D'abord, je veux m'excuser pour mon retard de publication. Il y a un tas de raisons, évidemment, mais je ne m'aventurerai pas à vous les énoncer. L'important, c'est que j'aie réussi à publier ce chapitre, malgré le trouble terrible que j'éprouve d'avoir écrit ça. Bien sûr, il y a des fics mille fois pires que la mienne. Mais là, c'est différent, parce que là c'est moi qui ai écrit cette fic, pas personne d'autre. Et là, je me regarde dans le miroir et je me dis : "Mais tu es folle ou quoi ? Qu'est-ce qui t'est passé par la tête d'avoir écrit un truc pareil ? Que diraient ta famille et tes amis s'ils savaient ?" Et là je réponds : " Bah, je ne suis pas toute seule dans mes délires, tu sais..." Et là, je pense à vous, Rinku13, Piitchoun, Alienor la Fantasque, Mailyn, Piichi21, Juuuuuuu, Lunashura, Suchi-story, Miss-Nails-Black, Tayame Hatake et Indifferente. Jamais je pourrais vous remercier assez pour me soutenir dans mes folies. Une chance que vous êtes là pour m'encourager. J'aurais manqué de courage sans vous.
D'accord, trêve de blablas émotionnels !
(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling ; je m'excuse encore, JK...)
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous promets que je vous reviendrai vite avec la grande finale ! Eh oui, cette fic est déjà terminée. Il ne reste plus qu'un chapitre après celui-là. J'espère que vous aurez aimé jusqu'à la fin. :)
Gros bisous !
Chapitre 18 — Révélations
— Cornedrue ! Cornedrue, attends-moi !
Remus rattrapa James au moment où le portrait de la grosse dame pivotait pour les laisser entrer.
— Je pense avoir compris des choses...
— Laisse-moi, Lunard, je n'ai plus le cœur à rien pour l'instant, dit James d'un air perdu et désespéré. Je veux aller me coucher... Peut-être que demain, je me réveillerai en me rendant compte qu'aujourd'hui n'était qu'un horrible cauchemar...
— Mais..., dit Remus en le suivant dans la salle commune. C'est au sujet de Evans...
Mary et Alice, assises devant la cheminée, tournèrent des yeux intrigués vers eux.
— Je veux encore moins parler d'elle, croassa James avant d'accélérer le pas vers les dortoirs. Je veux être tranquille...
— Qu'est-ce qu'elle a, Lily ? demanda Mary. Qu'est-ce qui se passe ?
Remus regarda James monter l'escalier et entendit la voix couinante de Peter à l'étage.
— Alors ? Est-ce qu'elle griffe vraiment et mord sauvagement ?
— Oh, la ferme, Queudver ! répliqua James avec agacement.
Il y eut un bruit de porte qui claque, puis Peter apparut en bas des marches, l'air dérouté.
— Mais quelle mouche l'a piqué ?
— Le professeur McGonagall l'a attaqué, expliqua Remus à voix basse.
Il jeta un coup d'œil à la table dans le coin, autour de laquelle trois élèves de quatrième année discutaient, puis alla s'asseoir près de Mary et Alice.
— Viens, dit-il à Peter pour qu'il les rejoigne également. Il faut que je vous fasse part de mes idées...
— Comment ça, McGonagall a attaqué Cornedrue ? interrogea Mary tandis que Peter, en se grattant la tête, prenait place dans le fauteuil à côté de Remus. Il a été insolent avec elle ?
— Je ne connais pas beaucoup Lily Evans, déclara Remus, à brûle-pourpoint. Mais vous, oui. Parlez-moi d'elle. À quel point a-t-elle changé aujourd'hui ?
Mary et Alice échangèrent un regard surpris.
— Et qu'est-ce que ça a en rapport avec McGonagall ?
— Evans n'aime plus Cornedrue, reprit Remus, alors que McGonagall a littéralement craqué pour lui cet après-midi.
— Quoi ? s'étonnèrent d'une même voix Mary et Alice.
— Chut ! souffla Remus en lançant un regard inquiet vers la table dans le coin de la pièce.
Les trois élèves continuaient de converser sans leur porter d'attention.
— Mais qu'est-ce que tu veux dire par là ? demanda Mary en baissant la voix. McGonagall est amoureuse de Potter ?
— Ça serait trop absurde, objecta Remus.
— Mais tu viens de dire que..., commença Alice, mais il l'interrompit d'un ton ferme.
— Écoutez, Evans s'est emportée lors de la fête de Slughorn parce que Patmol a insulté le professeur McGonagall. Et McGonagall s'est emportée contre Cornedrue parce qu'il manifestait de l'indifférence envers Evans. Elle semblait avoir le cœur brisé parce qu'il n'aimait plus Evans... parce qu'il ne l'aimait plus, elle ! Je pense que Evans et McGonagall ont échangé de corps ce matin. J'en suis même persuadé.
Un silence stupéfait suivit ses paroles.
— Tu... tu crois ? murmura Mary.
— D'après vous ? dit Remus sur un ton d'évidence. Evans ne vous a pas semblé louche ?
— Oui, c'est vrai, admit Alice d'un air songeur. Elle a été plusieurs fois odieuse avec nous. Elle s'énervait facilement et...
Elle leva des yeux perplexes dans ceux de Remus.
— Mais le professeur McGonagall ne nous aurait jamais envoyé promener ! s'indigna-t-elle.
— Elle est prisonnière d'un corps qui n'est pas le sien, expliqua Remus. Il est normal qu'elle se soit souvent irritée, non ? Je parie qu'un maléfice les empêche toutes deux de dire la vérité à quiconque. Elles doivent trouver elles-mêmes le contre-sort.
— En tout cas, ça explique bien des choses, admit Mary en plissant le front. Leur comportement bizarre devant le bureau de Dumbledore ce matin, l'insistance de Lily pour aller faire des recherches à la bibliothèque, sa réaction choquée quand Black déclare que McGonagall est une femme mal baisée...
— Mais alors, s'affola Alice, les yeux ronds. Si elles ont vraiment échangé leur corps, qu'est-ce qu'on attend avant de leur venir en aide ? Où sont-elles ?
Remus eut alors l'impression que le sol se dérobait sous son fauteuil. Horrifié, il venait tout juste de réaliser que Sirius, en fait, était en train de coucher avec le professeur McGonagall.
.
Lily était pétrifiée dans le cadre de porte. La gorge nouée, elle regardait Sirius, de dos, en train de pilonner Minerva qui hurlait si fort que ni l'un ni l'autre ne l'avait entendue entrer. Le lit ballottait au rythme des coups de reins acharnés, cognant à grands bruits contre le mur, et Minerva s'agrippait aux épaules de Sirius, frémissante de plaisir sous lui. Ce spectacle était si horrible que Lily réprima une envie de vomir. Elle ne pouvait croire que le professeur McGonagall était réellement en train de faire ça. Elle ne pouvait croire que son propre corps était en train de se faire souiller, ternir, déshonorer par Sirius Black.
Comme au ralenti, elle plongea une main tremblotante dans sa poche et tira sa baguette qu'elle pointa directement dans le dos ruisselant de sueur de Sirius. Elle n'eut même pas besoin de prononcer la formule. Sous la force de ses émotions, le jet de lumière jaillit de lui-même au bout de la baguette et frappa Sirius de plein fouet.
— Aaaaaargh ! s'écria-t-il en basculant en bas du lit.
— Nooooon ! hurla simultanément Minerva en se recroquevillant.
Sirius se releva aussitôt en se tordant pour frotter son dos rougi par le sortilège cuisant et fit volte-face. Son visage blêmit d'horreur lorsqu'il aperçut ce qu'il croyait être le professeur McGonagall s'avancer vers lui, les yeux comme deux charbons ardents, soufflant comme un bœuf, la baguette brandie. Puis il plaqua précipitamment ses mains sur son sexe encore bandé.
— Putain de merde ! jura-t-il en reculant vers le mur. Mais qu'est-ce que vous foutez ici ?
Minerva s'était figée sur le lit, terrorisée. Elle avait cessé de respirer. Une main sur la bouche, elle fixait Lily qui s'arrêta à deux mètres de Sirius et poussa un cri lorsqu'un nouveau jet de lumière illumina la pièce.
— Aaaaargh ! hurla Sirius en se baissant de justesse.
Le sortilège écorcha la peinture juste au-dessus de sa tête.
— Mais vous êtes folle ou quoi ? s'écria-t-il avec affolement. Qu'est-ce qui vous prend ?
— Sors... d'ici..., articula Lily avec lenteur, menaçante. Sors d'ici... tout de suite...
Effrayé, Sirius se déplaça sur le côté en lançant un coup d'œil désespéré à son pantalon laissé sur le lit. Mais Lily fit un brusque bond vers lui en rugissant de rage et il s'élança alors directement vers la sortie en hurlant de panique. Dès qu'il disparut dans le couloir, Lily se rua sur la porte pour la refermer dans un claquement violent, puis se retourna vers Minerva.
— Je... je n'étais pas consentante, balbutia celle-ci en se glissant sur les draps, s'acculant contre le montant du lit. J'ai bu et... et je ne savais pas que votre corps ne supportait pas l'alcool...
— Pas consentante ? répéta Lily en s'avançant lentement vers elle. Vraiment ?
Minerva hocha la tête, l'air suppliant. Lily continua de s'approcher, puis, une fois au-dessus d'elle, plongea brusquement la main entre ses cuisses et s'écria avec colère :
— Dans ce cas, expliquez-moi pourquoi vous êtes aussi mouillée !
Minerva poussa un cri en fermant les yeux.
— Ne me touchez pas là, Miss Evans, de grâce, murmura-t-elle.
Mais Lily lui enfonça ses doigts et se pencha au-dessus de son visage pour la regarder dans les yeux.
— J'ai — le droit — de toucher — mon corps — comme — je veux ! rugit-elle en détachant chaque mot au rythme d'un ferme va-et-vient.
Minerva haleta et s'agrippa aux draps en renversant la tête en arrière.
— Mais vous, poursuivit Lily, non ! Vous, vous n'aviez pas le droit de faire ce qui vous plaisait avec mon corps ! Encore moins de s'envoyer en l'air avec Sirius-Crétin Black !
Elle retira sa main avec rage, examina les quelques gouttes de sang sur ses doigts, puis sauta sur Minerva comme un animal, en faisant grincer le matelas.
— Vous m'avez dévirginisée, grosse conne ! vociféra Lily en la secouant sous elle. Comment avez-vous pu ? C'est avec James que je voulais le faire pour la première fois ! Je voulais que ce soit magique ! Maintenant, à cause de vous, je fais partie de la collection de pétasses de Black ! Vous allez me le payer !
— Je suis... désolée !
— Si vous n'aviez pas mon corps, je vous étriperais !
— Il a commencé pendant que j'étais trop ivre pour le repousser, expliqua Minerva, la tête ballottée en tout sens. Je n'étais pas en contrôle de la situation.
— Et vous avez continué ensuite parce que c'était trop bon, c'est ça ?
Elle la relâcha pour la darder d'un œil meurtrier et Minerva se mordit la lèvre sans répondre.
— Vous me dégoûtez ! asséna Lily en se retenant de lui tordre le cou. Vous vous foutiez donc de penser à moi, à mon corps, à... à... Elphinstone ? Et à toutes les conséquences que...
— Vous n'envisagez pas de le lui dire, j'espère ?
Minerva parut terrorisée.
— S'il vous plaît, Miss Evans, n'allez pas...
— Trop tard ! déclara Lily avec un rictus mauvais. Il sait déjà que vous avez fait des cochonneries avec un élève. Et si vous aviez vu la tête qu'il a fait... Il était complètement anéanti.
— Quoi ? glapit Minerva dont le teint prit une couleur de lait caillé. Non !
— Bon, il ne sait pas pour Black, précisa Lily, mais ça en revient un peu à la même chose... Il a surpris Potter, tout à l'heure, en train de vous faire passionnément l'amour sur votre bureau.
Les lèvres de Minerva se mirent à trembler.
— Vous avez fait l'amour... ? murmura-t-elle, effondrée.
— Potter vous a fait l'amour à vous, rectifia Lily. C'est de vous dont il est amoureux, à présent. À cause de votre putain gifle, il a...
— Et vous l'avez laissé faire ? hurla Minerva en crispant les doigts sur les bras de Lily qui éclata d'un rire sans joie.
— Non mais regardez un peu qui est-ce qui parle !
— Je vais vous arracher la tête !
De toutes ses forces, Minerva la fit basculer sous elle et la secoua à son tour.
— Vous, contrairement à moi, vous étiez parfaitement consciente de vos gestes ! Vous n'aviez aucune raison de le laisser faire ! Comment avez-vous pu ?
— Aaaaargh ! cria Lily en essayant de la repousser.
Elle allongea la main et lui tira les cheveux. Criant de douleur, Minerva lui attrapa le poignet à deux mains pour lui faire lâcher prise et Lily en profita alors pour la projeter sur le côté.
— J'ai menti, il ne vous a pas fait l'amour ! avoua Lily, le souffle court. Elphinstone est arrivé à temps. Il vous a seulement embrassé en vous déshabillant un peu. S'il était allé plus loin, je l'aurais arrêté.
— C'est au début qu'il fallait l'arrêter ! s'écria Minerva avec affolement, en se frottant la tête. Maintenant, qu'est-ce que je vais dire à Elphinstone ? Va-t-il encore vouloir m'écouter et me croire si je lui révèle la vérité ?
— On s'en moque ! cingla Lily. Premièrement, sachez que j'ai vraiment essayé de le repousser. Je n'ai pas pris plaisir à me faire sauter dans le corps d'une autre, moi ! Et deuxièmement, vous cherchiez le moyen de vous débarrasser d'Elphinstone. Maintenant que vous êtes sûre qu'il ne reviendra plus jamais...
— Je n'ai jamais voulu me débarrasser de lui ! protesta Minerva. Je voulais seulement qu'il... qu'il...
Mais ses mots se perdirent dans sa gorge. Lily ricana méchamment.
— Vous ne l'aimez pas ! déclara-t-elle froidement. C'est un autre que vous aimez !
— Non, c'est lui que j'aime !
— Non, c'est un autre !
— C'est lui ! affirma Minerva en s'élançant sur Lily pour la faire taire.
Mais Lily la repoussa d'emblée avec une exclamation d'incrédulité.
— Ah, mon Dieu, dans ce cas, c'est le grand amour ! ironisa-t-elle en levant les yeux au ciel. Combien d'années attend-il après vous, déjà ? Seize ans ? Vous devez l'aimer vraiment beaucoup pour ainsi l'avoir fait chier pendant toutes ces années en refusant chaque fois sa demande en maria... — aaargh !
La paume de Minerva s'était abattue si violemment sur la joue de Lily que celle-ci chuta en arrière et tomba en bas du lit.
— Je ne vous permets pas ! beugla Minerva en se jetant sur le sol à son tour avant d'aller l'empoigner par le col de sa robe. Vous savez que j'ai le pouvoir de vous renvoyer de l'école si je veux ? Avez-vous oublié à qui vous vous adressez, Miss Evans ?
— Je vais aller dire à Dumbledore que vous avez couché avec un élève et vous aussi vous serez renvoyée ! répliqua Lily en lui postillonnant dans le visage. Vous êtes tout aussi sinon plus dans la merde que moi, professeur McGonagall ! Dans la putain de merde !
Minerva regarda fixement Lily dans les yeux, sa poitrine nue se soulevant au rythme de sa respiration précipitée, puis elle la relâcha.
— Pourquoi fallait-il qu'il nous arrive autant de malheurs en une seule journée ? déplora-t-elle en se laissant tomber sur le bord du lit, les mains dans le visage. Je ne vois plus ce qui pourrait nous arriver de pire.
— Moi non plus ! s'exclama Lily qui se relevait en donnant un coup de pied dans la robe turquoise en tas sur le sol. En giflant Potter et en couchant avec Black, vous avez largement atteint le comble de l'insupportable !
Avec raideur, elle défripa ses jupons et cala derrière ses oreilles les longues mèches qui s'étaient arrachées de son chignon.
— Je ne suis pas la seule à avoir commis des bêtises dans cette histoire, Miss Evans, gronda Minerva en lui jetant un regard indigné. Sans parler de votre attitude compromettante en classe, vous... vous avez laissé un élève s'approcher de mon corps d'une façon... d'une façon...
Elle ferma les yeux en soupirant d'un air désespéré.
— Je n'ose imaginer ce qu'il est en train de raconter à ses amis en ce moment...
— Il ne racontera rien du tout ! cracha Lily. Potter n'est pas comme Black. Il n'est pas du genre à se vanter de ses prouesses sexuelles. C'est plutôt de moi qu'on parlera dans toute l'école d'ici demain !
Les entrailles de Lily bouillonnaient comme si elles voulaient exploser. S'il y avait une chose qu'elle désirait ardemment faire en cet instant, c'était de faire payer McGonagall très cher.
— Si j'avais su, j'aurais continué jusqu'au bout avec Potter, reprit-elle d'une voix tremblante de rage. J'aurai continué devant Elphinstone, tiens ! En criant de plaisir le plus fort possible, comme vous le faisiez tout à l'heure, pour que tout le monde entende et sache que vous n'êtes qu'une...
— Une quoi ? s'exclama Minerva en ouvrant des yeux révoltés. Une quoi, au juste? Miss Evans, ne pensez pas que je n'en éprouve aucun regret, je sais que j'ai mal agi. Mais de là à m'accuser de...
— La ferme ! hurla Lily en serrant les poings si étroitement que ses phalanges lui firent mal. Je vous ai vue, tout à l'heure, en train de jouir... glorieusement !
— Je ne jouissais pas ! s'écria Minerva en se levant d'un bond. Comment osez-vous me parler de cette manière ? Si vous voulez tout savoir, Miss Evans, Sirius Black ne m'a offert aucun orgasme. C'est un mauvais coup. Il s'arrêtait tout le temps au moment où ça y venait, je devais sans relâche lui demander de conti...
Elle s'interrompit d'emblée, mais il était trop tard. Comme une idiote, elle venait d'en dire trop.
— Vous lui demandiez de continuer ? s'étrangla Lily dont la fureur jaillit à nouveau dans sa poitrine, comme un volcan en éruption. Vous lui demandiez de continuer ?
— Tout comme vous, je ne suis pas en bois, Miss Evans, murmura alors désespérément Minerva.
— Aaaaaaargh !
Poussant un rugissement bestial, Lily se rua sur Minerva qui bascula sur le lit, les bras en croix. Elle s'assit à califourchon sur elle, lui prit les épaules et la secoua à nouveau, mais plus vigoureusement que la fois précédente. Elle voulait lui faire mal, la mordre, la frapper, lui arracher les cheveux, mais elle ne pouvait se résoudre à blesser son propre corps. Pourtant, il fallait qu'elle paie !
Alors, Lily lui relâcha les épaules, s'accouda en lui agrippant la tête à deux mains et, pour une raison qu'elle ne comprit pas exactement, écrasa brutalement ses lèvres contre les siennes.
.
Un gros chien noir empruntait les couloirs en direction de la tour de Gryffondor. Il se faisait discret, jetant des coups d'œil de chaque côté avant de tourner un nouveau coin de mur. Arrivé à quelques distances du portrait de la grosse dame, il s'assit sur son derrière et eut l'air de réfléchir. Ses yeux anxieux scrutaient le décor autour de lui, comme s'il cherchait la solution à un quelconque problème.
Enfin, son regard s'attarda sur deux portraits dont les occupants, un moine replet et une femme avec une perruque blanche, somnolaient, vautrés dans leur fauteuil peint. Le chien sembla hésiter, puis il se releva sur ses quatre pattes avant de faire le tour des environs. Après d'être assuré que personne ne s'y trouvait, Sirius Black reprit sa forme humaine et, le corps complètement nu, s'empressa de se saisir des deux cadres.
— Mais qu'est-ce que... ? s'interrogea le moine replet en se réveillant en sursaut.
Sans lui donner d'explications, Sirius plaça son portrait devant son bas ventre et cacha son postérieur avec celui de la femme qui poussa aussitôt un hurlement :
— Par mes postiches et mes corsages ! Est-ce la lune que j'aperçois derrière mon lorgnon ?
— Oups... désolé, dit Sirius en retournant précipitamment le portrait derrière lui, de façon à lui offrir une meilleure vue.
Serré entre les deux portraits aux occupants ahuris, il s'avança vers celui de la grosse dame et s'arrêta devant elle en s'efforçant de paraître assuré. Mais il ne put s'empêcher de rougir jusqu'à la racine des cheveux lorsque la grosse dame ouvrit des yeux stupéfaits avant de le jauger de la tête aux pieds.
— Une mauvaise farce, je présume ? dit-elle en réprimant un sourire.
— Ne posez pas de question et laissez-moi entrer, tête de fouine, répliqua Sirius.
— Soyez poli, tout de même !
— C'est le mot de passe...
— Je sais ! dit la grosse dame, courroucée, avant de pivoter pour le laisser entrer.
Sirius se glissa dans la salle commune sur la pointe des pieds, puis s'élança à toute vitesse dans l'escalier avant qu'on ne l'aperçoive. Mais la voix de Remus retentit près de lui :
— Patmol ?
Sirius s'arrêta devant la première marche en grommelant un juron et se retourna. Debout devant la cheminée, Remus l'observait d'un air abasourdi tandis que Peter, Mary et Alice restèrent bouche bée derrière lui.
— Mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
— Plus tard, s'agaça Sirius. Là, je n'ai qu'une seule envie et c'est d'aller m'habiller, alors... Qu'est-ce que vous regardez, vous ? lança-t-il froidement au groupe de quatrième année assis à la table dans le coin, qui tournèrent aussitôt les yeux ailleurs.
— Et moi, j'aimerais bien qu'on me raccroche sur le mur, ajouta le moine replet. Je faisais la sieste avant que vous...
— Ah, vous, taisez-vous ! siffla Sirius en secouant brièvement le portrait qui cachait le bas de son ventre.
— C'est à cause de McGonagall, devina Remus en avançant d'un pas vers lui. Elle a réussi à entrer dans la Salle sur Demande pendant que tu... toi et Evans... Enfin, j'ai essayé de la dissuader d'entrer, mais je n'ai pas réussi...
— Quoi ? dit Sirius tandis que Mary et Alice continuaient de le fixer d'un air troublé, promenant leurs yeux sur chaque partie à découvert de son corps. Qu'est-ce que ça veut dire ? Comment ça se fait qu'elle était au courant que je...
— Sibylle Trelawney le lui a dit, répondit Remus.
Il y eut un silence. Peter laissa échapper un petit couinement appréhensif et les doigts de Sirius se crispèrent sur ses deux cadres.
— Ah oui ? dit-il d'une voix furieuse. Elle est allée dire des trucs à McGonagall à mon sujet ? Très bien... Dans ce cas, je m'en vais lui dire deux mots !
D'un pas vif, il marcha jusqu'au trou du portrait de la grosse dame, mais se ravisa lorsqu'il reprit conscience de sa nudité.
— Patmol, reprit Remus alors que Sirius retournait à l'escalier avec un soupir irrité. Il y a autre chose qu'il faut qu'on te dise.
— À propos de McGonagall, justement, enchaîna Mary qui parut faire de gros efforts pour lever les yeux dans les siens.
— J'imagine qu'elle était dans une de ces colères noires lorsqu'elle t'a surpris avec Lily ? demanda Alice d'un ton timide. Tu n'as pas couché avec elle, hein ? Dis-moi que tu n'as pas couché avec elle.
Sirius les regarda simultanément avec mauvaise humeur.
— Cornedrue m'en a donné la permission ! déclara-t-il avec vigueur. J'avais le droit de la baiser ! Et je me serais rendu jusqu'au bout si la vieille furie de McGo n'était pas intervenue ! Qu'est-ce qui ne va pas chez elle pour avoir surgi comme ça dans la chambre de deux élèves qui ne faisaient rien de mal ? Elle m'a même attaqué ! Elle était comme folle, comme si elle pensait que j'étais en train violer Evans alors qu'en fait, elle était parfaitement consentante !
— Ah oui ? s'étonna Alice, perturbée. Lily était consentante ?
— Absolument ! affirma Sirius en se rengorgeant.
Il jeta un regard menaçant aux trois élèves de quatrième année afin qu'ils détournent à nouveau le regard et il s'approcha de Mary et Alice en baissant la voix.
— Si vous voulez tout savoir, je l'ai fait hurler de plaisir comme jamais. Elle était aux anges. Jamais vu une fille aussi chaude de toute ma vie.
Il s'attendit à des réactions excitées de leur part, mais le visage de Mary se décomposa d'horreur et Alice s'effondra dans un fauteuil proche, perdant toute couleur.
— Ben quoi ? dit Sirius sans comprendre. Qu'est-ce que j'ai dit ?
Remus paraissait aussi mal à l'aise qu'elles.
— Heu... Patmol, commença-t-il en se raclant la gorge. Ne panique pas, mais... heu...
— Evans et McGonagall ont interchangé leur corps ce matin, acheva Peter d'une petite voix, comme s'il ne pouvait plus se retenir plus longtemps de lui dévoiler la vérité.
Sirius fronça les sourcils.
— Eh oui, reprit Remus en se grattant la nuque avec malaise. Nous venons de nous en rendre compte tout à l'heure. Leurs agissements étranges et tout ça...
— Vous me faites marcher ?
— Non, c'est très sérieux, affirma Mary, anxieuse. Elles ont vraiment échangé de corps... Ce n'est pas un hasard que Lily a cessé du jour au lendemain d'aimer Potter...
— Ni que le professeur McGonagall s'est amusée à écrire des messages perturbants à Cornedrue, en plein cours, poursuivit Remus.
— Mais alors ? s'étrangla Sirius, le cœur battant. Ça veut dire que... ? Ça veut dire que... ?
Terrorisé, il regarda Remus qui hochait la tête d'un air désolé.
— Oui, Patmol, ça veut dire que ce n'est pas avec Lily Evans que tu viens de t'envoyer en l'air. C'est avec le professeur McGonagall.
Il y eut un double grand bruit. Les deux portraits que tenait Sirius venaient de heurter le sol.
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Lily embrassait furieusement Minerva en la clouant sous son poids. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait, mais elle s'en fichait. C'était comme si toute la rage accumulée durant les dernières heures l'empêchait de réfléchir. Tout ce qui comptait en ce moment était de faire le plus de mal à la personne qui avait violé son corps. Et si elle ne pouvait pas l'étrangler avec ses mains, elle le ferait avec sa langue.
Minerva étouffait des gémissements en s'agrippant à la robe de Lily. Elle essaya de la repousser, mais son geste manquait de conviction. Elle répondait au baiser malgré elle, avec de plus en plus de véhémence, puis son corps se mit bientôt à frissonner.
Brusquement, Lily se retrouva sur le dos. Sans détacher sa bouche de la sienne, Minerva commença à la déshabiller en s'attaquant à sa robe, la tirant, la déchirant. Mais Lily grogna de frustration, empoigna Minerva par la nuque en emmêlant ses doigts dans sa chevelure rousse en bataille et tenta de la ramener sous elle. Minerva poussa un cri de douleur et toutes deux roulèrent sur elles-mêmes, essayant de prendre le dessus sur l'autre. Lily s'agrippait à la tête de Minerva tandis que cette dernière lui broyait le dos et les flancs. C'était comme se faire serrer dans un étau. Lily s'étranglait, mais ne voulait pas lâcher prise. Leurs langues s'entremêlaient dans une lutte acharnée.
Au moment où leurs poumons se contractèrent sous le manque d'oxygène, leurs bouches s'arrachèrent enfin l'une de l'autre et elles avalèrent simultanément de grosses goulées d'air. Lily se retrouva à nouveau sur le dos, écrasée sous le corps nu de Minerva qui l'observa d'un regard intense, les pupilles dilatées.
Lily bouillait toujours de rage. S'emparant de ses épaules, elle voulut la projeter sur le côté pour reprendre le dessus, mais Minerva la plaqua sur les draps avant d'enfouir son visage dans son cou. Lily gémit en sentant ses dents la mordiller. Des sensations étranges se réveillèrent alors dans son corps. Son sang s'échauffait et affluait dans son ventre.
Soudain, Minerva se redressa, se saisit de l'agrafe sur le devant de son soutien-gorge et ouvrit ce dernier d'un seul geste. Lily inspira brusquement et ferma vite les yeux : « Les seins du professeur McGonagall ! », pensa-t-elle avec affolement.
— Non !
Elle voulut se débattre, mais dut au lieu crisper les doigts sur les draps et serrer les mâchoires pour ne pas hurler. Minerva faisait à présent des choses avec sa bouche qui lui suscitait d'incroyables frissons le long de son échine, qu'elle n'avait encore jamais ressentis auparavant. C'en était presque douloureux. Son corps se cambra, se tordit, frémit, puis elle repoussa brusquement Minerva avant de l'immobiliser à son tour sur le dos. Lily ne savait pas ce qu'elle pourrait lui faire en retour pour se venger, mais elle devait lui infliger sensiblement la même torture.
Brutalement, elle l'embrassa, envahissant à nouveau sa bouche de sa langue, et descendit les doigts vers sa poitrine. Elle les referma sur un sein, le massant sans ménagement. Minerva gémit contre ses lèvres en plaquant sa paume sur le dos de sa main. Elle se joignit un instant au mouvement, puis la força à descendre plus bas, la guidant directement vers son entrejambe.
Lily n'hésita pas. De toute façon, c'était son sexe. Elle glissa deux doigts dans son intimité brûlante et effectua un brusque va-et-vient qui fit aussitôt crier Minerva en renversant la tête. Elle mouillait abondamment. Triomphante, Lily se réjouit de l'entendre ainsi hurler. À présent, c'était au tour de Minerva de se tordre et de se cambrer sous ses gestes impitoyables.
Lily continua de la pénétrer sans vergogne, guettant les réactions de son propre corps qu'animait Minerva. Avec une satisfaction sauvage, elle l'observa fermer les yeux, frissonner, se convulser... Puis, elle se rendit compte qu'en fait, cette vue l'excitait.
Comme hypnotisée, elle rapprocha ses lèvres des siennes, respirant son souffle saccadé. Puis, sans prévenir, la main de Minerva se fraya rapidement un chemin parmi ses jupons et s'empara également de son sexe.
— Aaah ! s'étrangla Lily, le souffle coupé.
Une myriade de sensations inattendues se déchaînèrent dans son bas ventre. Minerva glissa ses doigts sous sa culotte et les enfonça en elle, les ressortit, les rentra... Lily se laissa tomber sur ses coudes, écrasant sa poitrine contre la sienne, et réprima un hurlement de plaisir. Mais que se passait-il ? Pourquoi était-ce si bon ? Tandis que Minerva poursuivait son assaut sur ses sens, Lily reprit les mêmes gestes que les siens et leurs corps se mirent alors à onduler dans un même rythme.
C'était terriblement exquis. C'était comme si plus rien n'existait autour d'elles. Il n'y avait plus que les sensations. Jamais Lily ne s'était sentie aussi bien et perdue à la fois. Les yeux fermés pour mieux savourer ce délicieux supplice, elle imitait en Minerva tous ses mouvements en elle et ses cris se mêlaient aux siens, emplissant la chambre.
Puis, soudain, le monde s'effondra...
Lily éclata dans un hurlement jouissif, le corps consumé par de furieux spasmes. Minerva se convulsait autant sous elle, son sexe brûlant pulsant autour de ses doigts. Haletante, Lily émergea de son orgasme en essayant de contrôler sa respiration. Son cœur battait avec frénésie entre ses côtes et son esprit pataugeait dans une totale confusion. Que s'était-il passé ?
Hébétée, elle retira ses doigts de Minerva, qui fit de même, et roula sur son côté du lit. Le silence les enroba. Lily fixa longuement le baldaquin cramoisi au-dessus de sa tête, les yeux écarquillés, les pensées éparpillées, puis finit par sombrer dans un sommeil troublé.
