Bonjour ! ^^

J'étais censé vous poster la suite seulement samedi, car j'ai passé des jours difficiles ces derniers temps. Je pensais tout arrêter l'écriture durant au moins une semaine afin de me remettre de mes émotions (problèmes personnels, rien de grave, ne vous inquiétez pas). Mais avec le nombre de reviews encourageantes que je reçois de vous à chaque fois, il m'était impossible d'attendre plus longtemps. Grâce à vous, j'ai vite récupéré le sourire. Vous me motivez tellement et me faites beaucoup de bien. Est-ce que je vous ai déjà dit que je vous aimais ?

Merci profondément à Rinku13, Piichi21, Tayame Hatake, Alienor la Fantasque, Mawenn35, Sheshe13, juuuuuuuu (je t'adore, merci pour ta review !), Malh, Indifferente et Suchi-story. Vous me faites pleurer par tant de compliments. :')

(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)

Je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 16 ― Sous l'effet de l'alcool

Remus observait Sirius qui faisait tournoyer Lily sur la piste de danse tandis que les musiciens jouaient un rythme énergique. Lily ne semblait pas très stable sur ses pieds. À plusieurs reprises, Sirius avait dû la retenir pour qu'elle ne tombe pas. Cependant, elle riait aux éclats, s'accrochant à lui, et se laissait guider dans ses mouvements. De toute évidence, elle était complètement ivre.

― Black parviendra à coucher avec elle, déclara Sibylle d'un air absent alors qu'elle étalait un jeu de cartes sur la table devant elle. La nuit torride que j'ai vue dans ma boule de cristal... c'est avec lui qu'elle la passera...

― Tu dis n'importe quoi, dit Remus, non sans appréhension. Evans n'aime pas Patmol...

― Peut-être... mais ça peut changer en l'espace d'une soirée bien arrosée...

Remus se tourna vers Sibylle d'un air inquiet.

― Tu ne disais pas ça, tout à l'heure. Tu disais que Patmol n'avait aucune chance avec Evans !

― C'était avant que je lise le destin de Black dans les cartes... Tu vois ? dit-elle d'une voix feutrée en montrant son jeu devant elle. Cette carte avec le cœur gonflé signifie qu'une jolie fille rousse...

― Ça ne veut rien dire du tout, c'est de la foutaise, tout ça ! s'énerva Remus en balayant les cartes d'un geste de la main. Il ne faut pas qu'ils couchent ensemble, Sibylle. C'est important ! Sinon Cornedrue...

― Il est trop tard, c'est déjà écrit dans leur destin. On ne peut rien y changer. D'ailleurs, regarde. Je crois qu'ils sont sur le point de s'embrasser...

Remus pivota si brusquement sur sa chaise qu'il faillit la renverser. Parmi la foule de danseurs, il aperçut Lily, étroitement enlacée dans les bras de Sirius. Ils avaient cessé de danser. À présent, Sirius la fixait avec trop d'intensité alors que Lily semblait hésiter à lever le menton vers ses lèvres.

― Merde ! jura Remus en sautant sur ses pieds.

Précipitamment, il empoigna la main de Sibylle et la força à se lever aussi.

― Mais..., protesta-t-elle. Je n'ai pas fini de ramasser mes cartes...

― On s'en fiche, tu viens danser avec moi, tu les rangeras après !

Fendant la foule à toute vitesse, il bouscula deux elfes sur son passage et arriva sur la piste de danse juste à temps. Au moment où les lèvres de Sirius et de Lily allaient se toucher, Remus lança d'un ton faussement enjoué :

― Hé, ça boume ? On peut se joindre à vous pour danser ?

Sirius s'écarta de Lily qui avait le regard perdu dans le vague et regarda Remus qui se dandinait maladroitement au rythme de la musique. Derrière lui, Sibylle se relevait du sol, les lunettes de travers, et les rejoignait d'un pas chancelant.

― J'ai trébuché..., haleta-t-elle.

― Je vois..., dit froidement Sirius. Apparemment, vous étiez pressés à venir nous rejoindre.

― Quoi ? fit Remus en feignant un air innocent. Mais non, pas du tout. Ce qu'il est bon, cet air-là ! dit-il en battant la mesure dans ses mains. Tu danses avec moi, Lily ?

Il se mit face à elle, dos à Sirius, en continuant de danser, mais Lily ne paraissait plus du tout avoir la tête à la fête.

― Je... je vais aller m'asseoir..., balbutia-t-elle d'un air étourdi.

Et elle partit en zigzaguant parmi la foule.

― Ah, bravo ! s'exclama Sirius avec colère. Tu l'as fait fuir ! Elle allait bien avant que tu n'arrives avec ta belette à lunettes.

― De qui il parle, là ? dit Sibylle, insultée.

Mais personne ne lui accorda d'attention.

― Elle allait bien avant que tu ne sois sur le point de l'embrasser, Patmol ! rectifia Remus en avançant d'un pas vers lui, les poings sur les hanches. Pourquoi faut-il que le sexe soit plus important que tout pour toi ? Tu ne pourrais pas penser à tes amis, parfois ? Je sais que Cornedrue te l'a demandé, poursuivit Remus en haussant le ton, car Sirius avait voulu répliquer. Mais, Patmol, bon sang ! Ça fait déjà plusieurs fois que je te le répète : il n'est pas dans son état normal ! Il te faudrait juste attendre une semaine ou deux. Ça ne devrait pas être si difficile à faire !

― Et si c'est si insupportable de ne pas baiser pendant deux semaines, ajouta Sibylle d'un ton détaché, il y aura toujours d'autres filles qui voudraient...

― Ah, toi, ta gueule ! lança Sirius, énervé. Je ne bande pas pour n'importe qui ! Je bande pour de la qualité, moi ! Et toi, comparativement à Lily Evans, tu n'es qu'une petite Nargole rabougrie.

― C'est quoi une Nargole ? interrogea Sibylle.

― Je ne sais pas, demande à Cornedrue ! Il a appris ça de Lovegood...

― Bon, on s'éloigne du sujet, là ! intervint Remus avec agacement. Bref, tout ce que je veux, Patmol, c'est que tu ne foutes pas le bordel entre Cornedrue et toi. Fais un nœud dedans, s'il le faut, mais ne saute pas Evans !

― Un nœud dedans quoi ?

― Dedans ça ! précisa Remus en pointant un doigt sous la ceinture de Sirius.

Sirius éclata de rire.

― Ce n'est pas si facile à faire, tu sais...

― Je sais, mais, pour une fois, retiens-toi de vouloir toujours tout baiser !

― Tout baiser sauf quelques-unes..., ajouta sombrement Sibylle avant d'esquiver la claque que Sirius lui balança à l'endroit où sa nuque s'était trouvée une seconde auparavant.

.

― Elphinstone ! Non ! Attends !

Lily courait derrière lui dans le couloir en se rhabillant à la va-vite.

― Elphinstone, je t'en supplie...

― Est-ce que tu as conscience de l'âge qu'il a ? s'écria-t-il en se retournant brusquement, sa cape claquant dans l'air.

Ses yeux gris reflétaient une douleur atroce, déchirante.

― Qu'est-ce qui ne va pas chez toi, Minerva ? Pourquoi as-tu fait ça ?

― C'est parce que je ne suis pas... je ne suis pas...

― C'est parce que tu n'es pas amoureuse de moi ! acheva Elphinstone en hochant la tête. Je suis trop vieux pour toi, c'est ça ? C'est ça, hein ? Je m'en rends compte, maintenant, Minerva. Pendant toutes ces années, je me suis trompé...

― Non, ce n'est pas ça que je voulais dire, sanglota Lily dont les larmes ruisselaient sur ses joues. Je voulais dire que ― non, écoute-moi, ne t'en va pas ― je ne suis pas celle que tu crois...

― Je sais...

― Non, tu ne comprends toujours pas..., insista Lily en le talonnant. Je suis... je suis... je ne suis pas...

Mais c'est seulement lorsqu'Elphinstone eut tourné le coin du mur et qu'il fut maintenant trop loin pour l'entendre qu'elle parvint à terminer sa phrase :

― Je ne suis pas le professeur McGonagall...

.

Minerva était assise à la table, la tête dans les mains, et se maudissait pour avoir fini par perdre ses moyens devant Black.

― Ça va ? demanda gentiment Remus en prenant place à côté d'elle.

Minerva ferma les yeux en se passant une main sur son visage.

― Merci..., souffla-t-elle. Grâce à toi, j'ai pu éviter de commettre une abominable bêtise.

Remus sourit timidement.

― De rien. Mon ami Patmol est un véritable prédateur. Il faut toujours s'en méfier.

― Je ne sais pas ce qui m'a prise... c'est l'alcool... je me sentais... ailleurs... déconnectée...

― Tu ne dois pas boire souvent, remarqua Remus.

Minerva secoua la tête, les yeux toujours fermés.

― Enfin, si, avoua-t-elle, il m'arrive de boire régulièrement du vin, mais cela faisait des années que je n'avais pas été... je veux dire, se rattrapa-t-elle aussitôt en rouvrant les paupières, je ne bois pas souvent, en effet.

Remus la dévisagea durant quelques instants, puis il demanda sans préambule :

― Est-ce que tu aimes toujours James, Lily ?

― Mmm... ? fit Minerva qui détourna le regard vers la piste de danse, là où Sirius se disputait avec Sibylle.

― Est-ce que tu aimes toujours James ? répéta Remus d'un ton ferme.

Minerva haussa les épaules d'un geste machinal.

― Oui, bien sûr...

― Tu n'as pas l'air certaine.

― Tu veux bien me raccompagner à la salle commune, Lupin ? demanda brusquement Minerva. Je n'ai plus envie de faire la fête. Avec Black qui ne cesse de me faire des avances et son frère qui me surveille de loin... On s'entend, j'aimerais beaucoup que...

― Désiriez-vous un verre, Miss ? interrompit soudain une petite voix aiguë.

Un elfe de maison s'était arrêté près d'eux pour leur présenter son plateau de whisky Pur Feu.

― Non merci, j'ai déjà assez bu comme ça, répondit Minerva d'un ton impatient avant de se concentrer à nouveau sur Remus. Comme je disais...

― Tu as bien fait, Lily, retentit alors la voix colérique de Sibylle. Ce verre de whisky est l'élément déclencheur de ta nuit torride. Si tu bois ce verre, tu te feras tringler par Black. Je sais que d'habitude, il nous est impossible de s'opposer aux décisions du destin, mais là, j'ai vraiment envie que Black n'obtienne pas ce qu'il veut ce soir.

Jetant un regard noir à Sirius qui surgit derrière le dossier de Remus, Sibylle se laissa tomber sur la chaise à côté de Minerva et finit de ramasser ses cartes éparpillées sur la table.

― Va te faire mettre par le calmar géant, Sibylle Très-Long-Nez ! s'écria Sirius avec fureur. Tu sais que si je n'avais plus le choix qu'entre toi et une grosse limace sortie de la bouche de Servilus, ce n'est pas toi que je choisirais ?

― Patmol, s'il te plaît..., soupira Remus en se pinçant l'arête du nez.

― Allez, bois ce verre, Evans, reprit Sirius en prenant un whisky sur le plateau de l'elfe avant de le déposer devant Minerva. Si tu veux passer une merveilleuse soirée, n'écoute pas Très-Long-Nez !

Il lui adressa un sourire lubrique et Sibylle s'empourpra.

― Non, absolument pas ! protesta-t-elle avec vigueur. Lily, ne bois pas ce verre sinon...

― Sinon quoi ? demanda Minerva, exaspérée. Vous croyez sincèrement que je vais me laisser baiser comme une pauvre idiote si je m'enivre davantage ?

― Oui, répondirent d'une même voix Sirius et Sibylle.

Minerva les regarda en écarquillant les yeux, profondément indignée.

― Comment osez-vous ? s'exclama-t-elle. Que ce soit clair, une bonne fois pour toutes : au grand jamais, je coucherai avec un élève !

― Avec un élève... ? répéta Remus, après un silence perplexe. Que veux-tu dire par là ? Tu préfères les professeurs ?

Minerva se trouva alors embêtée.

― Non, ce n'est pas ça..., répondit-elle d'un ton moins assuré. Je voulais dire, un élève comme moi... Enfin, ce que j'entends par là, c'est que j'ai des principes et que... je pense que tant que je n'ai pas fini mes études à Poudlard...

― Tu mets le sexe de côté pour plus tard ? lança Sirius en ricanant. Attention, Evans, parce que, c'est connu, une belle fille sans sexe, c'est comme une mandragore sans soleil : ça s'étiole. Tu devrais laisser quelqu'un arroser ta rose de temps en temps si tu ne veux pas ressembler un jour à la vieille McGo desséchée...

Il y eut un brusque raclement de chaise. Minerva venait de se lever à la vitesse d'une flèche.

― Et toi, ton petit arrosoir, tu sais où je vais te le mettre ? répliqua-t-elle sous l'impulsion de la colère. Sachez que le professeur McGonagall n'est pas en manque de sexe ! C'est un choix qu'elle a fait au courant de sa vie et...

Elle s'interrompit, rougit et attrapa le verre de whisky d'une main avant de le boire d'une traite. Puis elle se tourna vers Remus.

― Allez, viens, on s'en va...

.

Lily pleurait comme une gamine dans le couloir, recroquevillée dans l'ombre d'une armure. Elle se lamentait d'avoir perdu James et d'avoir par surcroît brisé le cœur d'Elphinstone. Elle n'était qu'une pauvre gourde, destinée au chagrin toute sa vie. Même si elle retrouvait son corps, elle savait qu'elle resterait malheureuse. Elle avait tout gâché.

― James..., gémit-elle d'une voix crispée, le front appuyé sur ses genoux enserrés dans ses bras. James, je m'excuse... j'aurais dû te dire dès le début que je t'aimais... j'aurais dû...

Elle ne savait plus quoi faire. Elle voulait ses amies, mais dans l'état où elle était, c'était impossible. Il n'y avait personne qui pouvait la consoler, personne à qui se confier...

Lily étouffa un sanglot et resserra son étreinte sur ses genoux. Elle se berça dans la pénombre durant de longues minutes, puis elle décida de retrouver le professeur McGonagall. Après tout, elle devait la mettre au courant concernant Elphinstone.

Pauvre homme, pensa Lily avec empathie. Il devait souffrir autant qu'elle à l'heure qu'il était. Et le professeur McGonagall allait l'étriper.

Rassemblant son courage à deux mains, Lily se releva en séchant ses larmes, rejeta ses cheveux défaits en arrière et remit de l'ordre dans sa robe froissée. Puis elle prit le chemin du bureau du professeur McGonagall. La connaissant, Lily était certaine qu'elle ne se serait pas attardée à la fête de Slughorn après avoir interrogé tous les invités. Elle était peut-être déjà en train de concocter l'antidote...

.

― Attends, Lily, dit Remus en se postant devant la porte. Avant de sortir, il faut que tu répondes à ma question.

― Quoi, quelle question ? demanda impatiemment Minerva qui ne voulait plus que rejoindre ses appartements.

― Est-ce que tu aimes encore James ?

Minerva serra les dents en fuyant son regard.

― Il me semble de t'avoir déjà répondu, tout à l'heure, marmonna-t-elle.

― Je veux que tu me donnes ta réponse en me regardant dans les yeux.

Minerva fixait la poignée derrière Remus avec une hâte irrépressible de la tourner.

― Je suis fatiguée, Lupin...

― Réponds-moi !

― Oui, je l'aime encore ! s'écria-t-elle d'un ton irrité. Voilà ! On peut s'en aller, maintenant ?

Elle sentait déjà les effets du whisky Pur Feu lui monter à la tête. Elle devait absolument partir.

Cependant, Remus ne bougea pas de devant la porte. Une expression teintée de désillusion se peignit sur son visage.

― Tu l'as déjà aimé, au moins ? interrogea-t-il d'une voix faible.

L'estomac de Minerva se contracta. Elle savait qu'il n'aurait pas été dupe. Décidément, mentir avec conviction et jouer la comédie ne faisait pas partie de ses habiletés, surtout lorsqu'il s'agissait de feindre des sentiments amoureux pour quelqu'un d'aussi insignifiant que Potter.

― Il vaudrait mieux que tu me reposes ta question demain, suggéra-t-elle après un moment de silence. Là, maintenant, je suis trop... épuisée...

Remus hocha la tête.

― Oui, bien sûr, il vaut mieux que tu te reposes, approuva-t-il d'un ton étrangement retenu.

Et il repartit en direction de sa table.

― Mais... Hé ! s'écria Minerva derrière lui. Tu es censé m'accompagner !

― Patmol se fera un plaisir de t'accompagner à ma place, répliqua Remus en lui jetant un regard froid par-dessus son épaule. Bonne nuit, Evans.

Aussitôt, Sirius apparut avec un sourire extasié et Minerva se sentit blêmir. Précipitamment, elle tourna la poignée et sortit dans le couloir. Mais l'alcool l'empêcha de continuer sa course. Une fois encore, le décor se mit à tourner vertigineusement autour d'elle.

.

Le professeur McGonagall n'était pas dans son bureau ni à la bibliothèque ni dans ses appartements. Lily en vint alors à la conclusion apparente qu'elle se trouvait encore à la fête de Slughorn. Soupirant de résignation, elle entra dans la chambre de McGonagall pour se recoiffer rapidement d'un chignon le plus serré possible, puis se pressa d'atteindre le bureau du professeur Slughorn. Elle espérait que tout se passerait bien, que le professeur McGonagall était véritablement encore à la fête et qu'elle n'avait pas eu de nouveaux ennuis avec Mulciber et Avery.

La rumeur des rires, de la musique et des conversations s'intensifiaient à mesure qu'elle approchait du bureau de Slughorn. Lorsqu'elle entra, elle voulut se faire discrète pendant qu'elle cherchait Minerva des yeux, mais Slughorn repéra immédiatement sa présence parmi la foule et se rua vers elle avec un grand sourire.

― Minerva ! s'exclama-t-il d'une voix tonitruante, le teint très rouge, une coupe d'hydromel à la main. Je suis si heureux que vous soyez venue à ma soirée. Venez. Il y a tellement de gens que j'aimerais vous présenter.

― Heu... c'est gentil, mais... je...

― Je vous offre quelque chose à boire ? demanda-t-il en désignant le plateau rempli de verres de whisky Pur Feu qui déambulait près d'eux.

― Non, merci, répondit Lily qui continuait de chercher Minerva parmi la foule. Je ne tolère pas du tout l'alcool, encore moins le Pur Feu... Vous ne saurez pas, par hasard, où je pourrais trouver Miss Evans ?

Slughorn se tapota la moustache.

― La dernière fois que je l'ai vu, elle dansait avec Mr Sirius Black...

― Elle dansait ? répéta Lily, incrédule.

― Oh, je crois qu'elle est amoureuse de lui ! hoqueta Slughorn, la mine radieuse. Je les ai vus, tout à l'heure, enlacés amoureusement sur la piste de danse. Je dois dire qu'elle a du goût, la petite Lily. Un Black ! Ce n'est pas n'importe qui. J'ai toujours admiré la famille Black. C'est une famille très noble, très...

Mais Lily n'écoutait plus. Elle s'était arrêtée sur les mots « enlacés amoureusement ». Si Slughorn racontait la vérité, elle se demandait franchement ce à quoi jouait le professeur McGonagall.

― Minerva, je vous présente Hamish MacFarlan, capitaine de l'équipe la plus victorieuse de l'Histoire, les Pies de Montrose ! Mais, évidemment, vous le connaissez déjà.

Un grand homme qui venait d'apparaître près d'eux, avec des épaules solides et un nez cassé, saisit la main de Lily et la serra d'une poigne forte.

― Minerva McGonagall ! s'exclama MacFarlan d'une voix rocailleuse. J'ai si souvent entendu parler de vous !

Lily, qui ne cessait de chercher Minerva du regard, lui adressa un sourire évasif.

― Vraiment... ?

Soudain, elle aperçut Remus assis à une table en compagnie de Sibylle et Karline. Elle voulut les rejoindre aussitôt, mais MacFarlan entama une conversation au sujet de Durmstrang et elle dut, par politesse, se restreindre à l'écouter un moment.

.

Minerva marchait d'un pas chancelant dans le couloir tandis que Sirius l'observait d'un air amusé.

― Tu m'étonnes que tu aies quand même bu ce verre, railla-t-il dans son dos. C'était pour défier une seconde fois Sibylle ou... ?

― Pour te montrer que je n'avais pas peur de toi, répliqua Minerva en s'appuyant d'une main sur le mur afin de ne pas perdre l'équilibre. Parce que, franchement, tu n'envisages pas sérieusement de coucher avec moi !

Elle longea le mur quelques secondes, puis elle retomba le dos contre la pierre, la tête lui tournant trop. Elle avait l'impression de flotter dans l'atmosphère, tout en se sentant éminemment lourde.

Sirius émit quelques rires désinvoltes et s'approcha d'elle avec lenteur, sûr de lui.

― Et toi ? demanda-t-il dans un murmure suave. Tu n'envisages pas sérieusement de me résister ?

Il appuya une main au-dessus de l'épaule de Minerva et de l'autre lui effleura la joue dans un geste lascif. Minerva soutint son regard, quoiqu'elle eut de la difficulté à le concentrer sur lui, puis elle fut saisie d'un fou rire. Sirius sourit.

― Qu'est-ce qui te fait rire ? demanda-t-il.

― Toi, gloussa-t-elle. Si tu savais avec qui tu étais en train de flirter...

― Et avec qui je suis en train de flirter ? Ce n'est pas avec Lily Evans ?

Minerva voulut faire non de la tête, mais elle se rendit compte qu'elle ne pouvait pas le faire. C'était comme si ses muscles du cou s'étaient soudain figés, ce qui la fit pouffer à nouveau. Sirius la regarda rire en l'imitant, puis s'abattit brusquement sur ses lèvres et l'embrassa avec impétuosité.

Minerva était tellement étourdie qu'elle eut du mal à prendre conscience de ce qu'il lui arrivait. Ce fut seulement lorsque Sirius relâcha sa bouche sans desserrer son étreinte et que tous deux, haletant, se fixèrent dans les yeux qu'elle se rendit compte que Sirius Black avait réussi à l'embrasser. Et pour une raison qu'elle ignorait, cette constatation lui parut très hilarante.

― Tu rigoles encore, dit Sirius en souriant. Est-ce que ça veut dire que tu acceptes de continuer plus loin avec moi ce soir ?

― Pas exactement, répondit-elle en s'accrochant à ses épaules pour ne pas tomber. Ça veut plutôt dire que tu vas perdre la face devant tes amis lorsqu'ils sauront la vérité...

― Quelle vérité ? interrogea Sirius en fronçant les sourcils.

Minerva eut un ricanement aviné.

― Je ne peux la dévoiler à personne pour l'instant. Je suis condamnée à garder le silence. Mais tu ne pourras pas dire que je ne t'aurai pas averti...

― Tu veux dire que je vais le regretter si je te fais l'amour ? demanda Sirius en la regardant dans les yeux.

Minerva étira les lèvres en un sourire malicieux, puis vacilla contre Sirius qui la resserra dans ses bras.

― Eh bien, je suis prêt à prendre le risque, déclara-t-il avant de happer à nouveau ses lèvres.

Et cette fois, Minerva répondit malgré elle à son baiser torride.

.

― Tu n'as pas envie d'une danse avec moi, Remus ? roucoula Karline au bout de sa chaise, frottant sensuellement son bras du bout des doigts. Regulus n'est pas mieux que son frère, finalement. Il n'a d'yeux que pour Evans, lui aussi. Il n'a pas cessé de la tenir à l'œil... Alors ? Une danse ?

― Je suis un piètre danseur, répliqua Remus sans manifester une once d'intérêt pour elle. De plus, je suis avec Sibylle ce soir et j'aperçois le professeur McGonagall qui s'avance vers nous. Désolé.

Sibylle, qui s'occupait silencieusement à étudier les cartes dans ses mains, eut un discret sourire en coin. Karline fut contrariée. Fusillant Remus du regard, elle se leva au moment où Lily s'arrêtait devant leur table après avoir enfin réussi à échapper à MacFarlan et Slughorn.

― Salut, dit-elle. Vous n'auriez pas vu Miss Evans ?

― Elle est retournée à la salle commune, répondit Remus qui la regardait d'un air intrigué.

― Avec Sirius Black ! ajouta Karline avant de s'éloigner à grands pas furieux.

― Ah bon, dit Lily avec appréhension. Et ce Sirius Black... avait-il l'air de lui... heu... plaire ?

Remus parut interloqué.

― Pourquoi cette question ?

― Pour rien, dit précipitamment Lily en se tortillant les doigts. Une question comme ça... Je vais... heu... m'en retourner. Merci beaucoup.

Elle avait fait deux pas vers la porte quand la voix vaporeuse de Sibylle s'éleva derrière elle :

― Si vous voulez tout savoir, professeur... Lily Evans était complètement bourrée quand Sirius Black s'est proposé de la reconduire à leur salle commune. Mais bien sûr... tout le monde se doute que ce n'est pas à la salle commune qu'il va la reconduire...

Lily sentit son cœur chavirer.

― Quoi ? dit-elle en se retournant vers elle.

Sibylle n'avait pas levé les yeux de ses cartes.

― J'ai essayé de dissuader Lily de ne pas boire ce verre de whisky Pur Feu, mais elle ne m'a pas écoutée. De toute façon, je n'aurais rien pu faire. Le destin de chacun est déjà tout tracé d'avance... Black est donc en train de prendre du plaisir avec Lily dans la Salle sur Demande.

― Mais tais-toi ! lui lança Remus avec un geste dissuasif.

― Impossible, dit Lily d'une voix étranglée. Elle ne pourrait pas faire ça. Ça ne lui ressemble pas.

Sibylle la regarda.

― Quand Sirius Black veut posséder une fille, professeur, il parvient toujours à ses fins... Aïe !

Elle grimaça de douleur.

― Tu as été obligé de me donner un coup de pied sous la table, Remus ?

― Où est cette Salle sur Demande, demanda Lily, les entrailles nouées.

― Au septième étage, répondit Sibylle en se frottant le genou. Elle se situe devant la tapisserie de Barnabas Le Follet. Pour que la porte apparaisse, il suffit de passer trois fois devant en pensant à ce qu'on veut qu'elle devienne.

― Mais vous n'avez pas l'intention de vous y introduire, n'est-ce pas, professeur ? dit Remus d'un air paniqué. Ils ne font rien de mal !

Lily serra les poings si étroitement que ses jointures craquèrent.

― J'espère bien qu'ils ne font rien de mal ! grinça-t-elle entre ses dents. Sinon, je vais les tuer tous les deux !


Voulez-vous vraiment la suite ? Parce que moi j'aurais peur à votre place...

Merci néanmoins d'avoir lu. Et je vous dis à la semaine prochaine. :)

Gros bisous !