Le bruit de mes pas brisait le silence. J'étais seule à marcher dans cette ville endormie et écoutais le vent siffler dans mes oreilles et cogner des cannes d'aluminium suspendues à des toits de kiosques vides. Parfois, de rares grillons chantaient mais se taisaient vite en m'entendant m'approcher. La fraîcheur du milieu de la nuit créait une légère vapeur lorsque j'expirais. Il faisait si froid, moi qui portait un chandail à manches-courtes, mais je ne me permettais pas, même si il faisait une température nordique, de porter la veste à Gaara sans son consentement. Il ignorait surement qu'il n'avait plus sa veste avec lui. Et bien que cela puisse paraître stupide puisqu'il me l'avait tantôt prêté volontiers, je n'osais pas la mettre et prendre à la fois le risque de la salir.
Je tentais de me remémorer le chemin que Gaara et moi avions tout-à-l'heure emprunté. Je ne croyais pas mal m'y prendre, finalement. Après cinq minutes de marche, cependant, je perdis le fil. Je ne me souvenais plus si nous avions passé par la ruelle de gauche ou l'allée principale. La nuit, lorsqu'il n'y a plus personne, les routes de Suna sont toutes pareilles.
Te voilà encore perdue. Beau boulot! Quand comptes-tu développer ton sens de l'orientation, ton organisation et ta mémoire, un peu?!
En colère contre moi-même, je refusai de m'admettre que je m'étais encore perdue sous prétexte que je me souvenais encore du chemin à prendre pour revenir sur mes pas... Cependant, le recul n'était pas envisageable. J'avais décidé de rendre cette veste à Gaara, alors qu'il en soit ainsi.
Soudain, j'entendis l'écho de plusieurs voix masculines, au loin. Dans un moment de panique, je me cachai derrière le coin du bâtiment qui côtoyait la petite ruelle de gauche. Je glissai un regard espion sur le côté et vis une bonne dizaine de ninjas. Ils s'approchaient et s'arrêtèrent non-loin d'où j'étais cachée. Une autre dizaine de ninjas les rejoignirent, venus d'une ruelle en face de la mienne. Cela avait tout l'aire d'être le point de rencontre d'un attroupement de ninjas. ils n'avaient pas l'air d'être de Suna, puisqu'ils avaient tous les torses nus recouverts de tatouages sombres représentant d'étrange motifs et portaient des shorts noires qui s'effilaient en plusieurs morceaux à la base. J'entendis la voix de l'homme qui semblait bien être le dirigeant de l'ordre. Il parlait si bas que je dût mieux tendre l'oreille pour bien comprendre:
- ...Combien de femmes avez-vous ramenées au repère?
- Nous en avons capturé 30 nouvelles, en ce début de soirée, capitaine.
Le chef soupira, puis grogna:
- Alors nous en avons 1473 au décompte. Plus que quelques centaines et le pouvoir sera entre nos mains...
Mon sang fit un tour et je serrai la veste du kazekage contre mon coeur. C'était eux, les responsables de tous ces enlèvements? L'image de toutes ces femmes entassées dans un énorme entrepôts, comme du bétail, me fit frissonner. J'avais peur pour elles... pour l'avenir de Suna... pour moi...
Que voulaient-ils exactement?
Ne vois-tu pas leur tactique? Plutôt que de s'en prendre à l'armée complète de Suna, cette association s'attaque seulement aux femmes. Comme ca, Suna ne pourra plus s'assurer une progéniture et tombera en ruines.
Cette supposition était issue d'une hypothèse de stratagème lâche, mais rusé. Je me mis inconsciemment à ronger les ongles de ma main droite. Toutes ces pauvres victimes, enfants ou adultes, comment étaient-elles traitées?
Ça c'est si elles sont encore vivante.
Mon cœur palpitât.
- Partez vers la 5e avenue. Nous emprunterons l'allée principale, ordonna le chef à sa deuxième division. Ramenez plus de femmes que cela, la nuit vient à peine de commencer. Avant le lever du jour, nous sortirons de Suna et repasserons pour les femmes restantes lors des nuits à suivre.
Les ninjas firent leurs saluts et se séparèrent par de furtifs bonds.
Voyant qu'ils avaient déserté et que je n'étais plus en grand danger, je sortis de ma cachette et reculai dans l'ombre de la ruelle. Alors que je mis le talon derrière, je fonçai dans quelqu'un et, en peur, je me retournai pour réaliser que la grande silhouette était celle d'un des ninjas aux torses nus.
- Hey du calme, petite.
Il arborait un sourire sadique. Ma respiration s'accéléra et je me retournai dans l'objectif de m'enfuire, mais il me reteint par le poignet et la veste de Gaara me glissa des doigts pour finir par terre.
- Je suis en retard pour mon rassemblement, on dirait.
- Lâche-moi, vous êtes une bande de débiles!
Il se mordit la lèvre inférieure. Se moquant de ma détresse, il me lâchât et m'envoya valser contre le mur du bâtiment. Il me rejoignit ensuite pour rattraper mes deux bras et les immobiliser contre les briques, cette fois avec plus d'ardeur que lorsqu'il me serrait le poignet tout à l'heure. Malgré mon abstinence, il se collât contre mon ventre et promena son regard sur moi:
- Ce boulot ne me paie pas assez.
Il se prit d'un rire cruel.
INVOQUES!
Chose que j'aurais tenté si mes deux mains n'étaient pas entretenues à un mètre l'une de l'autre. Comment pourrais-je faire un ninjutsu dans cette position? Je me mis à me débattre, mais ce fut vain et ne fit qu'alimenter son rire qui, pour moi, semblait s'éterniser. Au cœur de la panique et du désespoir, j'avais une boule dans la gorge et mes yeux chauffaient du sel de mes larmes qui mouillaient mes yeux.
Soudainement, le regard amusé de l'homme se vida, comme si une douleur subite dont l'origine était inconnue venait de le frapper de plein fouet. Horrifié, son étreinte sur moi se desserra. Je demeurai pétrifiée et le regardai dans les yeux. Son regard était perturbé et à la recherche de réponses. Ses yeux se pâlissaient de cataracte, comme ses cheveux qui commençaient à blanchir sur son crâne qui se ridait à vue d'œil. Son visage se mit à maigrir et pris une silhouette squelettique repoussante. Après peu de temps, il s'effondra sur le sol et il ne restât du puissant et costaud ninja qu'un vieillard mourant dans le sable.
Avec la froideur de la température et la chaleur bouillonnante de mon sang, j'avais l'impression que mon cerveau allait exploser ou encore déborder et sortir de ma boîte crânienne par mes globes oculaires. Cette impression devait être due à une forte fièvre. Toujours paralysée par la terreur, j'étais appuyée sur le mur de l'immeuble. Mes jambes molles ne supportèrent plus mon corps tellement elles tremblaient et je m'écrasai contre le sol, à côté du cadavre qui jonchait la ruelle. Je levai le regard entre mes mèches de cheveux trempés de sueur et perçus l'ombre d'un ninja en haut du bâtiment d'en face. Il tenait un sablier. Il était arrivé juste à temps.
Le cœur s'appropriant toute mon énergie pour tambouriner, le néant m'encombrât et quelques secondes suffirent pour que mon esprit s'engouffre dans une noirceur complète.
Vous m'avez sauvée, Nakary Sensei.
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Merci! Bonne patience! :)
