Bon, tout d'abord je tenais à vous remercier pour vos reviews, ils m'ont fait chaud au coeur ^^ Je tenais à préciser certaines choses : tout d'abord, Mathieu et Antoine ne m'appartiennent pas (snif.), mais les autres personnages sont à moi. L'histoire en elle même est inspirée de deux livres, je vous laisse chercher ^^ J'espère que ma fiction vous plait ^^
P.S : Je fais un petit coucou à la commu Matoine sur skype, je vous aime !
Mathieu se retourna brutalement vers la voix : il découvrit qu'une femme accompagnée de deux gardes étaient entrés dans la pièce. Il détailla rapidement celle qui venait de parler : ses longs cheveux noirs et raides étaient ramenés derrière sa tête en une queue de cheval basse. Ses traits étaient durs, froids. Son regard vert sombre était des plus inexpressifs. Cette femme terrifiait le jeune homme.
« Vous vous demandez sans doute pourquoi vous êtes là. Et bien, vous avez tous, j'ai bien dis tous quelque chose en commun. Vous avez remis en cause le pouvoir et la force de notre président, M. Morel. Laissez moi vous rafraîchir la mémoire. »
Un écran jusque là invisible s'alluma. Apparut sur l'image un jeune couple dans un restaurant. Ils discutaient gaiement en se dévorant du regard. Ils parlaient de l'actualité, quand le jeune homme eut le malheur de prononcer les mots « De toute façon, j'avais pas voté pour Morel, et j'ai bien fait. Trop parfait pour être honnête. » La jeune fille en face de lui se mit à rire.
Mathieu entendit quelqu'un déglutir sur sa gauche : il reconnut le jeune homme la vidéo. Il avait les yeux rivés sur l'écran, le teint pale et les jambes flageolantes. Le podcasteur se retourna vers la vidéo et son sang ne fit qu'un tour.
L'image... Elle représentait son salon ! Il... Se vit, assit sur son canapé avec Antoine. Et là, les mots fatidiques furent prononcés. « Notre grand, beau et MAGNIFIQUE président devrait rapidement intervenir, lui qui a sauvé héroïquement notre cher pays ! » « Sérieux mec, tu trouves pas que ça a des relents de propagande tout ça ? On en bouffe h24, des « VIVE LE PRESIDENT » ! » « T'as pas tord. On se croirait limite en Allemagne nazie. » « HEIL MOREL ! ». Puis, le décor et les personnages changèrent.
Mathieu resta quelques minutes sous le choc, la bouche ouverte, le cœur battant la chamade et la respiration difficile. Alors ils avaient été filmés ? Ils avaient TOUJOURS été filmés ? En tout cas, depuis un certain temps. Certainement depuis l'élection de Morel. Cette pensée mit Mathieu dans un état de grand malaise. Alors, chaque moment qu'il croyait intime avait été en réalité filmé ? Le jeune homme se sentit... Il ne parvint pas à mettre de mots sur ses sentiments. Il se tourna vers Antoine. Ce dernier fixait ses chaussures, penaud. Il avait peur. Mathieu le sentait. Et il pouvait facilement le comprendre. Ils s'étaient fourrés dans de beaux draps.
Les yeux bleus du prisonnier se tournèrent vers l'écran : il ne vit qu'une image furtive avant que la vidéo ne s'arrête. Le youtuber regarda alors la femme aux cheveux noirs, qui ne tarda pas à prendre la parole.
« Comme vous pouvez le constater, chaque personne présente ici à été injuste envers notre bon président. Vous l'avez tous critiqué, voir même injurié, sans vous soucier de la bonté qu'il a vis à vis de vous. Cet homme est votre sauveur, votre bienfaiteur, et, aujourd'hui, vous allez enfin vous en rendre compte. Mais tout d'abord, laissez moi vous relater les faits. »
Mathieu n'en pouvait plus d'attendre. Il ne voulait qu'une seule chose : savoir ce qu'il allait advenir de lui et son ami.
« Le 1 janvier 2015, des élections improvisées ont eu lieu suite à la démission de l'ancien président, M. Guerin. Georges Morel a été élu en remportant 60 % des suffrages. Quelques jours plus tard, il... »
Mathieu n'écoutait déjà plus. Il regarda autour de lui : les gens étaient terrifiés, certains sanglotaient en silence. Son regard se tourna vers Antoine : il paraissait impassible, il devait sans doute réfléchir au pourquoi du comment.
« En trois mois, le chômage avait déjà fortement diminué... »
Alors qu'il continuait d'analyser les gens autour de lui, le petit châtain se posa une question : et lui ? Comment se sentait il ? La réponse était simple : il n'en savait rien. Il était partagé entre la crainte, le malaise et la sensation d'être en plein cauchemar. Tout était si... Étrange. Il se serait cru dans un roman de science-fiction.
La voix stridente de la femme aux yeux verts le sortit de ses pensées.
« Georges Morel est un homme bon et généreux. Sans lui, notre beau pays, le pays des droits de l'homme, la France, ne serait que ruines et désolation. Il régnerait dans les rues françaises l'anarchie. La loi du plus fort. Ainsi, pour vous montrer à quel point notre président a sauvé notre patrie, vous allez la découvrir, cette anarchie. »
Les mots eurent l'effet d'une balle dans le crane de Mathieu. Que voulait elle dire ?
« En découvrant l'anarchie, ici, avec nous, vous vous rendrez compte à quel point l'homme que vous avez bafoué est grand et respectable. Et quand vous serez dehors, avec tous ces gens prêts à vous tuer sans scrupule, vous regretterez vos injures ! »
Mathieu peinait à rester debout. Son monde s'écroulait au fur et à mesure que la femme parlait.
« Tout d'abord, je vais vous appeler un par un pour vous donner vos numéros. Une fois que vous serez sortis, seuls vos numéros vous désignerons. Prononcer votre nom et votre prénom sera sans impact. Pour nous assurer que les autres Exclus connaissent votre numéro, nous l'avons tatoué sur vos poignets droits. Juste en dessous de votre menotte. »
Les Exclus ? Voilà donc ce qu'ils étaient ? Des Exclus ? Mathieu entendit Antoine déglutir. Le podcasteur aux yeux bleus baissa les yeux vers son poignet droit. Impossible de voir son numéro, du moins pour le moment.
« Je vous conseille d'être attentifs, je ne donne les numéros qu'une seule fois. DESFORETS Marc : N°201. RICHARD Sophie : N°202. SOMMET Mathieu : N°203. DANIEL Antoine : N°204... »
Mathieu n'écoutait plus la liste. Il se fichait pas mal des numéros des autres. Il se fichait pas mal des autres en général, à cet instant précis. La seule chose à laquelle il pensait, c'était les numéros en eux même : si il était le numéro 203, cela voulait dire que 202 personnes étaient ici avant lui. 202. Il y avait donc sans doutes 202 personnes à l'extérieur. Un frisson parcouru l'échine du petit châtain. 202. 202 ennemis, d'après ce qu'il avait compris du discours de la grande brune. Se fut à son tour de déglutir.
Quand la liste fut terminée, un court silence s'installa, silence que la voix glaciale eut vite fait de briser.
« Sur les murs derrière ou à côté de vous sont accrochés des sacs. Il y en a 10. Un chacun, et nous y veillerons. Ces sacs symbolisent la bonté de notre président : chaque sac contient un pistolet Smith & Wesson M&P45. Chaque arme est chargée à bloc, c'est à dire qu'elle contient 10 balles. Servez vous en à bon escient. »
Mathieu se retourna, et vit bel et bien un sac derrière lui. Néanmoins, il était hors de portée, puisque la longueur de sa chaîne lui permettait tout juste de tenir debout.
« Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rajouter quoi que se soit. Tout sera clair une fois que vous serez sortis. »
Mathieu se tourna encore une fois vers Antoine. Ce dernier avait les yeux fermés et paraissait très concentré.
« Je vais donc vous laisser. Une fois que je serais sortie, vous serez libérés de vos chaînes et un décompte de cinq minutes va démarrer. Au bout de ces cinq minutes, toute personne encore présente dans cette pièce sera abattue. Des questions ? »
Personne ne répondit. L'assemblée était trop terrifiée pour prononcer le moindre mot.
« Bonne chance. Lança la voix glaciale. »
La femme se détourna et sortit par l'ouvrant gauche de la porte. Ce dernier se referma aussitôt tandis ce que l'ouvrant droit se déverrouilla et se poussa. 5:00, 4:59... Aussitôt, un flot de prisonniers apeurés se rua vers la porte. Tous avaient pris soin de prendre leurs sacs.
Mathieu resta à sa place. Il se tourna vers Antoine, qui, lui aussi, n'avait pas bougé. Le compte à rebours continuait.
« Mec je suis désolé !
- C'est pas ta faute Mat. On va s'en sortir. Il faut juste qu'on reste soudés, qu'on prenne ces putains de sacs et qu'on se tire. Le plus vite possible. »
Mathieu hocha la tête, prit son sac et rejoignit Antoine qui se tenait non loin de la porte, près à sortir. Le podcasteur aux yeux bleus sentit néanmoins que son acolyte fixait quelque chose derrière lui. Il se retourna et aperçu une silhouette recroquevillée dans un angle de la pièce. A en juger par la longueur de ses cheveux, c'était une fille assez jeune. Le regard bleuté se tourna vers Antoine, qui courait déjà vers la jeune fille. Plus que trois minutes.
Le grand brun s'accroupit vers la jeune fille et, sans hésiter, la prit sur son dos. Elle poussa un cri de terreur et commença à frapper faiblement son sauveur. Antoine se releva et jeta un regard à la salle. Un vieillard était debout contre un mur, paisible.
« QU'EST CE QUE VOUS FOUTEZ ? COUREZ !
- Mon cher ami, je préfère mourir ici. Je ne participerais pas à leur jeu de fous. Bonne chance à vous et votre ami. »
Antoine aurait aimé le raisonner. Mais le compte à rebours affichait deux minutes. Le jeune homme couru en direction de son meilleur ami, malgré le poids de la jeune fille sur ses épaules. Tous trois se ruèrent à l'extérieur.
Dehors, le soleil était entrain de se lever. Antoine posa son fardeau humain sur le sol pour pouvoir observer le lieu plus aisément. Ils étaient dans une forêt. Les arbres étaient hauts, le feuillage abondant. L'air était frais, Mathieu ne regrettait pas de s'être couché tout habillé, à l'instar d'Antoine. Un coup de feu résonna au loin. Les deux podcasteurs se regardèrent, essayant tout deux de refouler leur panique naissante.
Antoine jeta un regard à la petite blonde allongée à ces pieds. Elle tremblait et pleurait. Il s'accroupit vers elle et tenta de la rassurer.
« Hey, calme toi... Chut... Respire... Comment tu t'appelles ? »
- Nu.. numéro 207. »
Sa voix était enfantine et faible.
« Je voulais dire.. Ton vrai prénom. Celui que tu avais avais avant d'arriver ici.
- Je.. je m'appelle May. »
Antoine aida la dénommée May à se lever. Ses longs cheveux blonds, à la limite du blanc, était tressés derrière sa tête. Une fine frange recouvrait son front. Ses yeux bleu nuit fixaient Antoine avec un mélange confus de crainte, de tristesse et de gratitude. Elle se releva difficilement et fit face à Mathieu, qui tentait de la cerner.
« Dis... T'as quel age ? Questionna le plus petit.
- J'ai 15 ans...
- T'es jeune. Qu'est ce que tu fous i... »
Mathieu n'eut pas le loisir de finir sa phrase. Un déchirant cri d'agonie se fit entendre.
Désolée pour le cliffhanger :D Sinon, pour écrire ce chapitre j'ai écouté l'OST de Beyond Two Souls, qui est juste génial :D (mention spéciale à Ju qui préfère celle de Kirby.)
Voilà, si ce chapitre vous à plu, n'hésitez pas à review :D
