Bonjour, lecteurs ! Ça faisait un bail, n'est-ce... mais, y a personne ? Mais... reveneeeez !

Titre : Usque Ad Finem

Rating : K+

Disclaimer : Un jour, je forcerais Miyamoto à me céder ses personnages. Je le jure.

Thème : Récit d'un Combat Final

Descriptif : Le but était de raconter un combat final de l'univers de Zelda en seulement une page. J'ai réussi mon pari.

Un concours ici aussi, mais je n'ai pas été retenue dans les textes gagnants, et j'ai même pas eu un mot des jurés pour savoir ce qu'ils en pensaient. Du coup, je compte sur vous.

Allez, mes braves, bonne lecture !


Usque Ad Finem

Des coups retentissaient à ses oreilles, réguliers, assourdissants, le coupant du monde environnant. Ils allaient et venaient, tels des métronomes, rythmant ses pas et ses mouvements, lui soufflant qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps. L'heure tournait, les minutes s'égrenaient, fatalement, le rapprochant de l'instant fatidique où il rencontrerait son destin. Avec ce son qui résonnait dans sa tête, il lui avait fallu un moment avant de comprendre qu'il s'agissait des battements de son propre cœur, au bord de l'explosion.

Rythme maudit qui lui rappelait sa triste situation, qui l'isolait, le rendant sourd aux hurlements stridents des monstres dont le sang recouvrait sa tunique rapiécée. Il entendait distinctement sa respiration erratique. Il sentait la sueur dégouliner lentement le long de sa colonne vertébrale, la douleur de son corps meurtri. Il ne comptait plus les volées d'escaliers qu'il dut franchir pour atteindre, enfin, la salle où il remplirait la mission qu'on lui avait confiée. Sans reprendre son souffle, il poussa la lourde porte qui se présentait à lui, ornée de draperies dorées.

Le son de l'orgue lui parvenait à peine, noyé dans ses tourments. Son regard flou capta avec grand mal le sourire qui lui offrit son adversaire, mais il sentit bel et bien ses muscles se tendre, et le choc des deux épées se répercuta au plus profond de ses membres endoloris qui hurlaient souffrance et réclamaient repos. Absorbé dans le combat qui venait de débuter, il remarqua à peine que la salle se métamorphosait, évitant les attaque qui risquaient de le blesser encore plus qu'il ne l'était déjà. Estafilades et contusions s'ajoutaient aux autres plaies qui le ralentissaient plus qu'il ne l'aurait voulu, mais c'est avec une détermination sans faille qu'il continuait, plus pour son propre salut que pour celui d'Hyrule.

Nouvelle parade, nouveau coup qui étourdit ses sens, encore, le laissant hébété une seconde de trop. Désorientation, panique, avant que son corps ne rencontre le vide et ne chute. Sans que ses doigts ne desserrent la garde de sa fidèle amie, il se rattrapa du mieux qu'il put au mur pavé de grillage rouillé.

Arrêt. Os qui se casse. Nouvel assaut. Traîtresse routine qui avait peu à peu raison de son esprit. Mais le courage est une force, dit-on, et c'est en usant sans vergogne de cette dernière qu'il parvint à remonter, faisant abstraction de la douleur lancinante. L'accueil fut brutal, violemment jeté à terre comme une vulgaire chose, dominé par son adversaire qui riait, victorieux. Le Seigneur du Mal, avec véhémence, brandit une dernière fois sa lame, prête à être abattue, mais la rapidité lui fit fatalement défaut.

Divine salvatrice, alliée indéfectible, l'Épée de Légende transperça de part en part son ennemi qui hoqueta de surprise, yeux écarquillés. Il recula de quelques pas, Excalibur fièrement planté sa poitrine, et jura en crachotant du sang alors qu'une étrange lumière l'enveloppait. Un hurlement déchirant lui vrilla les tympans, tandis que son adversaire disparaissait à jamais dans les limbes d'une prison éternelle. Ses jambes cédèrent sous son poids, la douleur de sa chute écumant son corps en vagues indomptées. Puis il le sentit s'engourdir, tout mal envolé.

Une cascade d'or couvrit soudain ses yeux, mais il ne voyait déjà plus. Dans une douce caresse, la Mort l'étreignait déjà entre ses membres osseux et étendait son voile sombre sur son âme qui s'obscurcissait petit à petit. Doux apaisement, alors que le rythme de son coeur se fit plus assourdissant. Ses battements s'estompaient, ralentissant leur valse dans leur ballet ultime. Son regard perdait de son éclat premier, scrutant le lointain sans pour autant le voir.

Rendant son dernier souffle, Link garda les yeux ouverts au monde nouveau dont il avait été, un bref instant, le sauveur.