Toujours suivie de Keitaro et Akito, nous aboutîmes à Suna et vîmes, au loin, l'arche du village. Le soleil ne s'était pas encore levé, mais la température nocturne du désert s'était un tantinet élevée, ce qui rendait mon voyage moins pénible.
Mes deux bourreaux s'arrêtèrent derrière moi.
- Nous nous séparons ici, plaça Akito. À chaque soir, nous t'enverrons un pigeon voyageur. Siffle un refrain depuis un balcon pour qu'il te repère… Et tâches de ne pas oublier de lier à sa patte un rapport…
Il me prenait vraiment pour une imbécile.
- Bien sûr, grommelai-je. Je n'oublierai pas.
Akito fronçât les sourcis, semblant se douter de quelque-chose.
- Si j'avais été Moon, je n'aurais jamais permis qu'on te libère, glisse-t-il.
Les deux ninjas firent demi-tour et se retirèrent.
J'essuyai discrètement une goutte de sueur de mon front, soupirai et entrai dans Suna.
À nouveau, les deux ninjas qui gardaient l'entrée du village me toisèrent. Aussi tôt, les grillons qui chantaient se turent lorsque l'un d'eux me lança une remarque.
- Toujours indemne, apparemment.
Sur un ton insolent, je répondis :
- Oui. C'est chouette, non?
Le deuxième jonin s'approcha de moi, me bloquant l'accès. Empêchant la lumière de la lune de m'atteindre, son ombre sur moi me donnait l'impression de rapetisser par-rapport à sa grandeur.
- Tu as dit toi-même que tu n'appartiens pas à notre village, vociféra-t-il. N'espère pas qu'on te laisse entrer.
Ces deux-là me faisaient sortir de mes gonds. Je m'énervai alors devant le jonin gigantesque qui s'entêtais à me bloquer le passage:
- Vous n'avez pas le droit de m'interdire d'entrer.
- Tout à fait. Depuis les enlèvements, Gaara nous fait fermer les portes aux inconnus.
- Je ne suis pas une inconnue! Vous m'avez-vous-même vu sortir de Suna, hier midi!
Le premier jonin qui m'avait tantôt lancé une remarque ajouta :
- Tu ne portes pas le bandeau de Suna. Va-t'en! Ne nous force pas à employer la force.
Quels imbéciles! Détestables!
- Et ça se prétend être la justice de Suna? M'exclamai-je. Je vais parler de vous à votre Kazekage!
- Comment tu comptes te rendre à lui? répondis ce dernier.
Les deux s'esclaffèrent. Il était impensable que je renonce à rentrer à Suna à cause de deux idiots pareils. Je bouillais sous la colère. En tentant de ne pas trop divulguer d'informations sur mon origine, je tentai de les convaincre comme je l'avais fait plus tôt avec Akito et Keitaro:
- Écoutez, je connais des techniques puissantes d'invocations et Gaara a besoin de moi pour mes compétences. C'est à votre Kazekage que vous privez un bénéfice. Alors laissez-moi entrer!
- Prouve-le, alors.
Celui-là, il cherche une baffe.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas invoqué, mais c'était l'occasion pour moi de dégourdir mon chakra. Je ne pouvais pas perdre la face devant ces deux clowns. Partant de cette idée, je savais qu'invoquer un Golem serait hautement au-dessus de mes compétences, mais au moins, je pourrais invoquer quelque chose de fort, bien que petit… Quelque chose de fort mais pas trop gros? Comme quoi? Un scorpion? Pas très impressionnant… Un chien? Non plus… D'ailleurs ces invocations n'ont rien d'imaginatifs.
Crée un ninja
Cette idée dût me faire sourire car cela ferais de moi une mère, indirectement, n'est-ce pas? Donner vie à un ninja? Cela semblait être une idée alléchante! Mais si je plaçais mal les cellules, le ninja que je créerais serait difforme. Et tout cela aboutirait à une reprise ratée de Frankenstein.
- Alors, ça vient? Demanda-t-il, le ton redevenu sévère.
- Oui.
Je joignis mes mains. Tigre. Serpent. Lièvre. Je voyais mentalement le ninja, sa constitution corporelle, mon chakra circulant dans chacune de ses cellules. Soudain, je projetai cette image bleutée juste devant moi. Le gardien apeuré qui me bloquait l'entrée recula et il y eut une explosion de fumée, comme si j'avais fait sauter quelque chose dans un laboratoire. La fumée se dissipa quelques peu et la silhouette d'un corps ninja commença à apparaître à travers la vapeur. Je regardais d'un regard tout aussi curieux que celui du gardien. Quand l'identité de mon invocation se dévoila à moi, je fus secouée.
- Qu…Quoi?! M'exclamai-je alors. J'ai invoqué un clone… de Nakary Sensei?!
En effet, mon invocation avait l'apparence de Nakary. Et il mangeait des fraises depuis un casseau, insoucieux.
- Non. Tu ne m'as pas invoqué. Tu m'as téléporté.
Il y eut un long malaise. Seul Nakary ne s'en préoccupait pas, mangeant toujours ses fraises.
- Téléporté?! ARGH!
Tu n'arrives jamais au résultat que tu veux. Si la téléportation avait été ton objectif, tu n'aurais jamais réussi.
- Félicitation, soupira Nakary. Même l'éclair jaune de Konoha n'a jamais été capable d'accomplir un tel exploit par ninjutsu…
- Ugh…! Mais ce que je voulais, moi, c'était une invocation!
À nouveau, les gardiens de Suna éclatèrent d'un rire agressant.
Heureusement qu'il n'était pas dans la douche au moment où tu as fait cela…
Une grimace se dessina sur mon visage à cette idée. N'importe-quoi! Pourquoi n'ai-je pas réussis à invoquer, comme prévu?!
Prête à étouffer leurs rires moqueurs et incessants, je contournai Nakary et engueula le gardien qui était dans le centre de l'allée :
- Maintenant, laissez-moi passer! J'ai assez perdu de temps avec vous!
Le jonin essuya une larme. Je me sentais comme la pire des risées. Il redevint sérieux et fixa son regard sur Nakary pour lui demander :
- Vous connaissez cette petite peste étrangère, Nakary?
- Oui, répondit le Sensei.
Avec une moue de regret et de mépris, le gardien se tassa du chemin, m'ouvrant le passage. Je pressa le pas, rouge de honte et de colère.
Nakary me suivit dans Suna, s'ayant surement résigné à retourner d'où il venait, avant que je ne le dérange. Il poursuivait en route son déjeuner, ou sa collation nocturne, je ne sais trop.
La lumière du soleil commençait à se montrer, allongeant nos ombres pâles sur le sable de l'allée principale, devant nous. Seuls nos pas se laissaient entendre. Après une ou deux minutes de marche, étrangement, Sensei brisa le silence :
- Alors… tu es sortie de Suna.
- Oui. Ne me parlez plus, je n'ai rien à vous dire.
Nous fûmes à nouveau replongés dans le silence. La colère l'emportant sur mon orgueil, je ne pus endurer ce mutisme plus de trente secondes :
- Vous n'avez rien fait. Vous saviez que j'allais être une arme alors que je n'avais seulement que neuf ans. Ça vous mettais égale, comme tout le monde.
- C'est là une bien grave accusation.
Je ne le regardais pas. J'étais trop en colère pour le regarder dans les yeux. Je préférais me concentrer sur mes pieds qui marchaient et s'enfonçaient lourdement dans le sable.
- Pfff… Et vous n'essayez même pas de le nier…
Du coin de l'œil, je vis son coude, à ma droite, se plier pour aller mener une fraise à sa bouche. Sa désinvolture accentuait mon courroux.
- C'est de la reconnaissance que la manœuvre du Kazekage aurait dût engendrer. Pas de la haine.
- Comment auriez-vous voulu que je sois reconnaissante de ça?!
- En t'ouvrant les yeux sur le situation. En ayant étudié les techniques ninjas de ton village, je représentais non pas une imposition, mais une opportunité pour ton avenir. Tu as toi-même fait ton choix.
Une opportunité?
- Alors vous n'envisagiez pas que je sois ninja à tout prix?
- Non. Tu dois bien mal connaître Gaara pour penser qu'il accepterait de se servir de quelqu'un comme d'une arme.
Je n'avais pas pensé à cela. En effet, Gaara ne traiterais jamais quelqu'un en chair à canon. Il en connait lui-même les conséquences dévastatrices sur un ninja… Ma colère m'avait peut-être aveuglée sur le sujet.
Je baissai le regard.
- Sensei…
- Hmm?
- Où vais-je habiter, maintenant que je n'ai plus d'appartement?
- J'en ai parlé à Gaara. Tu pourras habiter dans son office, le temps des rénovations.
- Merci.
Il y eut à nouveau un silence. Nous marchions toujours, sans trop savoir où nous allions. Je suivais Nakary qui n'avait peut-être pas plus de destination que moi.
Bonjour chers lecteurs! Je suis navrée , il risque d'y avoir beaucoup de mots incohérents, mon auto-correcteur fait souvent des siennes. Aussi, j'adorerais avoir votre avis, en message privé, d'avec quel personnage entre Gaara et Nakary Yume devrait finir par tomber amoureuse? Seule, je ne parviens pas à résoudre ce déchirant dilemme. Voilà pourquoi j'ai besoin de vous, jeunes gens. (Si vous êtes jeunes. Si non, c'est correct aussi). Aussi, voici ma chanson quotidienne: Si vous êtes intéressés par ma fic, faites le moi savoir! ^^ si elle est mise dans des favoris ou que j'ai des reviews, je saurai qu'elle vaut la peine d'être continuée et je publierai de nouveaux chapitres.
Merci! Bonne patience! :)
