Bonjour ! ^^

Prêts pour la grande finale ?

C'est passé si vite, je dois déjà vous dire adieu. Mais on se reverra peut-être, non ? Je ne cesserai jamais d'écrire. Et si vous aimez mon style tordu, vous serez toujours les bienvenus à venir me lire. :)

Merci beaucoup à Rinku13, Suchi-story, Alienor la Fantasque, Lunashura, Tayame Hatake, Piichi21, Piitchoun, Mawenn35, Malh, Evangeliade, Indifferente, Miss-Nails-Black, Mailyn, Sheshe13, Euphie31, Myiou, Juuuuuu, Olivia Severus, PheebsH 62, Hohotte, hibatrix, Senslo et GriffNoir. Oui, je prends le temps de tout vous nommer cette fois, parce que vous avez tous été très importants pour moi. Vos messages d'encouragements m'ont fait beaucoup de bien et, je vous l'ai sûrement déjà dit, mais sans vous, je n'aurais jamais trouvé la motivation nécessaire pour poster cette fic jusqu'au dernier chapitre. Je ne pourrai jamais vous remercier assez pour vos compliments. Moi qui suis si angoissée de nature (bah oui, quoi, qu'est-ce qui me prend d'écrire des trucs pareils ?), vous avez su me rassurer. Je vous aime beaucoup, mes lecteurs ! :')

Et je dis merci aussi à tous les autres. Même si vous vous êtes fais discrets, le fait que vous soyez restés avec moi jusqu'à la fin, que vous avez lu et apprécié, me fait très plaisir. ^^

(Les personnages et l'univers appartiennent à JK Rowling)

J'espère que vous aimerez cette finale. :)


Chapitre 19 ― Tout est bien qui finit... presque bien

Lorsque Minerva ouvrit les yeux, elle prit un certain temps avant de reconnaître la chambre où Sirius Black l'avait emmenée après la fête du professeur Slughorn. Elle ne connaissait pas cette pièce, mais elle s'en moquait. Pour le moment, elle avait d'autres préoccupations. Tous les souvenirs de la veille, en particulier ceux de la fin de soirée, lui étaient revenus à l'esprit avec la force d'un coup de tonnerre.

― Oh mon Dieu..., murmura Minerva, honteuse, en rabattant les draps sur sa tête. Qu'est-ce que j'ai fait... ?

Un grognement ensommeillé à côté d'elle lui répondit. Retenant son souffle, Minerva émergea d'en dessous des couvertures et sursauta en apercevant le corps entièrement nu de Lily Evans qui dormait, étendue à plat ventre, à peine couverte des draps. Précipitamment, Minerva se jeta en bas du lit, atterrit à quatre pattes sur le sol et se releva toute tremblante. Sa robe était ouverte jusqu'à sa taille, déchirée, et son soutien-gorge lui avait été arraché.

― Non ! s'horrifia-t-elle en plaquant les mains sur sa poitrine dénudée. Oh non, non, non !

L'idée de prendre la fuite s'empara d'elle. Trébuchant dans une paire d'escarpins, elle récupéra son soutien-gorge laissé près de l'oreiller, se rhabilla rapidement en raccommodant sa robe d'un coup de baguette et s'élança vers la sortie en rejetant ses longs cheveux emmêlés en arrière.

Mais elle s'immobilisa au moment de tourner la poignée. Elle ne pouvait pas s'enfuir comme ça. Elles étaient deux dans ce cauchemar. Lily serait aussi sinon plus perturbée qu'elle à son réveil. Il fallait la rassurer, malgré son propre traumatisme.

Fermant les yeux un moment pour se donner du courage, elle retourna alors sur ses pas et s'arrêta à côté du lit où Lily dormait paisiblement. Ses cheveux roux foncé lui cachaient la moitié du visage. Minerva se racla la gorge.

― Miss Evans ? dit-elle de sa voix sèche respective.

Mais Lily ne remua pas.

― Miss Evans ! répéta Minerva d'un ton plus ferme. Réveillez-vous, je vous prie.

Toujours aucune réaction de sa part.

Minerva soupira. Hésitante, elle avança la main vers son épaule pour la secouer un peu. Mais dès qu'elle effleura sa peau, Lily se retourna brusquement dans son sommeil et Minerva fit un bond en arrière. Lily était à présent étendue sur le dos, les couvertures retroussées jusqu'en bas des genoux, et continuait de dormir comme si rien ne l'avait dérangée.

Minerva détourna les yeux, troublée, et chercha fébrilement sa baguette dans sa poche. Lorsqu'elle la retrouva, elle la pointa vers Lily, sans trop regarder cette dernière, et lui jeta un sort. Lily se redressa en sursaut, les yeux grands ouverts.

― Quoi ? s'exclama-t-elle. Qu'est-ce qu'il y a, Mary ? Je suis en retard pour les cours, c'est ça ?

― Bonjour, Miss Evans, lança Minerva d'un ton abrupt.

Lily tourna la tête vers elle. Pour un moment, elle parut perplexe, puis, comme Minerva, comme si tout ce qu'elle avait fait la veille lui était revenu en un éclair, ses yeux s'agrandirent. Cependant, elle ne sembla pas aussi traumatisée que Minerva. Elle paraissait plutôt heureuse ― très heureuse.

― Oh oui ! s'écria-t-elle en s'enlaçant de ses bras. Mon corps ! C'est merveilleux, j'ai récupéré mon corps ! Mon corps à moi ! Mon précieux corps !

Elle s'examina attentivement, passant ses mains sur son nez, ses joues, son cou, sa poitrine, comme si elle voulait s'assurer que tous les morceaux y étaient.

― J'ai cru que je ne l'aurai plus jamais. Je suis si... soulagée, je suis... je suis... Aaaaargh ! hurla-t-elle soudain en plongeant sous les draps. Mais qu'est-ce que vous faites là à me regarder toute nue ?

On aurait dit qu'elle venait tout juste de s'apercevoir de la présence de Minerva. Cette dernière ouvrit la bouche, mais resta silencieuse.

― Ce n'est pas parce que vous avez usé de mon corps avec Black que vous pouvez vous permettre...

Mais le reste de sa phrase s'étrangla dans sa gorge et son visage, seule partie visible de son corps à présent, prit des teintes écarlates.

― Dites-moi que nous n'avons pas fait ça, demanda-t-elle d'une voix aiguë.

― Fait quoi ?

Ça ! gémit Lily, terrifiée. Vous savez !

À son tour, Minerva rougit, mais tenta de rester impassible.

― Il ne s'est rien passé, Miss Evans, répondit-elle. Absolument rien entre nous, d'accord ?

Lily l'observa durant un instant sans rien dire, puis elle pouffa d'un rire nerveux.

― Par Merlin ! s'exclama-t-elle en se tournant sur le dos, pressant une main sur son front. Mon premier point commun avec Black : voilà que moi aussi, j'ai couché avec le professeur McGonagall !

― N'allez pas raconter ça à personne, Miss Evans ! implora aussitôt Minerva en dirigeant à nouveau sa baguette vers elle. Il ne s'est rien passé ! Je vous en prie, Miss Evans, acceptez qu'il ne se soit strictement rien passé entre nous !

― Évidemment qu'il ne s'est rien passé ! affirma Lily en se glissant de l'autre côté du lit, tirant les draps avec elle afin de récupérer sa robe en mousseline turquoise sur le sol. S'il fallait que quelqu'un sache ça, je serais morte de honte ! Il ne faut rien dire, professeur.

― Non, il ne faut rien dire, approuva Minerva, profondément soulagée. Merci beaucoup, Miss Evans.

Et elle rangea sa baguette d'une main tremblante tandis que Lily s'habillait sous les draps.

― On fait quoi, maintenant ? demanda Lily, anxieuse, après être réapparue hors du lit, toute vêtue. En plus d'avoir un affreux mal de tête à cause de tout l'alcool que vous avez bu, James ne m'aime plus, Black va annoncer partout que j'ai couché avec lui et Elphinstone ne vous aime plus, non plus.

― Elphinstone m'aime encore, assura Minerva avec un pincement au cœur à la pensée qu'il devait souffrir cruellement en ce moment. Ce n'est pas après seize ans qu'il renoncera à son amour pour moi. Je lui écrirai une lettre pour tout lui expliquer et je suis sûre qu'il comprendra.

― D'accord, mais... James ? dit Lily d'une voix douloureuse. Vous pourriez le gifler encore pour qu'il cesse de vous aimer ? Et s'il ne veut plus jamais rien savoir de moi ?

Minerva la regarda.

― James Potter n'a pas cessé non plus de vous aimer, Miss Evans.

― Mais il était sur le point de vous faire l'amour sur votre bureau !

― C'est vous qu'il embrassait, pas moi. Inconsciemment, il vous a reconnue. Vous savez, Miss Evans, en tombant amoureux de vous sous mon apparence, Potter n'aurait pas pu vous donner une plus grande preuve d'amour.

― Je ne comprends pas...

― Peu importe le corps que vous habitez, il vous aime pour ce que vous êtes à l'intérieur.

Et sur ces paroles réfléchies, Minerva se dirigea vers la porte d'un pas ferme.

― Vous venez ? dit-elle en faisant signe à Lily de la suivre. Je crois que nous avons beaucoup de choses à expliquer à nos amoureux.

Elle sourit enfin et Lily la rejoignit en hochant la tête d'un air songeur.

― Oui, vous avez raison, dit-elle. James m'aime. Il... il m'a prouvé que... qu'il... Lorsqu'il saura que c'était moi pendant tout ce temps et que ce n'était pas moi qui l'ai giflé ni qui ai couché avec Black...

Une vague de malaise envahit alors Minerva et elle referma brusquement la porte.

― Quoi ? demanda Lily, surprise.

― Je... heu...

Minerva déglutit.

― Est-il nécessaire que Black sache... ?

― Sache quoi ? Vous voulez dire que vous préférez qu'il ne découvre pas que... ? Ah non ! refusa Lily en croisant les bras. Il est hors de question de le laisser penser que c'est moi qu'il faisait crier comme ça.

― Miss Evans, s'il vous plaît, supplia Minerva. Je risquerais des ennuis avec le directeur...

― Mais puisque vous n'étiez pas consentante ? rappela Lily en haussant les sourcils. Vous étiez soûle, non ?

― Peut-être, mais il reste que j'ai volontairement pris ce verre de trop, alors... vous comprenez...

Il y eut un silence.

― Je comprends, dit froidement Lily. Dans ce cas, que ça vous serve de leçon !

Avec raideur, elle se tourna vers la porte, mais Minerva l'attrapa par le bras.

― Miss Evans, écoutez, insista-t-elle désespérément. Je reconnais toutes mes fautes. Vous avez raison, je suis déplorable. Mais je vous en conjure ! Révélez la vérité à Potter et à vos amies si vous le souhaitez, mais faites en sorte que ça ne s'ébruite pas dans tout le château. Si Black est vraiment comme vous le décrivez : quelqu'un du genre à se vanter de ses exploits sexuels...

Lily baissa les yeux sur la main posée sur son bras, puis les ramena dans ceux de Minerva, la fixant longuement. Enfin, elle murmura :

― Je ne peux pas en revenir... On a vraiment couché ensemble, c'est déroutant.

― Je croyais qu'il ne s'était rien passé ? rappela sèchement Minerva.

― Il s'est passé bien des choses, au contraire, objecta Lily avec un petit rire incrédule. Vous êtes... ma première. Et c'est moi qui ai... commencé... Je ne savais pas ce que je faisais... J'étais si furieuse que je ne réfléchissais plus... Bon Dieu, c'est vous qui m'avez donné mon tout premier orgasme. Vous vous en rendez compte ? En vérité, ce n'est pas vraiment avec Black que j'ai perdu ma virginité, mais avec vous... Et ça me fait tellement... étrange...

Elle continua de regarder Minerva dans les yeux et celle-ci s'embrasa, incapable de parler.

― Il faut que je sache, reprit Lily avec hésitation. Vous répondiez à mes gestes... je veux dire... vous sembliez avoir du... plaisir ― non, écoutez !

Minerva lui avait relâché le bras et secouait la tête pour éviter d'en entendre plus.

― J'ai besoin de savoir ! insista Lily. Vous comprenez, j'ai peur de vous avoir... un peu violée...

― Non ! dit Minerva, avant de regretter aussitôt sa réponse. Je veux dire...

― Vous le vouliez ? Vous avez aimé que je vous embrasse et que je vous touche... ? Enfin, même si c'était mon corps... les émotions, c'était les vôtres...

Minerva eut un petit mouvement de menton en détournant la tête. Mais où voulait-elle en venir ? C'était déjà assez embarrassant comme ça sans devoir s'expliquer en plus.

― Il se trouve que..., se justifia-t-elle néanmoins, parlant lentement, que je ne sais pas ce qui m'a pris, tout simplement. J'imagine que l'alcool m'embrumait le cerveau ou alors...

― Ou alors, continua Lily, les yeux brillants, il y avait vraiment quelque chose d'excitant à s'embrasser soi-même... ?

Et comme Minerva ne répondit pas ― en fait, elle ne voulait pas même réfléchir à cette idée ni jamais découvrir la véritable raison pour laquelle elle s'était abandonnée au plaisir charnel avec son propre corps ―, Lily reprit avec un timide sourire :

― Finalement, on aura tout vécu, y compris les moments les plus... troublants... et intenses... Cette journée restera gravée dans ma mémoire à jamais, professeur. Mais bien sûr, cette petite fin de soirée restera notre petit secret à toutes les deux, n'est-ce pas ?

Lily tapota maladroitement le bras de Minerva qui resta toujours silencieuse, la gorge nouée, puis reprit d'un ton rassurant :

― C'est bon, je vais voir ce que je peux faire pour vous éviter les ennuis. Après tout, vous aviez raison : nous ne sommes pas en bois... moi la première... Je n'ai pas été mieux que vous dans cette aventure...

Et elle ouvrit la porte sans rien ajouter. Elle n'eut pas fait trois pas dans le couloir lorsque Minerva la rappela. Lily se retourna.

― Je m'excuse, Miss Evans, souffla Minerva, les yeux humides. Je m'excuse sincèrement pour tout ce que je vous ai fait.

― Je m'excuse aussi, professeur...

.

― Elle a peut-être passé la nuit dans la Salle sur Demande ? s'interrogea Mary. Ou alors dans les appartements du professeur McGonagall ?

― Oui, sans doute, songea Alice, néanmoins inquiète.

Toutes deux descendaient à la salle commune après avoir constaté l'absence du corps de Lily dans le lit de cette dernière. Remus, l'air aussi anxieux qu'elles, se précipita à leur rencontre, Peter à ses talons.

― Alors ? Elle est au dortoir ?

― Non, répondit Mary.

― Dans ce cas, elle a peut-être passé la nuit dans les appartements de McGonagall.

― Oui, c'est ce qu'on se disait, dit Alice. On va aller voir à la Grande Salle si elle ou McGonagall s'y trouve.

― Bonne idée, approuva Remus. Allez-y. Moi, je vais rester ici au cas où le corps de Lily déciderait de revenir par ici avant d'aller manger.

― Je vais rester aussi, couina Peter, l'expression avide.

Mais Remus le repoussa.

― Non, Queudver, tu ferais mieux d'accompagner Patmol à la Grande Salle. Il lui faut un bon petit déjeuner et en vitesse. Il a besoin de reprendre des couleurs.

Déçu, Peter tourna la tête vers Sirius. Celui-ci, le teint verdâtre, était assis dans un fauteuil et semblait envisager sérieusement de se jeter dans les flammes du foyer et de s'y laisser brûler vif. Il n'avait pas dormi de la nuit. Remus avait tenté par tous les moyens de lui remonter le moral, mais en vain. Sirius ne digérait pas du tout le fait d'avoir été dupé par le professeur McGonagall.

Peter se dirigea à contrecœur vers son ami traumatisé et l'entraîna vers le trou du portrait. Une fois que tous les élèves furent descendus dans la Grande Salle, Remus prit place près de la cheminée et attendit, nerveux. Au bout d'une demi-heure, la silhouette de Lily, échevelée et vêtue encore de sa robe de soirée, apparut enfin dans la salle commune.

― Professeur McGonagall ! s'exclama aussitôt Remus en se levant d'un bond.

Aussitôt, Lily sursauta et s'inspecta les mains d'un air paniqué.

― Quoi ? Non ! Pas encore ! Je ne suis pas... !

― Vous n'êtes pas le professeur McGonagall ?

Lily leva des yeux ahuris vers Remus.

― Tu savais ?

― Je l'ai découvert hier soir, répondit Remus. Mais je croyais que...

― J'ai récupéré mon corps ce matin, expliqua Lily en empoignant une mèche de ses cheveux, comme si elle avait peur qu'ils changent soudain de couleur. Je ne sais pas comment, mais...

Elle fronça les sourcils.

― Il y en a d'autres qui savent ?

― Seulement tes amies, c'est-à-dire Mary et Alice... et les miens...

― Les tiens ? s'exclama Lily, horrifiée. Black aussi ?

― Oui, Patmol aussi, mais pas Cornedrue. Il refuse toujours de parler à quiconque. Il est encore au dortoir...

― Ah non ! gémit Lily en se prenant la tête à deux mains. Maintenant, Black va aller raconter à tout le monde qu'il a couché avec le professeur McGonagall !

Remus éclata de rire.

― Rassure-toi, Lily, Patmol est loin de vouloir révéler à quiconque ce qu'il a fait hier soir dans la Salle sur Demande.

― Tu en es sûr ? dit Lily d'une toute petite voix.

Remus affirma d'un signe de tête.

― Si tu voyais sa mine... Il se vante de ses relations avec les belles filles, comme il dit, mais pas avec... un professeur, tout de même.

Le soulagement qui apaisa Lily fut si profond qu'elle se sentit alors plus légère. Non seulement la réputation du professeur McGonagall serait préservée, mais en plus, Lily n'aurait pas à affronter des rumeurs amères sur sa propre personne. Black tiendrait sa langue.

― Eh bien, tant mieux, dit Lily d'un ton satisfait. Potter est encore au dortoir, tu as dit ?

― Oui et ne sois pas trop dure avec lui, Lily, pria Remus avec malaise. Il croyait que tu ne l'aimais plus. C'est pour ça qu'il a laissé Patmol te...

― Je sais, coupa Lily en le faisant taire d'un geste. Je ne veux pas l'engueuler. Je veux simplement lui dire que... que je l'aime !

Et elle partit d'un pas aérien vers le dortoir des garçons, laissant Remus derrière elle avec un sourire hébété.

.

La porte du bureau du professeur McGonagall s'ouvrit brusquement et Minerva s'empressa de retrouver son encrier, sa plume et ses lunettes. Cependant, elle s'arrêta net lorsqu'elle aperçut le désordre autour de sa table. Tous ses papiers, ses copies à corriger et ses livres s'éparpillaient sur le sol. Par surcroît, Severus Rogue reposait aux pieds de sa chaise, stupéfixé.

Minerva contint ses émotions. D'abord, elle se refusa de s'imaginer ce que Miss Evans avait vécu ici avec Potter et son propre corps. Ensuite, elle ne put s'empêcher d'éprouver de la compassion pour Rogue et son amour à sens unique. Elle n'avait rien dit à Lily au sujet du baiser qu'il lui avait volé. Peut-être aurait-elle dû ? Mais dans quel but ?

Minerva secoua la tête pour revenir à elle. Les histoires de cœur de ses élèves ne la regardaient pas. C'était ses propres amours qui importaient. Se disant qu'elle s'occuperait du ménage plus tard, elle se pencha pour ramasser un rouleau de parchemin, sa plume échevelée, son encrier fissuré et ses lunettes rectangulaires et s'installa dans son fauteuil avant de commencer à rédiger sa lettre pour Elphinstone.

.

Lily poussa doucement la porte du dortoir. Des fournitures scolaires et des vêtements en tas jonchaient le sol. Les rideaux du lit de James étaient tirés. Un silence de plomb emplissait la pièce. Sur la pointe des pieds, Lily s'approcha en évitant de trébucher dans un ballon lumineux increvable laissé dans le chemin et alla s'asseoir sur le lit d'à côté. Elle attendit un long moment ainsi, ne sachant pas trop par quelles paroles commencer, puis, enfin, elle lança les seuls mots qui roulaient en boucle dans sa tête :

― Je t'aime, James...

Il y eut aussitôt un grincement de matelas, les rideaux s'écartèrent brusquement et la tête ébouriffée de James apparut, les lunettes de travers.

― Toi ? s'étonna-t-il avec froideur. Qu'est-ce que tu fiches ici ? Je t'avais pourtant dit que je ne voulais plus jamais que tu m'adresses la parole !

― Ce n'est pas à moi que tu as dit ça, répliqua Lily, blessée.

Elle ne s'était pas attendue à un regard aussi hostile de sa part.

― Si, c'est à toi !

― Non !

Tous deux s'observèrent.

― Qu'est-ce que tu veux ? demanda James d'un ton glacial, en s'asseyant sur le bord de son lit, face à elle. Comment oses-tu venir me voir après tout ce que tu as fait ?

Lily baissa les yeux sur ses mains qu'elle tordit.

― Je venais te dire que je t'aime, souffla-t-elle, et t'expliquer par la même occasion ce qui s'est passé hier...

― Ne te fous pas de moi ! interrompit-il avec colère. Tu me frappes, tu me fais savoir que je te dégoûte, tu... tu couches avec Patmol... Et là tu viens me dire que tu m'aimes ?

― James, écoute...

Je ne veux plus rien savoir de toi ! vociféra-t-il en cognant le matelas de ses poings. Va-t'en ! Tu n'es qu'une... qu'une sale...

― McGonagall et moi avons échangé de corps hier matin ! s'empressa de révéler Lily en se levant d'un bond. J'ai dû prendre sa place et elle a dû prendre la mienne. Le maléfice nous empêchait de divulguer la vérité à quiconque. C'est pour ça que je n'étais plus la même et que... que le professeur McGonagall te faisait de l'effet.

Il y eut un long silence. James s'était figé sur le lit, la mâchoire pendante.

― C'était donc toi... ? croassa-t-il.

― Oui, James, c'était moi, affirma Lily. C'était moi qui t'écrivais ces messages dans la classe pour te dissuader de tomber amoureux du professeur McGonagall, c'était moi qui n'arrêtais pas de rougir quand je croisais ton regard, moi qui étais toute désorientée quand tu m'as couchée sur le bureau dans le but de me faire l'amour...

― Non, Lily, attends ! paniqua James en se levant à son tour. Ce n'est pas ce que tu crois, je ne suis pas tombé amoureux de McGonagall pour de vrai !

― Je sais...

― C'était une plaisanterie !

Il émit un gémissement affolé en s'ébouriffant les cheveux.

― En fait, je ne sais pas ce qui m'a pris, poursuivit-il. McGonagall était différente et elle... je veux dire, c'est moi est devenu fou... enfin, je ne sais pas...

― James, je ne t'en veux pas, dit Lily en lui tendant une main rassurante.

― Et puis tu étais si froide avec moi !

― Je sais, répéta Lily. Je sais...

― Lily, pardonne-moi !

Désespéré, James se laissa retomber sur le lit et plaqua ses mains sur son visage.

― Je suis une grosse merde !

Lily le regarda un moment avec des yeux surpris, puis elle vint s'asseoir auprès de lui.

― Tu n'es pas une grosse merde, dit-elle en passant ses doigts dans son dos. Et je te pardonne.

― Oui mais j'ai failli sauter McGonagall ! insista James d'une voix rauque. Je l'ai embrassée et... et...

― Tu ne l'as pas embrassée, c'est moi que tu embrassais.

― C'était McGonagall quand même. C'était son corps. J'ai agi comme une... bête... Tu as raison de m'avoir jeté ce sort cuisant hier soir...

― James, regarde-moi ! ordonna Lily en se saisissant de son menton pour le forcer à lever la tête dans sa direction. Au contraire, ce que tu as fait m'a prouvé à quel point tu m'aimes.

― Non, Lily, je t'ai prouvé à quel point je suis un crétin ! McGonagall, bon sang ! McGonagall !

― Mais arrête de dire que tu as embrassé McGonagall ! s'exclama Lily en s'emportant. C'est moi que tu as embrassée, Potter ! Moi ! Pas elle ! Tu n'as jamais éprouvé d'amour pour McGonagall ! Jamais !

― Mais...

― Vas-tu finir par comprendre ? poursuivit Lily en sentant les larmes envahir ses yeux sans savoir très bien pourquoi. Pendant tout ce temps, tu n'as jamais cessé d'aimer la même personne : moi ! Juste moi ! Tu te fiches de mon corps. J'aurais pu ressembler à n'importe qui que tu m'aurais aimé quand même. Ça signifie beaucoup pour moi, James, beaucoup ! Tu n'aurais pas pu mieux me montrer à quel point tu m'aimes. Je t'aime, James ! Je t'aime tellement ! Et encore plus qu'avant !

Elle s'interrompit et renifla en s'essuyant les yeux. James l'observait d'un regard aussi humide qu'elle. Le silence revint s'installer entre eux, durant de longues minutes. Plus personne ne prononça un mot. De toute façon, il n'y avait plus rien à ajouter. James avait compris.

Doucement, il passa sa main dans la nuque de Lily, l'approcha de lui et la contempla longuement. Ses yeux étaient brillants, chargés d'émotions. Tout l'amour qu'il éprouvait pour elle étincelait dans son regard. Il glissa un doigt sur sa joue, repoussa une mèche derrière son oreille et effleura ses lèvres de son pouce. Puis il posa enfin sa bouche sur la sienne. Le baiser fut tendre, passionné, le plus beau qu'il soit.

.

Dehors, il faisait un soleil radieux. Un léger vent faisait onduler les arbres de la forêt Interdite. Après avoir libéré Severus du maléfice en lui intimant de ne pas poser de questions, Minerva attendait depuis trois heures devant la fenêtre de son bureau, guettant le moindre mouvement du côté de la grille de Poudlard, à l'autre bout du terrain. Elle priait désespérément pour y voir apparaître Elphinstone. Elle espérait qu'il ait cru les mots de sa lettre et qu'il voudrait bien revenir auprès d'elle.

Elle avait beaucoup réfléchi. Pendant toutes ces années, elle s'était retenue de l'aimer librement afin de le préserver d'une femme, elle, Minerva, dont les souvenirs douloureux d'un autre homme n'auraient jamais cessé de la tourmenter. Elle ne s'était jamais sentie digne de s'abandonner à lui. Elle ne s'était jamais sentie en droit de lui avouer qu'elle l'aimait alors que ses sentiments pour l'autre, elle le savait, persisteraient toujours.

Cependant, cet autre homme était mort depuis presque un an. Et maintenant qu'elle redoutait de perdre également Elphinstone, elle se rendait compte à quel point elle l'aimait et que les souvenirs de son ancien amour étaient ridicules.

Minerva sortit un mouchoir blanc de sa poche et épongea la larme qui avait coulé de son œil. Il y avait longtemps qu'Elphinstone aurait dû lire sa lettre et transplaner devant le portail du château. Pourquoi ne venait-il pas ? Après seize ans d'attente, avait-il fini par renoncer à son amour pour elle ?

Minerva pensa alors à Lily. Tandis qu'elle tordait son mouchoir entre ses doigts dont les ongles avaient tous été rongés, elle se demanda distraitement comment elles avaient fait pour récupérer leur corps respectif. Avait-il vraiment suffi qu'elles s'endorment pour que le maléfice soit rompu, ou alors c'était ce qu'elles avaient fait avant de sombrer dans le sommeil... ?

Minerva frissonna. Elle ne devait plus repenser à ça. Elle devait oublier...

Tout à coup, il lui sembla sensé qu'Elphinstone ne revienne pas après ce qu'elle avait fait de scandaleux avec deux de ses élèves. De toute façon, elle aurait trop honte d'elle-même s'il revenait. Elle se demanda même si elle arriverait seulement à le regarder à nouveau dans les yeux.

Elle songea alors qu'elle ferait mieux de s'occuper à ses corrections plutôt que de rester plantée devant cette fenêtre comme une idiote. Elle devait ravaler ses émotions, redresser les épaules et assumer les conséquences de ses actes. Après tout, la vie continuait. Ce n'était pas la première fois qu'elle avait dû affronter de terribles épreuves. Elle survivrait.

Mais les sanglots lui serrèrent la gorge lorsqu'elle voulut détourner son regard de la fenêtre et ses yeux refusaient de se détacher de la grille au loin.

― Elphinstone, je t'en prie, revient..., murmura-t-elle avec douleur. Revient...

Pourquoi la vie avait toujours été injuste avec elle ?

Enfin, une grande silhouette, enveloppée d'une cape, apparut sur le chemin du château. Rien qu'à sa démarche assurée, Minerva le reconnut. Une exclamation de soulagement mêlée de joie lui échappa. Aussitôt, elle s'élança dans le couloir, ses robes voltigeant derrière elle, et ne s'arrêta pas lorsqu'elle bouscula plusieurs élèves sur son passage. Son cœur battait la chamade. Il était revenu, il était revenu !

Elphinstone avait à peine traversé la cour quand Minerva surgit en haut des marches de pierre avant de se ruer vers lui. Il s'immobilisa et elle s'arrêta à un mètre de lui, le souffle court. Pendant un long moment, ils restèrent silencieux, s'observant. Les yeux gris d'Elphinstone sourirent timidement et ceux de Minerva se remplirent de larmes. Cependant, elle ne pleura pas. Lentement, elle franchit la distance qui les séparait, puis, tout près de lui, elle murmura :

― Je suis désolée...

― Pourquoi ? demanda Elphinstone avec douceur. Si ce n'était pas toi, alors tu n'as rien à te reprocher.

― Non, au contraire, j'ai tout à me reprocher, Elphinstone, tout ! Ça fait seize ans que je te...

Mais Elphinstone la fit taire en posant délicatement ses doigts sur sa bouche.

― Prends ton temps, Minerva. Je peux attendre encore longtemps.

― Non, Elphinstone, il faut que ça cesse, déclara-t-elle en lui emprisonnant la main dans les siennes. C'est une cruauté de ma part que de t'avoir fait souffrir pendant toutes ces années. Tout cela a assez duré. Je n'en peux plus moi-même de devoir...

― Je peux attendre encore, répéta Elphinstone.

Son regard reflétait à présent l'appréhension.

― Minerva, je t'en prie, ne me demande pas à nouveau de sortir de ta vie. Tu sais bien que j'en suis incapable.

― Je sais et ce n'est pas du tout mon intention !

Des élèves jouaient avec un frisbee à dents de serpent dans le fond de la cour, mais ni l'un ni l'autre ne se laissait distraire par leurs rires hilares. Tous deux se fixaient avec une telle intensité que plus rien n'existait autour d'eux.

― Minerva ? risqua Elphinstone à voix basse. Est-ce que tu veux sous-entendre que...

Mais le restant de sa phrase fut étouffé par les lèvres de Minerva qui s'emparèrent des siennes. Surpris, Elphinstone écarquilla les yeux, puis l'enlaça à son tour en approfondissant le baiser. Ils s'embrassèrent avec passion, indifférents aux regards indiscrets. Le temps parut se figer, se dissiper. Plus rien ne comptait pour Minerva que de savourer ce moment de libération avec Elphinstone, le moment où elle avait enfin décidé de s'abandonner.

― Attends, attends ! s'écria soudain Elphinstone en s'écartant d'elle pour la regarder dans les yeux. Minerva, qu'est-ce que ça veut dire ? Explique-moi ce que ça veut dire !

― Pose-moi la question, ordonna-t-elle, le regard flamboyant.

Elphinstone fronça les sourcils en signe d'incompréhension.

― Quoi ?

― Pose-moi la question ! répéta Minerva en le serrant plus fort contre elle, ses ongles rongés s'enfonçant dans son dos. Pose-la-moi maintenant !

― Mais quelle question ? interrogea Elphinstone, affolé. Je ne comprends pas ! Je ne comprends pas...

Puis son visage s'illumina enfin. Soudain, les larmes envahirent ses yeux et un sanglot l'étrangla. Il éclata de rire, pleurant à moitié, reniflant.

― Est-ce que..., commença-t-il, si ému qu'il avait de la difficulté à parler. Est-ce que tu... tu veux m'épouser, Minerva ?

― Oui, répondit-elle immédiatement. Oui, Elphinstone, je le veux. Je le veux !

Et ils s'embrassèrent à nouveau, à pleine bouche, les larmes inondant leurs joues.

.

Sirius se promenait seul dans les couloirs, avec une vague envie d'aller prendre de l'air en haut de la tour d'astronomie. Cette histoire d'échange de corps le rendait malade. Bien que ça lui ait permis de goûter un peu au corps de Lily Evans une fois dans sa vie, il n'avait jamais envisagé d'ajouter le professeur McGonagall dans sa liste de conquêtes.

― Hé, Black-Traître ! Comment va ta séduisante McGo ?

Sirius se retourna et vit Rosier, une large cravate ceignant toujours sa tête, s'avancer vers lui en compagnie de Wilkes et Gibbon.

― Si tu ne m'effaces pas bientôt cette phrase sur le front, il se peut que j'aille à mon tour dire à tout le monde que tu te sois tapé la vieille chouette...

Finite Incantatem ! lança précipitamment Sirius.

Surpris, Rosier cligna plusieurs fois des yeux, puis dénoua sa cravate sur son front et regarda Wilkes et Gibbon.

― Bah oui, ça a fonctionné, dit ce dernier. Tu n'as plus une seule tache d'encre.

― Vraiment ?

― Quoi, ça t'étonne que ce soit une formule aussi simple qui pouvait te débarrasser de l'Encre Tenace du Père Chi-Chong ? dit Sirius avec froideur, en remettant sa baguette dans sa poche. N'empêche, avec un cerveau atrophié comme le tien... Hé, bas les pattes, face de troll !

― Mr Rosier ! s'exclama soudain une voix tonitruante. J'enlève dix points à Serpentard ! Non mais ! Jamais vu autant de mes élèves se comporter avec un si grand manque de décence !

Rosier, qui avait été sur le point d'étrangler Sirius avec ses mains, s'écarta de ce dernier et laissa passer le gros ventre du professeur Slughorn, suivi de Mulciber, Avery et Regulus.

― Mais pourquoi traînez-vous vos valises ? demanda Wilkes.

― Renvoyés..., marmonna Mulciber tandis que Regulus lançait un regard noir à son frère.

Sirius ricana de satisfaction et poursuivit son chemin. Il venait de tourner dans un corridor à droite lorsque Severus surgit d'une salle de classe en reniflant. Lorsqu'il aperçut Sirius, il se figea sur place. Ses yeux rougis laissaient présumer qu'il avait pleuré.

― Quoi ? dit Sirius sans aucune compassion. Tu ne digères pas encore tes limaces ?

― Laisse-le tranquille !

Lily venait d'apparaître au bout du couloir, les doigts entrelacés dans ceux de James, et regardait Sirius avec la plus grande répugnance.

― Je ne veux plus jamais que tu l'embêtes, Black !

― Mais je n'ai encore rien fait, protesta Sirius. Laisse-moi au moins lui dégraisser un peu le nez...

Il sortit sa baguette, mais Severus avait déjà dégainé la sienne. Lily s'empressa de s'interposer entre eux.

― Black, je t'ai demandé de...

Je n'ai pas besoin de ton aide, sale petite Sang-de-Bourbe ! cria Severus d'une voix douloureuse. Va-t'en ! Dégage !

Lily cilla.

― Quoi ? dit-elle.

James, furieux, plongea la main dans sa poche pour s'emparer de sa baguette également, mais Lily le dissuada :

― Non, James, laisse ! Il n'en vaut pas la peine...

Elle jeta un regard blessé à Severus, rempli d'incompréhension, puis s'éloigna en entraînant James à sa suite. Sirius attendit qu'ils soient assez loin avant de foudroyer Severus d'un Impedimenta. Severus, qui n'avait pas lâché des yeux Lily et James, n'eut pas le temps de réagir et s'effondra sur le sol, se tortillant avec rage.

― Voilà pour toi, tête de gland luisante, lança Sirius avant de tourner les talons.

Il arriva dans un long couloir zébré de rayons de soleil qui projetaient l'ombre des croisés sur le sol. L'écho lointain de cris et de rires lui parvenait. Sirius s'avança en regardant par les fenêtres. Au bord du lac, quelques élèves s'amusaient avec un frisbee à dents de serpent et, à l'autre bout de la cour, un homme enveloppé d'une cape entraînait dans sa course une femme dont la robe voltigeait derrière elle. On aurait dit qu'ils s'enfuyaient. En regardant plus attentivement, il s'aperçut que c'était le professeur McGonagall. Son estomac se contracta, puis son sentiment de malaise mêlé de honte s'intensifia lorsqu'il vit James et Lily sortir dans le parc, main dans la main, et aller s'embrasser fougueusement sous le grand hêtre.

― Cornedrue ne t'en tient pas rigueur.

Aaargh ! cria Sirius en sursautant.

Il n'avait pas entendu Remus s'approcher de lui en douce.

― Ah, c'est toi..., dit Sirius d'un ton morne.

― Il sait que ce n'est pas de ta faute. C'est lui qui t'a demandé de coucher avec Lily. Et bien sûr, tu n'avais aucun moyen de savoir qui elle était vraiment...

― Je n'ai pas couché avec McGonagall ! protesta impulsivement Sirius.

Remus eut un rire timide.

― Ce n'était certainement pas avec Evans parce qu'elle était en retenue avec Cornedrue. Evans nous a raconté un peu sa mésaventure, tout à l'heure, à Mary, Alice, Queudver et moi. C'est dingue, quand même, tout ce qu'elle et McGonagall ont vécu en une seule journée.

― Son esprit était peut-être remplacé par un autre, mais son corps y était bien, lui ! C'est donc bel et bien avec Evans que j'ai passé la soirée.

Le sourire de Remus s'évanouit.

― C'est vrai, quoi ! continua Sirius avec vigueur, de plus en plus convaincu. Tu n'es pas d'accord avec moi que lorsqu'une fille possède un corps sublime, son esprit importe peu ?

― Non, répondit fermement Remus.

― Eh bien, tu devrais t'intéresser un peu plus à la luxure.

― Et toi, tu devrais t'intéresser un peu plus au respect des femmes ! répliqua Remus avec froideur. Je retourne auprès de Queudver. Je lui ai promis de l'aider avec son devoir de Sortilèges.

Et il laissa Sirius tout seul devant la fenêtre. James et Lily avaient disparu, sans doute derrière un fourré où ils pouvaient poursuivre leurs échanges à l'abri des regards indiscrets.

Avec un grognement de mauvaise humeur, Sirius se remit en marche, continuant de se convaincre qu'il n'avait jamais touché le professeur McGonagall ― pour faire du bien à sa dignité, quoi ! Et puis, qu'est-ce que ça faisait qu'il préfère le corps des belles filles à leur esprit ? Après tout, il ne faisait pas de mal à personne ; toutes les filles avec lesquelles il avait passé du bon temps avaient été consentantes ― enfin, aucunes ne l'avaient repoussé. Certes, beaucoup d'entre elles avaient espéré qu'il leur en donne plus, mais ça ne l'avait jamais intéressé. D'abord, parce qu'il ne savait pas très bien ce que plus pouvait signifier exactement. Ensuite, l'esprit des filles était, de toute de façon, trop compliqué pour lui à comprendre. Qu'elles aillent au diable !

De dépit, il balança un coup de pied sur une pierre noire qui traînait sur son chemin. La pierre percuta le mur et se fendit en deux.

― Génial ! dit soudain une voix vaporeuse.

Sirius leva la tête et reçut en pleine face les yeux immenses de Sibylle Trelawney.

― Maintenant, je sens que je vais beaucoup m'amuser avec toi, Sirius Black !

― Oh, toi, quand vas-tu te la fermer, une bonne fois pour toutes ? asséna-t-il en la repoussant d'un geste agacé.

Sans se retourner, il poursuivit son trajet à grandes enjambées, marmonnant des flots de jurons aux portraits qui le suivaient des yeux. Puis, tout à coup, le décor bascula et Sirius tomba à plat ventre sur le sol. Une sensation étrange tordit ses entrailles.

― Qu'est-ce qui se passe ? se demanda-t-il à voix haute, avant de s'apercevoir que sa voix n'était plus la même.

Elle était devenue plus aiguë, abominablement féminine...

― Non !

Paniqué, il se releva en trébuchant dans un châle qui pendait à son cou. Il y eut une série de sourds cliquetis, de longs cheveux ondulés tombèrent devant son visage et un poids pesait sur son nez. La respiration de Sirius s'accéléra. Pourquoi portait-il des lunettes ? Et pourquoi autant de bracelets lui ornaient-ils les poignets ?

Non ! répéta-t-il en plaquant ses mains sur sa poitrine, découvrant par là qu'il avait à présent des seins. Noooooooon ! Pourquoi ?

FIN


Merci d'avoir lu et j'espère que cette histoire tordue vous a plu jusqu'à la fin. ^^

Je ne sais pas si j'écrirai une autre fanfic un jour, mais je ne mettrai pas définitivement une croix là-dessus. Après tout, j'ai encore une longue liste d'idées de fanfics à écrire (toutes plus tordues les unes que les autres ; eh oui, j'empire avec les années, vous savez... :P).

Mais pour l'instant, je travaille sur une nouvelle série fantastique originale. Simpliste avec juste assez d'émotions fortes pour me tenir inspirée comme une malade ! Ça va être fou, cette série ! O.O Bref, j'envisage de publier sur FictionPress, parce que je ne peux pas garder cette histoire juste pour moi et il est hors de question de présenter ça à un éditeur ! Non vraiment, parce que j'écris maintenant sans aucune retenue, si vous voyez ce que je veux dire... *w* Bref, je donnerai éventuellement des nouvelles sur mon profil pour les intéressés.

Encore merci à vous et je vous embrasse très fort !

Melfique