J'avais très mal dormis cette nuit. Je venait tout juste de me brosser les dents, sans trop d'énergie, assommée par la fatigue. Je me dirigeai vers la cuisine de mon appartement, sans me rendre compte que je partais de la salle de bain avec ma brosse-à-dents toujours en main. Mettant le pied dans la salle, je pris un certain moment pour comprendre qu'il y avais quelque-chose qui clochait devant moi. Je fis le saut lorsque ma conscience se dégourdit:il y avait un homme, dos à moi, cherchant quelque-chose dans mon réfrigérateur. Je pris inconsciemment la position défensive de Rock Lee, tenant fermement ma brosse-à-dent dans ma main gauche tel une arme menaçante.
Sans même avoir besoin de se retourner, il sentit ma présence:
- Yume? m'apostropha-t-il
- V...vous...heu... Oui?
J'étais trop perturbée pour donner une réponse constructive ou une phrase complète. Il ferma le réfrigérateur, un casseau de fraise à la main, et s'assied à la table... Ma table... Dans ma cuisine... Dans mon appartement.
Maintenant qu'il me faisait face, je constatai qu'il portait la veste kaki et l'emblème des senseis de Suna. il portait un masque en bandages qu'il avait abaissé pour manger qui semblait normallement cacher sa bouche jusqu'au bas de son nez et une courte frange de cheveux noirs dissimulais son oeil droit, alors que son oeil gauche était d'un doré presque brillant. il était grand et très mince, presqu'autant que Kakashi Hatake. Je me rendais compte qu'il était plutôt séduisant... C'était d'eux qu'il fallait le plus se méfier.
Il fit bref:
- J'm'appelle Nakary, j'ai été désigné pour être ton sensei.
Voyant qu'il n'allait pas m'offrir de plus amples explications, je l'accusai:
- Eh bien, mon ancien professeur n'entrait pas chez moi pour me subtiliser des fraises!
- Ah.
Il ne semblait rien avoir à me dire. Nakary mena une fraise à ses lèvres. Il avait bientôt vidé mon casseau. Gaara, pourquoi m'avoir refiler un sensei pareil?
Impatiente de tout mettre au clair, je ne pus m'empêcher de le questionner:
- Voyager de Suna à Konoha prend trois jours... La lettre demandant à Gaara de m'envoyer un sensei n'a été envoyée qu'hier, comment se fait-il que vous soyez déjà arrivé à destination?
En contemplant la rougeur et la forme d'une des fraises, il me répondit:
- Il faut croire que je peu voyager trois fois plus vite.
Hein? Qu'est-ce qu'il voulait dire? Pouvait-il courir plus vite que les autres ninjas ou un truc du genre? Je devinai que cet homme là n'était pas du genre très bavard... sans pour autant sembler méchant ou asocial. Il semblait plutôt... embrouillé et absent.
Voyant qu'il était distrait, je m'approchai de lui et lui tapota l'épaule du bout de mon doigt pour attirer son attention. Quand il eut une réaction, je lui posai une nouvelle question:
- Heum... Alors... Vous êtes venus... Pour m'emmener en entrainement?
- Oui.
- Eh bien...
Il mangea la dernière fraise et trancha:
- Allons s'y. Mais Gaara requière que l'entrainement se fasse à Suna...
Il se leva.
À Suna? Pourquoi? Comme Konoha ne payait plus sa part pour me faire subsister, l'alliance était-elle rompue? Était-ce pour cela que Gaara voulait que je revienne à Suna? Pour me couver comme Konoha l'avait jadis fait alors que ce n'était présentement plus le cas? J'avais tellement de questions à poser... Mais ce n'était certainement pas de la part de Nakary que j'allais recevoir les réponses. Mieux valait attendre d'être à Suna, pour que je puisse aller demander l'information à Gaara en personne.
Depuis environs trente minutes que nous marchions l'un aux côtés de l'autre dans Konoha. Les gens se retournaient, surpris de voir un sensei portant l'emblème de Suna plutôt que de Konoha sur un bandeau accroché à son bras. Ils ne semblaient pas savoir quoi penser.
Maintenant que je savais qu'on marchait vers Suna pour de l'entrainement, surement intensif, j'étais stressée. Nakary ne semblait pas remarquer que je tremblais. Je voulais savoir ce que nous allions faire. Après un silence, je décidai de prendre parole. Tout me troublait tellement que je n'arrivais pas à m'exprimer correctement. Je bégayai:
- Qu...Qu'allons nous faire, p... pour l'entrainement?
J'étais anxieuse. Des pompes? je ne pouvais en faire aucune: mon thorax s'écrasait sur le sol à chaque fois que j'essayais! De la course? Je ne pouvais pas courir plus de deux kilomètres sans avoir l'impression d'être à l'article de la mort! Décidément, le sport n'était pas mon truc. Et quant au chakra, j'en avais si peu que je serais surprise de pouvoir créer ne serait-ce qu'une souris avec.
- Ce que tu veux.
- HEIN?
Il haussa les épaules.
Je ne savais pas si sa réponse signifiait: «Je me fiche éperdument de toi, je ne perdrai pas mon temps à t'entraîner» ou si elle signifiait plutôt: «Je suis tout à toi, nous nous entraîneront comme tu le juges bon de le faire... même s'il faut commencer avec des exercices plutôt basiques.»
Soudain, Un marchand sortit de l'ombre en agitant une cloche pour nous inciter à s'approcher de son kiosque:
- ...DES FRAISES! DES ÉCHANTILLONS DE FRAISES GRATUITES!
Nakary s'arrêta sèchement. Voyant qu'il n'était plus à proximité de moi, je me retournai. Il était devant le kiosque et s'agitait comme un enfant. Il goûta à toute les fraises, de celles trempées dans le chocolat jusqu'à celles trempées dans le caramel.
Nakary... aimait-il les fraises, par hasard? Je croyais être une fille gourmande... mais maintenant que je voyais Nakary, je devinais que je n'étais pas la pire. Il était aussi excité devant des fraises que Choji devant la viande.
