Milimagine : Tu as très bien résumé ^^ Oui et non, pour l'enquête :P Il y en aura une autre, qui se révélera intimement liée à celle-ci, et qui va suivre le duo pendant un moment !

VII •

Cela faisait une semaine et demie qu'ils étaient à Cirencenster. Ils avaient pris une chambre dans l'auberge du village, après un ordre de Williamson, afin d'être sur place le temps de leur enquête. Mais ils n'avaient rien trouvé. Pas un indice qui aurait pu leur indiquer que le meurtrier se trouvait dans ce village. Pas un témoignage qui aurait pu les orienter vers une piste ou une autre. Et même si la Gryffondor préférait cela à un nouveau meurtre, pas de nouveau corps qui aurait pu leur fournir des indices. Hermione était d'accord que l'hypothèse de Malefoy tenait la route : c'était le village sorcier le plus proche des trois meurtres et de nombreux sorciers de sang-pur vivaient ici. Mais il était facile de transplaner et rien ne leur garantissait que le coupable habitait ici. Cependant, Williamson leur avait demandé de persévérer. S'ils ne découvraient vraiment rien à la fin de cette semaine, ils pourraient rentrer à Londres. Ils n'auraient alors plus qu'à attendre que le meurtrier refasse surface, pour le malheur d'un autre né-moldu. Cette idée donnait envie de vomir à Hermione mais elle savait très bien que c'était parfois la seule solution pour coincer un tueur.

La cohabitation entre les deux Aurors était tendue. Ils devaient partager une chambre et Hermione dormait sur un matelas à même le sol, Malefoy ayant refusé de lui laisser le lit. Elle ne s'était pas attendue à une excessive galanterie de la part du Serpentard, mais qu'il s'approprie le grand lit deux places alors qu'ils venaient à peine de pénétrer dans la chambre l'avait énormément offusquée. Depuis, elle gardait cette petite rancœur au fond d'elle et ne cessait de ruminer contre son colocataire. Ils se disputaient aussi souvent que possible, pour tout et pour rien, et avaient tous deux les nerfs à vifs. Les rares discussions qu'ils avaient débutaient et se terminaient par des cris et des regards meurtriers. Plus le temps passait, plus la brune était convaincue qu'ils n'étaient pas faits pour être coéquipiers. Hermione avait bien tenté de se montrer agréable mais le naturel de Malefoy avait vite mis ses efforts à mal. Il était toujours froid, hautain, arrogant, comme si ce qu'ils avaient décidé dans l'appartement de la Gryffondor avant leur départ n'avait jamais été dit.

Actuellement, ils étaient enfermés dans la chambre. Ils avaient déjà interrogé un grand nombre des sorciers vivants ici et Hermione tournait en rond, attendant que la famille qu'elle souhaitait interroger rentre chez elle. Malefoy ne lui avait pas adressé un mot depuis qu'ils étaient debout, c'est à dire depuis cinq heures, et la colère montait, menaçant d'exploser à tout moment. Sachant que le patron de l'établissement n'aimerait pas beaucoup qu'elle casse des vitres dans une énième dispute, elle se contenait, évitant de poser les yeux sur le Serpentard nonchalamment allongé sur le lit. N'y tenant plus, elle attrapa sa baguette et sortit en claquant la porte.

Dehors, le soleil de juin brillait et il faisait suffisamment chaud pour qu'elle reste assise dans un coin à profiter de l'air frais, loin de son soit-disant équipier. Elle ne comptait pas aller bien loin, des fois qu'ils aient quelque chose à faire en équipe, comme se hurler dessus, aussi s'installa-t-elle sur un banc, en face de l'auberge et ferma les yeux pour profiter du beau temps. Ils n'avançaient pas sur leur enquête et ça les énervait tous les deux, ce qui causait en grande partie les tensions. Si ça continuait, ils allaient devoir rentrer et attendre un nouveau meurtre en espérant avoir des indices. Et c'était hors de question pour la jeune femme.

***

Malefoy était allongé sur le lit, les yeux fermés. Il avait entendu Granger sortir mais n'avait pas amorcé le moindre mouvement, soulagé de pouvoir être enfin seul. Une semaine et demie complète avec la Gryffondor, c'était trop pour ses nerfs. Il avait accepté le pas qu'elle avait fait vers lui dans son appartement mais très vite, l'agacement avait repris le dessus. Elle était une insupportable Miss-je-sais-tout, elle parlait tout le temps, avait toujours besoin de sortir des références pour chaque choses qu'ils faisaient et surtout elle se montrait aimable. Et Malefoy n'aurait jamais pensé qu'elle se montrerait aimable avec lui. Il préférait la voir en colère, c'était beaucoup plus amusant. Il ne savait pas pourquoi il avait ce besoin de l'énerver, mais il ne savait pas communiquer autrement avec elle. De plus, il était énervé contre lui car il n'arrêtait pas de la trouver... désirable. Et ça, il le refusait. Il ne pouvait pas trouver sa pire ennemie désirable. Quand il avait su qu'il allait devoir faire équipe avec elle, il avait accepté ce fait et s'était promis de tout faire pour travailler dans de bonnes conditions. Mais pas au point de la trouver belle ou de papoter aimablement avec elle. Ça non. Il entendait déjà le tableau de son père lui dire qu'il était la honte de sa famille et qu'il déshonorait les Malefoy. Son père avait beau être mort à Azkaban, il trouvait malgré tout le moyen de l'agacer prodigieusement. Il n'avait pas vraiment aimé le fait qu'il devienne Auror, ne comprenant pas pourquoi son fils unique devrait travailler et risquer sa vie alors que sa fortune lui assurait tout ce dont il avait besoin, et avait tenu un discours de plus d'une heure au Serpentard, avant que celui-ci ne tourne les talons malgré les protestations de Lucius. Geste qu'il avait amèrement regretté car son père avait tenu à le morigéner sévèrement, comme s'il était encore en vie et qu'il pouvait toujours se permettre de punir son fils.

Un bruit sourd suivit d'un cri aigu le tira de ses pensées. Avec vivacité, il attrapa sa baguette et transplana devant la porte de l'auberge, préférant la rapidité de ce moyen que la lenteur des escaliers à descendre à pied. Sous ses yeux, Hermione était entrain d'esquiver des sortilèges que lui envoyait une silhouette encapuchonnée. Son adversaire lança un nouveau sortilège, et le trait vert fusa vers la jeune femme.

« HERMIONE ! hurla Malefoy. »

Heureusement, la jeune femme avait de bons réflexes et elle se jeta sur le côté, évitant ainsi le sortilège de mort. Le sorcier qui l'attaquait se tourna alors vers Malefoy, déconcentré par le cri que celui-ci avait poussé. L'Auror profita de ce fait pour lancer un Stupéfix que le mage encapuchonné ne put éviter, hésitant entre attaquer le Serpentard ou s'occuper de Hermione, toute proche de lui. Cette hésitation lui fut défavorable. Une fois qu'il fut inerte, définitivement maîtrisé, Malefoy le ligota pour plus de sûreté et s'avança vers Hermione, toujours à terre.

La brune serrait les dents, le nez enfoncé dans le sol. Sa cheville l'élançait douloureusement et elle n'avait pas besoin de se redresser pour savoir qu'elle était cassée. Elle entendit des pas se rapprocher et ne tarda pas à voir le bout des chaussures de Malefoy apparaître.

« Non mais qu'est-ce qui t'as pris de sortir seule, t'es complètement inconsciente ? cria le jeune homme. C'est pas pour rien qu'on est en équipe, c'est pour éviter ce genre de situations.
- Ah parce que tu as tout fait pour me retenir bien sur, répliqua la jeune femme, amère.
- Ce n'est pas ma faute si tu es partie sans prévenir.
- Et ce n'est pas la mienne si ta présence devenait étouffante.
- Granger, si je pouvais, je t'étoufferais tout court, rétorqua-t-il, glacial et exaspéré par ses répliques.
- Oh Malefoy, FOUS MOI LA PAIX. Va t'occuper de l'autre sorcier et FOUS MOI LA PAIX. »

Elle bascula sur le dos et ferma les yeux. Elle venait de se battre contre un sorcier qui l'avait attaquée par surprise, sa cheville était cassée et elle était à bout de nerfs. Alors que le blond vienne en rajouter une couche, c'était trop. Mais Malefoy ne partit pas, elle sentait toujours sa présence agaçante à côté d'elle. Il se pencha et attrapa la jambe blessée d'une main délicate. Le contact avec ses doigts fit frissonner la brune qui se redressa sur les coudes pour observer ce qu'il faisait.

« Tu as mal où ?
- À la cheville. »

Il releva très doucement le pantalon et passa délicatement ses doigts sur la partie désignée et là encore la brune tressaillit. Mais ce n'était pas à cause de la douleur. Le simple contact des doigts de Malefoy sur sa peau créait des frissons. Il avait la peau douce et froide comme son caractère, mais cela n'avait rien de désagréable, bien au contraire. Le Serpentard prit sa baguette et, un sortilège plus tard, une attelle enserrait sa cheville.

« Je ne pourrais pas y réparer, il faut que tu ailles à Sainte-Mangouste.
- C'est quoi ton problème, Malefoy ? soupira Hermione d'un air sombre.
- Je viens t'aider pour ta cheville et j'ai un problème ? C'est plutôt toi qui en a un, répliqua-t-il, agacé qu'elle mette ses efforts à mal.
- Je ne parle pas de ça. Tu viens me hurler dessus que je suis une abrutie et la seconde d'après tu t'occupes de ma blessure. Alors je répète, c'est quoi ton problème ?
- Il n'y en a aucun. Tu n'avais pas à partir sans me prévenir et je n'ai pas à te laisser là, blessée. C'est ainsi que ça fonctionne, une équipe, non ?
- Tiens, tu parles de nouveau de nous comme une équipe, railla-t-elle, agacée.
- J'ai jamais cessé de le faire, c'est toi qui m'a insulté dans le bureau, toi qui ne voulait pas travailler avec moi, répliqua-t-il froidement. »

Hermione soupira. Le Malefoy glacé et distant revenait. Cependant, elle savait que crier ne servirait à rien de plus qu'à le faire se renfermer. Alors elle adopta un ton calme, presque doux, comme si elle s'adressait à un enfant boudeur.

« Et je me suis excusée. Mais depuis, tu ne fais que m'ignorer et m'énerver.
- C'est peut-être notre seul moyen de communication. »

La brune resta un instant pensive, étonnée qu'il en soit arrivé à cette conclusion. Cela voulait-il dire qu'il réfléchissait à leur équipe ? Étrangement, cette pensée lui plaisait assez car cela signifiait qu'il ne l'ignorait pas complètement. Oui, il avait peut-être raison. Peut-être ne pouvaient-ils communiquer qu'en se disputant.

« Bon, aide-moi à me lever, ordonna-t-elle. »

Malefoy ne répliqua rien, pour son plus grand bonheur et l'aida à clopiner jusqu'au corps stupéfixié.

« Tu crois que c'est lui ? demanda la brune.
- Il y a de fortes chances. Nous n'avons pas été spécialement discrets, il doit savoir que nous sommes Aurors et les questions que nous avons posées sont sûrement remontées à ses oreilles. De plus, il était prêt à te tuer et...
- Et je suis une née-moldue, termina-t-elle plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu. Enlève lui sa capuche et voyons s'il a la marque.
- Je ne suis pas à tes ordres, Granger. »

Mais Malefoy s'exécuta. Le visage ne disait rien à Hermione pourtant son équipier soupira. Il releva la manche et ils purent voir la marque des ténèbres.

« C'est Jugson. Même s'il n'est pas l'auteur des crimes, ce dont je doute, on a un moins arrêté un Mangemort, remarqua le blond. »

Hermione opina du chef. Les dix jours n'auront pas été inutiles. Malefoy se chargea de rassembler leurs affaires et, quelques minutes plus tard, ils transplanèrent au Ministère. Au moment de transplaner, Hermione se figea et porta un regard songeur sur le Serpentard. Elle venait de réaliser que Malefoy l'avait appelée par son prénom.