Je rampais sur le sol. Moi et Nakary venions de courir, comme n'importe-quel ninja le ferait pour se rendre à Suna. Seulement, ma batterie était déjà à sec. Écrasée sur le sol, je ne pouvais plus courir : j'avais les jambes tremblantes et le souffle brûlant soulevant du sable.

- Eufff… Eufff… Je ne peux plus continuer, dis-je d'une voix sifflante… continuez sans moi, sensei… Eufff…

Nakary Sensei s'était arrêté à côté de moi, les mains dans les poches, et me regardait giser par terre comme un ver. Sa respiration n'était même pas un tout petit peu accélérée par l'épuisement. Il fallait en venir au fait : J'étais vraiment nulle. Après un certain temps de silence, il démontra du doigt le trajet que nous avions fait. Quand je tournai la tête dans l'herbe pour regarder derrière, je constatai qu'il pointait l'arche de l'entrée de Konoha. Elle était encore visible d'où nous étions.

Découragée, je laissai tomber ma tête contre le sol.

- Euff…Je vais mourir de vieillesse avant d'être arrivée à Suna… Euff…

Soudain, je sentis une secousse. Nakary me souleva et me pris dans ses bras, probablement dans l'idée de me porter jusqu'à Suna.

Je déteste qu'on me soulève, j'ai toujours détesté ça, enragée, je me laissai emporter :

- SENSEI, LÂCHEZ-MOI! Ordonnai-je

Je n'avais même pas commencé à me débattre que déjà il obtempéra et me laissa tomber sur le sol comme un vulgaire sac de patates. Aie… À nouveau, j'étais un ver qui se tortillait sur le sol… mais cette fois, de douleur.

Nakary se penchât pour me prévenir :

- Nous devons être à Suna avant 23 heures. Ordre de Gaara.

23 heures? Gaara a donc vraiment demandé à Nakary de venir me chercher et de me ramener à Suna… et le tout dans un délai de 2 jours… Alors que la mission prendrait normalement 6 jours? Quesque tout cela voulait dire? Pourquoi Gaara était-il aussi pressé de me savoir à Suna… Je n'en pouvais plus des questions sans réponses. Mais mes préoccupations étaient désormais axées sur le fait que je devais courir trois fois plus vite qu'un ninja alors qu'en réalité, je ne cours même pas plus vite qu'un simple villageois. J'étais désespérée à l'idée de devoir accomplir un tel exploit. Découragée, je levai le regard sur son œil doré. Une mèche de cheveux effarée dans mon visage virevoltait à chacune de mes expirations.

- Allez-s' y, vous. Abandonnez-moi ici. Laissez-moi mourir juste là, sous le soleil. (Je me retournai, couchée sur le dos, regardant le ciel bleu) Je vais attendre... que miraculeusement, un brave expéditeur retrouve ma charogne et l'enterre avec de la poussière et des pierres pour me faire honneur…

- Tu es à deux pattées de Konoha…

- … Vous avez raison, je ne vais pas mourir ici… (Je me levai tremblante et avançai vers un énorme rocher en le désignant du doigt)… Je vais mourir là…

Nakary me suivit vers le monument de pierre, lentement, et m'observa m'écraser sur le sol à nouveau. Il ne détacha pas ses yeux de moi.

- Tu m'avais bien laissé te porter, pourtant, quand tu étais petite.

Mes complaintes s'arrêtèrent brusquement.

- P…Pardon?

Il ne répétât pas. Pourtant, j'avais très bien compris : c'était lui qui m'avait sauvé la vie lorsque j'avais 8 ans.

- C'était vous?! Comment est-ce possible? Vous aviez l'air plus vieux il y dix ans? Quel age avez-vous?

Sans aucun état d'âme, il répondit :

- 252 ans très bientôt.

Mon sang figea, alors qu'il circulait à toute allure à peine deux minutes plus tôt. Secrètement, j'avais peur à l'idée qu'il soit immortel. À mes yeux, l'immortalité était synonyme d'incarnation du mal; Sasori, Hidan et Orochimaru en ayant été des exemples parfaits.

- V… Vous êtes… Immortel?

- Non.

Je ressentis un soulagement. Mais il n'en demeurait pas moins qu'il avait 251 ans.

- Alors comment…

Nakary se leva et allât cueillir une pomme dans un pommier non loin du rocher. J'étais étonnée qu'il trouve la faim dans un moment pareil et qu'il se contente d'une pomme plutôt que de fraises… mais le fait qu'il soit aussi vieux demeurait mon étonnement principal.

Il s'approcha ensuite de moi avec la pomme dans sa main gauche et plongea sa main droite dans la poche de sa veste pour en sortir un sablier de taille moyenne. Je me demandai ce qu'il faisait. Soudain, une lumière bleue illumina le sablier : la couleur du chakra. Je compris que Nakary infusait son chakra au sablier, puis subitement, il le retourna. Le sable teinté d'une brillance de bleu me captivait... Il s'écoulait comme une pluie de saphirs. J'observai alors la pomme dans son autre main et réalisai qu'elle se pourrissait aussi vite que le sable qui coulait.

- Whoa…

Lorsque la pomme fut noire et asséchée, il la jeta derrière lui et rangea son sablier à sa place initiale.

- Comment pouvez-vous faire cela? C'est fantastique! Vous contrôlez le temps!

- Je ne contrôle pas le temps. Personne ne le contrôle.

- Mais vous vennez de…

- De le raccourcir, m'interrompit-il. Je peux rajeunir ou faire vieillir quelqu'un avec mon chakra… mais le faire demande toujours du temps, même s'il s'agit de secondes plutôt que d'années.

Le temps : Quel grand mot. Nous en cherchions tous. Mais pourquoi Nakary n'était-il pas populaire s'il était capable de se rajeunir à volonté? N'était-ce pas ce que cherchait Orochimaru? Peut-être que cette technique qu'avait Nakary avait resté un secret de Suna.

- Ca doit forcément être un secret n'est-ce pas?

- Oui.

- Alors pourquoi m'en parlez-vous?

- Parce que tu es désormais mon élève. Je ne pourrai pas te cacher ce secret indéfiniment. C'est avec cette technique que je suis effectif en combat.

En combat… Alors pour tuer, Nakary avait besoin que son sablier s'écoule completement. Il avait donc raison : il ne contrôlait pas le temps, puisqu'il en avait besoin.

Il était peut-être déjà midi. Plus les heures passaient, moins il nous restait de temps pour arriver à Suna. Nakary Sensei pouvait peut-être vieillir ou rajeunir, il ne pouvait forcément pas raccourcir le voyage entre Konoha et Suna.

Je regardai par terre, ayant du mal à cacher mon aire boudeuse.

- Très bien, cedai-je, apportez-moi à Suna s'il vous plaît…

Il me prit à nouveau dans ses bras. D'un côté, j'avais honte d'avoir besoin d'être transportée pour aboutir à Suna. C'est surement ce que Nakary voulait pour que je m'efforce de m'améliorer la prochaine fois. Eh bien c'était réussi, car dès que mes jambes cesseraient de trembler, je reprendrais la route par moi-même, au risque de ralentir Nakary Sensei.