelques briques dans un ordre bien précis que le garçon s'empressa de mémoriser, jugeant que cela pourrait toujours servir dans le futur.

Tandis que l'adulte replaçait la baguette dans sa manche, le sol se mit à trembler et le mur disparut lentement pour laisser place à une grande arche de pierre grise.

Le visage de l'enfant s'illumina d'un sourire sincère qu'on ne lui voyait que rarement. S'il avait encore douté de la véracité de l'existence de la magie, désormais il était certain. Debout devant l'arche, il contemplait l'étrange quartier qui s'étendait à ses pieds. Des milliers de bâtiments tous plus différents les uns que les autres étaient disposés dans un ordre complètement hétéroclite qui défiait toute logique d'urbanisme.

Aucune ligne droite, aucun angle droit, aucune symétrie… Même dans les bâtiments eux-mêmes. Tantôt, un bâtiment imposant de marbre siégeait aux côtés d'une petite échoppe minable. Les rues étaient pavées, sinueuses et étroites et étaient arpentées sans cesse par un flot ininterrompu de sorciers.

Harry s'engagea dans l'allée principale sur les talons de Snape. Il y avait tant de chose à voir qu'il n'en croyait pas ses yeux. Partout des affiches vantaient les mérites de tel parchemin ou encore de telle nourriture pour hiboux.

Il y avait tant de nouveautés que l'épisode du Chaudron Baveur fut vite relégué au second plan de ses pensées.

Le professeur fouilla ses poches et en sortit un parchemin semblable à celui qu'Harry avait reçu par courrier. Et effectivement, il s'agissait de la même liste de fournitures que la sienne.

Ils s'arrêtèrent devant le bâtiment de marbre blanc que l'enfant avait repéré un peu avant. Une gravure à la manière de celle des temples romains indiquait qu'il s'agissait d'une banque. Une banque du nom de Gringotts.

Ils pénétrèrent dans un hall luxueux au plafond duquel pendaient de grands lustres en cristal. L'opulence de l'endroit ne fut pas ce qui étonna le plus le jeune sorcier ; en effet, assis derrière de hauts bureaux se tenaient d'étranges créatures.

Le mot « beau » était bien loin de les décrire : leurs têtes étaient ovales et ils possédaient d'étranges longues oreilles ainsi que deux rangées de dents pointues plutôt impressionnantes.

« Excusez-moi monsieur, mais que sont ces créatures ? » Ne put s'empêcher de demander le garçon.

La question surprit un peu l'adulte, qui comprit soudain que c'était sans doute la première fois que son cadet allait dans le monde sorcier.

« Des gobelins. Je vous conseille fortement de ne pas leur manquer de respect » Répondit-il, presque aimablement. L'enfant n'était pas si terrible que cela, au moins il était capable de garder sa langue dans sa poche, une qualité que peu de gamins possédaient.

Snape s'enfonça plus loin dans le hall et s'approcha finalement d'un des nombreux bureaux.

« J'accompagne le jeune Monsieur Potter. Il vient chercher un peu d'argent dans son coffre. » Expliqua le professeur.

Un gobelin pencha sa tête par-dessus le meuble et observa un instant l'enfant.

« Fort bien, est-ce que Mr. Potter à sa clef ? » Questionna le banquier.

Snape, qui l'avait déjà sorti de sa poche la lui tendit. Ensuite, il se pencha vers son interlocuteur et lui parla si doucement qu'Harry faillit ne pas entendre.

« J'ai aussi une lettre du professeur Dumbledore à propos de vous savez quoi, dans le coffre vous savez lequel. »

Le gobelin hochât la tête.

« Bien, Grispec va vous conduire aux coffres. » Dit-il.

Celui-ci les conduisit dans un wagonnet sur rail qui démarra aussitôt qu'ils furent assis à l'intérieur. Celui-ci roulait à vive allure à travers de sombres tunnels, rappelant à Harry les attractions dans lequel Dudley allait quelquefois, et ils s'arrêtèrent devant une porte incrustée dans la paroi de roche.

Grispec s'en approcha, faisant signe aux deux autres de le suivre.

« Coffre numéro 612, clé, s'il vous plait » Demanda le gobelin. Puis une fois qu'il l'eut en main il la fit tourner dans la serrure.

Puis il ouvrit la porte.

« Tenez, mettez un peu d'argent là-dedans » Lâcha Snape à Harry en lui tendant une bourse en cuir.

Le coffre-fort était rempli de montagnes de pièces de différentes couleurs. Une, la plus petite était en bronze, l'autre argentée et la dernière était composée d'une multitude de grosses pièces d'or.

« Les petites rouges sont des noises, les moyennes des mornilles et les autres sont des gallions. Les gallions sont celles qui valent le plus cher. » Expliqua le gobelin, serviable devant l'air un peu perdu du garçon.

Harry prit des poignées de pièces un peu au hasard, ignorant la valeur marchande de la monnaie, et les fourra dans le petit sac en cuir.

On referma le coffre puis ils remontèrent dans le wagon. Trois minutes plus tard, ils s'arrêtèrent une seconde fois devant un autre coffre.

« Restez dans le wagon Potter » Ordonna le professeur.

Il se leva et entra dans le coffre. Harry remarqua avec surprise que celui-ci était entièrement vide à l'exception d'un petit paquet pas plus gros qu'une main. Snape le prit et le cacha dans la poche intérieure de sa veste.

Ils prirent pour la dernière fois le wagon et sortirent de la banque.

C'est à ce moment-là qu'ils commencèrent leurs courses. Ils achetèrent d'abord les livres de classes (qui étaient au nombre de six) dans une librairie du nom de Fleury et Bott. Harry profita d'un court instant ou son professeur le lâcha du regard pour acheter en douce de nombreux livres supplémentaires, les uns parlant des coutumes sorcières et les autres de la magie en général. Il voulait se préparer aux mieux pour sa nouvelle vie.

Ils se rendirent ensuite chez madame Guipure, une couturière, chez qui ils achetèrent une garde-robe complète au garçon (chapeau, capes et uniformes réglementaires).

L'étape suivante fut la boutique « Tout pour les Potionistes » dans laquelle ils restèrent un peu plus longtemps.

Harry attendait son professeur, qui choisissait soigneusement ses ingrédients depuis plus d'un quart d'heure en déambulant dans les rayons. C'était un grand magasin assez moderne qui lui rappelait par bien des aspects les grandes surfaces où il allait faire les courses le samedi pour les Dursley.

Des centaines de bacs de verres étaient entassés contre les murs, remplis de diverses plantes ou animaux utiles dans le brassage de diverses décoctions. Alors qu'il était dans la section vivarium et qu'il regardait une étrange grenouille bleue et rouge, il fut intrigué par une voix sifflante qui lui semblait toute proche de lui.

« Ssssoif, ssssoif. »

Il regarda autour de lui mais ne vit personne. Il tendit l'oreille et se rapprocha lentement de la source du bruit, et, à sa grande surprise il s'arrêta devant une vitre d'où semblait provenir le sifflement.

Un petit serpent bleu presque turquoise aux étranges ailes dorées était enroulé autour d'un petit œuf et se léchait les crochets. Harry, le trouvant magnifique s'accroupit au sol et posa la main sur le carreau.

« Bonjour petit serpent, tu es vraiment beau » Murmura-t'il.

« Suis pas un serpent, jeune humain qui parle ma langue, je suis un draikon, de l'espèce de ceux-qui-savent-voler. » Répondit le reptile, vexé de sa méprise.

« Excuse-moi, beau draikon. Est-ce que je peux t'aider, tu n'as pas l'air en forme... » Répondit l'enfant.

Il avait toujours adoré les serpents et était d'ailleurs très ami avec l'un d'entre eux. C'était une petite couleuvre qui habitait sous la cabane de jardin du 4 Privet Drive et qu'il avait prénommé Clay. Au début il avait été surpris de pouvoir dialoguer avec celle-ci, mais la découverte de cette capacité ayant suivi de près celle de ses « pouvoirs », il n'avait pas été choqué outre mesure et avait simplement évité de parler avec le reptile en présence des Dursley.

« Est-ce que tu aurais de l'eau pour moi ? S'il te plait j'ai très soif et l'idiot qui fait les cages m'a oublié. Je dois boire beaucoup pour m'occuper de mon oeuf.» Quémanda le draikon.

« Je vais essayer de te trouver ça » Répondit Harry. Il fouilla dans ses larges poches de pantalon et s'empara d'une petite bouteille en plastique à demi remplie d'eau qu'il versa dans l'abreuvoir.

« Merci jeune humain. Sais-tu que possède ici un don très rare ? Peu de gens sont capables de parler aux serpents et aux draikons. C'est un talent qui fait peur à la plupart des sorciers aussi je te conseille de ne pas en parler autour de toi, tu pourrais avoir des ennuis. Les serpents sont redoutés par ton peuple. » Dit le reptile.

« Je croyais que tous les sorciers le pouvaient. Merci beaucoup pour ton aide. Est-ce ton enfant que tu protège ainsi ? » Demanda l'enfant, admirant l'œuf qui exerçait sur lui une attirance troublante.

« Oui jeune sorcier. Si tu le souhaite je serai d'accord de te laisser t'en occuper. Toi qui aimes les serpents, je sais que tu t'occuperas bien de mon descendant. » Affirma-t'il.

« Ce serait avec joie, draikon, mais est-tu bien sûr de vouloir quitter ton œuf ? Cela m'étonne que tu accepte ainsi de t'en séparer.»

« C'est ce qu'il y a de mieux pour lui, je ne veux pas qu'il serve de vulgaire ingrédient dans un chaudron et l'on risque d'utiliser mon oeuf avant même qu'il n'éclose. Tu ne le sais peut-être pas mais si tu le prends tu lui donne une grande chance de survivre qu'il n'aura pas ici." Répondit celui-ci.

C'est un Harry ravi qui plongea la main dans le bac, caressant au passage les écailles de son nouvel ami. Il saisit délicatement l'œuf et le mit précautionneusement dans la poche de sa chemise, l'entourant d'un mouchoir pour le tenir au chaud.

« Je suis très heureux de t'avoir rencontré petit. Puisses-tu vivre dans la paix. Occupes-toi bien de mon enfant, j'ai confiance. Il arrivera bientôt à éclosion, continue de le garder au chaud et tout se passera bien. » Conclut le reptile.

Le sorcier hochât la tête et se releva. Dix minutes plus tard, Harry sortit de la boutique et se rendit, toujours en compagnie de Snape, dans le dernier magasin où il devait aller.

« Potter, je vous laisse seul un instant, je dois aller faire quelques courses. Allez chez Ollivander, c'est un fabricant de baguettes magiques, et attendez moi là-bas. » Dit le professeur. Ils ne s'étaient quasi pas dit un mot de toute la matinée, se contentant tout juste du strict minimum.

L'enfant se retrouva seul devant l'échoppe d'Ollivander. Il poussa la porte et une clochette retentit, annonçant son entrée. Il était dans une étroite pièce sombre au fond de laquelle trônait un petit comptoir. A l'arrière de celui-ci s'étendait d'immenses étagères remplies à rabord de boites rectangulaires entassées les une au-dessus des autres.

« Hum, Hum, Il y a quelqu'un ? » Demanda Harry. Puis, n'obtenant pas de réponse il retenta, un peu plus fort : « Il y a quelqu'un ?! »

Clac !

Une échelle pivota le long d'une des étagères et alla cogner le mur. Un très vieil homme aux cheveux blancs en descendit.

« Ah monsieur Potter, je m'étonnais de ne pas encore vu. Je me souviens comme si c'était hier du jour où votre père et votre mère sont venu acheter leur première baguette. » Déclara le vieillard d'un ton guilleret.

Harry ne répondit pas, agacé par le ton de l'homme. Il parlait presque comme s'il le connaissait depuis toujours et l'enfant n'appréciait pas du tout cette familiarité qu'il jugeait malvenue.

Mr. Ollivander farfouilla dans ses boites puis en sortit trois. Il en tendit l'une d'elles au garçon qui l'ouvrit et en sortit un bout de bois allongé.

« Et bien faites le geste ! » Intima le commerçant.

Le garçon cilla des yeux puis abaissa la baguette d'un mouvement fluide. Une étincelle en jaillit et toutes les étagères de bois furent précipitées au sol.

« Non, non, certainement pas ! » S'écria le vieil homme en rangeant la pièce d'un mouvement de sa baguette.

Harry en essaya des dizaines d'autres, sans succès. A chaque fois qu'il en agitait une, il détruisait quelque chose dans le magasin.

Au bout d'un moment, Ollivander s'interrompit et dit, songeur :

« Un client difficile. Je me demande si… »

Puis il sortit des rayonnages une longue boite noire dans laquelle se trouvait une baguette lisse et entièrement noire à l'exception d'une bande blanche qui serpentait tout le long. A peine le vieil homme souleva-t'il le couvercle qu'Harry comprit qu'elle était faite pour lui. Il avait l'impression de l'entendre chanter et son rayonnement l'attirait comme un aimant.

Comme un automate, l'enfant s'approcha du vendeur et se saisit de la baguette. Aussitôt qu'il l'eut en main il sentit une vague de chaleur et de picotement le traverser. Il l'avait trouvée, ou plutôt, elle l'avait trouvé.

« Etrange… » Dit le plus âgé.

« Qu'est-ce qui est étrange ? » Questionna Harry.

« C'est étrange que ce soit cette baguette qui vous soit destinée. Voyez-vous, chaque baguette choisis son sorcier, les raisons n'en sont pas toujours évidentes. Je me souviens de chaque baguette que j'ai faite monsieur Potter. Chaque baguette… Mais celle-ci, je n'en ai aucun souvenir. » Murmura t'il.

Harry se tût un instant, assimilant ce que l'homme lui disait. Puis il se risqua à poser une question qui le taraudait depuis l'épisode du bar.

« Monsieur, puis-je vous poser une question ? »

« Allez-y jeune homme. » Répondit le fabriquant, intrigué.

« Comment cela se fait-il que tout le monde me connaisse ? » Demanda l'enfant.

« Je me demande si je suis le mieux placé pour répondre à cette question… » Marmonna Ollivander. Puis il reprit :

« Cela date d'il y a bien longtemps, plus de 10 ans maintenant. Nous étions alors en guerre, et un terrible mage noir semait la terreur en Angleterre. Il terrifiait tant la population que l'on a pris l'habitude de ne jamais prononcer son nom. Cependant, je vais vous l'écrire. »

Il se saisit d'un petit bout de papier sur lequel il griffonna un mot puis le tendit au garçon. Celui-ci s'en saisit et lut « Voldemort ». Un bien étrange surnom. Il releva la tête et Ollivander poursuivit son histoire.

« Il s'est mis à rassembler des adeptes et les a entrainé dans le monde des Ténèbres. Vos parents étaient des Aurors et s'opposaient de toutes leurs forces à lui, risquant ainsi leurs vies. Un soir, il s'est introduit chez vous et à assasiné vos parents. Ensuite, il est allé dans votre chambre et quand il vous a jeté le sort de mort, celui-ci à rebondit et l'on a plus jamais revu le mage noir. Quand les secours sont arrivés, ils vous ont trouvés assis dans votre berceau pleurant et une cicatrice saignant sur votre front, là où le sort vous avait frappé. C'est pour cela que vous êtes célèbre, c'est pour cela que tout le monde connait votre nom. Vous êtes le garçon qui a survécu. »

Harry resta de marbre. Ainsi il avait vaincu un puissant sorcier alors qu'il ne savait même pas encore marcher. L'idée lui plaisait un peu, bien qu'il fût contrarié de cette notoriété. Même pour le monde des sorciers il était à part.

Il dût interrompre ses pensées car Snape rentra dans la boutique. Le Survivant salua Ollivander, régla sa note puis sortit.

N'ayant plus de courses à faire, ils transplanèrent et Snape raccompagna Harry devant sa porte.

Celui-ci commença à paniquer. L'instant de répit était terminé, désormais il allait devoir payer les conséquences de son escapade… Ses mains tremblèrent alors qu'il sonna chez les Dursley.

Cela n'échappa pas à Snape, qui haussa un sourcil. Il avait décidément passé une bien étrange journée. Ce garçon l'intriguait, tantôt il avait l'air froid et maître de ses émotions et tantôt il tremblait comme une feuille et évitait le contact avec quiconque. Il avait remarqué que le jeune sorcier semblait en permanance crispé, sur ces gardes. De plus, il ne semblait pas connaître l'existence de la magie et pourtant n'avait pas paru surpris par l'arrivée de Snape. Mais surtout, cet enfant sentait la puissance à plein nez…

Il regarda l'enfant entrer chez lui, songeur, puis se retira à la fermeture de la porte d'entrée. S'il avait patienté une minute de plus avant de transplanner, il aurait entendu les cris tonitruants de l'oncle et les pleurs de l'enfant. Il aurait aussi vu les gouttes de sang éclabousser la fenêtre du hall d'entrée.

Mais était parti, et Harry était seul.


-oOo- «Sat by the river and it made me complete » -oOo-

-(J'étais assis près de la rivière et je me sentais entier)-


Note de fin les amis !: Et voila le deuxième chapitre ! J'espère qu'il était à la hauteur de vos attentes. Comme toujours, n'hésitez pas à me poser des questions, et a me donner vos avis.

Prochaine parution le 07/06 ! Le prochain chapitre s'intitulera "Bienvenue à Poudlard"... Un titre évocateur, pas vrai ?