Je portais une magnifique robe bleue pardessus lequel était placé un tablier blanc. J'étais plongée dans mon livre sous les pétales roses des cerisiers en fleurs. Apaisée par la beauté de la nature, je quittai mon bouquin des yeux pour me laisser envouter par le jardin. Soudain, Nakary, le lapin-ninja blanc aux yeux dorés avec un emblème de Suna, passa en courant devant moi. Il tenait un sablier dans la paume de sa main :

-… Du temps! Je manque de temps! Je vais être en retard! Terriblement en retard!

Intriguée par ce que je venais de voir, je me levai en un bond, et le suivit. En aboutissant au pied d'un arbre, je me penchai au-dessus d'un trou sans en voir le fond. Tout à coup, je basculai et tombai … jusqu'au plus profond du trou et, regardant en haut, je dû m'admettre que je ne pourrai pas ressortir par le même endroit. La voix de Nakary raisonna dans le tunnel du gigantesque terrier :

- Alice! Alice! Suis-moi!

Alice, c'était bien mon nom, n'est-ce pas? Je suivie la voix du lapin blanc qui me menai jusqu'à dehors, à une table longue, encerclée par un lièvre et une souris… et le chapelier fou… Avec ses cheveux rouges décoiffés… et ce symbole japonais sur son front : Gaara… Il tendit la main, comme pour m'accueillir :

- Il est temps pour toi de dévoiler tes talents de rêveuse…

Je m'approchai de la table, et de Gaara, vêtu d'un grand veston et de ce chapeau excentrique. Je voulu poser ma main dans la sienne, mais ne semblait plus avancer, même si je marchais. Il gardait sa main tendue vers moi, comme pour me supplier de ne pas partir :

- Réveille-toi, Alice… lice…

Je ne comprenais plus : la voix semblait s'éloigner… Mais soudain, elle semblât plus nette que jamais :

- Réveille-toi, Yume.

Ahurie, je me redressai. J'étais dans les bras de Nakary Sensei.

- Nous sommes arrivés à Suna.

- Hmm?

- Tu as dormis tout le trajet…

Je tournai la tête : Nous passions belle et bien sous l'arche de Suna. Nous entrions dans le village et le soleil couchant faisait luire le sable de l'allée comme du feu. Quand je retournai mon regard épuisé vers Nakary, je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer avec des oreilles de lapin. Ce rêve… Il avait été si bizarre... Peut-être que mes parents m'avaient conté l'histoire d'Alice au pays des merveilles trop de fois, lorsque j'étais jeune. J'avais le gout de me rendormir, mais me forçai à rester éveillée :

- C'est bon… Baragouinai-je, somnolente, je vais marcher.

Nakary me permis de mettre les pieds au sol. Je repris la route dans Suna à ses côtés. Il avait probablement remarqué que je n'avais pas dormis suffisamment la nuit dernière.

J'étais plutôt gênée puisque je m'étais fixé comme objectif d'entamer une partie du trajet par moi-même, sans avoir besoin d'être portée par Nakary jusqu'à Suna… Mais ma sieste involontaire avait apparemment changé mes plans.

- Pardon, je ne comptais pas à ce que vous me transportiez pendant tout le voyage… en m'endormant j'ai…

- ronflé.

- hein?

- Tu as ronflé… Si ton système respiratoire s'obstrue, c'est peut-être une raison qui explique pourquoi tu ne peux pas courir plus de deux kilomètres.

Nakary me balança cette remarque flagrante comme un coup de casserole en pleine figure. Je commençai à avancer mollement. Je n'étais plus fatiguée, ni assommée par l'envie de dormir : j'étais seulement liquéfiée par le déshonneur… et il le savait sans l'ombre d'un doute puisque malgré ses aires impassibles, j'étais certaine d'avoir décelé un sourire en coin moqueur.

Après quelques minutes de plus de route, nous étions arrivés devant l'office du Kazekage, en plein milieu du village. Nous nous arrêtâmes devant. Il y eut un silence. Après un moment, je le brisai en soupirant :

- Bon… Alors…Que faisons-nous?

- hmm?

- Sensei… Je suis sous vos instructions… mais vous ne m'en donnez jamais…

Il appuya son index sur sa lèvre inférieur, plongé dans une grande réflexion. Nakary était vraiment bizarre.

- Va annoncer à Gaara que nous sommes revenus, trancha-t-il finalement.

Nakary s'éloigna, suivant l'allée de sable. Sans comprendre son comportement, je lui demandai :

- Vous ne vennez pas avec moi?

Nakary ne se retourna même pas pour me répondre, sans plus d'émotions que d'habitude :

- …Je t'ai donné une instruction...

Je n'avais pas envie qu'il pense que j'étais intimidée par Gaara... Même si je l'étais un peu… Mais la raison pour laquelle je voulais qu'il m'accompagne était plutôt que, me connaissant, j'allais me perdre dans les couloirs de l'office. Mais je n'insistai pas.

Pourquoi Nakary était-il aussi distant envers moi? Détestait-il autant ma présence? Si oui, il ne le laissait pas bien paraître puisque je le trouvais sympathique… Quoique bizarre.

J'observais Nakary marcher au loin, au centre de l'allée reluisant de mille feux orangés. Mes pensées revenaient toujours à l'étrange rêve que j'avais fait, depuis les bras de Nakary Sensei... Nakary, qui avait joué le role du lapin blanc en retard qui avait toujours besoin d'un peu plus de temps...